La consigne positive : éduquer sans dire non (ou presque)

Education Non Violente

Poser une limite sans dire non, le rêve n’est-ce pas?

La majorité des gens vous diront que c’est impossible. Mais en fait, ça existe! Par contre ce n’est pas forcément facile…car cela demande une sacrée gymnastique cérébrale au début, et même encore après quand le concept est pourtant bien assimilé et utilisé au quotidien. Les vieilles habitudes ont la vie dure! Et il reste assez fréquent de se louper sur le moment mais on se rend compte alors, en reformulant de suite en « consigne positive », qu’effectivement c’est souvent une excellente clé pour interagir avec l’enfant, surtout chez les petits et que cela peut transformer leur attitude : alors qu’à la première consigne ou demande on avait essuyé au mieux une indifférence totale, au pire un non cuisant, la même idée formulée autrement devient soudain efficace et l’enfant coopère (j’évite volontairement le terme d’obéissance que je refuse et déteste, et dont on reparlera dans un billet dédié). Je retiens, pour illustrer cette astuce de communication, une image qu’Isabelle Filliozat utilise dans son livre « J’ai tout essayé » (je cite de mémoire) : parfois, on s’évertue à pousser la porte pour l’ouvrir, quand il fallait finalement la tirer pour tout débloquer. Mais précisons d’abord.

La consigne négative, c’est quoi?

C’est le fait de dire « NE fais PAS ceci/cela ». Et là vous faites une tête genre -> oÔ et vous vous demandez si j’ai bu, ou fumé un truc. Pas du tout je vous jure. Effectivement c’est une tournure qu’on emploie 12 000 fois par jour, alors qu’est-ce que je viens vous chanter là? Ne pas utiliser cette formulation? Donc on se tait alors? Non bien sûr :) Mais on évite ce « NE PAS » que le cerveau (de l’enfant comme de l’adulte) a du mal à traiter, et on tente une autre approche de la question.

Toujours chez Isabelle Filliozat, un exemple très concret :

consigne-positive-2

J’ai tout essayé ! (www.amazon.fr/gp/product/2501074718/ref=as_li_qf_sp_asin_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=6746&creativeASIN=2501074718&linkCode=as2&tag=workmama-21), Isabelle Filliozat, aux éditions Poche Marabout, 5.99€

Que nous dit cette image?

Lorsque l’on demande à quelqu’un de « ne pas » faire quelque chose, on lui demande d’abord de visualiser l’action à ne pas faire, puis d’opérer un mécanisme d’annulation dans son cerveau et enfin d’adopter le comportement contraire à l’action qu’on lui a initialement mise en tête. Pour un adulte dont le cerveau est habitué à cette gymnastique régulière et dont la vie quotidienne implique qu’il sait gérer ses pulsions et ses images mentales, ce n’est pas trop compliqué. Mais pour un enfant de 12, 18, 24 mois, ou même 3 ou 4 ans, ça peut être un vrai sac de noeuds impossible à dénouer. On prendra pour de la provocation l’enfant qui touche le placard en souriant alors que l’on vient juste de lui dire de « ne pas » le faire. En fait, nous lui avons nous-même demandé de toucher ce placard (s’il n’avait pas commencé) ou de recommencer (s’il venait de le faire) en lui (ré)imprimant l’image de l’action en tête. L’enfant touche alors le placard non pas par provocation, mais par incapacité à retourner l’image mentale impliquée par la consigne initiale.

Voilà le concept de base de la consigne « négative ». Elle complique beaucoup les choses et nous allons donc essayer de voir comment faire pour la contourner et obtenir le même résultat que celui escompté, mais en formulant la consigne de façon positive, autrement dit sans utiliser le « ne pas ».

La question ayant été abordée sur la page facebook du blog et une lectrice ayant proposé une mise en commun de nos solutions pour formuler positivement nos consignes, vous avez été nombreux à m’envoyer vos tournures en fonction des situations de votre quotidien. Je ne peux pas toutes les relayer ici, mais en voici une petite compilation afin d’illustrer le concept et vous aider à trouver vos propres formulations en fonction de vos problématiques quotidiennes :

