Aveugles

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Bientôt, on n’en parlera plus.

L’émotion redescendra, et on en parlera plus. L’histoire de la petite Fiona retourne l’opinion publique, exacerbe toutes les haines, et touche l’ensemble du pays du fait de son intense médiatisation.

Hier soir, je regardais les informations, comme souvent cette dernière semaine. Bien sûr on y parlait de Fiona, des avancées de l’enquête, des aveux. Et j’attendais, devant mon écran. Que quelqu’un le dise, que quelqu’un le rappelle, que quelqu’un ose : si cette affaire émeut la France entière, ce n’est pourtant pas le fond qui est en cause, mais la forme. La forme, car les tentatives de dissimulation du couple ont amené l’histoire sur nos écrans, en place publique. Mais sur le fond, qui rappelle que cette histoire est d’une effarante banalité? Personne.

Et pourtant.

Nous en parlions ici, chaque année en France, près de 650 enfants meurent de maltraitance. 650.

650.

650.

650 petites Fiona. 650 petits Antoine, ce garçonnet de 8 ans disparu depuis bientôt 10 ans, dans ma ville, là sous mes fenêtres, et qu’on pense aujourd’hui enterré sous le centre nautique, sans possibilités de le vérifier.

Tout le monde s’indigne et c’est normal. Mais tout le monde fait comme si c’était quelque chose d’exceptionnel, d’une rare cruauté.

650.

Devant mon poste de télé, j’attends le rappel, qui ne viendra jamais: chaque jour en France, 2 enfants meurent sous les coups de leurs parents. Pourquoi ce trou noir dans l’information? Pourquoi personne pour dire que non, cette affaire n’est absolument pas exceptionnelle, mais juste quotidienne?

La petite Fiona est morte dans de grandes souffrances. Tous comme les 649 autres petits qui mourront avec elle cette année. Et qui ne feront pas la une des journaux. Que la société, aveugle comme elle se plaît à l’être, laissera mourir par manque de courage, parce qu’elle ne veut pas voir, parce que ça n’a rien à voir enfin madame! Entre donner une fessée et battre à mort il y a une différence!

Bien sûr qu’il y a une différence.

Mais il y a aussi un gros point commun: la violence faite aux enfants. Aujourd’hui en France, avant d’être un acte qui dégénère pour entraîner la mort, taper son enfant est un droit, qui n’est réprimé que quand vraiment le parent va trop loin. N’y a-t-il pas comme une fausse note?

Combien de Fiona encore, pour que l’opinion publique ouvre les yeux? 650? 1300? 1950? 1 000 000?

Je me réveille en ce lundi avec un goût amer au fond de la gorge. Celui d’une mère qui mesure l’ampleur de la tâche pour qu’un jour peut-être son pays se réveille, arrête d’appeler à la guillotine des bourreaux quand il légitime lui-même qu’on lève la main sur un enfant. Je regarde au parc ces gens qui parlent de peine de mort pour ces bourreaux d’enfants tout en parlant aux leurs avec un mépris non dissimulé à la moindre bêtise, tout en donnant une fessée parce que vous ne savez pas combien mon enfant est difficile.

STOP.

La violence engendre la violence. Que l’on tape sur la joue, sur la main, sur les fesses, sur la couche ou au dessus du pantalon, on tape et on apprend à taper. Et plus tard, un jour, qui sait si ce même enfant auquel on a appris qu’un enfant pouvait être tapé quand l’adulte le décidait ne sera pas celui qui dérapera? Celui qui avait toujours dit « entre une fessée et tuer son enfant il y a une marge », jusqu’au jour où cette marge s’efface parce que la fatigue, le stress, l’impatience, l’escalade de la violence, font qu’un jour la main s’emporte et qu’on n’en reprend le contrôle que lorsqu’il est trop tard.

650.

L’histoire de cette petite Fiona est horrible. Mais ne vous méprenez pas. Elle est tristement banale, affreusement habituelle. Elle se produit chaque jour, sous nos yeux aveugles. Alors encore une fois, malgré l’abattement qui me guette devant l’ampleur de la tâche, je reprends les armes, avec tous ceux qui comme moi militent au quotidien contre toute forme de violence éducative. Je puise en ma petite princesse cette force d’avancer sur ce chemin compliqué qu’est l’éducation non-violente. Compliqué non pas parce qu’un enfant a besoin d’être tapé et qu’il faut donc s’en retenir, mais compliqué car cette violence est le modèle commun et que s’en détacher est extrêmement complexe et demande un travail quotidien. Je regarde vers la Suède, en me disant que là bas, ils ont réussi. Que la loi contre les châtiments corporels en famille a eu les effets escomptés. Que là-bas les enfants ne meurent plus sous les coups, que les parents sont accompagnés sur l’apprentissage de l’éducation non-violente, et que leur modèle social a radicalement changé.

