Du mauvais côté de la barrière

Education Non Violente > Featured > WM s'interroge

On a un peu trop parlé cuisine récemment.

Alors avant de te donner la recette de mes liégeois passion (je te jure, dans les jours qui viennent, je te la donne) on va reprendre un peu de sérieux, juste le temps d’un billet.

J’ai vécu ce sentiment trois fois cette semaine, je ne peux pas compter exactement combien de fois la semaine précédente, et encore la semaine précédente, et tous ces mois écoulés. Ce soir sur la page facebook de La Maman du P’tit Pois (www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=795709023788763&id=209481219078216) les commentaires me motivent à écrire. Car j’ai pris la bonne résolution de ne plus intervenir en ce qui concerne l’éducation non-violente, la fessée, l’allaitement long, le maternage proximal et tous ces trucs de bobo laxiste ailleurs que sur mes espaces, afin de préserver mon temps, mon énergie et surtout ma santé mentale. Bref.

Hier, je vais acheter le pain avec ma fille. Tranquilles, on se balade dans la rue piétonne. Il y a un magasin de tissu, celui où je vais toujours acheter mes coupons quand j’en ai besoin. Devant la porte il y a une sorte de bac en ferraille où la vendeuse dépose toujours des coupons de fin de série, des chutes, des tissus bradés…tout est en vrac, l’idée c’est d’y plonger les mains, toucher, remuer, chercher la perle à petit prix.

Hier, en passant devant la boutique, c’était un enfant qui remuait ses mains dans la panière, qui touchait les tissus. « Ho il est doux celui-là », venait-il de dire à sa petite soeur. « Bon tu viens on y va ». C’était son père, pas loin derrière, ou plutôt devant, apparemment pas très enchanté à l’idée d’attendre que son fils ait fini son opération. Visiblement captivé par son exploration le petit, je dirais 6 ou 7 ans, n’a pas obtempéré sur l’instant. Deuxième fois. « Hé, on y va! ». « Oui attends je… » Le petit ne finira pas sa phrase. Le père saisit l’oreille vite fait bien fait et tire l’enfant vers lui. « Je t’ai dit qu’on y allait! ».

Il y a une dizaine de personnes dans un rayon de 5 mètres. L’enfant pleure très fort. « Aie tu m’as fait mal! » – « Tu n’as qu’à obéir ».

Il y a une dizaine de personnes dans un rayon de 5 mètres, et pas une n’a bougé. Si cet homme avait frappé un chien, il y aurait eu des réflexions. Si cet homme avait giflé sa femme, certains se seraient interposés. Si cet homme avait agressé verbalement une vieille dame, d’autres auraient encore réagi. Cet homme a violenté son enfant, et personne n’a rien dit.

Même pas moi. Moi qui suis pourtant tellement engagée contre tout ça. Ce n’est pas la première fois que je me fais cette remarque. Combien de fois ai-je été témoin d’une scène de violence sur un enfant en pleine rue, qu’elle soit verbale ou physique, et face à laquelle j’ai réprimé tous les réflexes de défense de l’enfant que mon corps m’intimait d’adopter, pour ne finalement que presser le pas, détourner le regard, essayer d’oublier au prochain virage…Je me rappelle cette maman dans l’allée de Monoprix, qui avait attaché le blouson de son enfant d’un an à la poussette afin qu’il marche parce que dans la poussette il s’endormait et que si il dormait alors elle ne pourrait pas passer sa soirée ce soir (c’est ce qu’elle disait au petit alors même qu’il pleurait). Je revois ce bébé, parce que ce n’était qu’un bébé, croisé trois fois les minutes précédentes dans les autres allées en train de piquer du nez, finalement obligé de suivre la cadence d’une poussette trop rapide pour lui en pleurant, tombant deux fois de suite, sa mère se décidant finalement à le porter tout en lui disant sur un ton très dur qu’il n’avait qu’à faire la sieste l’après-midi avant les courses.

