De l’accueil des études, de la volonté, de l’amour et de la justification systématique par la mort.

Materner au quotidien > WM s'interroge

En voilà un titre qu’il est chelou (et long), hein?

Aujourd’hui, on va parler de deux choses à priori indépendantes mais qui, spécifiquement dans le domaine de la maternité, des bébés et de l’éducation en général, sont tout à fait liées. La réflexion vient d’une remarque intéressante d’une likeuse de la page Facebook du blog, alors que je partageais cet article de La Leche League concernant la signification des pleurs chez le bébé. Le présent billet n’est pas une réponse que je lui adresse mais une réflexion générale issue de sa remarque. Donc pas de confusion: les propos qui vont être tenus dans les lignes suivantes ne s’adressent pas à elle en particulier, d’autant que en dehors de ce fil de discussion généré sur la page, je ne sais absolument pas quel est son comportement face à des études qui viendraient contredire ses propres pratiques (si tant est que cette étude les contredisent: je ne sais pas si elle fait partie des parents faisant le choix de laisser pleurer ou non, et à la limite ce n’est pas la question). Maintenant que la nuance est posée, voici donc l’échange initial de commentaires:

Elle: « ce qu’il y a de bien dans les études et les recherches, c’est que selon ce qu’on recherche, on le trouve….. »
Moi: « ce qui signifierait par exemple qu’elles sont fausses ou subjectives? Celles sur les pleurs et la réponse aux besoins sont légions maintenant. La Leche League est loin d’être le seul organisme à en parler. La recherche et la connaissance avancent dans tous les domaines, y compris les bébés… »
Elle: « Nan mais la majorité de ce qui est dit est certainement vrai, mais c’est un fait, si demain des chercheurs se mettent à chercher sur les enfants capricieux, ils trouveront des soit disantes preuves pour démonter certaines de ces théories là… Quand on fait des recherches dans un but de prouver une théorie, on est forcément subjectif dans l’interpretation des resultats (dans tous les domaines)
Donc, ce que je veux dire, ce n’est pas que c’est faux, mais qu’ils ont trouvé ce qu’ils cherchaient, et qu’il faut toujours prendre une petite distance quand on parle des résultats de recherches, quelle qu’elle soient. »

Je suis tout à fait d’accord avec le dernier point: le recul face à toute information donnée ou reçue est une composante majeure d’une connaissance solide et responsable. Quelque soit son degré de corrélation avec nos propres convictions, il est important de juger de la fiabilité d’une information avant de la considérer comme vraie et acquise, de la recouper avec d’autres pour être sûr de son bien-fondé.

Cependant j’ai remarqué, en ce qui concerne la maternité et pour avoir croisé de nombreux résultats d’études ici et là notamment sur facebook et sur divers blogs, que les études sont quasi-systématiquement sinon décriées, au moins fortement remises en doute, d’autant plus lorsqu’elles prennent pour sujet les conséquences d’un comportement visant à améliorer le bien-être de l’enfant dans son cercle familial et dans les méthodes d’éducation employées (souvent en prenant pour comparaison ce qui se faisait « avant » ou ce qui se fait toujours actuellement: laisser pleurer/ne pas laisser pleurer, fessée/pas fessée…). Les plus controversées étant évidemment les études traitant des pleurs, des châtiments corporels tels que la fessée, mais aussi et surtout de la comparaison entre lait maternel et lait artificiel.

Ainsi, on remarquera que les partisans de la fessée accueillent les études démontrant son inutilité avec beaucoup de véhémence, et rejettent souvent les critères retenus pour élaborer l’étude en question. De la même façon, les partisans des pleurs trouvent de nombreuses justification à leur utilisation malgré les démonstrations de plus en plus fréquentes, à divers endroits, de leur nocivité et de leur inefficacité. Enfin, dans le cas de la (sensible…) comparaison lait artificiel/lait maternel, là encore les justifications des utilisateurs de préparations commerciales sont légions et souvent utilisées pour démonter les résultats obtenus par la recherche.

