Etre enfant et mourir sous les coups: l’infâme constat.

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Un billet express, réaction à chaud.

Suite à la lecture de ce billet (www.tillthecat.com/2013/06/une-grande-claque/) de Till The Cat, qui évoque l’horrible constat qui dérange, et qui donne la nausée: en France, 2 enfants par jour meurent sous les coups de leurs parents. J’ai commenté ce billet, mais vu la longueur de mon texte, je le reproduis ici afin de partager mon point de vue sur cette question tellement sensible et qui place la société face à ses responsabilités, si ignobles soient-elles.

2 enfants par jour.

Et oui. Quelle tristesse.

Force est de constater pourtant que l’Etat ne veut pas voir, car il suffirait de regarder au delà de nos frontières, dans les pays qui ont décidé de légiférer contre les violences éducatives. Contre TOUTES les violences éducatives, même celles que l’on considère comme légères dans nos cultures.

20 ans 34 ans (je m’a trompée, j’a corrigé!) que la Suède a interdit tout châtiment corporel, quel qu’il soit (y compris la tape sur la main). Depuis 34 ans, le taux d’enfants morts sous les coups de leurs parents est passé à 0%, ou plutôt, j’ai arrondi car il faudrait plusieurs zéros après la virgule pour obtenir le chiffre réel des enfants décédés par maltraitance: « Les homicides d’enfants dus spécifiquement à de mauvais traitements (excluant les homicides-suicides, l’infanticide à la naissance et pendant la dépression postnatale) n’existent pratiquement plus en Suède. De 1976 à 2000 (dernière année où des statistiques sont disponibles [à la date de l’article]), 4 enfants au total sont morts en Suède par suite de mauvais traitements. » (source (www.oveo.org/index.php?option=com_content&view=article&id=40:linterdiction-des-chatiments-corporels-naccroit-pas-la-maltraitance&catid=40:pays-abolitionistes&Itemid=54))

Voilà, les chiffres parlent d’eux même. Non pas que ce soit la tape sur la main ou la fessée qui tue, mais le seuil que chacun place comme étant un châtiment « raisonnable » d’une part (pour un parent, la fessée est raisonnable, pour un autre une fessée + un aller-retour de claques dans le visage est raisonnable, pour un autre encore une fessée plus pousser sur le carrelage est raisonnable…et on peut escalader longtemps comme ça), et d’autre part c’est la tolérance des violences « douces » qui ouvre une porte vers une violence plus forte, parfois jusqu’à la mort. Le jour où le parent épuisé perd le contrôle, commence par une petite tape puis parce que l’enfant ne réagit pas comme l’adulte l’attendait suite à son châtiment, recommence, et frappe encore, puis encore plus fort. C’est le cas de la majeure partie des décès d’enfants sous violence parentale, l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire l’atteste.

Ne pas croire que tous ces 2 enfants par jour vivent sous le joug de parents maltraitants au quotidien. Beaucoup meurent par un châtiment qui devait être « léger » et qui a finalement dégénéré, jusqu’à la folie, jusqu’à la perte de raison.

Tant qu’on laissera tel quel le principe qui veut qu’un châtiment peut être donné « tant qu’il reste raisonnable » (c’est la position légale aujourd’hui), alors 2 enfants par jour mourront sous les coups de leurs parents. Dans son livre « La Fessée », Olivier Maurel relate les derniers verdicts de la justice Française en terme de violence éducative. La conclusion, affligeante et désolante, est que au yeux de la justice, tant que la peau de l’enfant n’est pas entamée, alors le châtiment est considéré comme « raisonnable » et ne peut donner lieu à des poursuite s’il est occasionnel. Je voudrais juste rappeler que l’on peut frapper un enfant à coup de bate de baseball pendant 3 heures dans l’estomac: il n’aura aucune lésion cutanée, et peut-être même aucun bleus car le ventre est une partie du corps qui ne marque quasiment pas. Par contre, un enfant peut mourir de 3 heures de coups de bate dans l’estomac, sans aucun problème. Je voudrais aussi rappeler le gouffre qui sépare l’enfant de la femme. Une femme est considérée comme battue dès la première gifle.

Il est là, le fond du problème: l’enfant ne dispose d’aucune considération, d’aucune protection juridique. Ce sont les êtres les plus fragiles, et pourtant ils sont même moins bien protégés de la violence que les animaux. Même le dressage animal, aujourd’hui, a intégré que les coups étaient la pire des solutions pour faire comprendre et obéir. Les enfants ont-ils donc moins de droit au respect de leur corps, de leur intégrité et de leur personne que les chiens ou les chevaux?