  • « Ne mets pas tes mains dans l’assiette » devient « à table, on mange avec des couverts/la fourchette/la cuillère »
  • « Ne joue pas dans la poubelle » devient « la poubelle est l’endroit où l’on met les déchets, on la referme aussitôt » ou « je jette, je ferme »
  • « Ne traverse pas » devient « reste sur les graviers devant l’école », « reste de ce côté de la route », « tu peux me lâcher la main lorsqu’on est sur le trottoir, pour traverser tu m’attends »
  • « Ne touche pas » devient « cet objet reste posé/tout seul/loin de tes mains »
  • « Ne marche pas dans la terre » (la lectrice ayant envoyé cette tournure effectue des travaux dans sa maison), devient « les pieds restent sur la terrasse »
  • « Ne vide pas les boîtes (du placard) » devient « les boîtes restent rangées dans le placard »
  • « Ne court pas autour de la piscine » devient « à la piscine on marche «
  • « Ne mets pas d’eau partout » devient « L’eau reste dans la baignoire »
  • « Ne prends pas cet objet » devient « L’objet reste posé sur la table/etagère/ etc »
  • « Ne tape pas » devient « Avec la main on caresse »
  • « Ne cours pas » devient « Marche »
  • « Ne monte pas sur la fontaine » devient « les pieds restent par terre »

(mes excuses à ceux et celles qui cherchent leur tournure exacte et ne la trouvent pas, j’ai reçu beaucoup de messages et certains se recoupaient souvent!)

Avec Lou la consigne positive « on marche » est vraiment très efficace. Elle veut toujours m’aider à vider le lave-vaisselle, et je la laisse le faire même avec les objets qui cassent. Un jour, trop contente de vider la machine, elle a couru entre le lave-vaisselle et le meuble avec deux verres dans les mains, elle a trébuché et les a cassés. Je lui ai d’abord dit que ce n’était pas grave, qu’elle était impatiente de m’aider et que ça arrivait de casser. J’ai fini l’échange en lui disant « quand tu vides le lave-vaisselle, tu marches doucement, comme ça tout reste bien dans les mains ». Depuis, quand elle sort un élément, elle appuie bien le mouvement de ses pas en disant « je marche! ». Je lui redis de temps en temps quand elle oublie et se remet à accélérer, et elle ralentit de suite.

Un petit outil pratique à utiliser au quotidien

A la maison et grâce aux diverses lectures que nous avions engagé sur la question des limites dès ma grossesse, nous avons essayé de démarrer ce fonctionnement le plus tôt possible. Au début ce n’était pas du tout évident…difficile de passer au dessus de 30 ans de « Ne pas »! Aujourd’hui encore, il y a régulièrement des ratés, des réflexes de négation qui reviennent, et on ne peut pas non plus passer sa journée à garder son cerveau en ultra-vigilence. Dire « Ne pas », ce n’est pas un drame…c’est juste qu’on s’en rend compte immédiatement ensuite quand on est habitués de cette gymnastique quotidienne car on constate aisément la différence de comportement de l’enfant face à ce que l’on peut lui demander d’effectuer comme action. D’une façon générale, formuler en consigne positive permet de minimiser largement l’énervement et les cris car il devient moins nécessaire de répéter, et on a beaucoup moins tendance à se dire que l’enfant est dans la provocation à faire exactement ce que l’on vient de lui refuser. Moins de stress, plus de zen, et les journées peuvent paraître nettement moins fatiguantes…

Ici donc, pour s’habituer à ce fonctionnement, nous avons utilisé au début un petit tableau de soutien pour mémoriser les tournures positives qui débloquaient les situations. Vous pouvez réaliser très simplement : deux colonnes et c’est tout! A gauche, la tournure négative. A droite, l’équivalent positif qui vous convient (à vous et à votre enfant). Lorsque vous vous surprenez à donner une consigne en « Ne pas », vous la notez dans la colonne de gauche et vous réfléchissez à une équivalence positive. Quand la clé positive fonctionne, hop, vous la notez à droite. Vous laissez le tableau en évidence quelque part pour pouvoir le compléter facilement au quotidien, et petit à petit le mécanisme devrait s’inscrire comme un nouveau réflexe. Pas infaillible comme dit plus haut, mais plus on pratique, plus on y arrive, promis!

Ce n’est pas non plus un remède miracle

Evidemment, il ne suffit pas toujours de formuler en consigne positive pour que ça fonctionne, ce n’est pas une baguette magique qui transforme le bambin en petit être docile et acceptant tout ce qu’on lui demande et heureusement! il faudra parfois négocier au delà de la consigne, ou chercher plusieurs tournures jusqu’à trouver celle qui débloque la scène. Mais c’est le concept de base qu’il faut apprendre à maîtriser, pour ensuite en faire un outil de communication au quotidien. A adapter en fonction de vos enfants, de vos problématiques quotidiennes et de vos préoccupations.