Je ne sais si je suis dans le vrai, toutefois il me semble détenir un élément de réponse. Je m’étais fait la réflexion déjà lors d’une discussion avec ma grand-mère qui, me voyant allaiter ma fille, m’avait dit « de toute façon, profites-en, tu verras à 6 mois tu n’auras plus de lait ». J’avais répondu, étonnée, qu’il n’y avait pas de raison, que la stimulation engendrait la production, que du coup elle tétait à la demande et que, même, je lui proposais avant qu’elle ne réclame: au mieux elle acceptait, au pire elle refusait, pas grave. Et que surtout, la recherche avait maintenant établi que le manque de lait était rarrissime, même passé 6 mois, et qu’il résultait surtout d’une mauvaise gestion de l’allaitement (restrictions des tétées, mauvais conseils, etc). Je pensais, en lui disant cela, lui faire part d’un progrès important. Elle avait finalement coupé court à la discussion en me disant « non mais attends, j’ai allaité 4 enfants, au bout de 6 mois je n’avais plus de lait, mais amies étaient pareilles, tu ne vas pas m’apprendre comment on élève des enfants et surtout pas comment fonctionne l’allaitement ».

J’étais restée assez choquée par cette discussion: on trouve peu de personne pour s’insurger contre les études révélant les dangers du Bisphénol A, du tabac, de l’aluminium…dans ces domaines, bizarrement, la science a raison et les gens acceptent sans trop de difficultés de changer leurs pratiques et leurs habitudes, d’inventer parfois de nouvelles solutions, pour s’adapter au nouveau stade des connaissances. Mais dès que l’on touche à la maternité, à la paternité, au développement du bébé, ou à tout ce qui revient à mettre en question de près ou de loin une méthode éducative, la science est soudainement faillible et n’a rien à apprendre à ceux qui sont déjà parents, l’empirisme et la suprématie des connaissances augmentant, visiblement, proportionnellement au nombre d’enfants mis au monde.

Accepter d’accueillir une étude remettant en question une pratique ancrée depuis des décennies dans la société, que l’on applique peut-être nous même non pas par conviction de son bienfait mais par simple mimétisme (« on a toujours fait comme ça! ») revient en effet à accepter de remettre en question ses propres choix parentaux, et parfois même l’éducation que l’on a reçue toute entière. Accepter de s’interroger sur les pratiques utilisées par nos parents sur nous même, que l’on reproduit ensuite de façon naturelle, accepter de reconnaître, dans certains cas, qu’elles étaient effectivement inadaptées. Et accepter alors, de peut-être inventer d’autres méthodes pour changer sa relation à l’enfant. Je retiens par exemple, lors de la publication de mon article Laisse le pleurer…vraiment? une phrase postée dans un commentaire: « n’oublions pas que nous ne sommes jamais les premiers à enfanter ». Sous-entendu: d’autres sont passés par là avant et si on a toujours fait comme ça, c’est peut-être qu’il y a une raison.

Ou pas.

C’est peut-être juste que l’on CROYAIT que c’était bien, que c’était bon pour l’enfant et que ça lui rendait service. C’est peut-être que l’on n’avait pas l’information, celle apportée justement par la science que l’on accepte pourtant dans tant d’autres domaines. C’est peut-être juste qu’on ne SAVAIT pas les conséquences de telles ou telles pratiques.

A la fin du XIXème siècle, on CROYAIT que les châtiments corporels des enfants en utilisant le ceinturon ou la bastonnade étaient les seules manières d’obtenir une éducation correcte. Aujourd’hui, on SAIT que c’est une ineptie et on peut d’ailleurs, en continuant d’appliquer ces principes, se retrouver dans de sales draps (recouvrant un lit de prison, par exemple). Il y a encore peu de temps, dans les années 80, on CROYAIT que les bébés ne ressentait pas la douleur, aussi on les opérait à coeur ouvert sans anesthésie et on s’étonnait que seulement 3 sur 10 d’entre eux survivent. Aujourd’hui, on SAIT que c’est une torture qui a été infligée à des milliers de bébés et plus personne ne viendrait mettre cela en cause.

Aujourd’hui, on CROIT encore que laisser pleurer un enfant est une solution bénéfique et efficace, alors même que l’on SAIT de plus en plus que c’est une erreur de par les observations des conséquences parfois désastreuses sur la physiologie et la psychologie de l’enfant . On CROIT encore qu’il est bon d’apprendre la propreté à un bébé dès 12 ou 15 mois, mais on SAIT que la maîtrise des sphyncters n’intervient pas avant 2 ans (sauf cas précoces, cela peut évidemment arriver, comme dans toute règle, il y a des exceptions). On CROIT encore que les tétées doivent être espacées de 3 heures, mais on SAIT que l’allaitement doit être mené à la demande pour que l’enfant se développe correctement. Les exemples sur ce modèle sont légions.

