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« Mais tu ne la poses jamais? »

Depuis la naissance de ma fille, j’entends cette question sous différentes formes. Lors du week-end de la Pentecôte, nous étions toutes les deux chez mes parents et devions aller de Lille à Nancy en voiture. Ce trajet fut une épreuve. Lou était visiblement très mal, impossible de la poser dans sa nacelle sans qu’elle ne se mette à hurler comme rarement elle l’avait fait jusqu’à ce jour. J’étais en larmes à l’idée de lui imposer un si long trajet alors qu’au bout de 20 kilomètres elle se trouvait déjà dans un état de cris très avancés, spasmes du sanglot à la clé. Il allait falloir lui faire endurer plus de 4 heures de transport…j’en avais le coeur arraché de la voir dans cet état.

Alors que je disais à voix haute « dès que je la pose, elle hurle… », mon beau-père me dit « oui mais bon, elle est tout le temps sur toi alors! ». Une manière de dire que l’état dans lequel elle était sur le moment ne pouvait être induit que par le fait qu’elle soit souvent portée et que donc, elle ne pouvait tolérer que je la pose. Le reste du séjour – comme le reste de sa courte vie – avait pourtant démontré maintes fois le contraire, mais la tension générée par ses cris stridents n’était sans doute pas étrangère à cette réaction un peu soudaine. Il fallait trouver une cause au malaise…ce fut la proximité dont je l’entoure sans cesse qui fut montrée du doigt. Tom, si tu me lis, ce n’est pas un reproche! Mais bien la base de la réflexion posée ici.

A chaque fois que l’on me fait une remarque en ce sens, j’ai une sensation étrange. L’impression qu’on me reproche quelque chose qui me paraît pourtant tellement normal: garder mon petit près de moi. L’impression que l’on voudrait que j’accepte comme une règle empirique que la place d’un bébé n’est pas dans les bras de sa mère. Qu’il faut l’en détacher au plus vite, pour lui apprendre qu’un jour il faudra de toute façon qu’il s’en passe. Est-ce toutefois une raison pour qu’il ne puisse pas en profiter tant qu’elle est là?

Parfois, j’entends dire que les choix que j’ai fait sont surtout une mode, qu’ils me conviennent d’abord avant de satisfaire les besoins supposés de ma fille. Je ne sais jamais trop quoi répondre. Parce que ces choix n’en sont pas! Jamais je n’ai choisi d’allaiter. Jamais je n’ai choisi de porter. Jamais je n’ai choisi de dormir avec mon bébé. Toujours, par contre, j’ai écouté mes tripes.

Et mes tripes à moi, m’ont fait découvrir une femme que je ne soupçonnais pas. Oh, je l’avais quand même bien entraperçue, au cours de ma vie, au cours des très nombreux moments passés à pouponner mes petits-frères ou les bébés que je gardais tellement souvent. Mais ces enfants n’étaient pas les miens. J’avais beau les aimer, je n’avais pas avec eux cette force incroyable qui transforme et transcende la femme.

Et puis, je suis devenue mère. Et j’ai ressenti alors cette force. Cette énergie sans nulle autre pareille, cet élan viscéral qui me poussait vers ce petit être si vulnérable, totalement dépendant de moi. De mes bras, de mon sein, de ma présence rassurante et protectrice. Dépendant de moi pour sa survie.

Alors, j’ai porté ma fille, autant qu’elle me montrait qu’elle aimait ça. Parfois des journées entières. Des journées entières sans que jamais un pleur ne se fasse entendre. Ni pour manger, ni pour dormir, ni pour quoi que ce soit d’autre. La proximité de ma petite me permettait de satisfaire ses besoins essentiels et vitaux sans qu’elle n’ait besoin d’aller jusqu’au cri pour me faire entendre que c’était le moment d’agir.

Alors, j’ai allaité ma fille, autant qu’elle me montrait qu’elle aimait ça. Pour la nourrir, pour la blottir. J’ai puisé en moi, et puise encore chaque jour, mon énergie vitale pour lui donner ce que j’ai de plus parfait et de plus abouti. Mon or blanc. Mon lait.