N’hésitez pas à partager avec nous vos tournures positives en commentaires, pour enrichir la liste d’exemples proposée dans le billet!

VOS MESSAGES
66 commentaires
Laisser un commentaire

MamanChat dit :

Il est vrai que j’ai tendance à dire « ne pas » puis à donner la consigne opposée positive, d’instinct.
Donc je devrais arrêter le ne pas et me consacrer totalement à la consigne positive, ça va être difficile mais pas impossible de s’y habituer.
Dur dur de lâcher le « non » automatique aussi ^^
Merci pour ce billet :)

Working Mama dit :

Il faut un peu de temps pour prendre le pli, mais on s’améliore petit à petit :)

laplumerousse dit :

Monsieur me prenait pour au mieux pour une folle, au pire pour une incapable quand je lui ai fait part de cette méthode. Mais plus les mois ont passé et plus il a assimilé le truc. Il ne reconnaîtra jamais que j’ai dû batailler pour ça. Mais ça m’importe peu. L’essentiel est qu’aujourd’hui il prend la peine de faire cette gymnastique mentale et que les négociations et l’accompagnement se passent mieux. Quel soulagement au quotidien !
Merci à toi d’avoir pris le temps d’écrire tout ça ; je vais pouvoir le partager ;-)

Working Mama dit :

Souvent les autres sont incrédules au début…et puis de constater qu’effectivement ça marche et ça permet réellement de faciliter la relation avec l’enfant, ils y viennent un jour ou l’autre ;)

CHARBONNIER dit :

Mon époux vient de lire aussi l article…il reste négatif. ..ça ne marchera pas…juste une question. ..répétez vous souvent la consigne?

Leonie dit :

Ben laissez-le faire à sa maniere et faites à la votre. Quand il verra que ca marche mieux en etant positif il changera peut-être d’avis…
Et OUI, une consigne doit être repetee regulierement (et reformulee differemment si elle n’est pas comprise )

La fée Lili dit :

Quand tu avais publié un statut sur ce sujet sur Facebook, une de tes lectrices avait suggérer la formule « utilise ta petite voix » au lieu de « ne crie pas ». Et bien, celle-ci marche drôlement bien à la maison avec ma Pimprenelle de 3 ans, et elle est super utile quand elle ne doit pas faire de bruit quand sa petite sœur dort. Bien sur, comme tu le soulignes, ça n’est pas une recette miracle mais ça aide vraiment. Et merci aussi pour le partage et la communauté que tu as réussi à créer, on y pioche un tas de bonnes idées.

Cleophis dit :

Je vais essayer avec mon fils de 18 mois car j’ai beau lui dire de parler doucement, c’est difficile!

Working Mama dit :

Merci à toi de passer ici :)

morgane dit :

Ah merci pour cette astuce, je prends et j’aurai certainement l’occasion de tester demain ;)

Sumitsuki dit :

Merci pour ce billet concret et didactique :)

Oui il y a d’autres exemples mais ta liste est suffisamment représentative pour qu’on saisisse le truc. Ça m’aide beaucoup de fonctionner avec ça, après bien sûr il y a des ratés, des moments d’épuisement de part et d’autre… Mais d’une manière générale, adhérer activement plutôt qu’obéir, oui, j’adhère aussi :)

Je me disais, (on t’a peut-être déjà posé la question) tu commences à en savoir et partager un bout sur l’éducation non violente (je recherche un autre terme qui ne soit pas une négation, tiens, justement!). As-tu des références biblio spécifiques à conseiller ? Et surtout, en fait… As-tu déjà projeté de rassembler tes connaissances & expériences dans un livre ? En plus du blog je veux dire ? Ça m’intéresserait bien, au niveau perso mais aussi pro (je suis pédopsy et les familles et les collègues tiquent quand je leur propose de lire un blog, c’est idiot mais c’est une réalité)

Voilà merci encore pour ce beau boulot :)

Working Mama dit :