Malheureusement, et c’est compréhensible, le fait de citer ces connaissances lorsque l’on se retrouve face à l’expression d’une croyance provoque souvent chez le « croyant » non pas un intérêt pour l’information donnée du type « cela mériterait de s’y attarder », mais presque immédiatement le sentiment d’être jugé. Pourtant il y a une énorme différence entre faire – ou nier – sans savoir, et faire ou nier malgré tout en refusant d’entendre et de réfléchir aux progrès permis par la science et la recherche. Lorsqu’on ne sait pas, on n’est pas responsable sciemment d’un comportement inadapté. Lorsque l’on refuse de porter toute attention à une information donnée parce qu’elle va à l’encontre de nos pratiques d’une part, et parce qu’elle les remet en cause d’autre part, la donne est différente.

Viennent alors la volonté et l’amour.

Les deux arguments massues. « De toute façon, chacun fait comme il veut », suivi de près par « oui enfin, le plus important c’est quand même l’amour qu’on porte à nos enfants ».

J’ai envie de dire: oui mais non. Faire quelque chose avec amour ne suffit pas. Si la chose en question est reconnue comme néfaste, la faire en aimant son enfant ne la rend pas moins néfaste, ce serait trop beau, et surtout trop simple. Quand à la volonté, elle me semble être un argument trop vite envoyé pour couper court aux sujets sensibles qui mériteraient des débats, des discussion, des réflexions. L’éducation pour moi va au delà de la simple volonté. Plutôt que « chacun fait comme il veut », je préférerais quelque chose de l’ordre de « chacun fait comme il sait ». Autant, il y a 60 ans, éduquer selon les croyances populaires était logique, autant aujourd’hui, l’accès à l’information étant plus simple, je pense que l’on peut faire ses choix non plus « parce qu’on a toujours fait comme ça » mais plutôt parce que l’on aura réfléchi à la question en s’informant. On pourrait crier à une théorisation excessive de l’éducation ou de la maternité…je ne crois pas. L’amélioration du cadre de vie des bébés (moins de violence, de souffrance, de frustrations injustifiées) ne vaut-elle pas quelques heures de lecture et de documentation par ci, par là?

Et la mort dans tout cela?

Ou la vie, tout dépend comment on se place. Argument imparable entre tous: « …………et je n’en suis pas mort ». Remplacez « …………… » par « j’ai reçu des fessées déculotées », « on m’a laissé pleurer », « j’ai été allaité toutes les trois heures » ou toute autre situation de votre choix.

J’avoue être atterrée par ce genre d’argumentation. Donc, la finalité de l’éducation serait juste de parvenir à ne pas faire mourir nos enfants. On pourrait alors justifier par cela tout un tas de pratiques absolument abjectes: « J’ai été fouettée à coup de ceinture mais je n’en suis pas morte ». On pourrait aussi remettre en cause tout un tas de systèmes de sécurité actuels: « J’ai été transporté en voiture sans siège auto et je n’en suis pas mort ».

Tant que l’enfant ne meurt pas, donc, tout va bien et on peut absolument tout pratiquer. Vu qu’il ne meure pas.

Pour conclure,

Je ne suis pas maman depuis longtemps. Sur ce blog, on lit ma façon de découvrir la maternité, les choix que j’ai faits pour ma fille. Je ne prétends pas que tous ces choix sont les bons, toutefois il y en a certains dont je ne démordrai pas tant l’information à leur sujet est accessible, fiable et multiple, comme les pleurs ou l’allaitement. Certainement d’autres aussi où je serais ouverte au changement, ou du moins à la remise en question, si jamais je venais à apprendre qu’ils étaient finalement inadaptés. Certains trouveront que je moralise, ce n’est pas le but. Simplement, je m’interroge beaucoup, sur ce que je fais, sur ce qu’on me dit de faire, sur ce que mon instinct me dit de faire, sur ce que les autres me renvoient de ma façon de faire, et sur ce que font ces mêmes autres. Pour moi, c’est comme ça qu’on avance.

