Tétées intellos

WM s'interroge

Je ne suis pas une maman inquiète.

Dans le sens où j’ai l’impression de savoir où je vais avec ma fille, j’ai le sentiment de la comprendre facilement, j’ai fait des choix pour elle que j’assume et qui me plaisent. Qui lui plaisent aussi il faut croire, vu son éveil, sa tranquillité, son comportement au quotidien. Elle est facile, l’a toujours été. D’aucuns diront qu’elle a seulement bon caractère….Moi je crois que mes choix y sont largement pour quelque chose.

Et bien sûr, nombreux sont ceux qui les mettent en cause, en doutent parce qu’ils n’ont pas fait ainsi, ou me disent franco que je me trompe et que je ne devrais pas faire ci ou ça. Ça tombe bien, je ne les écoute pas et préfère écouter ce que me renvoie ma vie jour après jour, c est bien plus efficace pour savoir si oui ou non je fais les bons choix.

Pour autant, et tu le sais toi qui me lit régulièrement, je m’interroge sur beaucoup de choses, sur mes propres pratiques aussi. J’aime confronter les partis, me faire une idée, construire ma pensée en me nourrissant ici et là d’arguments divers. Et bien sur, depuis trois mois, les questions de la maternité et de l’enfance occupent beaucoup l’espace. J’ai instinctivement adopté pour ma fille des pratiques dites « du maternage »: cododo tant que nécessaire, allaitement à la demande, portage. D’ailleurs, je ne les ai pas choisies. Elles se sont imposées à moi. Autant de pratiques qui sortent de l’ordinaire et que les gens ont bien du mal à comprendre car tellement éloignées des usages occidentaux et de ce qu’il « faut » faire pour bien élever son enfant.

Parce qu’elles sont différentes des pratiques habituelles, beaucoup me regardent d’un air sinon désapprobateur, au moins douteux.

Je les comprends.

Depuis tous petits, on nous apprend souvent qu’il n’y a qu’un seul chemin possible. À l’école, si pour arriver à une réponse on passe par une méthode qui n’est pas celle qui a été apprise et qui doit être évaluée, alors on a faux. Or, la réponse est pourtant la bonne, mais le raisonnement utilisé pour y parvenir n’étant pas celui attendu, il est sanctionné.

Moi, je crois que tous les chemins mènent à Rome. Que pour faire 5 il y a 3+2 mais aussi 4+1. Et ainsi qu’il n’y a pas qu’une manière d’élever des enfants.

Qu’il n’y a pas que la fessée ou la punition (et à l’inverse la récompense) qui permettent de faire comprendre. Qu’il n’y a pas que laisser pleurer qui permet de faire dormir, qu’il n’y a pas que la séparation systématique et précoce d’une mère et son bébé qui permet de faire grandir, qu’il n’y a pas que le remplacement du sein par le biberon qui permet d’être autonome.

Je ne cherche pas à ce qu’on m’apprenne comment faire, à devenir un parent parfait. La perfection est d’un ennui mortel. Comme tout le monde, je fais juste de mon mieux, je fais des choix qui me ressemblent. J’écoute ma fille, j’écoute son père, je m’écoute, je compose avec tout ça et cela fait de moi la mère que je suis.

Et parce que je crois qu’il n’y a jamais qu’une seule solution, que l’on peut s’interroger et réfléchir à d’autres pratiques ; parce que je crois qu’on peut viser le même objectif avec des méthodes différentes, obtenir la bonne réponse tant attendue par tout le monde (et nous les premiers) en usant d’un autre raisonnement, sur ma table de tétée il y a :

  • Pour une parentalité sans violence (Claude-Suzanne Didierjean- Jouveau)
  • Ne pleure plus, bébé! (Claude-Suzanne Didierjean- Jouveau)
  • Au coeur des émotions de l’enfant (Isabelle Fillozat)
  • Le concept du continuum ( Jean Liedloff et Véronique Van den Abeele)
  • Etre parent la nuit aussi (La Leche League Canada)

Quelques tétées intéressantes en perspective…

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