Mais c’est quoi, l’instinct maternel?

18 juillet 2011 // WM s'interroge // Mots doux (ou pas): 27

Newborn sleeping child

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Préambule

Cet article au titre un brin polémique est né de la lecture d’un autre article, écrit par une blogueuse dont j’apprécie beaucoup les écrits.  Inscrite dans le mouvement féministe, Kalista interroge et argumente régulièrement nos modèles sociaux, leurs origines, leurs conséquences. J’aime la lire car ses billets sont toujours le fruit d’une documentation sérieuse mêlée d’une opinion personnelle qui, bien que très souvent tranchée, laisse place au débat et à la réflexion en privilégiant l’ouverture de ton sans jugements à l’emporte-pièce. Et moi ça me plaît. Et non, elle ne m’a pas payé pour écrire ça, ce billet n’est pas sponsorisé :P

Bref. Tout cela pour dire que son article « L’amour en plus », évoquant entre autre le livre d’Elizabeth Badinter et la question de l’instinct maternel inexistant, a soulevé dans ma petite tête une question: qu’entend-t-on exactement par l’expression « instinct maternel »? Parce que pour dire qu’il existe ou qu’il n’existe pas, encore faut-il qu’il soit clairement défini afin de pouvoir s’y confronter.

Il est important de préciser que mon billet ne vise pas à apporter une réponse précise à la question, mais plutôt à développer la dite question, à l’approfondir pour peut-être donner des pistes sur une manière (parmis d’autres) d’aborder cette problématique. Mon but n’est donc pas de dire si oui ou non l’instinct maternel existe, mais plutôt de préciser ce qui est, à mon sens, induit par ce terme et de quelle manière je l’interprète. Je précise également (et c’est sans doute une donnée importante dans la manière dont j’aborde ce sujet), que malgré ma grande expérience des enfants tant dans ma vie familiale, personnelle ou professionnelle, je suis ce que je nomme avec amusement une « nullipare »: je n’ai pas d’enfants. Cela dit, avec mon Working Man, le sujet est en travaux (pratiques). Je terminerai ce préambule en disant que ne pas être mère ne m’empêche pas de m’interroger sur les sujets de la maternité, de la parentalité, de l’éducation…et de partager ici le fruit de ces interrogations (ça, c’est une précision pour celles qui m’ont quelques fois remballée sur les forums et blogs dits « de mamans » sous prétexte que je n’avais pas de gosses et que donc j’étais bien mal placée pour donner un avis. Le message est bien passé? Merci.)

Etat des lieux

L’instinct maternel on en parle tout le temps, et partout. Il est brandi à chaque fois que l’on évoque le sujet de la maternité, à chaque fois qu’une femme accouche, à chaque fois qu’une mère montre le plus petit gramme d’affection pour sa progéniture, et plus généralement à chaque fois qu’on cause de ces nains qui nous rendent dingues. Il est une sorte de norme, quelque chose qu’une femme se doit de ressentir pour être reconnue comme une bonne mère. « Regarde, on voit bien qu’elle a l’instinct maternel ». Dans le cas contraire, les réactions sociales sont très violentes et placent la jeune maman qui ne ressent pas le sacro-saint « instinct » sous les feux d’une suspicion immédiate et très souvent destructrice. Pourtant, c’est un fait: certaines femmes ne ressentent pas immédiatement, lors de la grossesse ou au moment de la naissance, l’élan indescriptible reconnu comme étant la norme. Elles ne comprennent pas pourquoi, et peuvent s’interroger encore bien longtemps après la naissance sur leur capacité à être une bonne mère. Elles n’ont pas vécu la magie, ne la vivent toujours pas…et se demandent ce qui ne tourne pas rond chez elles. Pour autant, dire que l’on a ou pas telle ou telle chose implique de se positionner par rapport à un référent. Ce référent, en l’occurrence, c’est le principe représenté par l’expression « instinct maternel », et la définition que la société lui apporte. Et bizarrement, tout est assez flou.