Chez nous aussi, bientôt, la loi. Il faut y croire!

« Ce n’est qu’un début, continuons le combat ». Pour toutes les petites Fiona.

fiona-aveugles

VOS MESSAGES
35 commentaires
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kiaraleblog dit :

Je me faisais la même remarque hier soir : dans quelques jours, « on » aura oublié. Comme « on » a oublié le petit Bastien, mort dans une machine à laver. Combien faudra-t-il encore de Fiona, de Bastien pour qu’ »on » ose se souvenir et se battre?
Un enfant ne devrait pas mourir et surtout pas sous les coups de ses parents.

Maman Kangourou dit :

Poignant message, mais tellement vrai!
Ici on apprend à être non violent, vraiment parfois, les habitudes prises avec le premier et autour de nous sont dures à partir, et pourtant, pourtant j’ai honte quand je cri. On ne tape pas, minifée a connu 1 fessée, une que je n’oublierai jamais, elle me donnait des coups de pieds au moment du change et hop un coup très fort dans mes seins, et une fessée qui part. Et son regard, ses pleurs, et ma honte… JE me suis excusée et depuis je tente de réprimer tous ces moments où l’envi d’une tape sur la main devient de plus en plus forte mais du coup je cri…
J’aime lire tes messages, tes mots car j’apprends doucement d’autres techniques, d’autres moyens et je tente de transmettre tout cela pour que je ne sois pas jugée dans ma manière de faire.

MissBrownie dit :

Au delà du débat sur la fessée (que je trouve justifié, car oui, il faut une loi pour que tous les parents prennent conscience qu’un enfant ne mérite aucune fessée, que nous devons maîtriser nos pulsions), il y a également en fond le débat sur les méfaits de l’alcool et des stupéfiants car il me semble que le beau-père était accro à l’héroïne et aux soirées alcoolisées … parce que l’esprit « sain », cet homme aurait peut-être évité « l’accident domestique » (comme il l’appelle)
Rappelons nous ce père qui avait trop bu et qui n’a pas été capable de réagir à temps alors que ses enfants étaient entrain de mourir asphyxiés à l’étage du dessus.

Bref, selon moi, il y a 2 débats.
Etre sous l’emprise de l’alcool ou la drogue quand on a la responsabilité d’enfants, je dis non.

maeva dit :

C’est point par point la réflexion, la discussion que j’ai eu hier en regardant un énième point « journalistique » sur l’affaire de la petite Fiona. La colère de voir la populasse comme revenu au moyen âge gueuler devant le tribunal « assassin ! peine de mort ! » etc.
Pas un ne se remet en question, au lieu de gueuler posté devant le poste de police ! Remet-toi en question sur la gifle que tu as donné hier, la fessée de la semaine dernière. Dis-toi que tu aurais pu toi aussi tuer ton enfant sous un coup malheureux. Il ne suffit pas de donner coup sur coup ou un degrès de coup qui donnerait la mort. La moindre claque peut faire tomber l’enfant sur la tête, secouer son petit cerveau et provoquer la mort.
J’avoue j’ai espéré que cet énième mort d’enfant sous les coups de ses parents remette sur le tapis le débat sur la violence éducative mais visiblement on préfère crier à la peine de mort plutôt que d’apprendre de nos erreurs et de changer les choses.

Maryline dit :

Merci pour ce magnifique billet, bien-sûr partagé sur facebook, j’espère que beaucoup le liront!!
Typhaine, Marina, Bastien, Fiona… Ils me hantent ces gamins… :-(((( Chaque fois je me sens impuissante et j’enrage…
Alors oui notre seul combat possible contre cette terrible hécatombe, c’est une éducation non-violente… et c’est vraiment pas facile!! Et on se sent très seul sur ce chemin souvent… heureusement qu’il y a internet pour nous montrer qu’on est pas tout seul … Mais il faut coûte que coûte que ça fasse tâche d’huile et que les mentalités changent…
Un billet comme celui-ci éveillera peut-être des consciences, je le souhaite très très sincèrement….