Alors, j’ai dormi avec ma fille, autant qu’elle me montrait qu’elle aimait ça. Parce que mon instinct me disait d’accompagner son sommeil, de la protéger de mes bras.

Mais rien de tout cela n’est un choix et tout n’est qu’évidence.

En devenant mère, je me suis abandonnée avec délice et pour un temps à ma condition de mammifère. Et comme tous les autres mammifères, je reste au plus près de ma progéniture. J’assume et revendique pleinement cette part profondément animale qui n’attendait que la naissance pour faire surface et s’emparer de moi. Je ne contrôle rien dans tout cela. Je reste au plus près de ma fille parce que c’est ce que la Nature a prévu pour elle et pour moi.

Non, la Nature n’a pas prévu que je la confie à la garde de quelqu’un d’autre ou que je l’habitue dès la naissance aux bras du premier passant. Non, la Nature n’a pas prévu que je la laisse seule le plus longtemps possible pour qu’elle apprenne l’autonomie. Non, la Nature n’a pas prévu que je la laisse pleurer pour qu’elle s’endorme seule.

La Nature avait prévu que l’Homme soit un mammifère. La société et la culture ont prévu que l’Homme rejette cette condition. Dès lors, on ouvre des débats pour savoir si oui ou non l’allaitement long est incestueux, ou si allaiter en public devrait être interdit. Dès lors, on considère que l’enfant doit être rapidement dressé afin qu’il fasse ses nuits le plus tôt possible et qu’il accepte de rester seul, de renier ses besoins, ceci afin que l’Homme puisse continuer à suivre le rythme infernal que sa vie lui impose et dans lequel l’enfant peut devenir un obstacle car cette petite chose, par nature, ne fonctionne pas comme lui. Entre écouter l’enfant et écouter l’effervescence des vies, la société a choisi.

Et pourtant…il me semble que s’accepter en tant que mammifère facilite tellement les choses et la relation à l’enfant qui naît. Car alors on ne se pose plus de questions sur pourquoi on allaite, pourquoi on porte, pourquoi on dort avec son petit. On ne fait qu’écouter ce que nous dit notre condition de mammifère, en dehors de toute intelligence culturelle, en dehors de toute convenance.

L’éducation des bébés est ce qu’elle est depuis que les hommes – sans H – ont décidé que c’était eux qui en poseraient les bonnes pratiques. Depuis ce jour, on cherche sans cesse à séparer les bébés de leur mère, pour tout et tout le temps. Ce retour de plus en plus prononcé vers l’allaitement ou encore l’émergence d’une nouvelle génération de mères qui en reviennent aux pratiques ancestrales du maternage, plutôt que d’être une mode, ne sont-ils pas autant de pratiques visant à assumer pleinement une condition de mammifère trop longtemps étouffée, dénigrée, vécue comme une insulte ou une honte?

Je suis un mammifère, et je le revendique.

Femelle, avant d’être femme.

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Mam’Sauterelle dit :

Owi owi !!!!!! Gloire a toi Ô Working Mama !! M’en vais de ce pas partager cet excellent billet :)

Capucine dit :

Merci!! Parce que cet article ne fait que me conforter dans mes choix depuis la naissance de mon grumeau ( qui a été porté autant que nécessaire/ allaité encore aujourd’hui à presque 30 mois et cododoté).
J’assume parfaitement mon état de louve.

Fernanda dit :

Alors ma belle, tu as raison d’écouter TON BEBE
Les miens voulaient bien dormir avec moi, mais ont refusé d’être portés. Ils n’aimaient pas ça …
Tout comme ils ont refusé doudou et sucette.
Ce sont des indépendants … et ça ne me dérange pas, si ça leur va !

NiNa dit :

Working Mama je te vénère !!!
tes articles me mettent en transe … j’aime !

je souhaite qu’un jour ta fille puisse lire tes beaux billets … ?

juste merci

Working Mama dit :

Elle pourra :) Je les consigne à la main dans un carnet que je lui offrirai plus tard. Peut être quand elle deviendra mère à son tour (oÔ)…

Nath floreven dit :

C’est tellement vrai, c’est le seul modèle qui ne change pas tous les 5ans, l’instinct…
A ce sujet une lecture bien instructive (et carrément hors des clous-bien-pensants)=> femmes qui courent avec les loups, de Clarissa Pinkola, sur le mythe de la femme sauvage, celle qui écoute ses instincts…
Profite bien de ce moment, je confirme que l’attachement sécure du début de la vie permet uen évolution autonome. (3 cobayes à ce jour!)