La France, la société française, a un problème énorme avec la violence éducative ordinaire. Il faut arrêter de déculpabiliser les parents qui considèrent que l’éducation par la fessée ne pose aucun problème, ou de dire que oui, ça peut arriver. Il faut arrêter de donner tribune libre aux pédiatres et autres pédopsys gerbants qui maintiennent que « la bonne petite fessée » ne fait pas de mal. Il faut arrêter de donner la parole à ceux qui considèrent que l’enfant doit être frappé pour son bien et que c’est inévitable pour parvenir à une éducation correcte. C’est en minimisant l’impact de ces gestes qu’on ouvre la porte à la dérive. La Suède l’a compris depuis longtemps et les parents qui ont quand même recours aux châtiments corporels ne sont évidemment pas jetés en prison. Par contre, ils sont suivis dans le cadre d’ateliers sur la communication non-violente, de suivis psychologiques pour apprendre à briser le cercle dont ils ont pu être eux-même victimes enfant, etc etc. L’Etat a pris le problème à bras le corps et a offert la possibilité à la société de changer de visage. Les bienfaits de ces méthodes se répercutent sur l’ensemble des couches sociales: baisse de la délinquance, de la grande criminalité, amélioration de l’état de santé global de la population…tout est lié.

Les parents ont besoin d’outils pour savoir comment faire autrement que de taper pour se faire écouter, or force est de constater que pour le moment ce n’est aucunement la priorité chez nous. Il ne faut pas culpabiliser les parents. Bon, soit. Dommage que du coup, on ne parvienne pas à protéger correctement les enfants qui eux, continuent de mourir sous les coups.

[Edit pour oubli: OUI, une loi est nécessaire pour faire comprendre que NON, on ne frappe pas un enfant, même avec une fessée. Pourquoi? Parce que l’existence d’une loi oblige l’adulte à prendre en compte que ce geste, s’il le fait, est reconnu comme néfaste. Tant que le châtiment corporel reste autorisé, et que le législateur ne prendra pas les décisions qui s’imposent, on ne fera pas reconnaître que le châtiment corporel ne DOIT PAS être utilisé et qu’il porte préjudice à l’enfant. La loi ici ne vise pas à condamner les parents, mais bien à faire prendre conscience que ces pratiques sont mauvaises]

J’ai honte parfois, honte, pour ce pays qui, encore une fois, brille plus par sa politique de l’autruche que par ses prises de positions exemplaires.

2 enfants par jour. Jusqu’à quand?

Briser le cercle de la violence n’est pas forcément simple. En parler, se faire aider, lire les auteurs qui ont travaillé sur la non-violence éducative, sont autant de pistes pour apprendre à faire autrement.

VOS MESSAGES
32 commentaires
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etienne dit :

quand mon fils avait 7 ans je bossais à la maison , gérais 3 enfants, un mari ( le père du 3ème) qui bossait tout le temps, pas de famille , le père des grands absent niveau éducation , mon fils était horrible (j’ai appris plus tard par le psy qu’il ne pouvait se séparer de moi que par la violence , imitation de son père?) j’ai commencé par une gifle, puis 2, puis douche froide, puis j’arrivais plus à m’arrêter quand il me poussait à bout, j’ai appeler son père pour qu’il m’aide mais il avait foot à la télé il ne pouvait pas venir. Alors j’ai pris mon courage je suis allée aux urgences pédiatriques pour qu’on m’aide, pour ne pas devenir une maman maltraitante, il y est resté 1 semaine, on a fait une psychothérapie chacun de notre côté …tout va bien maintenant, il a 11 ans, je lui demande sans cesse pardon pour ce que j’ai fait…et il ne m’en veut pas mais moi je m’en voudrais toute ma vie d’avoir été faible…je suis contre la violence pourtant mais on peut très vite basculer dans la violence et il ne faut pas avoir honte de se faire aider…

Working Mama dit :

Merci beaucoup pour ton témoignage et bravo d’avoir réussi à affronter tes propres démons :)

etienne dit :

merci de m’avoir lue, je te suis sur fb et ton blog et trouve tes propos très intéressant et ils laissent réfléchir…c’est la 1ère fois que je me livre sur ce sujet mais ça m’a fait beaucoup de bien…

Working Mama dit :

Et surtout, tu n’as pas été faible. Tu n’avais pas les outils pour faire autrement. C’est différent. C’est le noyau dur du problème: personne ne dit aux parents comment faire, et surtout, que c’est possible de faire sans. Heureusement, ça commence à bouger, mais doucement, trèèèès doucement.