Aujourd’hui, nous avons la chance immense de pouvoir élever nos enfants avec de vraies connaissances, des éléments concrets, qui nous permettent de faire des choix éclairés et non pas « parce qu’on a toujours fait comme ça ». De dépasser les croyances populaires pour tendre vers une relation à l’enfant plus épanouie, moins violente, moins pré-destinée à placer l’enfant dans des situations qui sont pour lui douloureuses ou difficiles.

Alors plutôt que de parler toujours du passé, si on regardait plutôt devant?

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saab190780 dit :

Tu écris merveilleusement bien et cet article est parfait (je n’ai strictement rien à y redire). Je suis envieuse :)

Princesss dit :

Je n’avais pas lue cette étude et pourtant je peux témoigner de la véracité d’au moins un point : nous étions rentrées de la maternité depuis peut être une semaine, je n’allaite pas et j’avais donc pris des cachets pour couper la montée de lait et poursuivait l’homéopathie dans ce but. Or un jour où nous étions avec le papa en train de nous occuper de notre fille, celle-ci pleurait car elle avait faim et nous étions encore un peu lent à lui faire sa toilette à son grand désespoir et au notre. Et ce jour là j’ai eu une énorme montée de lait au point de couler (désolée pour les détails glamour).

Je ne me suis pas renseignée sur les pleurs plus que ça, étant convaincue de base que si un bébé pleure c’est qu’il y a une raison et que non il ne fait pas de caprice. Et ce jour là j’en ai eu la preuve en voyant mon corps réagit aussi violemment aux pleurs de ma fille. Et pourtant quand j’en parle autour de moi je ne cesse d’entendre « oui mais c’est ton interprétation c’est peut être juste dû aux hormones… » Oui et bien justement mes hormones elles sont liées à ma fille merci et maintenant je suis sure que je ne me suis pas trompée ce jour là.

Et je suis d’autant plus convaincue que laisser un bébé pleurer ce n’est pas la solution. En tout cas ce n’est pas la notre et quand je vois ma fille me sourire tous les jours toute la journée je me dis que nous avons fait le bon choix.

Working Mama dit :

Merci beaucoup pour ce témoignage très intéressant. Ce n’est pas le premier que je lis en ce sens et cela amène très loin, je crois, la réflexion sur le lien biologique indiscutable qui lie une mère et son petit ainsi que sur les questions d’instinct maternel (que j’avais déjà évoquées ici avant d’être mère et il serait intéressant que je fasse une suite au billet maintenant que je suis de l’autre côté)…

Merci :)

Ginylle dit :

Pour moi aussi, ça a été incroyable: réticente à l’allaitement depuis toujours, je me suis finalement posée la question furtivement à l’accouchement, mais n’ai pas eu l’occasion d’y donner réponse, car ma fille a dû être nourrie d’urgence. Croyant que je n’avais plus de choix à faire (je croyais qu’une fois un biberon donné, on ne pouvait plus re-passer à l’allaitement), j’ai pris de quoi stopper toute montée de lait…Mais quelques jours plus tard, complètement désamparée par le fait de voir ma fille en difficultés avec le biberon, j’ai pensé une fraction de seconde « et si je l’avais allaité ??? » avec une soudaine, violente et irrépressible envie de la nourrir moi-même, d’être celle qui pourrait remédier à ses problèmes…le lendemain, j’avais une puissante montée de lait.

Non, les hormones n’ont vraiment rien à voir là-dedans !

Working Mama dit :

Ça aussi c’est un sacré témoignage…Et du coup, que s’est-il passé? Tu as finalement suivi cette montée de lait et donné le sein ou bien continué au biberon? (c’est juste une question, je précise au cas où…)

Ginylle dit :

Oh non, je n’ai pas poursuivi pour de multiples raisons: ma fille ayant besoin d’apports particuliers; mes craintes personnelles vis à vis de mon corps toujours bien ancrées; ou encore cette croyance « biberon = pas de retour au sein » qui, au passage, a été enfin démentie trois mois après…mon médecin précisant d’ailleurs que le processus pouvait être réactivé même après 50 jours (avec de la volonté !).