Pour la biblio il y a le coin lecture où je donne quelques titres, ici : :) Pour le livre non, pas exactement, je pense qu’il existe suffisamment d’auteurs bien plus légitimes que moi pour faire ce genre de travaux « officiels ». En revanche j’ai en projet depuis bien longtemps maintenant un petit lexique, comme un dictionnaire, qui serait rédigé dans l’esprit du blog (réflexions personnelles / exemples concrets / pistes d’informations) avec pour chaque lettre des termes à développer. Je n’en dis pas trop parce que je ne voudrais pas me faire piquer l’idée^^. Présenté comme un petit lexique subjectif du parentage, en quelque sorte…mais il faudrait que j’en trouve le temps! Quelques fois je rédige quelques lignes sur le PC quand j’ai une idée qui me vient…on verra si ça peut se développer sur la durée. En attendant il y a l’association qui se construit pour avoir une action concrète sur le terrain, on verra ce que ça donne après la naissance de mon deuxième bébé :)

cerise dit :

sur le site de l’arbre à bébé, ils parlent d’accompagnement respectueux… J’aime bien le terme !
Sinon, effectivement, un grand merci pour tous ces partages, je suis ce blog depuis grosso modo un an (après le début de ma grossesse !) ma fille a 6 mois et je pioche régulièrement des infos, des lectures (merci pour la bibilio : j’ai lu avec grand plaisir Isabelle Filliozat et j’ai réussit à faire lire Tomas Gordon à mon mari qui n’est déjà pas livre et encore moins livre sur l’éducation ! Nous souhaitons tous les deux que notre fille ait une éducation sans violence et le partage d’expériences que nous trouvons ici nous est très précieux ! Merci…

audreypnc dit :

Génial! On est très dans la consigne positive aussi ici et je confirme, on obtient beaucoup plus de choses et sans cris, sans énervement.Le « non » est quasi inexistant chez nous sauf en cas de danger immédiat. Merci WM! Et effectivement le livre d’Isabelle Filliozat est chargé de plein de bons conseils pour s’en sortir. Que dis-je? LES livres.

Working Mama dit :

Oui, LES :) Ils nous éclairent sur bien des choses tous les jours!

mummy s little girl dit :

merciiiiiiiiiiiiii

Working Mama dit :

De rieeeeeeeeeen :)

kiarapapillon dit :

Merci pour ce billet!
Depuis que je suis prof (ça fait déjà 6 ans), j’ai remarqué que généralement, quand on dit non aux élèves, ils font l’inverse, quel que soit leur âge (de 11 à 21 ans). Donc j’ai rapidement changé ma manière de leur parler. Et j’ai ensuite découvert Filliozat qui m’a confortée dans cette idée.
Chez nous c’est : « Les lunettes restent devant les yeux de papa… sinon il ne voit pas! » Et ça la fait rire. Elle essaie souvent de pincer le chat ou de tirer les poils alors on lui dit : « Les doigts restent écartés quand on caresse ». C’est très efficace, on la voit faire l’effort d’écarter les doigts!
On ne lui dit pas non quand c’est dangereux, souvent on dit : stop! ou attention! suivi de la consigne positive. Quand on dit non, elle nous défie du regard et sourit puis… fait ce qu’on en voulait pas qu’elle fasse!

Working Mama dit :

Stop ça marche très bien c’est vrai. Ici Lou nous dit stop maintenant quand elle ne veut pas qu’on fasse quelque chose :P

Christine Hermann Andrieux dit :

ici aussi petit chaton depuis une semaine… pour porter elle l’attrape souvent par le coup, je lui dit stop, et lui dit on porte kitty par les fesse, depuis quand elle ce trompe j’ai juste a dire stop et elle me dit en montrant ses fesse, par les fesses…. je vais essayer écarter les doigts …

Rachel dit :

quand ma Nina , 19 mois joue avec la barrière de sécurité qu’on a oublié de fermer… on lui demande simplement de la fermer pour nous. elle est très fière de nous rendre service alors qu’avant lorsqu’on lui disait de ne pas y toucher ou de ne pas la franchir elle s’empressait de filer dans la pièce « interdite », la cuisine. :)

Working Mama dit :

Ah oui ils aiment se sentir utiles. C’est souvent comme ça qu’on lui demande de ramasser les choses qu’elle jette ou qu’elle fait tomber si elle ne le fait pas d’elle même. Quand on dit « il faut ramasser » ça marche beaucoup moins bien que « ça m’aiderait beaucoup si tu ramassais ce que tu as fait tomber ».

Petit Bourgeon dit :

Tout à fait la même chose pour notre fils qui a le même âge, il est très content de fermer la barrière au lieu de se ruer dans la cuisine (pour mettre les mains dans la litière du chat, noooon, heu je veux dire,… hum en voilà une formulation à trouver.
Merci Working Mama pour ce billet très très très utile.