Working Mama dit :

Je l’ai lu il y a quatre ans quand j’étais en formation à Poitiers, en même temps que Psychologie des Contes de Fées. Mais faut que je relise le Pinkola parce que maintenant que je suis mère, il y a fort à parier que j’y trouverai d’autres émotions, d’autres repères.

Kaellie dit :

Merci pour ce billet qui me touche énormément.
Lou a bien de la chance de t’avoir comme maman :)

MJ dit :

Tu as tellement raison de faire comme tu le ressens et comme tu le décides.
Ici personne n’a compris pourquoi ma fille n’allait dans les bras d’autres que très peu et très tard.
Et surtout pourquoi à presque un an personne ne l’a gardée!
Continue de faire comme tu l’entends parce que c’est ta vie et ta fille!

PS: je ne sais plus quand tu as parlé des gens qui médisaient sur le portage en te voyant, moi c’était les puéricultrices de la PMI qui voulaient absolument que j’ai mal au dos alors que jamais ce n’est arrivé même maintenant que ma puce fait près de 10kg!

Aurore dit :

Super article… Rien à ajouter…

Happy Housewife dit :

Mais tu as raison, nous sommes des mammifères !
Notre société veut que nous apprenions l’autonomie au plus tôt, même à des bébés encore incapables de parler, marcher, s’alimenter…

J’ai beaucoup souffert de toutes les réflexions dont tu parles car je les ai subies aussi. Avec du recul, 2 ans après la naissance de mon fils, je me dis que c’était une forme de jalousie inconsciente de la part de mes proches qui ne souhaitaient qu’une seule chose : le prendre dans leurs bras aussi souvent que moi !
2 ans après, seuls des moins proches me font encore des remarques sur la proximité que j’entretiens avec mon fils (allaité encore il y a peu). Quant aux proches, ils ont l’air d’avoir compris que je n’ai pas fait un si mauvais travail !

Bon courage, je sais combien ça peut être culpabilisant !

Working Mama dit :

Jalousie inconsciente, je suis assez d’accord. On m’a dit que je « pourrais la partager, quand même ». Plusieurs fois certains ont insisté alors qu’elle pleurait dans leurs bras, visiblement pas contente et pas bien…je déteste ces situations où l’adulte insiste parce que ça lui fait plaisir d’avoir le bébé dans les bras, et peu importe si le bébé, lui, est d’accord ou pas. Et à chaque fois, quand je la reprends, on me dit « ah ben faut qu’elle s’habitue hein ». Je me retiens toujours de les envoyer bouler. Elle s’habituera quand elle sera prête à s’habituer. En attendant et tant qu’elle manifestera qu’elle n’a pas envie qu’on l’enquiquine, et bien je serai là pour défendre ses droits…

Anne-Claire dit :

ahah mais j’ai envie de te contredire ma chère ;) Tu n’as pas fais que suivre l’instinct et la Nature. Tu as CHOISI ! Et oui tu as fais le choix de ne pas écouter les mauvaises langues (je vois pas pourquoi d’ailleurs)… Et tu as fais le choix de vous écouter Lou et toi. Tu as donc fais des choix, et tu as bien choisi semble-t’il.
Je te taquine et tu le sais ;) Continue d’être toi et d’écrire ces jolis billets.

Emeline dit :

Ce post fait très peur. Pour info, la nature c’est aussi ça :

Working Mama dit :

Si tu veux, on peut faire un petit comparatif entre ce qu’il se passe dans la Nature et ce qu’il s’est passé dans la Culture, et sur les formes de violence que l’on trouve dans l’un et dans l’autre. Après seulement on pourra peut-être discuter sur de bonnes bases.

Sitefan dit :

« très peur »??? Parce qu’il ne correspond pas à ce que toi tu penses? Quelle ouverture d’esprit… Heureusement que tout le monde ne diabolise pas ainsi toutes celles et ceux qui pensent, vivent ou mangent différemment! Quant au lien qui suit, non mais franchement, mais cela n’engage que moi, n’importe quoi!