Quand je la vois aujourd’hui, du haut de ses six mois, avec son unique dent pointue et son appétit vorace, je me demande bien ce qu’elle aurait fait de mes seins :) Mais je garde malgré tout ce souvenir amer de ne pas avoir pu l’allaiter, et j’y repenserai à deux fois pour mon prochain enfant !

annaig1985 dit :

Je suis d’accord sur le principe et sur presque tout le contenu de ton article sauf sur l’âge de la maîtrise des sphincters. Ma fille est un parfait contre-exemple à la connaissance que certains estiment avoir du sujet, à 18 mois elle était propre de jour (même si l’arrivée du petit frère à fait faire une régression à 24 mois), alors qu’on n’a jamais voulu la rendre propre (pour nous aucune urgence, tant qu’elle n’avait pas besoin d’aller à l’école). Donc bon, la science et ses principes sur les bébés… moi je dis attention, le mieux est de regarder bébé plutôt que les « on sait » de la science. (mais bon, ça correspond avec le maternage ^^)

Working Mama dit :

Ben c’est comme tout, il y a des exceptions :) On passe le bac à 18 ans, pour autant certains y sont à 14, on pourrait en avoir des tas d’exemple. J’aurais du préciser « sauf rares cas » alors, et l’idée c’est surtout de dire qu’il y a 20 ans, en crèche, on donnait des fessées aux enfants de 15 mois qui se faisaient pipi dessus, exemple typique d’un cas où le fait de savoir permet de ne pas punir et encore moins violenter un enfant quand il est juste incapable de faire ce qu’on lui demande.
Après pour le « ça correspond avec le maternage » je ne comprends pas?

Kiki the mum dit :

Aimer son enfant, c’est bien, bien l’aimer c’est mieux. L’amour maternel ou parental peut être néfaste, toxique, quand il n’est pas donné dans le bien de l’enfant, dans le respect de son intégrité, de sa liberté. Une mère toute puissante, omnipotente, qui ne laisse pas son enfant bouger le petit doigt est malheureusement aussi néfaste qu’une mère absente.
Un jour peut-être on comprendra que l’éducation que l’on choisit pour son enfant détermine la totalité de sa vie, ses relations sociales et même professionnelles.
Respecter l’enfant, ses besoins, oublier les nôtres, nous, adultes égoïstes, trop pressés par le temps et par l’envie de tout avoir, les enfants, le temps pour nous, et le temps pour le travail. Il faut parfois faire des choix.
Merci pour ce texte, comme d’habitude Working Mama ;)

Working Mama dit :

Love Kiki <3

charlinette dit :

merci pour ce superbe article, comme d’habitude!
je mettrais juste un bémol sur la maîtrise des sphincters…. moi je m’interroge car dans ma vie professionnelle (je suis éducatrice de jeunes enfants) et dans ma vie perso (2 enfants) je contaste que des bébés de quelques mois sont visiblement en train de faire caca (en clair, « ils poussent ») et je ne comprends pas comment ils peuvent être capables de pousser et pas de retenir…. et je me suis également intéressée à l’hygiène naturelle infantile (HNI) que je pensais être juste une programmation de l’enfant (la fameuse image de l’enfant de 8 mois sanglé sur son pot après chaque repas) et en fait non… il s’agit d’une écoute attentive et d’une communication (j’allais dire communion!) efficace…. et même si je n’ai pas passé le cap de l’expérimenter, je trouve que ça interroge vraiment notre culture de la couche. Mais attention, l’HNI n’a rien à voir avec le fait de mettre son enfant sur le pot à heures fixes, ce n’est pas du tout de l’apprentissage, c’est répondre au besoin que le parent a repéré chez lui…. et sinon tu expérimentes la langue des signes? ;-)

Working Mama dit :

Tu as tout à fait raison de souligner la question de l’HNI, je voulais d’ailleurs faire un aparté dans le billet pour préciser mais il était déjà très long et je me suis dit que ce serait très certainement évoqué en commentaires. La preuve^^.

Pour la différence entre pousser et retenir, je pense qu’elle tient dans le fait que la première situation est un réflexe corporel inévitable d’éjection du déchet, quand la seconde est seulement une convenance (ne pas faire dans sa culotte, attendre qu’on soit rentré à la maison etc etc etc).

