Celle qui avait disparu

WM en vrac

Celle qui avait disparu en a eu marre.

Marre de Facebook, de façon générale. (Je vous préviens ça râle dans les trois prochains paragraphes et après ça va mieux). De Facebook et de son ambiance nauséabonde dans une sphère Parentalité où les quelques défenseurs de la bienveillance semblent prêcher dans le désert, face à une armée convaincue des bienfaits ancestraux et largement démontrés des claques, punitions humiliantes et autres fessées parce qu’il faut quand même bien savoir qui est ce qui commande ici et que votre enfant, c’est rien qu’un petit malin qui vous provoque et mérite bien une caresse sur la couche de temps en temps. Marre. Nausées, dégoût, même sans suivre ces pages officielles d’émissions et de magazines censées être dédiées aux parents et aux enfants, on arrive tout de même à être agressés par la faune qui les compose, aux propos d’une violence tout à fait assumée et revendiquée. Pauvres enfants, c’est tout ce qui me vient à l’esprit. Je vous propose de ne pas commenter une énième fois ces propos à base de « han tu juges!!!!! ». Ben oui, désolée je juge, tous ces parents qui plutôt que de se remettre en question et de demander aux autres comment ils ont fait pour changer préfèrent continuer à dire que tout ça c’est la faute de leur enfant, ben oui il est tellement compliqué, et puis tu comprends pas, le boulot et la fatigue, c’est facile pour toi tu craques jamais? Ben oui, je ne craque jamais, d’ailleurs je vis dans une maison en bonbons, j’habite au pays des bisounours, je dors sur un arc-en-ciel à paillettes et j’ai un enfant en peluche, comme ça c’est hyper simple. Ou alors peut-être juste que j’ai pris le taureau par les cornes et que j’ai arrêté de faire comme si c’était la faute des autres, la faute de ma petite, la faute du travail, la faute à pas de chance. J’ai peut-être juste admis que si il y avait une personne qui devait travailler c’était MOI, l’adulte.

Marre aussi de tous ceux qui m’écrivent pour me reprocher de ne pas donner les clefs pour apprendre à faire autrement. Déjà, des clefs il me semble que j’en donne pas mal, et puis chacun fait sa route, aussi, je ne dois rien à personne et si ce que je raconte vous parle, je ne peux pas faire le travail à votre place, tout comme personne ne l’a fait pour moi. Alors au lieu de me reprocher de ne pas dire tout ce qu’il faut savoir pour élever ses enfants sans fessées et sans cris, et bien faites comme moi, et comme tous ceux qui y sont déjà: prenez des livres, lisez, réfléchissez, testez, retenez ce qui vous convient, discutez avec des parents dans une optique d’ouverture et pas en cherchant à ce que personne jamais ne vous dise « là ce que tu fais, pour ton enfant c’est violent, il faut chercher autre chose. » Apprendre c’est accepter de se tromper, et se tromper ce n’est pas forcément être mauvais. Mais on en est à un point où dès lors que quelqu’un signale à l’autre qu’il se trompe, quand bien même on y mettrait toutes les pincettes du monde, mon dieu on est un horrible juge qui se prend pour un parent parfait. Je jette l’éponge sur cette question, que tous ceux qui se reconnaissent dans ce paragraphe se débrouillent avec leur égo, il y a des tas d’autres parents dans la communauté du blog qui ne demandent qu’à changer, qu’à comprendre, quitte à trébucher et à parler de leur faux pas, et c’est à eux que je m’intéresse. Des pistes j’en donne plein, je suis moi-même en apprentissage constant et je trébuche bien souvent, mais le boulot de fond pour votre quotidien c’est à vous de le faire, pas à moi, et je suis lasse de vos exigences déplacées.

Marre de Facebook et de ses guerres incroyables entre blogueuses, guerres dont je ne fais heureusement pas partie (ou alors à mon insu!), mais qui là aussi vous agressent via les murs des contacts, les commentaires ici et là.

Marre de Facebook et des gens qui entendent me dicter ma conduite, sur le blog ou au sein de la communauté, ce que je dois dire, comment, où, pourquoi et sous quelles conditions. Je vous propose plutôt de vous regarder dans la glace, de ravaler votre fierté et de vous demander ce qui ne va pas chez vous plutôt que de tenter de justifier votre mal-être parce que je peux dire ou faire. Assumez-vous, assumez vos choix, vos idées, vos actes et vos gestes, et oubliez-moi.

Marre de Facebook, pour faire court. Maintenant que les concernés ont quitté la lecture de ce billet, je continue pour les autres, ceux qui sont là parce que ça leur plaît et pas juste pour enquiquiner la galerie ;)

Celle qui avait disparu dort beaucoup.

