Devenir fan…et après?

Au bureau

Ma réflexion du jour sera existentielle…

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, pour mes nouveaux lecteurs, ou pour ceux qui auraient oublié: j’ai monté ma boîte. Je travaille en freelance dans la conception et le développement de sites internet de tous types (applications web, sites vitrine, blogs, e-commerce…) et dans la création graphique notamment pour la communication d’entreprise (logo, chartes graphiques, plaquettes et tutti quanti).

J’ai monté ma boîte et je suis donc, chaque jour et depuis un an et demi, confrontée à la question de la communication: développer mon réseau, augmenter ma notoriété, améliorer ma e-réputation (extrêmement importante dans mon domaine d’activité, logiquement). Le tout afin d’assurer la pérennité de mon affaire et de garder un flux de clients sinon en progrès, au moins constant. Pour réussir cela il y a divers moyens, et notamment un qui me pose question: les pages Facebook.

Imelia a sa page facebook depuis un peu plus d’ 1 an maintenant

J’adore communiquer autour de mon travail par ce biais. J’y poste tout un tas de choses qui concernent Imelia directement, mais aussi tout ce qui lui est « satellitaire » et qui n’aurait pas sa place sur mon site pro. Des infos, des liens, des impressions, les nouveaux projets…et puis cela me permet d’évaluer l’impact de mon activité sur les internautes, la manière dont mes créations sont reçues et appréciées. Bref, c’est important parce que j’y fais ma promo, mais également parce que j’en tire des enseignements essentiels sur mon travail et j’y trouve une véritable valeur ajoutée qui va au delà du simple « regardez ce que je fais comme c’est bô » grâce aux échanges avec les « Fans ».

Justement, parlons-en, des fans

Actuellement, Imelia en compte 88, avec une augmentation de 1 à 4 fans par semaine, à peu près. Parfois je me dis que j’aimerais bien avoir une page qui affiche 500 fans, que ce serait hyper classe, toussa toussa. Que ça me poserait là dans la famille des boîtes qui ont du poids, des freelances « reconnus », etc. Autour de moi, il y a beaucoup d’entrepreneurs, et la course aux « j’aime » est un sujet central dans les conversations. Il est de plus en plus courant d’ailleurs qu’une entreprise organise une opération commerciale destinée à augmenter son nombre de fans, notamment sous forme de concours ou autres systèmes visant à récompenser celui ou celle qui aura amené le plus de likers. J’ai moi-même pensé, récemment, à organiser une opération de ce type dont je vais même vous dévoiler la teneur:

Demander aux fans actuels de faire partager au maximum la page Imelia en demandant à leurs contacts d’aimer la page et de laisser un message nommant la personne qui leur aura fait découvrir. Au 250ème fan, les deux internautes ayant ramené le plus de « J’aime » sur la page Imelia se verraient offrir, au choix: une carte de visite sur mesure (recto ou recto/verso, imprimée en 250 exemplaires et livrée à domicile) ou une carte postale A6 (recto, 250 exemplaires + livraison).

Avec une opé comme ça et vu le nombre d’entrepreneurs qui suivent ma page Facebook et dont les moyens financiers pour propulser leur comm ne sont pas extensibles, j’imagine que je remporterais un franc succès et que ma page atteindrait assez vite les 250 likers tant convoités.

Sauf qu’en fait je me demande si je vais le faire

Et je n’arrive pas à me décider. Parce que certes mon égo serait largement flatté d’admirer la mention « 250 personnes aiment ça » à chaque ouverture de la page Imelia. Mais une fois passée l’auto-satisfaction, regardons un peu plus loin: sur ces 250 likers, combien auront cliqué par réel intérêt pour mon travail? Actuellement, Imelia a 88 fans, mais je ne suis pas allée les chercher, jamais. Ces 88 personnes ont cliqué de leur plein gré, et j’ose croire que c’est parce que mon travail, ou l’esprit de ma communication, ou je ne sais quoi d’autre de positif dans l’image que ma boîte véhicule a suffisamment intrigué ou plu à chacun d’eux pour légitimer un clic sur « J’aime ». Et j’en tire une certaine auto-satisfaction, justement, car dans ce cas l’expression « 88 personnes aiment ça » est à prendre à son sens premier: des gens ont aimé, ils ont cliqué pour me le dire.