Et moi qui était restée là, muette, impuissante…je n’ai rien dit, rien fait. Cette fois-là, comme hier encore, et malgré tout ce en quoi je crois, tout ce pour quoi je me bats chaque jour, je me suis tue. Comme les autres. Comme tous les autres. Parce qu’on n’a pas le droit de s’interposer entre un parent et son enfant, c’est comme ça. Le droit de correction en famille, ça s’appelle. Alors au lieu de défendre la victime, le petit être faible à qui l’on vient de faire mal, de manquer de respect, de mal parler, ou de faire vivre une violence quelconque, on se tait, on se fait tout petit, on presse le pas et on regarde ailleurs.

Au lieu de défendre les victimes, nous excusons les adultes, et on se rassure en disant que l’enfant était allé trop loin. C’est vrai, il y a toujours une bonne raison. Pourtant à quelqu’un qui frappera un chien, on pourra éventuellement chercher à comprendre pourquoi il n’a pas réussi à faire autrement, mais on ne l’excusera pas. A quelqu’un qui frappera sa femme, on pourra éventuellement chercher à comprendre ce qui ne va pas chez lui, mais on ne l’excusera pas et on proclamera qu’il n’y aucune raison valable de frapper sa femme.

A quelqu’un qui frappera son enfant, on sera prié de toujours accorder une compréhension maximale tellement c’est dur d’être parent, et surtout on sera prié de reconnaître que l’enfant le méritait, qu’il avait dépassé les limites, et que c’était pour son bien. Et à cela, personne ne sera autorisé à opposer la moindre objection car chacun éduque ses enfants comme il l’entend, chacun ses choix.

Dommage pour les enfants qui eux, victimes de nos choix, sont quand même sous la main qui tape, et à qui on apprend en plus que s’ils sont tapés, c’est de leur faute. Pas de la faute de la fatigue, du stress ou de la journée difficile, non, de leur faute. « Tu n’avais qu’à obéir ». Comment se fait-il que l’on entende jamais « Tu n’as pas fait ce que j’attendais et du coup J’ai perdu mes moyens car JE ne sais pas comment faire autrement, il faut que JE trouve quelqu’un qui m’apprenne à faire ça pour ne plus avoir le réflexe de te taper quand ce que tu fais me déplait. EXCUSE MOI ».

Nous avons un énorme problème. Face à la violence éducative ordinaire et parce qu’elle est le schéma éducatif de la quasi totalité de la population qui est élevée avec la fessée, les punitions, les tapes sur la main, et toutes ces « petites violences qui ne sont pas de la maltraitance » mais qui ramenées au quotidien reviennent à habituer l’enfant à vivre avec une composante violente régulière sur son corps et son esprit, nous adultes avons intégré que les parents ont le droit de faire ça, et qu’on n’a pas à s’interposer. C’est, je crois, le seul cas que je connaisse où je peux voir quelqu’un se faire agresser mais où mon cerveau me dit « STOP, n’y va pas, la personne est dans son droit ». Alors que je milite moi-même pour faire reconnaître que ce n’en est pas un, je trouve ça démentiel. Mais pour le moment je n’y arrive pas. Cette consigne intérieure m’envahit et je reste muette.

Nous réagissons tous ainsi, et pourtant tous ou presque ressentons un malaise lorsque l’on voit un enfant subir cela dans la rue, il suffit de regarder le visage des passants. Personne n’est à l’aise avec ça, au final, dès lors que l’acte sort du secret du foyer. Mais personne n’osera jamais dire quoi que ce soit, du moins pas avant un certain degré de violence. Il faudra plusieurs tapes et un certain acharnement du parent sur l’enfant pour que les passants réagissent et s’interposent.

La société a intégré que frapper un animal est interdit, que frapper une femme est interdit, que frapper une vieille personne est interdit. Elle n’a pas encore intégré que les enfants ne devraient pas être exclus de cette protection commune alors même qu’ils sont les êtres les plus faibles, les plus vulnérables, les plus fragiles.

Nous continuons à défendre l’agresseur alors même que l’agressé est sous nos yeux.

Nous sommes tous et toutes du mauvais côté de la barrière.

