Nounulle

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Avant, j’étais bien contente.

C’était . Je te racontais que j’avais trouvé une nounou super, gentille, au discours vraiment rassurant sur le respect du rythme de l’enfant, l’accompagnement du sommeil, l’absence de pression sur l’alimentation, l’acceptation du lait maternel tiré, ouverte au portage si je lui laissais un porte-bébé…bref, une super nounou quoi.

Mais ça, c’était avant.

Tel les wagonnets de bois dans les loopings d’Indiana Jones à Disney Land Paris, je viens de vivre un ascenseur émotionnel bien sympa. Lundi dernier, j’embauchais une Nounou. Aujourd’hui lundi, je licencie une Nounulle*. WM, la maman qui retire sa fille plus vite que son ombre.

Mais pourquoi donc?

Parce que des trois entretiens de deux heures que j’ai passé avec elle, rien de ce que je vois d’elle, rien de ce qu’elle fait avec ma fille, rien de ce qu’elle me demande ne correspond. J’ai l’impression d’être face à une autre femme. Mon premier doute est arrivé le mercredi, en allant chercher ma Choupette à la fin de la troisième après-midi d’adaptation. Alors que les deux soirs précédents, je lui avais donné une tétée de retrouvailles avant de repartir, ce soir là Nounulle me prévenait à peine passé le pas de la porte:

« Dites, il faudrait éviter d’allaiter à la maison s’il vous plaît. La petite de 2 ans et demi [je l’appelerai Manon] vous a vu, elle en a parlé à sa mère et la mère de Manon m’a demandé expressément que cela ne se reproduise plus. Et puis aussi, ça gêne mon mari. J’ai allaité mes enfants mais bon, ce n’est pas pareil quoi, ce n’est pas moi »

Première chute…hallucinée je suis. Je me rends compte alors que c’est la première question que j’ai oublié de poser aux entretiens: pour moi, dans la logique des choses, une nounou qui accepte sans soucis le lait maternel tiré ne pouvait pas être gênée par le fait qu’une maman allaitante donne une tétée de retrouvailles à son bébé avant de repartir avec lui le soir. Question notée donc, je saurai pour la prochaine fois.

Les trois premiers après-midi, Lou n’a posé aucun souci. C’est un bébé facile, pour de vrai, je ne dis pas ça pour la frime ou que sais-je. Elle joue seule au sol de très longs moments, dort dans n’importe quel lit du moment qu’on l’aide à s’endormir… La troisième après-midi marquait le premier essai de sieste. Après quelques pleurs et trois allers-retours de Nounulle dans la chambre pour un câlin, elle s’est endormie seule et sans téter (première mondiale!) pour une sieste d’1h 30.

Le lendemain jeudi, la seconde sieste fut un désastre. 1h de sommeil entrecoupé de réveils toutes les 10 minutes. Avec un coucher en laissant pleurer (ce qui, je pense, n’est pas du tout étranger au déroulement catastrophique de la sieste). Alors qu’à l’arrivée le même jour, Nounulle s’étonnait de l’étonnante facilité de Lou à s’adapter jusqu’à présent, son incapacité à s’endormir seule cet après-midi là était d’un coup la conséquence certaine de mon manque de préparation: « vous comprenez, laisser les bébés s’endormir au sein ce n’est pas un service à leur rendre. Elle a quand même 6 mois, et par rapport à la façon dont on élève les enfants, il serait temps qu’elle sache s’endormir et qu’on la pose réveillée dans son lit pour qu’elle le fasse toute seule. «

L’allaitement arriva à nouveau sur le tapis: « Votre fille me demande du lait toutes les 2h30, ce n’est quand même pas très normal. Je suis désolée mais il va falloir que je régule ses tétées quand elle sera chez moi, je ne vais pas lui donner à boire aussi souvent ». Par rapport à la façon dont on élève les enfants…ah oui je vois le genre, l’éternel package « laisser pleurer – ne pas porter – espacer les tétées ». Putain de merde, mais où est-ce que je suis tombée?