HELOISE dit :

Bonjour,
Merci pour ce bel article si vrai, moi aussi je me suis pas mal interrogée sur ce sujet, cela m’a énormément bouleversé mais après car il faut bien faire quelque chose pour ces autres enfants, comprendre ces mécanismes qui poussent ces parents à faire cela….légiférer je ne suis pas sure que cela soit la réponse, une partie peut être mais il faut éduquer les parents, nous aider car parfois on en arrive tous là à l’exaspération face à nos enfants.
Voici l’article que j’ai pour ma part écrit :
Par contre j’avoue que je reste impuissante, comment pouvons nous faire bouger les choses ?
Bonne journée

Working Mama dit :

Bonjour Héloïse,

L’éducation des parents est justement tout l’objet de la loi contre les châtiments corporels qui n’est pas répressive mais bien pédagogique. Les parents ne seront pas punis ou mis en garde à vue pour avoir mis une fessée ou une claque, il restera le dicernement entre les violences de premier degré et celles qui mettent directement l’enfant en danger sur le moment. En Suède, puisqu’on en parle dans le billet, chaque parent en difficulté pour faire autrement se voit accompagné à travers des ateliers de formation à l’éducation (et la communication) non-violente, peut rencontrer des spécialistes de l’enfance, peut parler de ce qui dans son quotidien l’empêche de rester bienveillant. La Suède n’a pas éradiqué la maltraitance infantile par la répression mais bien par une loi d’accompagnement qui sert à marquer l’interdit absolu: pas touche à l’enfant, quelle qu’en soit la raison. Et si cela arrive, on en parle et on apprend à faire autrement. Cette loi est la solution: partout où elle est votée, le résultat est le même.
J’irai lire votre article merci pour le lien :)
Quand aux façons d’agir au quotidien…cela commence avec nos propres enfants, dont nous sommes les modèles. Et par la prévention en société. Au parc il m’arrive de discuter avec des parents et de soulever ces questions, quitte à faire enflammer un peu la discussion…mais il n’y a qu’en en parlant que l’on pourra amener les gens à s’interroger, et à changer.

Maud dit :

Malheureusement, une loi, même pédagogique, n’empêchera pas ses parents de tuer leurs enfants… ces parents, qui comme le dit Missbrownie, sont souvent sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants… Je suis aussi pour l’éducation non-violente, mais je pense qu’il ne faut pas tout mélanger… même si effectivement un mauvais coup peut entrainer la mort, ce n’est pas le cas de la majorité des crimes, qui sont plutôt la conséquence d’un acharnement sur l’enfant, et de graves sévices corporelles.
Ce n’est pas parce que c’est interdit que les gens ne le feront pas. Il est bien interdit de consommer des drogues, et beaucoup de personnes en consomment. Ce n’est pas si simple.

Working Mama dit :

Et bien non justement, la majorité des enfants sur ces 650 cas ne sont pas sous le joug de parents drogués ou acharnés contre eux. La majorité de ces décès est due à un dérapage d’une correction qui devait rester « raisonnable ». Concernant les bienfaits de la loi je n’invente rien, tous les pays qui l’ont adoptée l’attestent: les décès d’enfants par violences domestiques ont vertigineusement chuté, pour même disparaître à certains endroits (en Suède par exemple, où 4 enfants seulement sont morts en 20 ans depuis l’introduction de la loi)
Certes ce n’est pas parce que c’est interdit que les gens ne le feront pas, mais très certainement ils le feront moins. Comme aujourd’hui fumer dans un bar est interdit, et 10 après la loi très peu sont ceux qui oseraient allumer une cigarette dans un endroit public fermé, tout le monde trouverait ça dingue.
Une loi ne changera évidemment pas les choses du jour au lendemain, c’est un processus sur le long terme, une vision à dix ans en quelques sortes. L’objectif étant qu’à terme les mentalités intègrent que frapper un enfant, c’est interdit, purement et simplement. Bien sûr qu’il y aura toujours des déparapages, aucune loi n’obtient 100% de réussite. Mais il est faux de dire que la présence d’une loi ne change rien. On peut démontrer le contraire dans tous les secteurs de la vie quotidienne.

HELOISE dit :

Merci pour la réponse.
Je vais participer à une conférence vendredi 11 oct dont le thème est : attention parents méchants, pour vous l’autorité parentale c’est quoi ? animé par un psychologue et un juriste. Une première dans le monde rural qui m’entoure car ici peu de débats sur ce thème !
j’en ferais une synthèse sur mon blog.
Bonne soirée

Saphaëlle dit :

Merci pour eux, merci de te battre au quotidien, merci pour ce message qui regonfle mon coeur et lui insuffle du courage ?