En avez-vous conscience?

trois-singesImage prise ici (lavoiedelasagesse.wordpress.com/2011/11/27/les-trois-singes-de-la-sagesse/)

 

VOS MESSAGES
30 commentaires
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Ma Tribu et Moi dit :

Tu es, hélas, tellement dans le vrai Tu as mis des mots sur ce malaise diffus, cette paralysie génante qui nous retient, alors même que nous réagissons intérieurement. Petit à petit, depuis que je travaille dans le secteur de la Protection de l’Enfance, j’arrive à ne pas me boucher les oreilles et me fermer les yeux. Une fois, j’ai réussi, en m’adressant à l’enfant, adresser un message à sa maman, qui était bien fatiguée ce jour-là, et qui, me voyant reformuler la situation à son petit, avait fondu en larmes devant moi :'(..
Merci de dire tout haut ce que nous sommes bien bas. Je partage.

Delph Dolce dit :

Si vrai… Je fais souvent la réflexion à mon ainée… genre « ouaw je n’aurai pas fait cela… » « la violence ne résout rien » « je ne pourrai pas laisser pleurer Dadoune »…un peu haut pour que l on m’entende quand même.. Bon je ne pense pas avoir dejà vu une telle scène non plus…

J en ai mal au coeur de te lire.. je crie (moins) et je m’en veux tellement, je m excuse (trop) très souvent.. mais la violence physique je ne veux pas…

D.

serendi dit :

Merci pour ce post.

Chuuut_je_reve dit :

Je suis émue par cet article. Je tente à ma façon d’avoir une éducation non violente…du moins moins que celle que j’ai reçue. Ce n’est pas évident mais j’essaie. Et moi aussi je ne dis rien, alors que je voudrais alors l’enfant , lui parler… parfois quand un petit bout pleure je m’adresse à lui en lui disant que ce n’est pas facile, que je comprends…mais sans plus…
Merci de mettre des mots sur ces maux <3
Je partage avec plaisir

kiarapapillon dit :

Rien à ajouter. Même constat ici, je n’ose pas intervenir. Je ne sais pas comment faire et surtout j’ai peur de ce parent, de ce qu’il pourrait me répondre. C’est idiot, je suis une adulte pourtant…

Working Mama dit :

Si je te dis « réminiscence du fait que quand tu t’opposes au plus fort tu te prends une tape/punition/violence quelconque » ça te parle? On a été élevé sur le principe qu’on ne peut pas contredire le plus fort sans quoi le plus fort envoie la sanction, quelle que soit sa nature. On a juste peur de la sanction du plus fort, adultes ou pas ça ne change rien.

mamantoquée dit :

perso j’en ai conscience et je ne sais plus me taire….et parfois ça me joue des tours car même si je ne le dis pas (trop) fort, à tous les coups lesdits parents l’entendent et m’agressent à mon tour…A quand une loi pour mettre fin officiellement à tout ça?

Fafa dit :

Un site web au cas ou tu ne le connaisses pas :

bougeons dit :

Comment passer la barriere ?
Deja difficile en famille alors avec des inconnus : parfois on n est pas d accord avec l education de la mere ou du pere, mais on se dit qu on reglera ca apres le coucher de l enfant. Dans des foyers victimes de violences familiales un.parent laisse faire l autre parfois trop… Alors quid d interpeller ou d attaquer en.pleine rue un parent inconnu.
C est triste a dire mais c est un tres gros probleme et il faudrait des generations pour le soigner

Nymhack dit :

J’allais déposer un commentaire, pour donner mon poing de vue. Et puis en fait, non, car les donneurs de leçon comme il y en a ici, se permettraient de me juger, sans me connaître et en me traitant de monstre car je serais d’un avis différent du leur et donc selon eux je les jugerais. En bref, je ne perds pas davantage mon temps pour quelqu’un qui juge les autres mais qui au final, n’agit jamais

Working Mama dit :

J’imagine que ce commentaire m’est adressé?