Working Mama dit :

Un vilain requin mange un gentil poisson, bouh! Trop violent.
Sans doute que cette lectrice lit dans mon post que j’ai envie de manger mon enfant, tel un mammifère féroce. D’ailleurs, qui sait?

Je l’ai dit sur un autre blog aujourd’hui mais je vais le redire ici: quand on a rien à dire, on se tait.
Ou alors, on argumente…si tant est qu’il y ait quelque chose à argumenter.

Emilie Oum Kalthoum dit :

Emeline : juste « lol ». Je ne crois pas qu’on puisse répondre autre chose à un commentaire aussi idiot…

charlinette dit :

je me décide à laisser un commentaire… de tous les articles que j’ai lu de toi, le seul avec lequel je ne suis pas totalement en accord concerne les vaccins… sinon je partage TOUS tes articles sur ma page facebook car tu écris extremement bien et tu traduis complètement ma pensée!

Working Mama dit :

Et bien merci :) Likeuse en douce alors!

Celine Walea dit :

J’ai porté ma fille pendant plus de neuf mois en permanence(après avoir accouché je veux dire!). C’est comme si je l’avais porté 18 mois en tout ;-) Ce n’était pas un choix mais une nécessité pour elle qui ne supportait pas que je la pose un seul instant et qui entrait dans des états identiques à ton bébé. Aujourd’hui elle est « descendue de son arbre », elle a pris le temps qu’il lui fallait et est aussi autonome qu’un autre enfant (autant qu’ils peuvent l’être à deux ans!). Il n’y a pas de normes : on ne peut pas dire à un enfant à peine né, c’est comme ça tu ne dois plus être dans les bras de ta mère si cet enfant a besoin de cette enveloppe protectrice. D’autres enfants n’ont peut être pas les m^mes besoins. Et alors ? Le droit à être différent tout simplement.

Working Mama dit :

Merci pour ton témoignage et désolée du retard de publication…il était passé dans les spams du blog.
Ici c’est pareil, Lou a mis du temps à accepter que je la pose depuis sa naissance, et plus ça va plus elle se laisse faire sur de longues périodes, et cela sans passer par les pleurs ou l’impatience puisque tout s’est fait à son rythme, tranquillement, sans insister ni forcer. A 4 mois, au lieu d’être la capricieuse qu’on me promet, c’est un bébé qui sourit tout le temps à tout le monde, j’entends partout qu’elle est « tellement sociable »…elle n’aime pas que d’autres la porte, mais elle accepte volontiers de passer parfois 45 minutes dans son transat, notamment le matin où je la prends avec moi dans la salle de bains et où je peux me préparer sans aucun souci depuis près d’un mois maintenant. Je n’ai jamais eu à gérer une crise par exemple à ce moment. Elle a toujours attendu gentiment que je termine, en me regardant me laver^^

pep’s dit :

Ton article me rappelle celui écrit par Caroline chez les Seintes (Comme une évidence). Car oui, tout n’est pas choix, et certaines choses sont justes évidentes. En tout, ça a été comme ça pour moi. Allaitement, portage, communication non-violente..c’est ma fille qui nous a fait découvrir tout ça, c’est elle qui nous a menés sur cette voie et nous pratiquons ensemble, à 3, depuis 15 mois.
Merci donc pour ta réflexion, tes mots!!!

Working Mama dit :

Ici aussi c’est Lou qui guide un peu tout ça. Les réponses qu’elle apporte à nos pratiques, son bien-être visible, son éveil, sa malice, font que l’on sait que c’est ce qu’il fallait pour elle :)

Mme BN dit :

Je vois aussi dans la nature des bébés qui doivent devenir autonomes super rapidement. Ils sont proches de leur maman jusqu’à un certain âge, elles sont là pour eux, à leur côté, mais ils ne sont pas « collés » et sont souvent aussi « éduqué » par la meute/troupeau.