La minute Petit Robert

Globalement, parler d’instinct maternel revient à évoquer l’apparition de capacités jusque là insoupçonnées chez la femme, et ce de manière assez prononcée: compréhension intuitive du nouveau-né, connaissance innée de certains comportements à adopter pour satisfaire les besoins de l’enfant….les diverses définitions que l’on lit de l’instinct maternel tendent à démontrer l’apparition, chez la jeune mère, de capacités dépassement l’entendement, allant au delà du rationnel. Toutefois, il est intéressant de constater que bien souvent ces différentes définitions font apparaître, à un moment ou à un autre, le terme d’ « amour maternel », qui se substitue ensuite au terme d’instinct. Comme si les deux concepts ne faisaient qu’un. Or, ils sont totalement opposés de par leur nature: l’instinct est un phénomène relevant de l’inné, quand l’amour relève de l’acquis. Ils ne devraient donc pas pouvoir être assimilés l’un à l’autre.

Dans le dictionnaire, l’instinct est défini comme suit:

n.m. instinct (du lat. instinctus, impulsion)

1. Tendance innée qui pousse les individus d’une même espèce à accomplir des actes déterminés.

2. Tendance, impulsion souvent irraisonnée qui détermine l’homme dans ses actes, son comportement: Son instinct lui disait de s’en méfier (intuition, prémonition, pressentiment).

3. Don, disposition naturelle pour qqch

Et l’amour là-dedans?

L’amour est, quand à lui, bien plus difficile à définir de façon universelle car sa signification et son champ d’application relèvent pour grande partie de la culture. On peut donc, je crois, dire qu’il y a une définition occidentale de l’amour.  Ce qu’on définit chez nous comme étant « l’amour maternel » n’est pas réservée qu’aux liens du sang: des mères adoptives peuvent être tout aussi aimantes que des mères biologiques. L’amour étant un concept relevant de l’acquis, on constatera également que des mères pourront ne pas réussir à aimer leur enfant.

On observera aussi, des femmes débordant d’amour pour leur enfant à la minute même de l’accouchement, voire dès l’annonce de la grossesse, alors que d’autres mettront plus de temps à tisser le lien affectif avec leur enfant. Mais comme on parle d’un sentiment qui se construit, d’une notion qui relève du pur acquis, cela n’a finalement rien d’étonnant. Tout le monde n’a pas la même capacité à aimer instantanément. L’amour est un sentiment qui s’apprend…pourquoi serait-il si difficile d’envisager que cet apprentissage puisse être nécessaire dans le cas spécifique de l’arrivée d’un enfant, et que le chemin puisse être long?

Je vous renvoie, pour approfondir cette question, à l’article de Kalista qui est très bien documenté sur cette question.

J’ai entendu, parfois, dire que l’Homme était dépourvu d’instinct, qu’il n’agissait que par connaissance. Que sa culture prenait donc le pas sur sa nature. Peut-être à l’âge adulte (et encore, il me semble que c’est très discutable)…mais certainement pas au moment de la naissance: le réflexe de succion, par exemple, exprimé par n’importe quel bébé est bien la preuve que l’instinct existe chez l’Homme. Pour manger, le bébé doit téter, et personne ne lui explique: il le sait de façon absolument innée.  Si on reconnaît que l’instinct existe au stade du nourrisson, il me semble compliqué d’affirmer qu’il n’existe pas au stade adulte. Il peut être inhibé par des artifices culturels qui remplacent le besoin de s’en servir, mais il existe bel et bien.