Lublu dit :

Moi j’ai été bien attrapée par mon ils de deux ans hier soir – et pourtant j’essaie de limiter les « non » le plus possible, mais trop m’échappent encore semble t-il!
Alors que le loustic allumait la lumière pour ne pas aller à la sieste, et que je la ré-éteignais après lui, au bout de deux échanges lumineux entre nous, j’ai eu droit à ça, après que le coco a rallumé la lumière pour la 3ème fois:
– Ah non Maman, ça suffit maintenant!
(avec les yeux fronçés et l’index menaçant en prime)
…. je me suis roulée de rire pendant une heure (bon, il a fini par se coucher et faire une sieste :)
Et pourtant chez nous l’imitation de la moto en courant et hurlant dans la maison c’est « la moto qui est dans le jardin, pas dans la maison, donc elle fait moins de bruit », « l’eau de l’arrosoir reste dans le bain » etc…etc… comme quoi, on a encore beaucoup de progrès à faire! Merci beaucoup Working Mama!!

Working Mama dit :

Ah ça l’exemple..c’est comme ça ici qu’on repère les situations où on n’a pas été assez vigilents sur notre attitude. Mais l’effet miroir a un gros avantage : on sait tout de suite sur quoi on doit s’améliorer^^

Tartelette dit :

Depuis ton premier message sur facebook on s’y est mis à la maison avec notre petit Oscar et cela fonctionne bien, merci à toi pour cette idée qui a été comme une révélation pour nous !
« ne prends pas les cailloux, la terre… » dans le jardin est devenu « les cailloux restent avec les cailloux, le bois avec le bois etc… »
« non ne touche pas » quand il prend un de nos objets qu’on ne préfère pas qu’il touche est devenu « merci c’est gentil » quand il nous tend l’objet ou « oui c’est à maman, c’est à papa, toi tu as tes jouets pour jouer » ça fonctionne plutôt bien

quand il se met à pleurer ou crier pour avoir quelque chose ou quand il ne veut pas faire quelque chose au lieu de s’énerver et de crier aussi bêtement, on lui dit « au lieu de crier/pleurer, essaye de nous expliquer, que veux-tu dire, qu’est ce qu’il y a, on ne comprend pas quand tu pleures ou cries… » ça le calme et en général il nous montre ce qu’il veut ou tente de s’exprimer autrement….

Bref MERCI MERCI MERCI BEAUCOUp Julie pour ce partage qui a changé notre vie à tous les 3 et bientôt à tous les 4 !!

Working Mama dit :

De rien! Merci de me lire :)

Magali dit :

J’ai découvert cette façon de fonctionner il y a … 15 ans ! Quand j’étais animatrice en centre aéré, ma directrice nous a expliqué individuellement le bien fondé de la consigne positive avec l’exemple « ne pense pas à une banane » et depuis je cherche jour après jour à l’appliquer. Je n’y arrive pas toujours, mais on progresse avec mon mari. Le coup du « les pieds restent par terre » est génial, je n’y avais jamais pensé. Depuis que je l’ai lu sur ton facebook, je l’utilise et ça marche du tonnerre avec des variantes (« les pieds restent dans l’herbe » quand il s’agit d’explorer un terrain un peu trop accidenté par exemple). Dans le genre consigne positive, on délimite toujours le terrain de jeu « tu peux aller partout tant que tu nous vois, comme ça on te voit aussi » ou alors on donne les endroits autorisés au lieu des endroits interdits.

Working Mama dit :

Cette question des endroits autorisés à la place des interdits est très intéressante, j’ai un article à venir sur les limites et j’ai prévu de parler de ça, en quoi il est très bénéfique de parler en terme de possibilité plutôt que d’empêchements. Je reprendrai ta phrase si tu me permets?

Magali dit :

Bien sûr que je permet et avec grand plaisir :)

mamanmammouth dit :

J’ai aussi remarqué avec le petit que je garde que les consignes positives fonctionnent mieux… mais c difficile de se détacher de nos réflexes! J’y travaille petit à petit! Superbe ton article, je l’ai partagé :-)

Working Mama dit :

Merci beaucoup :)

hachinyu dit :

Merci pour cet article ! Je suis personnellement en pleine réflexion a ce sujet & ça m’aide bcp tous ces exemples !

Working Mama dit :

De rien! J’espère que tu atteindras ton objectif!

hachinyu dit :

C’est une gymnastique du cerveau mais ça vient petit à petit =)
Mon mari s’y est mis aussi ! Il n’y a que pour les choses dangereuses ou on préfère rester sur un « Non » ferme ! En expliquant ensuite le pourquoi. « Non » quand il s’approche de la prise « L’électricité c’est dangereux ». « Non, les escaliers c’est seulement avec nous ». Etc.
Mais j’apprécie ?