Tu le sais, je n’ai pas allaité le BN, je l’ai porté seulement en promenade, et pourtant il sait que je suis là, tout le temps, à n’importe quel moment. Si je dois me lever 15 fois, je le fais, mais on a chacun notre espace où je trouve qu’il est plus en sécurité que dans le lit à côté de moi (par exemple) ^^

Je ne me sens pas pour autant moins mammifère/louve/protectrice et d’ailleurs je mords le premier qui essaye de s’approcher de lui.

Enfin bref, pour moi et en résumé, il faut qu’ils sachent que l’on est là pour eux autant que nécessaire, mais qu’ils apprennent aussi à rester seuls en se sentant en sécurité (puisqu’ils savent qu’on est là au besoin … tu suis ?). Parce que malheureusement la vie, la société, le boulot font que tu ne peux pas vivre comme un animal ou être toujours là.

Bon et je précise que mon message ne comporte aucune agressivité, aucun jugement, juste un avis différent.

Working Mama dit :

Oh j’ai bien compris t’en fais pas, en plus je crois qu’on a suffisamment échangé toutes les deux sur nos blogs concernant des choses qu’on ne fait pas ou pense pas de la même façon sans que ça n’ait jamais posé souci :)

Je te rejoins sur le fait que les bébés dans la nature deviennent autonome très tôt. Mais si on regarde bien, ils sont à un stade de développement bien plus avancé que les nôtres dès leur naissance. En fait, aujourd’hui la « Science » s’accorde à dire que le petit d’homme naît grandement prématuré du fait de la morphologie de la femme dontle bassin ne pourrait supporter un crâne plus développé que celui du foetus à 9 mois. Dans la nature, tous les mammifères naissent avec un cerveau développé à 80% de leur taille adulte, et les capacités qui vont avec. Chez l’Homme, il n’est qu’à à peine 40% de son développement. Du coup, alors qu’un petit chat, qu’un petit éléphant, qu’un petit lion, qu’un petit chien ou qu’un petit cochon pourra se déplacer à peine quelques heures ou quelques jours après sa naissance et qu’il pourra chercher sa nourriture quelques semaines seulement après avoir tété sa mère, le petit d’homme est totalement dépendant de sa mère pour survivre jusqu’à très longtemps après sa naissance (je dis « de sa mère » parce que dans l’absolu le petit d’homme est nourri par sa mère. Les possibilités modernes font que l’enfant est maintenant dépendant du parent car l’allaitement n’est plus le seul mode nourricier, mais là je parle du concept naturel de base). Il ne peut ni se mouvoir seul, ni se nettoyer, ni se nourrir. Cela fait je pense une très grande différence en terme de perception des capacités d’un bébé humain à devenir autonome.

Et tu as tout à fait raison, la vie que l’homme s’est construite fait qu’on ne peut pas être toujours là. Mais tu le formules toi-même: on demande l’autonomie à un bébé le plus tôt possible non pas parce que c’est dans sa Nature, mais parce que la société et les rythmes de vie ne lui laissent pas le choix. Dans d’autres cultures où les vies sont moins pressées, cette proximité mère/enfant jusqu’à l’autonomie complète du bambin vers 4 ou 5 ans est extrêmement courante.

J’ai la chance d’avoir une vie qui me permet de suivre le rythme de ma fille, de la laisser se développer sans avoir à forcer la manoeuvre. Alors je profite de cette chance. Et souvent je pense aux mères qui doivent laisser leur bébé à 3 mois parce qu’elles reprennent le travail et qui vivent ça comme un déchirement. J’ai vraiment de la chance, j’en suis consciente.

Enfin voilà, l’idée de ce billet c’était surtout de montrer ce que la maternité a réveillé en moi, et ce qu’elle me pousse à faire, sans chercher à justifier quoi que ce soit d’ailleurs, juste exprimer un ressenti, une émotion particulière…j’imagine que des tas de mères s’y retrouvent, que des tas d’autres ne s’y retrouvent pas. On est chacune mère à notre manière, et comme tu le dis, même non allaités, même pas cododotés, et même pas portés, du moment qu’ils sont aimés et dorlotés, bien sûr que les bébés peuvent être heureux et en confiance :)

Mme BN dit :

Bon je te réponds ce soir, parce que là je dois y aller !