Dans le cadre d’une opération commerciale, finalement les gens cliquent plus pour bénéficier de l’avantage promis que parce qu’ils aiment ce que la page leur montre. Du coup, le nombre de fans augmente à vitesse grand V, certes, mais est-ce vraiment intéressant dans une politique de fidélisation de la communauté facebook d’une marque ou d’une entreprise, et des clients potentiels qu’elle représente? Si les likers n’ont cliqué que pour bénéficier d’un avantage, il y a fort à parier qu’ils ne suivront plus l’activité de la page une fois l’événement terminé. Il n’indiqueront pas forcément « Je n’aime plus », mais les publications de la page leur passeront certainement au dessus de la tête. L’opération aura pu, aussi et bien sûr, faire découvrir l’activité à quelqu’un qui l’aimera ensuite vraiment et dont le clic sur « j’aime » aura réellement un sens, mais je serais curieuse de connaitre les statistiques à ce sujet. Je pense que la proportion de gens cliquant par intérêt matériel est beaucoup plus importante, dans le cadre de ces opérations commerciales, que celle de gens cliquant par réel intérêt porté à la marque ou à l’activité.

Du coup, effectivement, je me demande si je vais réellement engager cette action de comm via ma page Facebook. Je crois que je préfère avoir un petit nombre de likers, mais avoir la satisfaction de me dire qu’ils sont là parce qu’ils l’ont choisi, plutôt que de multiplier les opé commerciales et de constater que les likers ne sont là que parce qu’on leur a demandé de le faire, et que la manifestation de leur intérêt n’est pas un acte de spontanéité.

J’applique également cette réflexion aux autres réseaux, type Twitter ou Hellocoton

Depuis aujourd’hui, j’ai un nouveau follower Imelia sur le réseau de l’oiseau bleu. Son profil: plus de 4000 abonnements et plus de 3000 abonnés. Moi, quand je vois ces chiffres, je m’interroge vraiment: il est clair qu’il ne peut pas suivre l’activité de 4000 personnes chaque jour, à moins de passer sa vie à le faire (ce qui est peut-être le cas remarquez, j’en sais rien^^). Sur Hellocoton, je vois parfois des pages où les blogueuses sont abonnées à plus de 600 ou 700 blogs du réseau. Je me demande comment elles font pour tout suivre. Et je me demande, dans ce genre de cas, si la quantité n’est pas privilégiée sur la qualité.

D’ailleurs, j’ai quelques fois eu la remarque sur mes différents réseaux sociaux: « j’ai cliqué sur ta page, tu pourrais cliquer sur la mienne stp? ». Moi ça m’embête un peu cette question, je dois avouer. Dans le sens où ce n’est pas parce que quelqu’un aime ma page que j’aurai forcément envie d’aller cliquer sur la sienne. Pour que je clique, il faut que ça me parle un minimum, et dans ma tête la réciprocité du « J’aime » n’est pas un comportement qui me correspond. Je vois ça aussi sur Hellocoton: « Je t’ai ajoutée à ma page, n’hésites pas à faire de même ».

Et bien, non, désolée, je ne renverrai pas forcément l’ascenseur. Je n’aime une page Facebook, je ne suis un compte twitter, ou je ne m’abonne à un profil Hellocoton que parce que je trouve un réel intérêt à le faire. Sur Hellocoton, je suis abonnée à 33 profils. J’aurais pu, si le but avait été de faire connaître WM à bloc, m’abonner à des tas de profils juste pour diffuser le plus possible le lien vers ce blog. Mais je ne l’ai pas fait. Je ne suis abonnée qu’à 33 profils parce que je suis allée voir les blogs, et j’ai aimé ce qu’ils véhiculaient. Je suis abonnée à ces blogs pour pouvoir les suivre vraiment, pour pouvoir aller lire les articles quand ils paraissent, pour partager avec l’auteure ce qu’elle offre à la blogosphère parce que ce qu’elle fait m’intéresse. Je ne dis pas que ce nombre n’augmentera pas, mais mes abonnements sont tous réfléchis.

C’est ce qui me freine dans le lancement de cette opération facebook. Jusqu’à présent, tous mes likers ont aimé spontanément, mais une opé de grande envergure risquerait de nuire à ce système et de fausser la donne. Et ça m’embêterait, je crois. Du coup, vraiment, je m’interroge sur la suite à donner à cette idée.

Devenir fan…et après? Qu’en pensez-vous?

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