Je suis d’accord avec ta perception de l’HNI. Que je n’ai pas expérimentée non plus, mais j’admire ces femmes capables de déceler les signaux chez un nourrisson de 15 jours, c’est juste ahurissant en terme de profondeur de la communication mère/bébé. Et cela pose effectivement la question de la culture de la couche: un progrès certain, mais qui a écarté, sinon effacé, une capacité de perception accrue des mères envers le comportement de leur enfant. Mais effectivement, la HNI n’a rien à voir avec l’apprentissage de la propreté. Enfin, ça peut la faciliter, du coup, mais les deux choses ne se placent pas du tout, à la base, dans la même optique (et surtout pas du tout au même âge!)

Pour la langue des signes j’aimerais oui. Je cherche des ateliers dans mon coin mais je n’en ai pas trouvé encore.

Viollette dit :

Je ne me suis pas lancée dans l’HNI, informée trop tard, un peu trop crispée, mais le livre que j’ai lu à ce sujet explique que les bébés répugnent à salir leur « nid », où ils sont portés, d’une part, et que d’autre part le fait de les habituer à « se faire dessus » ne permet pas la croissance normale de la vessie, qui va grandir d’un coup quand ils vont acquérir la propreté. Donc, si on les habitue à voir une réponse à ces signaux-là, ils vont progressivement apprendre à se retenir un peu, le temps qu’on les déshabille et qu’on les mette au-dessus du pot : au début on a toujours un pot à portée de main, mais un peu plus tard on peut par exemple le mettre à la salle de bains, il tiendra le temps d’y être . Bien sûr il faut pouvoir réagir vite mais les sphincters ne sont pas si « mous » qu’on le prétend. En fait, les études sur la maturité des sphincters ont été faites sur des bébés « en couche », puisqu’elles ont été faites dans notre « civilisation » occidentale et pas en Afrique ou en Asie. L’étude qui prouve que les bébés ne sont pas prêts avant 18 mois a même été payée par … Procter&Gambles (Pampers), qui a pris soin de faire participer des enfants qui n’ont pas été élevés en HNI, bien sûr.
La nounou de mon fils, qui propose aux parents de s’occuper de « la propreté », a elle-même élevé ses enfants sans couche, comme ses parents l’avaient fait pour elle et son petit frère. De ce qu’on lui a dit, les sphincters sont prêts quand l’enfant sait monter les escaliers tout seul. Mais cela ne suffit pas, il faut qu’il soit prêt dans sa tête, qu’il comprenne. Quand elle a l’impression que c’est le moment, elle propose le pot à l’enfant avant et après les repas, après la sieste, car la plupart des enfants font pipi et caca à ces moments. Elle m’a dit aussi que quand on pratique l’HNI au quotidien on se rend compte que souvent les enfants ont besoin toutes les 2 heures : on prend le rythme aussi.

Working Mama dit :

Merci pour ces infos :)
Pour l’étude, ce n’est pas celle-ci à laquelle j’avais eu accès mais par contre j’en avais entendu parler oui.
Effectivement, le contexte de vie joue beaucoup et ça ne me surprend absolument pas qu’un bébé en couche se retienne plus tard qu’un bébé HNI par exemple.
Je ne connaissais pas le lien sphyncters/escaliers, il faudrait chercher de la doc…
J’aimerais tester l’HNI si j’ai un autre bébé, juste pour voir, pour tester et découvrir cette pratique qui m’intrigue vraiment.

Merci pour ton commentaire!

Jeyna dit :

Bonjour,

Je venais d’écrire un commentaire pour répondre à un post plus haut en parlant de l’HNI et une faute de frappe m’a fait voir ce post et donc le mien devient inutile (je parle beaucoup pour rien parfois)