Parce que celle qui avait disparu est enceinte :) De 9 semaines, exactement. Et ça l’épuise…ce début de grossesse est très différent de la première, beaucoup de nausées et de vertiges, inconnus jusqu’alors. Je profite donc de chaque sieste de Lou pour dormir, alors qu’avant je profitais de chaque sieste pour m’occuper du blog, ceci explique aussi cela! Et puis cette grossesse ne s’annonce pas sous les meilleurs jours…les risques de rechute des complications connues pour ma première sont élevés (70% si la cholestase était génétique, 35% si elle n’était que contextuelle, mais je ne le saurai pas précisément), avec pour conséquences, entre autres, la grande prématurité: si la maladie se déclare à nouveau et si elle survient dans le second semestre, la grossesse ne pourra pas aller au delà de 7 mois dans le meilleur des cas. Alors peut-être que ça n’arrivera pas et que je parviendrai au terme, mais peut-être que si, et nous sommes donc obligés de faire comme si. Préparer le terrain, qui gardera ma grande si je dois passer ma vie en néonat, préparer la maison pour accueillir un deuxième enfant, anticiper la question de l’allaitement d’un grand prématuré: quel tire-lait, quelle consultante en lactation pour m’épauler…et faire en sorte que tout soit prêt dès le 5ème mois de ma grossesse. Très bientôt, en fait.

Alors mes journées son bien remplies, on transforme la maison du sol au plafond, on trie, on réaménage, on retape des meubles, tant que je peux encore le faire. Et on espère qu’on aura encore de longs mois devant nous. Dès le mois de novembre il faudra que je me soumette à un bilan sanguin par semaine, une visite au CHU tous les 15 jours, pour contrôler qu’il n’y a pas de rechutes et pouvoir réagir dès les premiers signes. Grossesse à Haut Risque, ça s’appelle, et c’est moyennement drôle. Mais on positive: si ça se trouve, il n’y aura rien de tout ça. Ma sage-femme m’a félicitée d’ailleurs des changements induits dans mon régime alimentaire depuis la naissance de Lou, la quasi suppression de la viande et des produits laitiers (qui demandent beaucoup de travail au foie pour être assimilés) a visiblement permis à mon foie de bien se remettre de la cholestase déclenchée pour Lou, le bilan hépatique est très bon et c’est une chance de plus d’être épargnée par la rechute. L’allaitement également, de par les hormones qu’il envoie, semble avoir permis à mon foie de se retaper correctement. Alors voilà, on croise les doigts, et on va essayer malgré les fêtes de se passer de chocolat, bombe atomique pour le foie et ce serait jouer avec le feu. Et si tout va bien, si à 30 jours de la naissance on est toujours au beau fixe, alors j’aurai le droit de rapatrier mon accouchement dans la petite mater de ma ville, avec des sages-femmes très ouvertes sur la naissance respectée, les projets de naissance, où j’aurai le droit d’accoucher dans la position que je voudrai, peut-être même dans une baignoire si c’est mon souhait.

En attendant, celle qui a disparu a plein de choses à raconter.

Parce que cette deuxième grossesse suscite à nouveau des émotions, des questions, des envies, du recul sur diverses choses vécues depuis bientôt deux ans avec cette amour d’enfant. Je ne vous ai pas parlé d’elle depuis plusieurs semaines, il faut voir comme elle parle, 20 mois et des phrases complètes, des « je », des « c’est à moi, c’est pour Lou! » quand elle montre ses jouets, un amour inconditionnel de la musique, de toutes les musiques, de Bach à Daft Punk c’est dire si l’éventail est large. Elle ne réalise pas du tout encore que Maman cache un bébé dans son ventre, on lui en parle parfois mais elle regarde dans mon nombril en disant « il est ou? Non l’est pas là l’est parti », c’est tordant. Elle commence à utiliser avec les autres la bienveillance que l’on s’efforce de pratiquer avec elle au quotidien, lorsqu’elle est avec d’autres enfants et qu’un conflit survient elle négocie, propose un câlin, fait des échanges de jouets, teste des compromis. C’est émouvant, et très intéressant à observer.

Alors pour tous ces trucs à raconter, celle qui a disparu espère revenir bientôt.

Mais il faut bien avouer que breaker un peu, quitter ce monde du réseau où l’on parle plus avec les doigts qu’avec la bouche, ça fait du bien. Aller parler avec la bouche au parc, chez les mamans-copines de ma ville, m’occuper de moi, de mon bébé, de ma maison, tout ça fait du bien. Avec cette nouvelle grossesse et les angoisses inévitables qu’elle amène je ressens ce besoin de me recentrer sur le réel. Ma famille, les gens dehors et autour de nous.

Mais je vais revenir, garanti :)

PS: Bravo à Aurélie qui gagne la carte cadeau Promod qui avait été mise en jeu dans le billet consacré au e-relooking. Je t’envoie un email dans les prochaines heures 🙂

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