Stéph dit :

Intéressant lapsus de Nymhack. C’est bien la d’un poing de vue qu’il s’agit, et point de vue.. ;-)

Kmé dit :

Très bel article, je respire de voir des gens qui soient choqués de cette violence mais j’ai hélas le sentiment qu’il n’est pas la majorité :( Je n’interviens pas quand un parent frappe son enfant, une personne frappe son animal ou un conjoint son autre conjoint car j’ai peur… Pour moi, ces actes ne sont que violence et j’ai trop peur que cette personne me fasse du mal à moi, à ceux qui m’entourent. Insécurité est le terme que cela m’inspire. J’aurai plutôt tendance à appeler le 113… Vivement que la violence faite aux enfants soient réprimées officiellement puisque pour beaucoup, il n’y a que comme ça qu’elle pourra diminuer voire disparaître.
Je n’ai pas été habituée à ça, mes parents m’ont éduqué dans le respect et je n’ai jamais été violenté par eux, pas de gifles, de tapes « sans faire mal », ce n’était pas l’adulte qui avait les pleins pouvoirs sur l’enfant (totalitaire) mais nous étions dans le dialogue. Bien sur, j’ai testé les limites et ma mère me laissait exprimer que je n’étais pas d’accord, mais c’était comme ça et elle me disait pourquoi et elle ne changeait pas d’avis. C’était une vraie « démocratie » où j’ai pu m’exprimer, être entendue et accompagnée pour devenir adulte, dans la bienveillance parce que la fierté de mes parents, ce n’était pas d’avoir « un enfant obéissant » mais un enfant qui avait compris les limites non négociables pour sa santé, qui a pu développer son libre arbitre et surtout que le plus important dans la vie, ce n’est pas de devenir celui qu’on attend de vous mais de trouver le bonheur au quotidien.

Mel dit :

Waouh, je suis scotchée par ton article, une claque matinale…. ET merci pour tant de justesse; moi aussi, je m’interdis d’intervenir et je me sens lâche, chez les amis, la famille qui sortent des trucs énormes à leurs enfants; et pourtant, je les juge….
non-jugement, non-intervention, cohérence…..je m’interroge aussi.

SorciMalice dit :

En te lisant, je me dis… ma maman, qui m’a donné une éducation non violente ce qui était très précurseur dans les années 70/80, qui fût une enseignante quasi Montessori sans le savoir, qui fût maternante par instinct, intervient. Il faut la voir faire, vraiment, elle intervient toujours. La dernière fois une maman tirait l’oreille de son enfant (c’est pour ça que j’y repense encore plus en te lisant) et elle s’est approchée et lui a dit gentiment « Mais madame… vous lui faites très mal… » Ca a eu le mérite de stopper le geste, je ne sais pas si ça a fait réfléchir la dame ? Peut être ? Moi je me suis sentie un peu gênée, pourtant j’ai l’habitude, mais on a toujours ce vieux relent là, de ne pas se mêler des affaires des autres… Enfin, je me dis que je sais qu’elle a raison, et j’espère qu’en vieillissant je trouverais son courage ? Je travaille auprès des tout petits, j’essaye déjà d’aider les parents des enfants dont je m’occupe (car en dehors de la violence physique, il y a la violence verbale…. Combien de fois des étrangers ont dit à ma petite fille qui est une grande coléreuse « Ah mais tu es moche quand tu pleures ! », c’est très courant en France ce genre d’intervention là en revanche, quand les gens pensent que tu es laxiste, tu ne trouves pas ?… et moi de dire doucement « Mais non ma chérie, tu es très jolie, même quand tu pleures… » )
Bref, ça remue des trucs ton article, je partage :)

Marie dit :

Totalement consciente mais comment reagir sans passer pour une folle ou une intrusive ?
Car s’interposer sur le coup va préserver l’enfant 2 mins pour repartir de plus belle dans les suivantes ?!

Bises
Marie

ln dit :

C’est vrai. Comment savoir si ça ne va pas décupler la colère du parent et se retourner contre l’enfant après coup?

Nebullae dit :

Très juste comme toujours…
Mais c’est pas facile de se mêler des affaires des autres… et puis intervenir pour tenter de rétablir un peu de bienveillance doit être fait de façon bienveillante, de manière qui ne sera pas perçue comme intrusive, jugeante, agressive par l’autre, et c’est d’autant plus difficile avec des inconnu dont on ne connait pas l’histoire.
A-t-on affaire à un parent débordé ? Un partisan de la fessée ou un parent qui tente l’ENV en général mais qui craque là sur l’instant ? Ou bien sur un maltraitant qui risque de nous le faire payer à nous aussi ?
Déjà, rien que sur internet comme la publication de la maman des p’tits pois raconter simplement une anecdote provoque une violente levée de boucliers alors en direct live dans la rue :/
Faire changer les mentalité prend du temps…