Deuxième chute. Elle n’y connait donc vraiment rien en allaitement – il n’y a aucune « norme » en terme de fréquence des tétées, contrairement à ce que l’on voudrait faire croire – mais en plus elle considère qu’à 6 mois, un bébé peut attendre pour manger, et qu’il mangera quand on aura décidé que c’était l’heure. Inconcevable pour moi. Autant ma fille ne pleure jamais, autant il me paraît évident qu’à lui refuser ce dont elle a besoin, la situation pourrait très très vite changer. Egalement, dans le projet pédagogique d’accueil, il était bien écrit que l’accompagnement au sommeil était une étape importante, pour que le bébé se sente en sécurité et trouve le sommeil sans heurts. En ce deuxième jour de sieste chez Nounulle, elle la laissait déjà pleurer seule dans le lit pour qu’elle s’endorme. Note pour moi-même: demander, lors des prochains entretiens, une définition du mot adaptation et des expressions « accompagnement du sommeil » et « pas de pression sur l’alimentation ».

Ce jeudi soir, je pleurais sur le chemin du retour, serrant dans mes bras mon petit bébé porté contre mon ventre. Le doute et un sentiment d’angoisse terrible s’emparait de moi. Je n’avais déjà plus confiance.

Le lendemain vendredi fut l’apothéose.

Ma fille n’a jamais eu autre chose que mon sein. Ni biberons, ni tétine, rien. Pas de biberons par choix, même de mon lait, pour ne pas risquer de perturber la succion, très différente de celle du sein. Pas de tétine sans raison particulière hormis que lorsque ma fille avait besoin de téter, je lui donnais mon sein. Non, je n’en ai pas eu marre de « servir de tétine », ça nous convenait, je l’ai fait. Et aujourd’hui donc Lou n’a pas de tétine. Ce vendredi, craignant que la sieste se passe mal comme la veille, j’avais glissé une tétine neuve dans le sac à langer, au cas où s’en servir l’aiderait à trouver le sommeil. En milieu d’après-midi, je fais un texto à Nounulle pour demander comment s’est passé le coucher, et si Lou a pris la tétine. Réponse: « de toute façon elle ne sait pas téter, à cause du sein elle ne sait pas se servir de la tétine, ce n’est pas inné chez elle comme chez les autres bébés ».

Mazette. Là c’est grave. Depuis quand sucer du plastique à la place du sein est inné chez les bébés? Mais quelle blague…Le soir, je lui rétorque que les bébés apprennent à téter le plastique, mais que cela n’a rien d’inné chez eux, que Lou peut peut-être apprendre si cela l’aide pour la sieste. Réponse:

« Non mais je vous dis, elle ne sait pas téter! on dirait une prématurée! »

Grand moment de solitude. Choquée je suis…Quelques minutes avant, à mon arrivée à 17h50, j’avais demandé comment s’était passé l’après-midi. D’un air complètement blasé, elle m’avait répondu que Lou était usante. Motif: elle avait râlé à partir de 16h30, et Nounulle avait été obligée de la garder dans les bras pendant 45 minutes. Note pour les prochains entretiens: demander la signification de « ouverte au portage si on laisse un porte-bébé ». Toute la semaine, le Manduca restait chez la nounou une fois Lou déposée, et ne demandait qu’à être utilisé si nécessaire pour garder les bras libres.

Le soir, je demandais pardon à mon bébé pour cette vilaine semaine et je décidais évidemment de la retirer immédiatement des « bons » soins de Madame Nounulle. Je me remets donc en quête d’une nounou qui respectera mes attentes, mes valeurs, qui ne me jugera pas dans mes choix, et surtout, surtout, qui respectera mon bébé.

En attendant, je recommence donc à travailler avec ma fille sur les genoux, et je me rends jeudi à la crèche de ma ville pour un entretien. Quand aux éventuelles assistantes maternelles que je serai amenée à rencontrer dans les prochaines semaines, leur entretien se verra augmenté de quelques questions très précises, histoire de ne pas revivre une expérience similaire…

Jeune maman freelance recherche nounou sympa SVP!

*Nounulle, néologisme inventé par ma copine Nadine (nadinbox.wordpress.com/) lors d’une mauvaise exérience – elle aussi – avec une nounou, et qu’elle m’a gentiment prêté pour l’occasion^^

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