LMO dit :

Tu exprimes bien mieux que moi ce qui me trotte dans la tête.
Voilà ce qui me dérange tant, que les foules se soulèvent pour Fiona alors que sous leurs yeux des enfants vivent la même chose… Dans l’indifférence générale!
L’histoire de Fiona est atroce, mais les informations concernant cette affaire sont inutiles et sensationalistes… Tout comme la clameur de tous ceux qui s’insurgent, en donnant tranquillement des baffes à leurs enfants et en se pensant mieux que tout ça.

Merci d’avoir posé ces mots que je n’ai pas trouvé moi-même!

FAGNEN Anne-Sophie dit :

Une bonne fessée ou une claque sur la main n’a jamais fait de mal (le peu que j’ai eu m’ont rappelé à l’ordre et fixé des limites ; bien plus que les cris d’ailleurs !)
Mais de là à mettre un oeil au beurre noir à un enfant y a une grosse marge là !
C’est immature qu’est ce que la petite fichait dans une soirée d’adultes.
Ils ne l’ont même pas emmené à l’hôpital malgré l’hématome à la tête et les vomissements ! C’est incroyable et affligeant. Ils l’ont enterré sous les yeux de sa petite soeur !!!!

Working Mama dit :

Les cris ne fixent pas les limites, les tapes non plus, ils font mal et ils font peur. La fessée n’est jamais « bonne » qu’est-ce que c’est ce vocabulaire? Alors on frapperait els enfants pour leur bien? On leur ferait mal par nécessité? Quand aux tapes sur la main, détrompez-vous: nombre d’enfants souffrent vers la fin de l’école maternelle d’insensibilité au niveau des extrêmités des doigts. Tout simplement parce qu’avec le rapport de force entre le corps adulte et la fragilité de l’enfant, la tape sur la main peut faire très facilement éclater les vaisseaux sanguins et à force de répétition, désensibiliser les doigts. Et on s’étonne ensuite que certains enfants ont du mal à tenir des objets, sont maladroits…Une tape n’est jamais anodine, et ce n’est pas parce qu’on ne voit aucun dégat qu’il n’y en a pas. Ce qui se passe sous la peau est caché de vos yeux, ça ne signifie pas qu’il ne s’y passe rien.

Working Mama dit :

De même qu’une petite tape sur le côté de la tête d’un enfant de 18 mois peut lui faire éclater le tympan. Qui y pense? Personne: ça ne se voit pas, une petite tape ne fait jamais de mal.
A méditer.

Maryline dit :

Une « bonne » fessée!! Bien-sûr si elle est bonne… par contre une mauvaise fessée, là, c’est pas bien….

ça ne tue pas? Super!! Alors si ça ne tue pas, on peut y aller? Parce que notre unique but en tant que parent c’est d’éviter de tuer nos enfants??? Donc on peut les taper, les insulter, leur cracher dessus, les humilier, leur hurler dessus, leur faire peur etc. Parce que ça ne tue pas!! Tiens d »ailleurs un viol non plus ça ne tue pas….

Enfin non, vraiment il me semble que notre rôle de parent est un peu plus poussé que ça, on n’est pas censé juste les garder vivant, on est censé les protéger et les aimer, en faire des êtres humains heureux et épanouis… et je pense qu’on peut difficilement être profondément heureux et épanouis quand les personnes censée nous aimer le plus au monde sont aussi celles qui nous font du mal physiquement (et moralement mais c’est encore un autre chapitre), parce que oui, taper ça fait mal !! Une fessée ça fait mal. Et ça brise la confiance, ça brise le respect, ça brise la dignité…
Et ça traumatise gravement, la preuve: ça fait des adultes qui trouvent normal et même positif de taper sur des enfants…

Vervaine dit :

« une bonne fessée » parce qu’une fessée, ça peut être bon ?!!!
Il y mille manières de fixer/rappeler les limites, autres que les cris et les gifles/claques/fessées. Mais ce n’est pas facile, certes.
Se laisser emporter c’est une chose, ériger la violence en mode valable d’éducation en est une autre.
J’estime de mon devoir de parent de savoir me maîtriser, maîtriser ma violence et mes emportements. Et c’est en me maîtrisant que j’apprendrai à mon enfant à maitriser ses émotions à lui. (j’ai pas dit que j’y arrive tj, cf l’article de WM « Parfiste »).
Je parodie Spinoza, mais non, la fessée n’est jamais bonne !