Amélie dit :

De mon côté, je pense en effet que pour la plupart nous ne tolérons pas réellement ces gestes, ces mots mais nous n’osons pas intervenir, nous mêler de ce qui ne nous regarde pas …
Mon homme fait partie de ces enfants qui ont « reçu » des « corrections », des « mots » par son père … ça a contribué à faire de lui un être introverti (avec les sentiments surtout !) et à se demander s’il méritait lui-aussi d’être père … au cas où il répéterait la même chose …

Lorianne dit :

Je le fais de plus en plus… M’excuser quand je suis fatiguée et du coup que je dépasse les bornes, que je en prend aux enfants lors qu’ils n’y sont pour rien. Je veux changer de manière de faire, je veux faire mieux et je cherche comment faire. Je le reconnais, je ne m’y prends pas toujours bien. J’essaie de ne pas être totalitariste, j’essaie de ne pas être l’adulte le plus grand le plus fort, celui qui sait mieux que l’enfant, mais je le reconnais ce n’est pas facile et bien (trop) souvent je me laisse envahir par mes mauvaises habitudes. Grâce a toi et a toutes les autres vous me donnez les pistes, la force et les moyens de faire autrement. J’y travaille chaque jour avec l’espoir d’être une meilleure maman… Pour tout cela merci.

AA dit :

Je comprend ta position et ton ressenti WM. Je pense que si je n’agis pas pour ma part c’est un gros manque de confiance en moi : je sais que j’ai mes failles et que parfois je n’ai pas la meilleure réaction avec mes enfants (jumeaux de 18 mois au secouuurs!!) et je m’en sens tellement coupable que je me sens incapable d’intervenir pour quelqu’un d’autre. Bien sûr je n’ai jamais frappé mes enfants, mais j’ai des gestes brusques, parfois des propos violents ou des cris et je m’en veux. Par contre avec nos proches on essaye avec mon mari de rétablir certaines choses : exemple : ma fille se met à pleurer et se rouler par terre parce que son père quitte la pièce. La famille qui est présente tout de suite réagit en disant « olala le caprice »… en faisant beaucoup de bruit, comme si c’était pour masquer les pleurs ou comme si ils étaient gênés. Moi ça ne me « dérange pas » que ma fille exprime sa tristesse/frustration que son papa quitte la pièce, je sais juste qu’elle n’arrive pas à l’exprimer autrement mais j’explique à ma fille comme aux membres de la famille « Tu es triste parce que papa vient de partir, c’est normal tu aimes beaucoup papa, il revient très vite ». Dès qu’ils expriment une émotion et comme ça ne ressemble en rien à la manière dont on les exprime, l’entourage est gêné. C’est ma petite pierre à l’edifice ENV mais j’ai beaucoup de chemin personnel à parcourir que je ne sens pas capable d’intervenir pour les autres, comme si ils allient le dire que de toute façon je ne fais pas mieux de mon côté. Très bon article, clair, sincère et percutant, merci.

Nymhack dit :

Le commentaire n’est adressé a personne en particulier. Mais je pense que, bien entendu faire du mal a un être aussi innocent qu’un enfant c’est horrible. Mais avant de blâmer un parent, il faut peut être considérer qu’on a pas toutes les données. Et que faire un article sur un
Blog sans agir, tout comme commenter sans agir, c’est juger sans essayer de faire changer les choses. Mais qu’on soit bien d’accord, j’élève mes enfants sans violence et je suis contre. Mais avec certains enfants, et même de plus en plus j’ai l’impression, des punitions plus autoritaires sont nécessaires ( je parle de punitions et pas de châtiment corporel)

Working Mama dit :