Véronique dit :

C’est clair et applicable, merci pour les tuyaux !

Partagé sur Facebook :

Working Mama dit :

Merci pour ton partage :)

Peuvent-ils souffrir ? dit :

Je me mets doucement à cette façon de s’exprimer et je trouve que ça aide beaucoup en effet. Merci pour les conseils !

Working Mama dit :

De rien, j’espère que tu y trouveras ton bonheur sur la durée!

duodoubs dit :

merci, c’est très bien expliqué ! mieux que je ne tente de le faire autour de moi j’ai l’impression… je vais pouvoir utiliser ton billet (d’autant plus que je reconnais mes phrases ;) ).
je note aussi le « utilise ta petite voix », je vais essayer, car les cris deviennent parfois difficiles à supporter au quotidien dans la maison.

Working Mama dit :

Pour la petite voix, moi qui suis anciennement musicienne intervenante en milieu scolaire je pourrais parler précisément du pouvoir de l’imitation, mais aussi de l’intérêt de faire prendre conscience à l’enfant de ses capacités vocales, de la plus faible à la plus forte intensité :) Ici quand elle crie et que ça me gêne, je me mets à lui parler en chuchotant. Sauf exceptions c’est radical, elle imite! En séance avec les scolaires, c’est comme ça que je récupérais l’attention générale : parler tout doucement; Ils étaient obligés de tendre l’oreille, et sans s’en rendre compte me répondaient au même volume! J’ai plusieurs fois dit que je ferais des billets sur ces questions de la voix chez l’enfant, parlée ou chantée; Il faut vraiment que je le fasse car en ENV ça peut beaucoup apporter!

Moreaux dit :

Merci pour ce billet, toujours au top WM!
On l’utilise aussi ici pour notre 17 mois. Ca marche, il est tellement fier de faire ce qu’on lui demande ! Les mamies s’y mettent aussi.
Nous pouvons aussi noté que parfois on nous donne des consignes positives : « mangez au moins 5 fruits et légumes par jour »…

Working Mama dit :

Ah ah ça c’est encore une autre affaire :P

Céline poupées de mamé dit :

Superbe article ! Merci

Julie&Cie dit :

Merci pour cet article, super intéressant et qui propose un outil que je ne connaissais pas encore!
Cette méthode peut elle fonctionner avec des enfants de 15mois? Mes jumeaux passent leur journée à aller vers la TV et le téléphone, et je suis un disque rayé de « on ne touche pas la TV, ce n’est pas un jouet » , et vraiment certains jours, notamment qd je suis plus fatiguée, je n’en peux plus de répéter encore et encore!!
Que puis-je dire? Laisse tes mains loin de la tv? Je leur propose régulièrement des jeux pour détourner leur attention, mais ils en profitent qd je suis occupée (cuisiner, étendre du linge..) pour y aller aussitôt! Merci de votre aide :-)

Chris dit :

Merci pour ce bel article.
Je suis à 100% pour la formulation positive :) En fait tout ce qui est positif :)
Je cherche toujours par quoi remplacer « Ne mets pas à la bouche »
Le « Tel objet reste dans les main » est tout à fait compatible avec le fait de le porter à la bouche puisque c’est avec les mains que l’action se réalise.
Quelqu’une à des idées? Please? ;)

Celine dit :

La bouche reste fermée ? Les mains restent loin de la bouche ?

Chris dit :

J’aime bien la seconde phrase. Merci Celine :)

Est il possible qu’un enfant de 23 mois puisse comprendre le « ne pas »? Car, malheureusement, je l’utilise beaucoup, j’essaye de me corriger et de plus en plus j’utilise la formulation positive, mais ce n’est pas facile! Surtout que j’ai l’impression que ma puce comprend assez bien, et même elle l’utilise! Surtout le mot « pas »! Quand elle veut ouvrir un placard qu’elle n’a pas le droit de toucher, qu’elle se retourne et voit que je la regarder, elle me dit « non non, pas ouvrir »! Je lui dis alors, « oui ma puce, tu laisses le placard fermé, car il y a des choses qui cassent dedans »! et qu’elle hoche la tête pour dire oui, je ne peux m’empêcher de me dire que puisqu’elle utilise le « pas », elle doit le comprendre…non?