« La femme est faite pour avoir des enfants »

Ca, c’est une vérité, quoiqu’on en dise. Elle peut faire le choix de ne pas en avoir mais biologiquement parlant, son corps est quand même programmé pour ça. Sinon, qu’on m’explique pourquoi j’ai un utérus, des règles, des seins…et pas mon mec. Même si on peut en douter dans le monde actuel où l’Homme fait tout ce qu’il peut pour se foutre en l’air avant l’heure, il n’en reste pas moins que notre espèce n’échappe pas à l’instinct de conservation: l’espèce doit perdurer. L’Homme étant doué d’une intelligence particulière, il est en mesure d’aller contre certains de ses instincts, par choix. Pour autant, la maternité est un instinct dans la mesure où elle est la seule garante naturelle de la conservation de l’espèce.  Seule l’étude et la compréhension scientifique du corps humain a permis de bloquer cet instinct de conservation, grâce à la contraception. Sans cette méthode, chacun obéirait inéluctablement à cet instinct reproducteur, car les corps masculins et féminins sont biologiquement conçus pour répondre à ce besoin.

Dans ma tête

L’instinct maternel n’existe pas. Du moins pas dans le sens qu’on lui accorde aujourd’hui et qui stigmatise nombre de femmes ne ressentant pas le concept qu’on leur vend. Les différentes recherches et productions littéraires sur le sujet le démontrent assez bien, en appuyant notamment le rôle majeur de la culture dans l’exercice de l’instinct maternel. En revanche, je crois à un autre type d’instinct, qui relève plus de l’instinct de conservation que du super-pouvoir maternel: l’instinct de protection. Prenons l’exemple des mammifères (auxquels nous appartenons pour rappel^^).

Les chats, les chiens, les souris, les baleines, les dauphins, les vaches, les chèvres….toutes mettent bas et adoptent des comportements très spécifiques visant à protéger le ou les petits. Nettoyage du nouveau-né après l’expulsion, destruction du placenta (et parfois consommation pour compenser la perte de sang et de fer dûe à l’accouchement), section du cordon, allaitement… Chez les chats, la mère effectuera régulièrement tout un tas de massages du ventre de ses chatons pour stimuler l’éjection des excréments, les chatons n’en étant pas capables seuls.

Toutes ces femelles n’ont pourtant pas notre intelligence, et n’ont pas été éduquées pour ça. On ne leur a pas montré ce qu’il fallait faire, on ne leur a pas dit ce qui était bien ou mal, ce qui était bon ou pas. Elles le savent, et l’appliquent, pour une seule raison: si elles ne le font pas, leur progéniture mourra. Chez les cochons d’Inde par exemple, dans le cas d’une portée trop nombreuse et si la lactation n’est pas suffisante, la mère tuera et mangera une partie de ses petits. Mais pas n’importe lesquels: ceux qu’elle aura identifié comme étant les plus faibles et donc comme étant, dès le départ, les moins aptes à survivre. Par cette action, elle répondra à son instinct de conservation: en gardant l’ensemble de sa portée, elle ne pourra pas nourrir chacun correctement. Tous les petits risquent alors de mourir. En tuant les plus faibles, elle assure aux plus vigoureux le maximum de chances de survie. Jusqu’à leur émancipation (qui, hormis chez les humains, correspond en général au moment du sevrage), la mère assurera la protection de son petit, pour lui éviter la mort. Lorsqu’elle aura accompli son travail, elle le délaissera ou même, parfois, le rejettera.

La femme, sauf dans de rares cas, n’échappe pas à cet instinct de protection. Lors de la mise au monde de son enfant, nul besoin de le lui dire, elle le sait déjà: son bébé ne peut pas se déplacer seul, ne peut pas se nourrir seul, ne peut pas se nettoyer seul. Il est vulnérable et a un besoin vital de sa mère pour survivre. Si elle ne le protège pas en satisfaisant ces besoins primaires, il mourra. Voilà comment je définis, pour ma part, l’instinct maternel: par l’instinct de protection qui s’empare d’une femme dès lors qu’elle devient mère, et qui lui dicte ce qu’elle doit faire pour répondre à un besoin vital. On notera d’ailleurs, que les mères biologiques n’ont pas l’exclusivité de cet instinct: une mère adoptive répondra tout autant aux besoins primaires de l’enfant alors même qu’elle ne l’a pas conçu. Un homme pourra y répondre également, tout comme un jeune enfant de 7 ou 8 ans. L’instinct de protection est transgénérationnel tout autant que transgenre.