Vervaine dit :

Merci pour ce billet. Comme LMO, j’avais envie de dire ce genre de choses, tu les exprime si clairement.

Je suis juste partagée sur l’intérêt d’une loi contre la fessée. Je ne sais pas trop l’effet que cela pourrait avoir. Je suis absolument CONTRE la fessée et tous les châtiments corporels (et verbaux aussi, les mots peuvent faire mal), mais je ne suis pas sûre qu’une loi puisse faire changer les choses. C’est peut-être une début, mieux que rien, sans doute. Comme tu le dis, la violence est en nous, dans notre inconscient car nous avons eu ce modèle dans nos familles, notre entourage, dans la société. Lutter contre est difficile. La loi y changera–elle qqch ? Je l’aimerais tant ! La campagne de pub a un effet déjà si contesté… Enfin, c’est un débat intéressant, comment faire évoluer les consciences…
Encore merci pour tes mots.

Jessica dit :

Je me dis qu’à partir du moment où on trouve anormal qu’une femme se fasse gifler par son mari, comment peut-on trouver ça normal quand un parent le fait à son enfant ?

Ici, on essaie aussi l’éducation non-violente. On n’y arrive pas toujours (niveau cris, fessée, on tient bon) et on se sent souvent seuls car les autres ne voient pas de mal dans une fessée… d’ailleurs, avant de devenir mère et de me pencher sur la question, je n’y voyais pas spécialement le mal non plus. Suis bien contente d’avoir évolué là-dessus.

Mais qu’est-ce que c’est difficile à faire comprendre à nos proches !

dexterinablog dit :

C’est malheureusement vrai et terriblement triste… J’ose espérer qu’un jour, plus aucun enfant ne mourra à cause de mauvais traitements :x

Je ne sais pas si tu as vu mais dernièrement, une pétition à été lancé pour créer un numéro spéciale pour les parents qui se sente dépassés, si ça te tente de voir de quoi il s’agit et, je l’espère, de signer, j’en parle par ici :

ça ne sauvera certainement pas tout ces pauvres enfants…mais si déjà ça pouvais en sauver un… ça serait merveilleux!

J’espère que l’éducation non violente sera rapidement appliqué par un maximum de parents et qu’enfin, un jour, nos enfants pourront apprendre les choses avec une mains qui caresse plutôt qu’une main qui tape…

Mélanie dit :

Je ne suis pas maman mais tous ces sujets m’intéressent beaucoup, me touchent, me donnent envie d’y participer. Trop jeune encore pour penser à être mère, je sais néanmoins qu’un jour je le serai et je sais déjà l’envie que j’aurais de partager cette éducation non-violente autour de moi, de voir grandir mes enfants sous la protection et les encouragements de leurs parents, avec psychologie, avec passion, amour, et douceur… Tous tes sujets me passionnent et je lis régulièrement ton blog avec attention. Merci pour ce bel article, avec toujours ta belle plume et toute ta sensibilité de maman, de femme, de citoyenne…
Je lisais récemment sur un article Facebook du Parisien des gens qui commentaient : « les gifles j’en ai reçues étant gosse et ça ne m’a jamais tué », ou encore « laissons nos gosses faire ce qu’ils veulent alors, pff, plus de baffes et c’est eux qui nous frappent! » et autres « les fessées et les gifles n’ont jamais fait de mal à mon fils et aujourd’hui il me respecte ». J’avais l’impression que l’éducation pour ces gens se résumait à être toujours en position de force et de domination sur son enfant, que rien ne devait être réciproque, partagé, rendu…ça m’a fait tellement de peine de lire qu’en 2013 on avait besoin ABSOLUMENT de taper un enfant pour lui faire rentrer les règles de vie en tête… C’est faire du mal pour faire du mal parce qu’il n’y a aucune véritable notion éducative derrière et c’est affligeant… :/

Cecile dit :

Au delà, d’une loi, l’éducation non violente doit donner des alternatives aux parents, souvent bien désemparés.
Même si la marge parfois s’efface, la violence s’accompagne aussi d’une misère sociale, qu’une loi seule ne changera pas. Drogues, problèmes psychiques, les parents qui sont dans ce cas ne peuvent pas » entendre » ces arguments.
Il y a donc pour moi, 2 combats…l’un me semble perdu d’avance et c’est donc à la société de protéger ces enfants, par les mesures de protection sociale.
Pour l’autre combat, oui, offrons aux parents la possibilité de comprendre ce qu’est l’éducation sans violence mais sécurisante.