Working Mama dit :

Oui, la question n’est pas de dire que le « ne pas » est incompréhensible, mais simplement de souligner qu’il peut engendrer une compréhension bien plus longue de la consigne et provoquer la réalisation de l’action qu’on souhaitait justement que l’enfant ne fasse pas. Ma fille de 26 mois me dit aussi « il ne faut pas faire ci ou ça », elle a compris cette négation, mais c’est différent de l’utiliser dans le langage pour exprimer une règle assimilée et l’utiliser pour donner une consigne à un instant I, ça risque de retarder l’application de la règle :)

Rachel Delplanque dit :

récemment, la phrase inefficace depuis des années pour éviter à nos poussins d’avoir des difficultés à remonter leur température interne après un bain dans le lac ou la mer en avril et qui était « fais attention à ne pas avoir trop froid. Sors avant »… a été transformée en « fais attention à avoir toujours suffisamment chaud » et du jour au lendemain: fini les hypothermies après baignade! Ca paraît évident après coup: se concentrer sur le fait de sentir qu’on a froid amène une sensation et une réaction trop tardive: le froid est déjà là. ALors que se concentrer sur la sensation de chaleur confortable permet de détecter rapidement et réagir quand la situation change et que ce n’est plus le cas! d’où sortie de l’eau plus précoce et réchauffage plus facile et possible… avec retours à la baignade parfois possible quand l’organisme s’est suffisamment réchauffé. Elémentaire mon cher Watson! (enfin, j’ai mis 10 ans à la trouver celle-là ;-) )

Sabrina Chapuis dit :

Ce qui est drôle, c’est que les pilotes d’avions doivent appliquer ce principe d’éviter de dire « ne pas » ou toute négation car s’il y a une interruption dans les communications, pas qu’il y aie de malentendu ;)

Raion Cocacola dit :

Bonjour ! En lisant l’article j’ai trouvé tout ça totalement logique et évident, c’est même génial, mais en y réfléchissant, je me suis posée une question, comment l’enfant fini par apprendre à « annuler l’image qu’on vient de lui mettre dans la tête ». Vous dites en début d’article « facile à faire pour un adulte, très difficile pour un enfant » … À quel moment, on peut utiliser le « ne pas » ? Comment finira-t-il par le comprendre ce mécanisme d’annulation si on ne « l’entraîne » pas ? Les autres adultes qui ne pratiquent pas les consignes positives (à l’école, en colo, etc) vont être face à un enfant qui comprendra moins les « ne-pas » que les autres … non ?

Elodie dit :

On pratique la consigne positive à la maison avec ma fille qui a 22 mois depuis un bon moment, et je peux affirmer que c’est effectivement rudement efficace ! De toute façon, en lisant l’ouvrage de Filliozat et cet exemple sur la girafe, cela paraît évident :) Du coup, ça devient un jeu presque, de trouver les bonnes formules positives !
Et je suis en train de convertir mes parents, ma mère elle fonctionne bien mais pour mon père, y’a encore de sacrés automatismes avec le « ne pas »! Mais il s’y met aussi, le tout dans le rigolade…

Marie dit :

Depuis que j’ai lu Filliozat je m’applique à ne donner que des consignes positives (et à parler le plus possible en « positif ») et je pousse les adultes autour de moi à faire de même. Ca fonctionne vraiment très bien et je vois une nette différence sur l’attitude des enfants, mais aussi des adultes!

mailys dit :

Bonjour, très bon article sur des expression à éviter, j’en ai une autre que je viens de découvrir au travail (je suis en crèche) et qui me parait aussi importante à réfléchir: on m’a conseillé d’éviter les « tu vas … » du genre « tu vas tomber », « tu va le casser » … Car on anticipe un geste de l’enfant qui ne va pas forcément se réaliser, et du coup l’enfant se dit si on me le dit c’est que ça va arriver. Si au contraire on utilise une phrase « positive » on avertit l’enfant du risque et surtout de notre crainte mais on le laisse gérer la situation -> l’enfant prend alors confiance en lui/ en ses actes, et ne se fie pas aux peurs de l’adulte.