Anne-Sophie dit :

Pour partager mon expérience un jour d’épuisement, seule à la maison (papa au travail), bébé qui pleure … Pleure … Pleure … Épuisée suite aux nuit entre-coupées, et autre, je me suis retrouvée impuissante face à ce bébé, mon bébé que je ne comprenais pas .
J’ai tout essayé, le sein, l’écharpe, marché, sortir , rien n’y faisait , il devait sentir mon stress. Pour ne pas céder à la violence qui faisait pulsion en moi … À cette violence avec laquelle j’ai été éduqué et que je fuis … J’ai décider de taper mais le mur de ma salle de bain … Je m’en suis cassé le 5 eme métacarpe ( oui je suis une piètre frappeuse…)
Aux urgences, premier aide soigant, moi essayant de ravaler mes larmes, lui me demandant comment je me suis fais ça … Je lui dis alors que j’ai frappé dans un mur … Sa réaction scandalisé, me dire que je suis une imbécile … Comment retenir mes larmes …. Je ne sais pas mais je l’ai fais face à cette honte grandissante …
Je me sentais jugé et humilié … En salle d’attente je ne pouvais plus me retenir … Les larmes coulaient dans que je ne puisse les arrêter … La personne suivante qui m’a fait les soins m’a écouté j’ai pu me libérer. Il a alors fait appel à une puéricultrice qui est venu m’écouter … Elle m’a alors proposer de voir un psy ou de me faire suivre ok pourquoi pas ….
Aucun vrai conseil de sa part , aucun numéro d’urgence remis … Un délai de plusieurs semaines voire mois pour un rdv avec pédopsychiatre ou psychiatre ….
Je suis repartie chez moi, honteuse, écouté mais pas comprise avec aucune autre solution que de m’en vouloir et de mettre en place quelque chose pour que ça ne se reproduise plus .

Aujourd’hui tout va bien je n’ai plus jamais eu le besoins de frapper … Mais pour tous ses parents qui atteignent les limites mais ne se contrôlent pas …. Souvent les solutions arrivent trop tard …

Working Mama dit :

Tout à fait, c’est ce que je souligne quand je parle des parents qui n’ont pas les outils. Accompagnement inexistant, « il ne faut pas rentrer dans les foyers »…. Quand à la réaction de cet infirmier « Vous êtes une imbécile »…so what? Il aurait mieux valu frapper le bébé et le casser lui? Incroyable.

zo1111 dit :

Juste parfait…….

maman2012 dit :

Moi j’ai 22 ans j’ai été maltraité et violée par mon beau père !
Je n’osais rien dire ni même à l’école !Lorsque que j’arrivais à l’école et qu’il fallait s’asseoir ,je ne pouvais car j’avais les fesses toutes bleus et je souffrais de douleurs !

J’étais considérée comme une »esclave » par lui, s’il y avait de la poussière quelque part ou des verres mal lavés je recevais des coups a en perdre le souffle …
Je tiens a préciser que j’étai pas la seule a subir tout ça … tous traiter pareillement sauf le viol que moi seule subissait..

Tout a commencer vers mes 8 ans et j’ai brisé le silence à 16 ans grâce a des gens qui m’ont soutenues ( ils étaient pas nombreux..mais assez pour se sentir soutenue)!

Je ne vais pas donner tous les détails de cette triste enfance … juste pour dire RESPECTEZ VOS ENFANTS et même ceux de vos conjoints !

Maintenant je suis maman et je ne ferais jamais subir ça à mon enfant …

Claire dit :

Cette violence, il ne faut pas oublier que nous l’avons en chacun de nous. Élever un enfant est un tâche extrêmement difficile, 24h sur 24, 7 jours sur 7, pas de rtt ni de vacances, pas de démission possible, pas de congé maladie. Il faut assurer quoi qu’il arrive. Alors quand en plus le conjoint est peu ou pas présent, la famille loin, le pétage de plomb n’est pas loin! Cette violence je l’ai sentie monter en moi déjà plusieurs fois, seule face aux pleurs de mon bébé, épuisée par le manque de sommeil. Heureusement je n’ai jamais exercé de violence contre lui, j’ai tjs réussi à me contenir, mais je sais que je ne suis pas passée loin d’être vraiment brusque avec lui. Je me suis beaucoup interrogée la dessus, et sincèrement je ne connais aucune mère qui n’ait déjà connu ce genre de moment.