En revanche, si cette connaissance des besoins vitaux de l’enfant est innée, sa mise en pratique résulte d’un apprentissage: la mère (puisqu’on parle d’elle mais on pourrait dire « l’adulte » par exemple) apprendra à différencier des pleurs de faim et des pleurs de douleurs. Elle apprendra à identifier, à comprendre, et à solutionner les signaux envoyés par son nourrisson. Elle apprendra à s’occuper de son enfant en analysant son comportement et les signaux envoyés, en constatant l’adéquation entre le besoin exprimé et la réponse apportée, qu’elle pourra alors répéter à chaque fois que la situation se présentera. L’ apprentissage est une notion fondamentale il me semble, car elle marque la frontière entre l’instinctif et le réfléchi, entre l’inné et l’acquis, entre la nature et la culture.

« Je n’ai pas l’instinct maternel »

Tout dépend donc et après mon immense blabla, de ce que l’on entend par là. Dès lors que l’on est apte à répondre aux besoins vitaux exprimés par un enfant, et que l’on est apte à y répondre pour assurer sa survie, alors il me semble que l’on a cet instinct maternel, du moins dans le sens où je l’entends: un instinct dictant quoi faire pour assurer la survie de l’enfant. Aujourd’hui, il me semble que l’instinct maternel est une expression un peu fourre-tout, au final assez floue mais qui fixe des normes arbitraires, dans lesquelles nombre de femmes ne se reconnaissent pas. Sont-elles pour autant de mauvaises mères? Certainement pas.

Il y a, à mon sens, l’instinct de protection partagé par tous et tous sexes confondus, et le lien affectif qui se tisse différemment entre chaque être, plus ou moins rapidement, qu’il y ait filiation biologique ou non. Du cumul de ces deux choses naît un amour particulier et unique. Mais en aucun cas je n’adhère à un concept prétendant lister en 10 points les différents critères qui établissent que oui, bravo, vous avez l’instinct maternel, vous êtes notre 1.000.000ème gagnant!

Non.

Il y a autant de façons d’être mères qu’il y a de femmes. Il y autant de façons d’aimer qu’il y a de familles. Avoir l’instinct maternel, pour moi, c’est simplement être en mesure de faire des choix, et de s’interroger sur ce qui, à un instant donné, sera le plus adapté aux besoins exprimés. Cela peut être aussi décider de se faire confiance et d’aller contre un avis général, parce que l’on est convaincue que c’est la seule réponse qui conviendra pour ce cas précis, envers et contre tous. Mais ce n’est pas être douée d’un sixième sens.

Non, je ne crois pas que ce soit le package rose bonbon que l’on ressasse en permanence. Ce package là tend à normaliser la maternité, à délimiter ce qu’elle devrait être pour être bonne, pour être vraie. Et au lieu d’être bénéfique, cela me semble affreusement réducteur.

Toute ma vie de petite fille, d’adolescente, puis de femme, on a dit de moi « c’est fou ce qu’elle a l’instinct maternel ». J’étais constamment en train de m’occuper de mes petits frères, depuis leur plus jeune âge. Je ne demandais que ça: changer leurs couches, donner les bains, donner les biberons… le baby-sitting de nourrissons de 3 semaines ne me faisait absolument pas peur même à l’âge de 12 ans, je voue une adoration sans bornes aux enfants. Et je déborde même tellement d’amour pour les gosses que je suis déjà raide-dingue du mien qui n’est même pas encore conçu, c’est pour vous dire. Mais je ne crois pas, pour tout ce que j’ai raconté au-dessus, que ce soit de l’instinct maternel. Plutôt un instinct de protection très fort et qui me suit effectivement depuis toujours, couplé à un amour très développé pour la « condition » enfantine. Après, qui sait…si ça se trouve quand je serai mère à mon tour je changerai d’avis sur la question. Je me découvrirai peut-être des super-pouvoirs. Ou pas :P

Le mot de la fin

Il manque sûrement beaucoup de choses dans cet article: j’ai tenté de synthétiser mes idées pour ne pas rendre la lecture trop longue, et il y a certainement des choses qui seraient à préciser, ou à compléter…et même à contredire! N’hésitez pas à réagir, dans la joie et la bonne humeur, bien entendu.