Working Mama dit :

C’est quand on s’intéresse à la provenance de ces problèmes psychiques et des ces addictions qui détruisent les familles qu’on se rend compte que le serpent se mord la queue. Très souvent, les adultes présentant ces troubles les tiennent justement des carences affectives créées par la VEO dans leur propre enfance. On dénombre une capacité accrue chez les victimes de VEO a être violents envers eux-même d’abord et avant tout, à travers l’alcool et les drogues notamment et plus généralement à travers les produits addictifs qui viennent combler les manques profonds dont est faite la construction de ces individus.
Les deux combats peuvent être gagnés, je ne crois pas absolument pas que l’un soit perdu d’avance. Par contre, pour les mener, il faut accepter de lier les causes, et enfin admettre que oui la violence éducative ordinaire ne fait pas que briser les enfants, et qu’elle a ensuite des répercutions sur l’ensemble de leur vie: drogue, alcool, addictions, comportements violents, prostitution, suicide, dépression, absence de confiance en soi, dévalorisation, symptômes border-line. Sans compter le coût pour la sécurité sociale en maladies dégénératives, cancers et autres pathologies que l’on sait aujourd’hui liées en partie aux lésions cérébrales laissées par les carences affectives et les violences reçues. Là encore les pays ayant légiféré depuis longtemps ont constaté une inversion des courbes de façon remarquable: baisse des cancers, baisse des maladies dégénératives, baisse des addictions en général.
Les deux combats sont intimement liés.

Tira Taghuri dit :

Bonjour,
Je ne sais pas si on peut dire que la violence s’accompagne d’une misère sociale. C’est comme la violence conjugale, elle touche tous les milieux. Je viens d’un milieu aisé, instruit, je suis comme on dit « une fille de bonne famille » mais l’éducation de mes propres parents, leurs cultures respectives (je suis franco-marocaine) font que pour eux, une bonne correction ne faisait pas de mal, que c’était pour notre bien. Résultat : à 32 ans, je panique quand quelqu’un hausse la voix devant moi, je fuis tout conflit ou désaccord (y compris dans mon couple) et j’ai, par-dessus tout, peur de reproduire cette violence avec mon fils (qui a 1 mois 1/2) quand il sera plus grand, une fessée un jour de grande fatigue est si vite partie. Je sais que mes parents faisaient ça « pour mon bien » et je sais qu’ils m’aiment, et même si ce n’était « que » des fessées ou des gifles (pas de torture), là n’est pas la question. Le résultat c’est que j’ai été une ado effrayée par les figures d’autorité (ma mère m’a même dit récemment que j’avais été « trop sage » tellement je me faisais toute petite !), et que je suis une adulte qui a du mal à s’affirmer face aux plus âgés/à la hiérarchie. Donc, non, ce n’est pas qu’une question de misère sociale ou de consommation de drogue… La Violence Educative Ordinaire touche absolument tout le monde.

Et d’ailleurs, si quelqu’un a des lectures à me conseiller à ce sujet-là, je suis preneuse, car depuis que je suis maman c’est vraiment mon plus grand sujet de réflexion… (là, je suis en train de lire « Au coeur des émotions de l’enfant » d’Isabelle Filliozat » et ça me parle terriblement !)

Géraldine dit :

Merci pour tout ce que tu exprimes, de si dur pourtant… Evidemment on voit des enfants autour de nous à qui ça pourrait arriver, et on ne sait que faire. Malgré l’alerte aux services sociaux, les enfants continuent à être chez des parents « dangereux ». On ne peut pas placer tous les enfants qui ont reçu une gifle un jour… Il faudrait juste que cela cesse ; que plus personne ne trouve cela normal. Comme dans certains pays du Nord de l’Europe, où l’on peut être arrêter par la police si on frappe son enfant dans la rue…
Merci de casser ces mythes ; oui on a tous grandi avec des fessées et on n’est pas mort ! Mais on se souvient tous de la peur quand on les voyait arriver…et de l’injustice ressentie… et des questions qui nous traversaient l’esprit… Comment peut-on aimer et frapper ? C’est incompatible pour moi aussi…

Stella dit :

Bonjour,
Ton billet m’interpelle, et me remue les tripes; il m’est arrivé de « déraper » avec mes enfants, de donner une tape sur les fesses parce que j’étais excédée, et même une fois ou deux une gifle parce que « c’est parti tout seul » après en avoir reçu une moi-même de la part de ma fille; j’ai lu plein de bouquins sur l’éducation non violente, je sais que ces fessées, ces « petites » tapes ne servent à rien, et pourtant j’ai « dérapé ». Suis-je une mère maltraitante?