Mme BN dit :

C’est pas faux, d’ailleurs ça m’aurait bien arrangé qu’il sache nettoyer son caca tt seul :D

En fait je sais que ma façon de voir vient de mon vécu … Depuis toute petite j’ai toujours souffert d’un sentiment « d’abandon », je ne me suis jamais sentie en sécurité nulle part et j’ai beaucoup dépendu de ma mère. Cela vient surement du fait que nous avons été séparée 1 mois à ma naissance.

Mon fils n’a pas vécu la même chose, mais je préfère lui apprendre à se sentir bien n’importe où, tout en sachant que je serais toujours là.

C’est pas clair hein ^^

pep’s dit :

Et désolé pour les fautes… *juste *en tout CAS

Zenouchou dit :

Merci pour cet article qui m’a fait un bien fou, car je n’arrive pas à expliquer à mes parents ce sentiment de protection et de proximité alors qu’ils me font constamment la remarque « Laisse-le pleurer sinon il te fera caprice sur caprice ! ». Un bébé ne pleure pas sans raison jusqu’à quelques mois. Et pourquoi réclamer un câlin ou la sensation du corps de ses parents contre le sien est aussi tabou ? Ton article répond bien à ma question , donc merci à toi ^^!

Working Mama dit :

Ca, c’est vraiment une croyance stupide…elle fait partie de mes sujets phares, car je la crois dévastatrice pour le bien-être des bébés dont les besoins, même primaires et essentiels, sont systématiquement qualifiés de caprices dès lors qu’ils pleurent pour les exprimer. Malheureusement, comme le pleur est pendant longtemps leur seul moyen d’expression…

Là où je me rends compte que cette croyance est infondée c’est quand je regarde ma fille et les bébés que je connais qui ont été élevés comme elle. Elle ne pleure jamais. Elle peut parfois passer 72h sans pleurer une seule fois. Chougner oui quand elle est fatiguée, mais pleurer, non. Alors si je suis la logique de ces gens, vu que je le porte tout le temps, que je reste à côté d’elle pour l’endormir etc, elle devrait donc être capricieuse, difficile, pleurer tout le temps. Force est de constater que pas du tout et qu’à chaque fois que je vais quelque part je n’entends que des « oh mais qu’elle est paisible! C’est fou comme est sociable! Qu’est-ce qu’elle est souriante! » Etc, etc…

En matière d’éducation, les traditions ont la vie dure. La violence éducative est profondément ancrée dans notre culture. Pleurs, fessées, punitions, humiliations verbales, domination de l’adulte qui ne considère pas l’enfant comme son égal…il en bouffe, l’enfant, avant de devenir grand. Ici, on a décidé de faire autrement :)

Maman 2 puces dit :

Que ça fait du bien de lire ce que je pense au fond de soi à chaque fois que ma fille pleure et qu’elle est qualifiée de capricieuse. Comme si les bébés étaient déjà de sales petits vicieux. Je ne supportes plus du tout ce genre de réflexion ! Merci pour ce post que je vais imprimer et m’en faire un papier peint ;)

Bouba dit :

Tu as la chance de télé-travailler et de pouvoir garder ta Loupiote avec toi malgré la reprise!
Je suis bien d’accord avec ce que tu dis dans ce billet, et il faut reconnaître que les choses ne sont pas toujours bien aménagées de ce côté là pour les mamans qui reprennent le boulot!

Working Mama dit :

C’est exactement ce que je disais à Mme BN un peu plus haut. Si on voulait respecter le rythme des bébés et ne pas les obliger à faire leur nuits, ne pas les obliger à s’endormir seuls à 4 mois, ne pas les obliger à ceci, ne pas les obliger à cela alors que leur organisme n’y est juste pas prêt, on ferait comme dans les pays nordiques. 10 mois de congé maternité, pour que les enfants puisse grandir à leur rythme. Mais on en est loin, tellement loin…

lapetitevache2 dit :

Difficile de dire qui a raison je trouve, mais chacun fait comme il veut, comme il le sent ! Par contre, comme tu le dis, tu peux faire ses choix car a priori tu es avec ta fille 24h sur 24h. Moi je suis independante donc obligée de mettre mon bébé en nourrice à 5 semaines ! donc là, vraiment pas le choix, je devais le laisser, et j’esperais vraiment qu’il fasse ses nuits qd tu te lèves le lendemain tôt ! ce qu’il a fait à 1 mois et demi d’ailleurs, sans problème (sentait-il que je bossais et que j’avais besoin de sommeil ?) pas evident d’etre maman, on ne sait jamais si on fait bien !!!