*C’était la minute la demie-heure philosphique WM. A vous Cognac-Jay, à vous les studios*

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Mots doux (ou pas): 27 »

  1. meliso dit :

    Quand Léa avait un mois (c’est mon aîné) je lui ai diagnostiqué une otite. Me demande pas pourquoi, je savais qu’elle avait une otite. Quand le pédiatre a confirmé mes dires, j’étais contente comme si je venais de gagner au loto… J’avais raison.
    Quand Emie est née, j’ai voulu allaiter. Mais y a que du colostrum les deux trois premiers jours. Ma fille hurlait. J’ai dit à la puer qu’elle avait faim. Elle m’a répondu « non non, quelques gouttes de colostrum lui suffisent, à 24 heures un bébé n’a pas faim ou en tout cas a un tout petit estomac ». J’ai insisté jusqu’à ce qu’on me file un biberon, pour voir… Elle a bu 70 ml !!!!!
    J’avais raison (bis repetita).
    Alors je suis plutot d’accord avec toi : l’instinct maternel, c’est comprendre les besoins du bébé avec le peu d’indices qu’il nous donne. Par contre je parlerai plus de 6ème sens quand même : le sens maternel (qu’on soit la mère bio ou pas d’ailleurs).

    • Working Mama dit :

      Ma mère fait des trucs chelous aussi comme ça. Enfin, entre nous deux il se passe des trucs chelous. Par exemple, à chaque fois que je l’appelle ou presque, elle a parlé de moi dans les 3 minutes précédentes^^.

      J’aime bien l’exemple que tu donnes à propos d’Emie. Ca illustre bien ce que je disais sur le fait d’aller « envers et contre tous » parce qu’on est convaincues qu’on a raison. Et on sait comme il n’est pas évident d’aller contre l’avis du corps médical…

  2. Greg dit :

    Instinct maternel tel qu’on l’entend généralement = grosse construction socioculturelle d’une civilisation dans laquelle la femme était vouée à la perpétuation de l’espèce (ce qu’on a somme toute considéré jusqu’il n’y a pas si longtemps…) et qui a fixé des critères pour évaluer le degré de soumission de machine ou de bidule au corpus de normes. Si ce qu’on attend de toi, c’est que tu fasses des enfants pour perpétuer la lignée et que de fait tu ne te démerdes pas trop mal avec, alors tu es dans ton rôle et tu peux faire partie du groupe.

    Tout le reste n’est que comportement de mammifère avec sa part d’inné (personne n’a besoin d’apprendre qu’un nourrisson ne se nourrit pas seul, c’est codé comme ça par défaut dans le logiciel, si tu me passes l’expression) et d’acquis (apprentissage et découverte plus ou moins empirique, comme dans plein d’autres domaines : tiens, ça a marché pour résoudre mon problème, dorénavant je ferai comme ça).

  3. Petit Monstre dit :

    Se sentir mère, l’instinct maternel, aimer les enfants, se reveiller 5mn avant les premiers pleurs de bébé, l’instinct animal tout ceci est super proche et super éloigné en même temps. J’ai développé tout ça pour mes deux dernières grossesses.