Emilie Oum Kalthoum dit :

J’avoue que j’ai lu l’article et les commentaires en diagonale car pas le temps, mais je voulais répondre quand même.
Même si je suis moi aussi anti-fessées et violence, je suis aussi totalement opposée à une loi, à cause des dérives que ça entraînerait sûrement. Parce que, même si un parent a l’habitude de donner des claques, mettre le gosse en famille d’accueil je ne suis pas sûre que ce soit la solution…
Je mets aussi un bémol au « pas de coups » : si mon enfant me tape, je le tape. Pourquoi ? Parce que je veux qu’il sache que quand quelqu’un le tape, il a le droit de se défendre.

Working Mama dit :

Je crois qu’avant de prendre position sur pour ou contre une telle loi, il faut quand même s’informer sur ce que prévoit la dite loi. Jamais il n’a été question de placer les enfants, jamais il n’a été question d’emprisonner les parents. Les Français fantasment complètement cette loi sur les châtiments corporels, chacun y allant de sa conséquence pénale, alors même que personne n’est allé chercher réellement de quoi il s’agissait.
Il ne s’agit que d’une loi pédagogique, nullement répressive ou du moins à très faible degré: une amende, tout au plus. Par contre, le parent qui pratiquera ces gestes sur son enfant sera accompagné via des professionnels de l’éducation non-violente pour apprendre à se faire respecter autrement que par la violence, c’est tout. C’est exactement ce qu’il se passe en Suède, pas un parent n’est allé en prison et les enfants ne sont pas en foyer d’accueil. Mais les parents sont pris en charge dans des ateliers, ont la possibilité de discuter avec des psychologues pour comprendre d’où vient leur propre violence et comment la surmonter. Ils suivent des formations spécifiques à la communication non-violente etc. Quiand on regarde les résultats obtenus ailleurs et comment cette loi a été mise en place, on ne peut pas être contre, elle n’apporte QUE des bienfaits, à tout le monde, de façon indiscutable!
Poser une loi, ce n’est pas créer le risque pour les parents d’être jetés en prison. C’est marquer officielemment un interdit absolu: on n’a pas le droit de taper un enfant, même sur la couche, c’est interdit. Il faut voir cela comme la loi sur le tabac dans les lieux publics. On a encore vu personne se faire jeter en prison parce qu’il avait fumé quand même. Toutes les lois ne propulsent pas ceux qui les enfreignent derrière les barreaux. Il y a aussi des tas de lois qui servent à définir le Droit commun, qui sont pédgagogiques et absolument pas répressives.

Jessica dit :

Quand ma fille me tape, je ne la tape pas, je la « déplace » et lui dis que je ne veux plus jouer avec elle parce qu’elle m’a fait mal, que taper c’est pas beau.

A la crèche, elle n’attaque jamais. Mais je peux te certifier que si un autre enfant la cherche, elle ne se laissera pas faire (basé sur les témoignages des puéricultrices).

Shyness dit :

Très bel article. Bien que très triste. Je me souviens également du petit Antoine, disparu l’année de naissance de mon fils, non loin de ma ville.
C’est bouleversant de savoir que des enfants vivent dans des familles qui n’en ont rien à faire d’eux, qui sont incapables de les aimer et de les chérir.
Grosse pensée à tous ces enfants.

Shyness – lematernage.com

Awenyel dit :

Très bon article bien écrit!
Je suis tout à fait d’accord sur l’établissement d’une loi en suivant le modèle suédois. L’accompagnement est primordial pour le succès de cette démarche je pense. Tout simplement car nous n’avons pas été élevés de cette façon, nous n’avons pas de modèle non violent à suivre, et du coup nous ne savons pas comment réagir. Moi même maman d’un petit garçon de 18 mois, j’essaie de suivre une éducation non violente. Mais les nerfs sont mis à rude épreuve, aussi bien par mon fils que par l’entourage qui ne comprend pas. Et souvent je ne sais pas comment faire. Si je ne tape jamais, quand je suis à bout je crie, car je ne sais pas quoi faire d’autre. Je m’en veux après. Mais je ne sais pas comment faire pour que tout se passe bien, sans doute ne suis-je pas assez patiente? En tout cas, je pense que nombre de parents aimeraient comme moi être accompagnés, et ce serait un grand bénéfice qu’une loi de ce genre soit mise en place.