Alors comment ne pas passez à l’acte? Déjà être capable d’accepter ce qu’on ressent, pouvoir détecter la violence dès qu’elle monte, mettre un mot dessus, et prendre des mesures tout de suite. Mettre son enfant en sécurité et s’éloigner de lui 5 min, respirer un grand coup, faire redescendre la pression (pour moi ne plus l’entendre pleurer était essentiel pour pouvoir me calmer). Ensuite seulement on y retourne et on explique les choses à son enfant.

Et puis en dehors des crises, il faut se demander ce qui exactement nous met à ce point en colère: notre sentiment d’impuissance, d’échec dans l’éducation de notre enfant, la honte parfois d’une crise en public, etc.

Et puis j’en suis venue à m’intéresser à l’éducation non violente, et à la communication non violente. La plupart d’entre nous ont été élevés en devant mettre un couvercle sur ses émotions, en devant les nier ou les étouffer. L’éducation non violente, c’est justement d’apprendre à nos enfants à accepter, reconnaître et nommer ses émotions pour trouver des solutions adéquates.

Il ne faut pas oublier les conséquences désastreuses d’une éducation violente sur un enfant, sur la construction de sa personnalité. Être frappé, c’est apprendre à subir sans réagir, et apprendre à être violent soi-même. C’est apprendre qu’on mérite d’être frappé, c’est apprendre à laisser les autres ne pas nous respecter, et à ne pas respecter les autres. On connaît aujourd’hui certains effets de la violence dite éducative sur les enfants sur le cerveau, et c’est réellement catastrophique. Et ce qu’on ne sait pas assez, c’est que des coups même peu douloureux (comme la petite tape sur la main) suffisent à modifier notre tolérance à la douleur, à diminuer notre estime de soi, à modifier profondément notre rapport aux autres, et même à affaiblir notre système immunitaire! Et oui les enfants frappés, même simplement une fessée de temps en temps, sont en moyenne plus malade que les autres.

Alors j’espère vraiment que l’éducation non violente va se développer, et qu’elle participera à faire un société plus humaine. La violence c’est un cercle vicieux, il ne tient qu’à nous, parents, de le briser.

Merci pour ce billet!

Mélodie dit :

Bonjour,

Je suis tombée sur cet article via facebook. Je suis d’accord avec ce qui est dit, mais je voulais apporter une petite précision.

L’image laisse penser que tous les enfant maltraités seront maltraitants et que tous les parents maltraitants ont été maltraités. Ce qui n’est pas vrai.

Je n’ai pas les statistiques en tête, mais l’une de mes profs de psychologie de l’enfant en a parlé rapidement lors d’un cours (cette année).

S’il est vrai que la plupart des parents maltraitants ont été maltraités, la grande majorité des enfant maltraités ne deviendront PAS maltraitants (et il me semble que cette grande majorité représente environ 95-98% des enfants maltraités).

Working Mama dit :

Bonjour. Tout à fait :) L’idée étant surtout d’illustrer mon propos dans le texte concernant justement lefait de briser le cercle de la violence, cercle concrètement représenté ici :)

Working Mama dit :

En revanche, si tant d’enfants sont élevés avec la fessée aujourd’hui, c’est parce que leurs parents en ont eux mêmes reçu, donc cette image est tout à fait parlante en ce sens. D’ailleurs, il ne se passe rien d’autre sur ce cliché que ce qu’il se passe dans 84% des foyers français (chiffre de l’Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire): le parent lève la main et menace de frapper. Ici on n’a pas affaire à une scène de « maltraitance » comme on l’entend chez nous, mais juste à une scène de violence éducative comme il y en a dans la grande majorité des foyers français. Et plus tard, à moins de briser ce cercle, l’enfant fessé dire « j’ai reçu des fessées, j’en suis pas mort, et j’en donne à mon enfant parce que c’est ce qu’il faut faire ».
Par contre, je constate avec plaisir que cette image, bien que décrivant une situation de violence de base, choque les gens et qu’ils y voient une situation de maltraitance. Lorsqu’on est mis face à l’image de ce que l’on pratique, il est toujours plus facile d’en mesurer la portée réelle. Ici on ne fait que lever la main, crier et menacer de frapper, ça interpelle et ça choque alors que c’est ce qu’il se déroule, sous le nom d’éducation, dans 84% des foyers français.