Sophie dit :

Je suis ultra sceptique par rapport à des parents dans mon entourage qui appliquent cette méthode: au lieu de dire clairement les choses, ils se noient en circonvolutions improbables auxquelles personne ne comprend rien et surtout pas l’enfant. Au final un enfant paumé, totalement censuré, auquel il est interdit d’exprimer toute une palette de sentiments et d’émotions étiquetés comme ‘négatifs’ par les parents. Un enfant avec une violence intériorisée importante…
Chez nous le « non » n’est ni un mot censuré, ni un tabou. Je l’utilise modérément à bon escient et en fait mais fille de 2 ans n’a pas de problème d’obéissance: elle comprend bien les consignes, les respecte la plupart du temps et désobéit parfois, ce qui tout à fait ok et même souhaitable. Le non a le mérite d’être clair pour un jeune enfant qui maîtrise à peine le langage. Le non permet d’apprendre aux enfants à dire non eux même, ce qui me parait d’une importance capitale, vitale pour leur bien-être et leur socialisation. Pour info ma fille n’a pas fait de période du « non » ou d’opposition comme la plupart des enfants de cet age.

Mimi dit :

Si la méthode semble avoir des avantages, elle me pose un problème:dans la vie de tous les jours, les profs, les autres adultes, et plus les collègues, les patrons, tout le monde dit non, et personne ne formule les choses en positif. En tant que prof, j’ai devant des élèves qui ne supportent pas la frustrations et qu’on leur dise « non », pour des choses aussi simples que « je peux changer de place? ».

Elise dit :

Merci pour ce billet, merci pour cette astuce toute simple. Je suis prof d’école et je me trouve en difficulté avec un élève, de façon répétée. Je me rends compte que je lui donne toujours la même consigne face à son comportement, une consigne négative. Je vais essayer dès demain une consigne positive à la place.

karine dit :

super billet…captivant lol

Marie dit :

Merci pour ces beaux conseils, je vais tenter de les mettre en pratique avec ma puce de 4 ans qui a pas mal de mal à partager sa maman avec sa petite sœur qui vient récemment d’arriver parmi nous.

Florence privat dit :

Au delà de la suppression du ne pas et du non, ici v´est tout une philosophie qui a changer… Nous ne disons plus: » attention tu vas tomber, tu ne vas pas y arriver » et quand on reverse/casse/se trompe..,on repart! Il n’y a plus de bêtises, il y a des expériences! Du coup elles osent bcp plus de choses, participent bien plus et plus volontairement….je me suis rendue compte du chemin parcouru au square avec des amis… Ils interpellaient tout le temps leurs filles pour les mettre en garde…plus nous! Et la on constate que le non n’est plus dans la consigne, ni dans nos têtes…et l’or réalisable devient possible dans la tête de mes enfants! Que du bonheur!

Jenny Petit Caillou dit :

Je vais essayer la consigne positive avec le mien car ça fait maintenant 1 mois qu’il est insupportable , et je craque. J’espère vraiment y arriver et que ça fonctionne . Encore merci pour tes conseilles:)

Laura de Debout Ludo dit :

On peut aussi dire ce que l’on ressent sur le moment. Par exemple, au lieu de « Ne restes pas au bord du trou », dire « Quand tu es au bord du trou, j’ai peur que tombes dedans ». Ce type de messages (les « messages-je » pour celles et ceux qui connaissent ;) ) est très efficace car vous dévoilez vos sentiments à votre enfant qui en retour sera d’autant plus enclin à vous aider (à condition d’être honnête bien sûr !)

Glaïeul dit :

Super !!! J’ai expérimenté de nombreuses consignes dans différentes circonstances » à risque » type : boutiques deco, magasin de souvenirs, cartes postales : « les mains sont dans les poches » !!! Extra :) et sinon plusieurs fois par jour : les pieds touchent le sol, on avance tout doucement, On prends la petite voix, …. génial mais faut répéter!!! J’ai 3 petits de 8 5 et 3 ans, vifs curieux et bavards !!!
Ton blog est super et très bien écrit. Bravo et merci :)

Anaïs dit :

Bonjour, ce billet concernant l’éducation non violente m’a fait beaucoup réfléchir et surtout prendre conscience que nous utilisions beaucoup le « non » avec notre fils de 13mois, très curieux de son environnement.
J’ai donc souligné au papa mon désir d’éviter les « non » et « ne pas » le plus possible. Cependant, il y a encore un domaine où je ne parviens pas à trouver les mots magiques : la machine à laver !
Mon fils se fait un plaisir de tourner les boutons de notre machine à hublot. Cela n’est gênant que lorsqu’elle est en route, car ça déprogramme tout. J’ai beau essayé « les boutons doivent rester comme ça tant que la machine est en route », il reste obsédé par ces boutons à tourner et continue de plus belle.
Avez-vous une solution ou des idées ?
Merci beaucoup :-)

Nombre de vues: 2937
Dernier Populaire