Mais j’ai quand même envie de rajouter une chose qui est que en plus de l’étude sponso Pampers, la croyance qu’un enfant ne peut contrôler ses sphincters avant l’âge de 2 ans ou avant qu’il soit capable de monter un escalier est aussi une réaction à la pratique courante de la propreté au début du siècle (le XXème de siècle bien sûr) qu’on appelle aujourd’hui propreté précoce et qui effectivement était cruelle, à base d’horaires fixes, de contraintes et de châtiments corporels (et psychologique car on obligeait l’enfant à rester des heures sur le pot tant qu’il n’avait pas fait). Alors oui on a estimé, à l’époque de la revalorisation de la condition de l’enfant, après la seconde guerre mondiale, qu’il était plus humain (et dans le respect de l’enfant) d’attendre que l’enfant soit « prêt » à être continent. Et évidemment que c’est bénéfique. Mais je pense quand même que l’HNI prouve que cette croyance est fausse (on ne trouve pas vraiment d’études sérieuses avec recherches indépendantes à l’appui à ce sujet, à part celle sus-citée) puisque les bébés peuvent « se retenir » (on parle de quelques secondes les premiers temps) jusqu’à ce que le parent le place au dessus d’un contenant. Ils ont donc la maitrise de leur sphincter pour peu qu’ils restent conscient qu’ils en ont.
Le problème est que le bébé perd peu à peu cette conscience, et la propreté est donc un réapprentissage.

Bon après, j’ai même pas de bébé (je suis juste passionnée alors en attendant je lis, je lis, je lis..) alors je prétend pas savoir, peut être que je pratiquerai même pas l’HNI mais c’était juste pour préciser (mais j’ai envie d’essayer quand même… mais faut le bébé d’abord je crois..). Je pense que c’est encore une chose qu’on à désappris dans notre société, comme le fait de savoir allaiter ou d’écouter les besoins de nos enfants pour y répondre, et pas les dires de telle ou telle personne. (J’espère que mon commentaire est clair) (Oui j’aime beaucoup les parenthèses)
D’habitude je commente jamais, je sais pas pourquoi là j’avais envie.. Voilà, voilà.
Bisous. Bye. :-)

Ps : Je suis très admirative du travail fourni par les blogueuses/eurs alors juste bravo. Beau travail ce blog, j’aime beaucoup.

laetibidule dit :

J’adore !!! Je suis bien d’accord avec tes propos !!!
Bonne journée !!!

Kalista dit :

Salut (ça fait longtemps que je ne suis pas venue, tiens).
J’ai exactement le même problème de mon côté. Quand je parle de l’influence de la société et de l’éducation sur la construction de notre personnalité, les gens se braquent.
Tu touches à la vision qu’on a de son rapport à l’autre. Dire « la fessée blesse » à quelqu’un qui aime ses enfants mais les a fessés parce qu’il croit ça normal, c’est lui dire « tu as blessé tes enfants ». Si tu le dis à quelqu’un qui a été fessé dans son enfance, tu lui dis « tu es blessé et tu ne t’en rends pas compte » et « tes parents que tu aimes et prends comme exemple t’ont blessé ».
Oui, les gens doivent prendre du recul. Mais il ne faut pas oublier à quel point le message que l’on fait passer touche des points sensibles. Soit tu prends des gants et tu fais de la pédagogie, ce qui est chiant et difficile, je te l’accorde, soit il faut t’attendre à des réactions épidermiques.
La différence entre information et injonction est ténue. Nous nous débattons entre les modèles que nous avons intériorisé, notre désir de donner aux enfants tout ce qu’il leur faut, notre peur de l’échec, notre culpabilité face à nos échecs, le rapport que nous entretenons avec notre corps, avec nos parents… Nous vivons tous en équilibre précaire. Il suffit d’une chiquenaude pour nous déséquilibrer. Alors on gueule pour se défendre, avec des arguments à deux balles, des expressions toutes faites qui tendent à dédramatiser les choses et une agressivité puérile.
Je ne vois même pas comment parler famille sans énerver quelqu’un !

Tira Taghuri dit :

Merci pour votre commentaire qui reflète exactement ce que je pense !

Vervaine dit :

entièrement d’accord! Merci de mettre des mots sur mes interrogations et perplexité face à certaines réactions. Dont celle de mon mari et père de ma fille ! « elle pleure à 1 mois: elle fait un caprice »…..)
En fait, j’ai l’impression qu’en éducation, « on » pense que ce n’est pas comme en « sciences pures » et que les études ne servent qu’à ceux qui veulent les lire. Les croyances populaires sont fortes…parfois justifiées parfois non. Pas facile de faire le tri entre sagesse populaire et ragots de cours de récré. Je prendrais l’exemple un peu fort de la détermination du sexe du bébé. Combien de femmes répudiées ou brutalisées car elles ne « donnaient » pas de fils à leur mari? Aujourd’hui, personne n’oserait remettre en cause le fait que c’est le spermatozoïde -donc l’homme!- qui détermine le sexe du bébé. Mais il faut le temps que les découvertes scientifiques fassent leur chemin. Et oui l’éducation est une science et on en apprend tous les jours.