Viollette dit :

Enfant, j’étais très violente. Je me suis calmée à l’adolescence, mais sachant comment j’étais (pourtant mes parents n’étaient pas violents, nous avons reçu quelques fessées mais assez peu). Je me souviens de l’avoir évoqué avec la nounou de Simon, qui est parfois famille d’accueil pour la DDASS. Elle m’a dit que beaucoup de parents qui dérapent vraiment gravement, dont les enfants finissent aux urgences ou au cimetière, sont des gens qui n’ont jamais été violents auparavant. Cette violence les surprend tellement qu’ils ne la maîtrisent pas. Que moi, qui me connais cette possibilité, j’ai les clés en main pour l’éviter, et que même s’il m’arrive un jour de donner une tape sur la main, j’ai peu de chances d’aller plus loin. Du coup, je me renseigne, je cherche tout ce que je peux faire d’autre.
L’argument qui m’a frappé contre la fessée, c’est qu’elle est incohérente : on ne peut pas dire à son enfant « frapper les autres c’est mal » si soi-même on le frappe !
Je me souviendrai toujours de ce qu’ont dit mes parents quand on a évoqué le sujet, il y a une dizaine d’années, alors qu’aux infos il était question d’une loi sur la fessée : « donner une fessée, c’est un aveu d’échec »…

Carole dit :

le châtiment corporel nuit à l’enfant, au parent et à toute la société !!!
sans parler des chantages psychologiques …
L’enfant est une personne !

Lili dit :

Il y a une raison au fait que les enfants aient moins de droit que les femmes ou les chiens: ils ne peuvent pas se défendre. On a pas peur d’eux.
Si la société a admit que les coups étaient mauvais sur un chien c’est parce qu’on a peur qu’il nous morde en retour. Une femme aussi a des armes pour se défendre. Mais un enfant, il est a notre merci et ne peux rien faire.cette sensation de pouvoir rend les gens fou.

Working Mama dit :

Tout à fait. C’est d’ailleurs pour cela que les ados ne prennent plus de fessées: ils pourraient bien rendre le coup.
Toujours dans le livre de Maurel, on trouve en détails ce qu’il se passe physiologiquement chez un enfant lorsqu’il reçoit une fessée. Lorsqu’il est tapé, son corps a des réflexes de fuite innée et libère l’hormone du stress, indispensable à la mise en place des comportements réflexes. La fuite et l’auto-protection permettent ensuite de canaliser cette hormone, et de l’évacuer correctement lorsque l’alerte est passée. Lorsque l’enfant est agressé physiquement,fessé ou frappé plus fort, peu importe, il ne peut pas s’enfuir comme le voudrait son réflexe de protection. Cette hormone n’est alors n’est plus traitée par l’organisme et attaque les cellules du petit: organes, neurones…les expériences en laboratoires, menées sur des rats, sont édifiantes. Certains rats, privés de leur possibilité de fuite face à une agression, ont montré des lésions organiques visibles et indiscutables, absentes avant le test. Les chercheurs qui travaillent aujourd’hui sur les conséquences de la violence éducative sur les enfants (même au stade de fessée) tendent à affirmer que beaucoup de pathologies de l’adulte, et même de cancers ou de maladies dégénératives de l’adulte, sont des conséquences à long terme des fessées (ou pire) reçues et de l’incapacité justement de l’enfant à se défendre.
Une fessée n’a jamais tué personne…Une fessée ça fait pas de mal… Rien n’est moins sûr.

lalie-37 dit :

Note que quand l’enfant sent le danger d’une fessée imminente, il court se cacher.
Je me souviendrai toujours du jour où à l’âge de 5 ans j’ai fait tomber ma soeur âgée à l’époque de quelques mois et quand je me suis rendu compte de ma bêtise, j’ai foncé dans ma chambre me cacher. Malheureusement, rapidement rattrapée par ma maman qui m’a certainement frappée (je ne m’en souviens plus).
Cela dit, j’avoue avoir donné quelques fessées à ma fille aînée (âgée aujourd’hui de 3 ans) parce qu’elle m’a poussée à bout. Des hurlements sans aucune raison particulières et propres aux caprices. Je ne défends pas la fessée, loin de là. Mais quand ma fille fait pareils hurlements, j’ai le réflexe de l’envoyer dans sa chambre se calmer pour qu’elle ne me pousse pas à bout. Si elle ne le fait pas d’elle-même, je la mets dans son lit et lui ordonne de se calmer. Si elle me provoque et qu’elle vient me hurler dans les oreilles malgré tout, elle me pousse à bout et je m’énerve.
Soit dit en passant. à présent quand elle sent que je commence à m’énerver, son réflexe d’auto-protection s’enclenche et elle va toute seule dans sa chambre en attendant qu’on se calme. Et je la laisse dans sa chambre jusqu’à ce que je sois calmée également.
Mais WM, les parents qui n’énervent et qui frappent leurs enfants sont aussi en partie ceux qui se donnent le plus pour leurs enfants et qui se sentent seuls à devoir gérer les crises de colère de leurs enfants. Ce sont ceux aussi qui n’ont pas d’aide extérieure…. Comme tu dis, un manque d’outil flagrant pour ceux qui sont dans le cas. Les solutions existent. Hélas, pas souvent à la portée de tous et il manque cruellement l’apprentissage au métier de parent pour le bien de chacun….