J’ai le plaisir donc de ne pas me sentir concernée par la remarque. Vous semblez être nouveau(elle) lecteur(trice) ici, sinon vous sauriez que :
– Ce blog et la multitude d’articles postés autour de l’éducation non violente et du maternage a permis à beaucoup de parents de trouver des pistes, des idées, des outils pour changer leur rapport à l’enfant et avancer vers l’éducation non violente, vous trouverez beaucoup de témoignages en ce sens sous presque chacun des articles traitant de ces sujets. En ce sens, tenir ce blog, écrire ces articles, c’est déjà agir et bien plus que je ne l’aurais cru.
– Le blog est doublé d’un forum créé spécialement pour aller plus loin et trouver du soutien, de l’aide si besoin afin de sortir des schémas de violence éducative ordinaire. C’est une seconde action engagée pour agir concrètement en faveur de l’ENV et pour aider tous ceux qui souhaitent y arriver.
– J’en ai parlé plusieurs fois déjà : je suis en train de créer une association d’accompagnement à la parentalité sur ma région, déserte de ce genre de structure. Les statuts sont en cours de rédaction et l’association organisera des cafés-débats, des rassemblements annuels, des conférences autour de l’ENV et comment faire pour sortir des violences physiques et verbales envers l’enfant. Troisième action très engagée donc.
– J’attends actuellement la réponse d’un élu de ma région concernant un rendez-vous pour proposer mes services et le réseau de professionnels de l’ENV dont je dispose afin de participer concrètement, sur le terrain, aux différentes actions qui seront menées si la maltraitance des enfants est désignée grande cause nationale 2014.

Il me semble que pour quelqu’un qui écrit un blog sans agir, finalement, j’agis pas mal.

Cordialement.

Working Mama dit :

En tout cas vous faites exactement ce que je décris dans le billet : dans votre vommentaire vous défendez l’agresseur. Le feriez-vous aussi avec un homme accusé de violence conjugale devant témoins? On peut comprendre pourquoi un parent craque, ça nous arrive à tous. On ne peut pas excuser l’outil employé pour soulager le craquage. On n’excuse pas un maître qui frappe son chien, on n’excuse pas un homme qui frappe sa femme, on ne se demande pas non plus si on a toutes les données avant de se demander si ce qu’il fait est à blâmer ou pas. On le blâme et on aura raison. Par contre, on peut tenter de comprendre ce qui pousse à frapper effectivement, et proposer des solutions au parent, mais c’est tout. Pourquoi un parent devrait-il être excusable d’avoir frappé son enfant? Compris dans sa détresse face à la situation, sans doute. Excusé, certainement pas. Il n’y a pas de différence entre un coup sur une femme et un coup sur un enfant. Si l’un n’est pas tolérable, l’autre non plus.

Shambalah dit :

Merci pour ce beau témoignage, dans lequel on peut tous se retrouver. Ca me rappelle une des réactions intéressantes dans le micro-trottoir du doc. sur l’éducation non violente en Suède (« Si j’aurais su… je serais né en Suède » : à voir !!!) : « Autorisé de frapper les enfants en France ? Alors qu’il est sans doute interdit de frapper les adultes ? Mais c’est incohérent ! ».
Il y a cependant certaines choses qu’on peut tenter quand on est témoin de violence éducative ordinaire :

Marina dit :

Bonjour,

Je ne suis pas toujours d’accord avec ce que tu écris mais je viens de lire ton mot su FB sur l’agressivité des commentaires sur ce billet donc j’étais curieuse de lire ce billet.
Il m’est arrivé, je pense comme tout le monde de mettre une fessée et évidemment je n’en suis pas fière car c’est une perte de moyens de ma part. Mais quel horreur ce petit enfant attaché à la poussette, je n’en aurai même pas eu l’idée…..
Pour autant, je ne sais pas comment faire sans punition, ni hausser la voix de temps en temps…. et je pense d’ailleurs (désolée ;-) ) que c’est utile….
Mais ton billet, me fait penser à une histoire que j’ai entendu de plusieurs parents: l’enfant n’arrivant pas à se calmer, ils l’ont mis sous une douche froide. Cela m’avait énormément choqué car pour moi c’est l’adulte qui ne se contrôle pas, mais je n’avais rien dit. Mais ce qui m’avait le plus interpellé c’est que si j’avais fait ce genre de choses, je ne m’en serai pas vanté….