    Pour ma première grossesse, J’ai fait une prépa haptonmie, le mec dit : celui qui croisera le premier regard de l’enfant aura tout son amour. Pas de bol, c’est le papa qui a croisé le premier de ma fille aînée. Inévitablement, dans la fragilité de la parturienne, je me suis sentie éloignée du couple papa-BB1. Et, j’ai beaucoup subi le fait d’avoir un enfant (fatigue d’une mère qui découvre les bébés (fille unique), fatigue d’une mère d’un bébé qui ne dort ni le jour ni la nuit (6h/nuit, pas de sieste …), fatigue d’une mère dépassée, pas aidée, pas comprise, sans repère, qui allaite jusqu’au moment ou ça devenait insupportable tellement je me sentais envahie au sens négatif …), Quand, j’ai pris conscience que j’étais « son point de repère », son unique moyen de se nourrir … j’ai vraiment pris peur, j’aurai même fuit si j’avais pu. Je crois que je me demanderais toute ma vie si ma fille m’aime. C’est fou mais bon … Ce premier regard à été ma perte :)

    Pour la seconde, le pied total, j’ai été claire dès le début avec le papa: ce bébé est « le mien-à moi », je l’allaiterai longtemps, je le garderai dans mon lit longtemps, je ne couperai pas le cordon avant … foulàlà !!! Le premier regard a été pour moi, j’ai dorlotée cette petite fille comme une louve. Je me suis sentie mère !

    Et la troisième, ben, le top du top malgrè les 10 jours d’hosto, la suspicion de méningite fulgurante à 4 mois, pour celle là aussi j’ai été claire: elle est à moi ! Je crois que j’ai l’instinct maternel :)

    Tout ça pour dire, que ça ne veut rien dire, l’instinct, pas instinct … j’avais peur des enfants, jamais de babysitting, et j’en ai trois.
    NB: la philo m’a toujours fatiguée malgrès mon Bac L …, ça ne change pas :)

    Laissons faire la nature mes amies !

    • Working Mama dit :

      Je ne connaissais pas cette théorie du premier regard…intéressant (le pauvre MrChéri…dire que je vais lui interdire de regarder notre bébé en prem’s. Je lui dirai que c’est à cause de toi!)

  4. Petit Monstre dit :

    le pavé … desolée

  5. Miss Preity dit :

    Je connais quand même une maman qui a fait un enfant « comme tout le monde » mais qui fait tout pour ne pas s’en occuper, ca, je n’arrive pas à comprendre

    • Working Mama dit :

      Hello Miss Preity.

      J’en connais une aussi. Et même plusieurs d’ailleurs, de tous âges et de toutes générations. C’est triste, mais ça existe.

  6. Petit Monstre dit :

    le « comme tout le monde » … c’est comme le  » deux enfants, la maison, le chien, et la voiture familliale », c’est voué à l’échec … c’est une fois de plus le bébé qui trinque de la bêtise parentale.

    • Working Mama dit :

      T’es dûre, là, Christine. Deux enfants, une maison, un chien et une voiture familiale n’est pas forcément voué à l’échec. Mes parents ont 5 enfants, une maison, une voiture familiale et ils fêtent leurs 20 ans de mariage cette année :P

      Mais je crois que je vois ce que tu veux dire: quand c’est fait « parce qu’il faut faire comme ça », effectivement c’est délicat.

      • Petit Monstre dit :

        je me suis mal exprimée, tu as mis le doigt sur ce que je voulais dire, mais c’est ça : c’est le stereotype pour certains …, ça manque d’épanouissement.