Vanessa dit :

Je pense que cette loi est une bonne idée mais j’ai peur d’une loi lancée sans un encadrement, une loi lancé sans un vrai engagement de l’état en Suède il y a eu une réussite parce que l’état c’est engagé et a mis en place des structures pour aider les parents.
En France on a cette fâcheuse habitude de signaler les gens les faire culpabiliser au lieu de les aider et aider l’enfant.

Working Mama dit :

Oui tout à fait. Cette loi ne pourra être bénéfique qu’à la condition de ne pas s’y limiter. Et c’est dès le projet d’enfant que les adultes devraient avoir accès à un environnement informatif et pédagogique autour de la parentalité: c’est quoi un bébé? C’est quoi, les besoins basiques d’un nourrisson, d’un bébé, d’un petit enfant? Les émotions de l’enfant, comment les gérer, les accueillir? Si déjà tous les adultes avaient la chance d’accéder à cette richesse concernant leurs enfants, les choses seraient bien différentes.

Vanessa dit :

Pour cela il faudrait donner plus de tribune à des psychologues comme Filliozat au lieu de Ruffo.Il faudrait un vrai changement de la société, mais cela se fait vraiment doucement en France, une collègue de mon mari a raconté qu’aux années 80 quand elle portais son fils en écharpe elle se faisait insulter, moi quand je portais on fils il y a 7 ans je passait pour une mère poule étouffante. Oui il faut donner les clés mais il faut aussi vouloir changer et savoir qu’être parent n’est pas facile.Il faudrait un cours pour les parents en devenir,ceux qui attendent déjà un enfant avec les differentes approches: Faber et Mazlish,Filliozat, Catherine Dumonteil Kremer et lire C’est pour ton bien d’Alice Miller.Les choses changent en France mais on est encore une petite minorité.

mama sweetie dit :

Quand je lis ce billet, de multiples émotions me traversent. Un constat d’ abord effrayant, comment dans les pays des droits des l’homme est-il possible de faire perdurer cette réalité? Pourquoi normaliser la violence au nom de l’éducation? Pourquoi normaliser un acte qui ne l’est pas? … Je me sens aussi terriblement honteuse, quand parfois je crie au lieu d’expliquer, que je me ferme au lieu de les comprendre… J’ai honte quand je pense à ces petites fessées que j’ ai donné, je me sens coupable du mal moral que j’ai alors pu infliger! Des actes tellement rares, mais des actes de trop, des gestes que je veux bannir de ma façon de faire, des gestes trop longtemps perçus comme normaux… Le problème c’est qu’on ne sait pas faire autrement, que l’on ose pas demander comment éduquer autrement, comment accompagner nos enfants! Je sais aujourd’hui que j’ai le contrôle. Mais encore ce soir j’ai crié pour avoir le calme, et là je réfléchis les larmes me roulant sur les joues au pourquoi, je m’ en veux… La violence éducative, quelle qu’en soit l’ échelle demeure de la violence, elle n’est rien de bon… Ce soir, j’ai mal et honte de faire ce constat, je sais que je ne veux pas infliger ça à mes enfants, et pourtant je me retrouve faible et démunie face à certains de leurs comportements. Alors si on pouvait s’aider, se donner des pistes, se soutenir lorsque l’on craque, et accepter que la normalité par laquelle nous avons été éduqué n’en est pas une. J’ai appris beaucoup ce soir à la lecture de ton billet. Tu m’as donné la première piste : le fait de constater … Pour évoluer!

Working Mama dit :

Oh merci beaucoup pour ton commentaire. Tu as mis le doigt sur le problème de fond: on ne sait pas faire autrement. On a toujours fait comme ça! Mais les outils existent, ils sont là, il faut juste avoir la chance de croiser leur chemin. Ces outils ils s’appellent Olivier Maurel, Alice Miller, Edwige Antier et Isabelle Fillozat (entre autres, ils sont nombreux). Ils ont écrit sur les émotions de l’enfant, sur la violence éducative ordinaire, sur la condition enfantine dans nos sociétés modernes. Ils ont écrit sur le modèle dans lequel on évolue et qui mériterait d’être retourné en tous sens! Les livres ne peuvent pas éduquer à notre place, mais les livres peuvent donner ces pistes si précieuses de réflexion, autant de billes pour que quand la situation de crise et l’envie de taper, crier, être parfois méchants se présente, alors on puisse avoir d’autres solutions, des alternatives à la main lourde. Ces auteurs sont des mines d’or, d’information et de bon sens.