rayures & pois dit :

Un billet qui fait du bien ! On se sent souvent bien seul quand on fait le choix d’une éducation non-violente. On se heurte à l’amalgame non-violent = 0 limite. Je suis toujours effarée du nombre de personnes me demandant les yeux ronds : « mais comment tu te fais respecter alors ?! » Malheureusement dans notre société on pense encore que le respect s’acquiert par un rapport de force, on confond respect et peur. Vivement qu’une loi passe !

isaora dit :

je parcoure cet article et les réflexions des nombreuses personnes qui se sentent concerner… vous avez une belle écriture, et ça m’émeus, ce qui me rassure aussi c’est le témoignage de toutes ces personnes qui sont pour l’éducation non violente, et qui rencontrent comme moi des difficultés à les appliquer.
j’ai été une enfant battue, et je ne reproduit pas cela, mai j’ai souvent des montées de colère que j’ai du mal à gérer, et il est vrai qu’un accompagnement ne serai pas de trop, j’envie fortement les suédois, et je suis pour que cette loi soit mise en place, car je suis persuadé que tant qu’elle ne sera pas mise en application, notre culture de la supériorités sur les enfants aura du mal à évoluer, il n’y a qu’a voir au parc, et observer …

Peuvent-ils souffrir ? dit :

J’avais partagé et je repartage aujourd’hui, en ces temps de médiatisation d’un autre enfant, mort sous les coups de ses parents…
Merci pour ce billet très juste.

mamiemamour dit :

Je suis une mamie de 3 petits loups que j’adore. J’ai été mère, j’ai eu 3 fils et surtout j’ai été la fille de ma « Mère » qui elle aussi pour mon bien me tapait pour la moindre pécadille et ce jusqu’à plus de 21 (âge de la majorité) âge ou les Parents n’on plus de droits sur nous de quel droits parle -t-on moi je pencherais plutôt par le fait qu’ils ont plutôt de devoirs celui de nous aimer de nous rendre authonomes, épanouis…. privations, brimades, parce que j’étais une FILLE et qu’il fallait faire attention à ce qu’il ne m’arrive rien de fâcheux….sous entendu pas de BB hors mariage ah oui faut que je vous précise j’ai eu 20 ans en 1968 faites le compte….Même le jours de mes 21 ans je me suis pris un coup de bâton, le bleu à duré 1 mois….et encore maintenant j’ai des doutes est-ce que je n’ai rien fait pour mériter tout ça si j’avais été plus sage je n’aurais pas eu de correction telle est la question que je me pose encore maintenant à 66 ans… J’ai été une enfant peureuse, une adolescente peureuse, une adulte peureuse peurs de mes patrons, de la hiérarchie.Ce qui fait que j’enrage c’est que j’ai corrigé mon fils aîné plusieurs fois et j’ai pris conscience que si je continuais j’allais devenir comme ma Mère et que mon fils allait ressentir la même chose que moi alors j’ai dis stop j’ai arrêté mais je m’en veux encore et surement à juste raison car lui pratique avec sa conjointe l’éducation sans violence je vois bien que parfois c’est difficile mais il tient bon… inutile de vous dire que ses deux frères non même j’aimais pris une claque aux fesses élever ses enfant c’est avant tout leurs faire savoir qu’on les aimes, leurs expliquer avec des mots choisi ce qu’il doivent « apprendre » pour pouvoir vivre en harmonie avec les enfant, les adultes et même les animaux…
Vous voulez que je vous dise et bien je suis triste ma Mère ne parle plus à ses enfants j’ai un frère. et je me dis que quand elle partira j’aurais du chagrin….
Peut-être que les Parents qui tuent leurs enfants étaient dépassés par leur vie d’enfant, mauvais souvenir de fessées répétées et que eux contrairement à moi et surement à certaines autres personnes n’ont pas pris conscience de leurs devoirs envers leurs enfants j’ai bien dit que nous avons des devoirs envers nos enfants d’abord…
c’est de notre bon vouloir qu’il sont venus au monde à nous d’accepter quelques petits désagrément avec des pleurs, des cris, des refus….
la mort d’un enfant sous les coups de ses parents il n’y a rien de plus affreux……..
Je me suis inscrite à ton blog et je vais le faire connaître à mes enfants….
bisounettes
mamiemamour

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