  7. Glublutz dit :

    Bonjour,
    Vaste sujet… Pour ma part, maman d’un petit bout de 14 mois, je serais tentée de définir l’instinct maternel comme ce qui fait qu’une mère affranchie du poids de l’entourage ou de la société, sait au fond d’elle-même ce qui est mieux pour son bébé. Après, justement, il y a les codes, les morales changeantes, les conseils des uns et des autres, le poids de sa propre éducation… qui feront qu’on pourra ou pas écouter cet instinct.
    Je précise aussi que pour moi, il ne faut pas confondre l’instinct maternel avec ce que la société entend par une bonne mère à un moment donné, pour une culture donnée.
    Je ne pense pas non plus que l’instinct parental soit l’apanage des mères. Simplement, il est plus facile, quand on est imbibée d’hormones, de se laisser aller à être mère tout simplement.
    Je rejoindrais volontiers les théories de Winnicot sur la « mère suffisamment bonne » (ce qui avait choqué au départ quand on pensait qu’il sous-entendait que la mère pouvait donc aussi être « insuffisamment bonne »). En résumé, une mère normalement constituée réagit naturellement en étant « suffisamment bonne » : elle apporte au bébé ce dont il a besoin (au départ, beaucoup, et puis de moins en moins au fur et à mesure que ce petit être se développe, acquiert ses propres capacités, dont celle de surmonter les frustrations), mais sans être « parfaite » (car justement, le bébé a besoin d’apprendre progressivement, au travers de sa mère, que le monde a sa marche propre et ne répond pas toujours à ses désirs : une mère « trop bonne » ne serait pas idéale non plus). L’instinct maternel se rapprocherait alors de ce qu’il appelle la « préoccupation maternelle primaire » (état de la mère à la fin de la grossesse et dans les premiers temps après l’accouchement, où elle s’identifie à son bébé pour répondre à ses besoins).
    Pour finir, je voudrais vous faire partager une note d’un blog qui pour moi, montre ce que peut être l’instinct maternel même quand on n’est pas étiquetée « bonne mère » :
    http://vieuxfelin.com/2010/10/22/ou-vieux-felin-te-parle-passion-et-de-maternite-moins-cool-i-agree/

    • Working Mama dit :

      Bonjour Glublutz, bienvenue :-)

      Merci pour ton commentaire très intéressant. Je suis allée lire l’article que tu as cité, il est très parlant et illustre très bien ce que je raconte, je crois. Cette maman ce jour là, alors qu’elle croit ne pas forcément être une « bonne mère », a manifesté un instinct de protection fort. C’est très beau comme témoignage en tout cas.

  8. Kalista dit :

    D’abord merci pour le jeté de fleurs ! Ca me touche beaucoup. Chuis toute rouge… ;-)
    Faut que je sois à la hauteur, maintenant…

    Ne pas être (pour l’instant) maman ne t’empêche pas d’en parler. Tu as un point de vue extérieur, ce qui est tout à fait respectable. Ton avis est d’autant plus utile que tu le donnes avec humilité, en étant prête à le réviser s’il le faut. De plus, réfléchir à la maternité avant de concevoir, c’est très sain, à mon avis !

    Oui, la femme est faite, physiquement, pour être capable d’avoir des enfants. L’homme aussi, vu qu’il génère des spermatozoïdes. L’un comme l’autre, on n’est pas faits *que* pour ça, il n’y a pas d’obligation. Et l’un comme l’autre, notre caractère, notre comportement, n’est pas dominé par la reproduction.
    En fait, ce qui fait qu’une mère se précipite pour accomplir les tâches maternelles et qu’elle y prend plaisir, c’est surtout l’éducation qui donne des réflexes (poupons, modèle de la mère…) et la satisfaction de coller au modèle de la bonne mère. C’est la seule spécificité d’une mère : son rôle social. Le reste, les père peuvent le ressentir aussi s’ils ont l’occasion de jouer un rôle important dans la vie de leur enfant.
    Le congé maternité joue beaucoup aussi : quand tu passes 24h/24 avec ton môme, tu arrives forcément à le connaître un peu mieux qu’un papa qui travaille ! ;-)

    Je ne sais pas s’il y a des preuves de l’existence de l’instinct de protection chez les humains ni s’il se manifeste de manière évidente, mais tu es très convainquante.
    J’ai ressenti un truc qui ressemble à ça avec mes bébés, mais je ne sais pas si on est nombreuses dans ce cas ou pas : leur vulnérabilité m’émeut. J’aurais pu déplacer des montagnes (je me lève la nuit, c’est pas loin d’un miracle !) pour ces toutes petites choses qui ne peuvent se débrouiller toutes seules, qui sont déjà si humaines, si expressives.