Gwenaelle dit :

Whahou.
Bravo pour cet article si bien écrit, complet, et où malgré une information ciselée j’en apprends encore (« au yeux de la justice, tant que la peau de l’enfant n’est pas entamée, alors le châtiment est considéré comme “raisonnable” et ne peut donner lieu à des poursuite s’il est occasionnel » : non mais au secours !!)

lydia dit :

un petit témoignage pour la route …

j’ai grandie dans un foyer ou la maitraiitance ( physique ET morale ( parce que oui elle existe la maltraitance par les mots ) était regle d’or. je suis une maman qui a un enorme manque de confiance et hyper emotive . J’ai reusie a me reconstruire sous l’anonymat d’un pseudo sur internet , mais l’equilibre reste encore fragile … Je suis un maman qui crie beaucoup , meme si tous les jours je tente de m’ameliorer … Une fessée , une claque ou autre et un passeport pour des années de souffrances pour l’enfant , parce qu’elle laisse un marque indelebile , comme marqué dans l’ADN …

Apres , j’avoue avoir une fois mis une tape sur les mains de mon fils ( par peur , il aller ce bruler ) , mais je lui ai expliqué mon geste , on a fait un gros calin apres , je sais ca ne change rien mais j’ai voulu depasser ce geste …
Un autre episode ou j’aurais pu lui faire du mal , ce jour ou 24h durant il a pleuré , ce jour ou j’etait epuisée … j’ai eu un fraction de seconde ou le l’ai mis dans son lit ( en securité ) , je suis sortie dehors et j’ai hurlé , dechiré un ours en peluche … Ce jour la j’ai eu peur de moi , depuis quand je sent la pression montée , je nous isole l’un de l’autre ( 5 min grand max) et apres on parle ( je sais pas si a 2 ans il comprend tout ) mais au moins je lui explique que nous ne sommes pas des robots mais que c’est pas pour cela que je l’aime pas … le but est de desamorcé la situation , alors ou ci pour evité de hurler , pleurer ect … je degaine trotro , tchoupi et co , le temps d’un episode , le temps que tout le monde ce calme …

il ne faut pas avoir honte de ne pas etre infaillible , il faut juste savoir comment colmater la faille avant que cela devienne un gouffre …

La Mère Tatouée dit :

Merci Working Mama pour cet article au combien intéressant et mettant le doigt là où ça fait mal.
Je suis d’accord quand on dit qu’on ne sait pas faire autrement, je suis d’accord aussi pour dire que les outils Antier, Maurel, Filliozat etc existent mais malheureusement ces lectures ne sont pas à la portée de tout le monde. Bien souvent quand j’ai une question, je me documente. Mais les gens comme toi/moi/tes lecteurs par exemple ne représente qu’une toute petite partie de la population parentale.
Il faudrait du concret, de la mise en situation et j’en passe.
Mais tant que la France n’intègrera pas la non violence dans sa culture, nous ne pourrons pas avancer…
Quoi qu’il en soit, continue de nous ouvrir les yeux :-)

working mum dit :

article complet qui en apprend des choses… 2 enfants par jour c’est juste affreux… je ne lève pas la main (ni le pied lol, si l’humour est permis!) sur ma fille mais parfois rien que le fait de hausser le ton et de me mettre en colère m’effraye… je lis un refus dans son attitude, un recul par rapport à moi et ça j’aime pas. Pourtant y a rien de « grave »… pourtant toujours j’explique etc… tout ça pour dire que la violence n’est pas que physique (comme le dit un des autre commentaire), un jour j’ai une maman qui disait enfermer ses enfants dans la salle de bain dans le noir… bref, pas évident de trouver la bonne solution! se faire aider oui!! mais une loi, je ne sais pas…

Happy Housewife dit :

Ces chiffres sont hallucinants…

Lou Ann dit :