Nebullae dit :

Juste… Merci.

Ginylle dit :

Bien dit ! Bravo. Et point !

Hecatessence dit :

Je n’irais pas aussi fort sur la distinction entre les croyances et les vérités scientifiques, ajoutant des considérations historiquement datées sur l’enfance et la vie. Cela dit je trouve le propos très intéressant et je vis la même chose au quotidien quand je parle de végétarisme (On sait que l’on peut vivre sans chaire animale, et non »chacun fait ce qu’il veut » ne suffit pas quand la vie de millions d’êtres est en jeu). Le jour où je suis maman je me mets à ces thèmes ;)

petitefleur1402 dit :

Une fois ce superbe article lu, on comprend mieux tout le sens du titre !
J’adore la phrase « la suprématie des connaissances augmentant, visiblement, proportionnellement au nombre d’enfants mis au monde. » Au vu de toutes les réflexions que j’ai eu depuis la naissance de ma fille, par des gens qui « savent » puisqu’ils ont des enfants, c’est tout à fait ça… moi je ne sais pas (encore ?!) puisque ma fille n’a que 6 mois, « tu verras plus tard, on en reparlera… » benh oui d’accord, je veux bien en reparler plus tard… ou « t’en as qu’un, tu verras quand tu en auras deux… » benh oui, je verrai tu as raison… ou encore « attends qu’elle ai 15 ans, tu verras »… une fois de plus, j’ai des yeux, je verrai…

Anadelagua dit :

Bonjour,
je découvre ce blog et les commentaires aujourd’hui… et je suis heureuse de lire des rélexions aussi pertinentes et respectueuses.
C’est aussi la 1ère fois que je fais un commentaire, parce que je préfère passer mon temps ailleurs que sur mon ordi :)
Et j’ai envie de témoigner au sujet de la maîtrise des sphincters.
Pour me situer, je suis éducatrice de jeunes enfants à l’origine, instit de maternelle maintenant (classe de Tout-petits et Petits) et mère de 3 enfants.
J’ai allaité mes enfants jusqu’à ce que naturellement, ils me signifient que c’était suffisant. Ils l’ont fait chacun à leur manière, mais je crois que c’est comme l’accouchement, il se déclenche quand la mère ET l’enfant sentent que c’est le moment… Donc, ils ont certainement senti que c’était aussi le moment pour moi…
Pour la propreté, j’ai la chance d’avoir eu une mère qui m’a raconté comment ça s’était passé pour moi: quand j’ai eu 18 mois, elle m’a montré où était le pot, et j’ai été propre tout de suite.
Mes 3 enfants ont été propres entre 18 mois et 2 ans sans difficulté.
Je leur ai montré le pot, et je ne leur mettais plus de couche, mais je me suis arrangée pour que les circonstances soient facilitantes: pendant l’été, donc pas de stress, et pas de reproches avant qu’ils y arrivent.
Cela tient-il à ma bonne expérience d’enfant?
Ils n’ont jamais été frappés, ni par moi, ni par mon mari, qui n’avons pas été frappés non plus, sauf rares exceptions.
Ils sont grands maintenant.
Je trouve qu’ils vont bien, en tout cas, notre relation est paisible.
Pourtant, mon mari est mort d’un cancer il y a deux ans.
Nos enfants étaient la joie de sa vie, et les voir se débrouiller dans leur propre vie maintenant m’enchante et m’aide à vivre mon deuil. C’est comme s’ils étaient notre amour « mis en vie ».
Ils le continuent, vraiment.
Voilà ce que j’avais envie de partager avec vous…
Peut-être que je peux ajouter que je ne prends pas de médicaments (ou alors de l’homéopathie) que mes enfants n’ont jamais été soignés par antibiotiques, et que le sommeil est mon meilleur refuge, et le leur aussi… et que je me déplace à vélo, que je joue au volley et que je nage, et aussi que je continue à chanter et à jouer de la guitare, ce que je faisais avec mon mari avant…
De tout coeur avec vous

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