    • Working Mama dit :

      C’est moi ou tu me jettes des fleurs aussi, là, dans le deuxième paragraphe? ^^

      Je ne sais pas en revanche si je suis complètement d’accord avec toi sur le fait que le rôle social est la seule spécificité d’une mère et que les deux parents peuvent éprouver la même chose. Je changerai peut-être d’avis lors de ma première grossesse mais je me dis que, dans le cas des mères biologiques par exemple, la mère portant l’enfant pendant neuf mois, le sentant se développer à l’intérieur de son corps, puis vivant l’accouchement qui n’est quand même pas un moment anodin (au sens physique je veux dire), il doit quand même y avoir une différence entre le lien qu’une mère et un père entretiennent avec leur enfant.

      Est-ce que tu vois ce que je veux dire?

  9. Leanne dit :

    L’instinct maternel…l’excuse pour laisser tout le boulot aux femmes! lol
    Je trouve cependant qu’être mère m’a fait découvrir d’autres qualités en moi et que j’ai tout de suite su m’en occuper (alors que je n’avais jamais voulu toucher un bébé avant et que je n’avais pas spécialement d’envie de bébé jusque tard).Mais en y réfléchissant, je ne trouve pas que ca soit de l’instinct, juste du bon sens (a priori disponible qu’on soit homme ou femme). Peut-être dit-on que les femmes ont l’instinct maternel car elles sont souvent plus attentives et intuitives que les hommes…

  10. Sally dit :

    Je suis moi aussi, contre tout ce qui est diktat, référent concernant la manière d’être mère qui est unique et propre à chaque femme. Je suis définitivement contre les jugements et les regards outrés des autrees qui ne savent pas forcément ce qui se passe à l’intérieur de leur cible. J’emploie moi aussi assez souvent cette expression « il y a autant d’amour maternel qu’il y a de mères ».

  11. thierrys76 dit :

    Bonjour l’amour et l’instinct qu’il soit maternelle ou paternelle doit être la même chose pour moi, peu importe la manière ce qui compte c’est d’aimer et quand on aime on donne tout ce que l’on peut, euhh enfin c’est ma vision, amitiés

  12. Arsinoe dit :

    Moi qui suis très cartésienne de nature, ne fonctionnant quasiment jamais à l’instinct, controle freak et tutti quanti, je te dis pas comme je flippais pendant ma grossesse et les premiers mois de Crapouillette Ière. Tout le monde me disait « Mais non, tu verras, laisse faire ton instinct maternel, ça viendra tout seul! »
    Ben non. Rien de ce côté là.
    Par contre, beaucoup d’amour, de protection de sa progéniture (comme maman loup), d’observation et d’analyse (bah oui, on ne se refait pas) m’ont permis de comprendre les braillements de ce petit être vulnérable, et d’en prendre soin !

    • Working Mama dit :

      Tu illustres du coup très bien l’idée d’apprentissage que je mentionne. Et qui tend tout de même à démontrer que l’instinct à l’air d’être en position de faiblesse^^.

      Bienvenue et merci!

  13. Bleue Azur dit :

    Le sujet est en effet très intéressant et vaste et tu as présenté des nuances qui me semblent importantes : évoquer instinct de protection plus qu’instinct maternel, dissocier amour maternel et instinct maternel. Cependant, je ne suis pas convaincue que l’instinct de protection existe de manière aussi généralisée,y compris chez les animaux… Cette semaine encore, j’ai trouvé une mère chatte se désintéressant totalement de son petit dont la patte était coincée. Lorsque je l’ai libéré, elle n’a pas eu un regard pour lui, il n’est pourtant pas sevré. Quant à l’instinct et à l’amour maternel, il me semble aussi que ce sont des choses très différentes et que l’un et l’autre ne vont pas de pair, quoiqu’on peut supposer que l’amour s’accompagne de l’instinct. Et là encore, rien n’est joué à chaque enfant. La question est parfois très douloureuse pour de jeunes mères qui ont su prendre soin d’un enfant et pour x raison, se trouvent tout à coup perdues, ne sachant plus comment aimer un cadet, un benjamin, parfois même ne reconnaissant plus les cris permettant d’identifier le besoin de leur enfant… Il y aurait encore tant à dire sur ce sujet…

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