Moi ma mère tres occasionnellement me met une petite claque pour me remettre dans le droit chemain mais je me demande comment je serai si elle ne me denerait pas de petite claque. Je serai peut être comme beaucoup de personne dans mon collège à dire merde à ma mère, elle n aurai plus d otorite sur moi et je sortirai, je buvrai, je me drograi comme pres que toute les personne qui son en 3ème dans mon collège donc je suis ni pour qu’on frape les enfant ni contre parce que il y a des enfant qui mérite au moin une bonne claque et d être puni alors qu il y a des mère qui ne fon rien, qui les lèsse faire mais qui pence qu’ils seront minion quand il seron grand! Regarder autour de vous il y a des enfant de 13 ans qui vole maintenant et on fait rien donc à 18 ans quand ils se feront prendre par la police ils vont dire » je ne comparent pas on ne me la jamais expliquer on ne m’a jamais punit alors pourquoi maintenant ? … » que va-t-on faire à ce moment là ?

jennifer dit :

lou ann ne pas frapper ne veut pas dire ne pas expliquer les règles de vie en communauté ne veut pas dire donner des règles et des limites.
Sache que tes jeunes amis sans foi ni loi extériorise leur violence emmagasiné par les violence éducatif reçus et souvent il s’en prenne 10 fois plus que toi, sauf que a un moment donné ils prennent le dessus sur leur parent qui n’avait d’autre moyen que la violence physique pour se faire obéir mais une fois cette supériorité évanoui, les enfant (ados) se révolte.

Je vois déjà un aspect négatif de l’éducation que tu as reçus…tu banalise la violence, tu ne respectera pas la lois sans avoir la sanction au bout du nez et non parce que tu en aura compris la nécessité.

adeline dit :

Bonjour Working Mama :) je répond à ce message parce que je cherche dès réponses dans vos articles. Ma fille à 20 mois, je ne veux pas la frapper ni même une petite Frédéric mais autour de moi personne ne comprend, et je n’entend que dès « là fessée ne tue pas » où bien, « ça marche peut être à moins de 2 ans mais tu verras à 16ans… »…. Du coup je n’arrive pas à répondre, à justifier….je vous ai mp sur Facebook mais je comprend bien que vous n’aviez pas le temps où l’envie de répondre. Ma grosse question est de savoir, où d’avoir une piste comment réagir face à un « caprice », bébé ne veut pas suivre, se « roule » par terre, « hurle »…je ne veux pas entrer dans là violence mais n’ai pas les outils pour avancer… Désolé du roman :) j’espère que vous aurez une piste à m’expliquer.

Laurence dit :

Lire les livres d’Alice Miller me semble indispensable à tous. D’un côté on prend conscience de la gravité de la violence dans l’éducation des enfants, de l’autre on réalise (pour ceux qui sont en capacité de le faire) de la violence physique et ou psychique dont on a soi-même été victime. On décide de se réparer pour ne pas reproduire à l’identique sur ses enfants, et en pensant bien faire, la maltraitance que l’on a connue, intégrée, mal digérée. Ouvrir les yeux sur son histoire c’est le premier pas vers une bonne relation avec ses enfants, relation qui va permettre de transmettre de l’amour, bien sur, de la confiance, des outils solides pour que l’enfant grandisse en se sentant respecté et devienne un adulte équilibré, connaissant les émotions qui peuvent jaillir et sachant les accepter en tant que telles sans se sentir dépassé par leur survenue. Merci pour ce blog. Voir le film « si j’aurais su je serais né en Suède « . La France est très en retard sur le sujet … Pourquoi protégeons nous les parents au détriment des enfants ? Pourquoi faisons nous comme si la maltraitance faite aux enfants étaient sans importance ? Parce que reconnaître qu’on a soi même été mal aimé, battu, humilié par ses propres parents est au- dessus de nos forces ? J’aurais tant à dire.

dophinel dit :

Tu as totalement raison ! Je ne blâmerais pas le parent qui pète un jour un plomb et donne une fessée …partie toute seule ! mais celui qui est à blâmer c’est celui qui considère cela comme étant normal et une méthode éducative acceptable, ou celui qui rejette la responsabilité sur l’enfant disant : tu m’as poussé à bout ! Peut être, mais l’adulte, de par sa maturité, a plus d’outils pour conserver sa maitrise de lui, si il n’y parvient pas, c’est sa faute à lui, pas celle de l’enfant ! Et bien sûr la justice doit évoluer … il n’y a pas si longtemps, je ne voyais pas la nécessité de de légiférer contre la fessée, mais ton article m’a ouvert les yeux sur le fait que la fessée tolérée est la voie royale pour les violences plus graves qui mènent à cet horrible chiffre de 2 enfants morts chaque jour sous les coups parentaux !

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