Working Mama dit :

Je suis indépendante aussi, mais dans un secteur d’activité qui fait que je peux répartir mon temps de travail un peu comme je veux tant que les projets sont livrés dans les temps…J’ai pris six mois de congé maternité (jusqu’en septembre), et ensuite elle sera gardée si et seulement si son rythme de sieste en journée ne me permet pas de travailler correctement.

Isa LISE dit :

Ton billet est magnifique et tellement juste… Mode, choix, évidence, instinct mammifère ?… Et si en effet, tout était là…

Emmanuelle dit :

J’ai beaucoup apprécié cet article ! Je viens de le transférer à mon compagnon qui, comme vous et comme moi, pense que l’on n’a pas à rougir des instincts maternels que vous avez si bien expliqués.
Cela augure un combat inattendu pour moi (pour plus tard, je veux dire): celui de se protéger (soit-même et son bébé) des critiques mais aussi des pratiques des « animaux » sociaux (quoi qu’ils en disent) bien-pensants… :) Père, mère, frères, tante, etc.

marie christmas dit :

bonjour!
un lien m’a ammené sur ce blog et sur ce billet en particulier.
je suis d’accord à 200% sur un point, nous sommes des mamifères. mais je suis un mammifère avec un amour de 9 mois et un autre de bientôt 3 ans qui travaille. donc pas facile de répondre à tous ses besoins qd on n’est pas là 8h par jour sniiif pas toujours facile non plus qd petit amour 1 a des besoins en même temps que petit amour 2…
m’enfin ca doit lui convenir qd même vu qu’elle pleure très peu voir quasi jamais et surtout fait ses nuits depuis qqs semaines (et ca c’est qd même méga top de dormir d’une traite !) et tout sourire! un peu de portage par ci, des gros câlins par là et hop!
en fait je suis convaincue que ce qui est le mieux pour bébé c’est que la maman soit bien que ce soit dans le maternage proximal ou pas.
pour ma première, on m’avait dit que ca serait mieux pour tout le monde si elle prenait ses repas à heures « fixes » échec cuisant! alors pour la 2ème no pression et advienne que pourra! et puis quand on a une super nounou qui est sur la même longueur d’ondes ca aide faut bien l’avouer… et là…. ben elle s’est calée toute seule.

bref nous sommes des mamifères mais la société nous impose à nous et à nos bébés certaines contraintes certaines peuvent être contourner d’autres pas… l’essentiel étant que chacun y trouve son compte!

Tira Taghuri dit :

Bonjour, Cela fait quelques jours que je parcours votre blog. La plupart de vos articles trouvent de l’écho en moi. Et notamment celui-ci. Mon fils a 6 semaines et cela fait autant de temps que la plupart des personnes de mon entourage s’empresse de me donner des conseils bien avisés, dont l’inévitable « il ne faut pas l’habituer aux bras », ce qui me rend proprement furieuse à chaque fois. Parce que 1/ je fais ce que je veux avec mon enfant, ce qui me semble bon pour lui. 2/ je ne demande rien à personne et j’en ai marre que chacun mette son grain de sel dans ma relation avec mon fils, sans se demander comment je prends les choses.
Quand on est mère, surtout la première fois j’imagine, on est submergés d’informations, de conseils, tous plus contradictoires les uns que les autres. Le premier mois a été éprouvant pour moi car je n’arrivais pas à me connecter à ma dimension « animale », à mon instinct. Puis j’ai décidé de m’écouter et de faire ce qui me semble bon pour mon bébé, tant pis si je me plante.

En tout cas, merci de partager vos réflexions avec nous. Personnellement, cela enrichit beaucoup mes propres réflexions et m’aide à trouver des arguments pour les critiques futures que je vais essuyer. Et à me sentir moins seule, moins « incompétente », plus sûre de mes choix.

Au plaisir de continuer à vous lire,

Tira

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