Krikri dit :

Autrefois les enfants n’avaient pas une grande valeur et aucun droit, ils n’avaient que des devoirs dont celui d’obeissance, au moindre écart de comportement ils étaient battus.
Aujourd’hui, beaucoup de gens répètent encore ce schéma, par mimétisme, même si c’est dans une moindre mesure (fessée, tirage d’oreille ou gifle).
Il est toujours plus difficile de parler à l’enfant, de trouver les bons mots, de trouver la patience de l’écouter, etc…le geste physique est plus facile pour certains, à contrario de ce qu’on pourrait penser, il demande moins d’ énergie que de passer du temps à trouver les mots, les phrases, poser les questions adéquates et supporter de voir l’enfant exprimer sa colère, sa frustration, ses pleurnicheries…

Ne pas frapper est un schéma mental chez certains, mais chez tous les autres il doit s’apprendre.

Quand on donne un cadre à son enfant dès la naissance, on n’a pas besoin de le frapper, il suffit parfois de le « recadrer » quand il s’éloigne du cadre, mais dans ce cadre il est libre d’agir à sa guise.
Moins on donne de cadre à un enfant, plus il se sent perdu, moins il a de repères et plus il devient difficile à gérer.
Il y a un mot dans la langue française que beaucoup de gens on visiblement banni de leur vocabulaire, c’est le terme ;NON !
Un enfant a besoin d’entendre ce mot régulièrement pour savoir où il doit s’arrêter.
Si un parent est amené à frapper c’est de sa propre faute, et non celle de l’enfant.

Alice dit :

J’ai un jolie livre, agathe et la fessée li le tu trouveras peut être la clé que tu cherches

Charlène dit :

Bonjour,
Je suis nouvelle sur le blog et je le parcours doucement avec beaucoup de plaisir. Cet article m’interpelle. Parce-que moi aussi je me tais. Parce-qu’il y a quelques semaines des amis à nous (des amis!) nous ont soutenu à table qu’une petite tape par ci par là ça permet d’apprendre la vie, qu’eux n’en sont pas morts et que de toutes façons il n’y a pas d’autre solution… J’ai répondu (tout de même) que je n’étais pas d’accord mais c’est tout. Je me suis sentie malheureuse et n’est même pas réussi à leur dire pourquoi, à argumenter. J’aimerais savoir quoi dire dans ce genre de situation… Si nous pouvions tous et toutes y réfléchir ensemble, peut-être trouverions nous une bonne idée… Faut-il s’adresser à l’enfant ou au parent. Faudrait-il avoir une brochure sur l’éducation non violente et l’offrir dans la rue à ces parents??? Si vous avez entre temps trouvé une piste, un début de solution, je serais ravie que vous le partagiez avec nous. Merci pour cet article.

Amandine dit :

Bonjour,

Je suis nouvelle également et la lecture de ton article me fait beaucoup réfléchir. Je suis une « jeune » maman de 31 ans, j’ai une petite princesse de trois ans et demi bientôt.

Je suis assez tranquille quand je me balade avec elle dans les magasins car en général elle est « sage » (elle adore les étiquettes qui affiche les prix, alors parfois les courses traînes … :) ) et ne m’a fait qu’une seule fois un beau caprice (à s’en asseoir par terre et qu’on se doivent de la traîner jusqu’à dans nos bras pour sortir du magasin. Bref.

Je suis plutôt mal à l’aise avec certain parent qui punissent leurs enfants en publique également, je n’aime pas ça. J’ai dû de mémoire ne punir ma fille que deux fois. (Toucher un objet trop dangereux pour elle) ça ne m’a pas pour autant mis en accord avec moi-même car là c’était devant du monde. Hors son cercle familial.

Je trouve ton article vraiment percutant allant droit au bonne question. La seule que je poserai c’est « Que faire ? » Très honnêtement dans la scène que tu décris j’aurais été tout aussi mal à l’aise … Tirer les oreilles de son enfant c’est un peu fort pour « juste » le fait qu’il ne voulais pas venir de suite … et je ne parle même pas du fait de la mère qui traînait son gosse d’un an hors poussette … Enfin je ne juge pas, en tant que jeune ou moins jeune parent débutant on en fait tous des erreurs et encore plus on ne sait pas ce qui poussait la mère à réellement agir de la sorte, nous ne connaissons pas son passé et ne pouvons, malheureusement, pas le deviner … :/

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