Co-allaitement : mon expérience

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Je n’aurais jamais imaginé ça.

Je n’avais fait aucun plan sur la comète, je n’avais rien imaginé de particulier, je m’étais laissé l’occasion de le faire, de le vivre, puis de décider d’arrêter si ça ne me convenait pas, puisqu’on ne peut jamais savoir comment se déroulera la vie, puisque certaines le vivent à merveille et d’autres en gardent un mauvais souvenir, puisque Lou n’avait pas l’air de vouloir accepter un sevrage pendant ma grossesse, réussissant péniblement à passer d’un allaitement fréquent la journée à une tétée matin et soir.

Mais, je n’aurais jamais imaginé ça.

Jamais je n’aurais imaginé que ce soit si désagréable, si prenant physiquement, si violent émotionnellement. Si je ne m’étais fermé aucune porte, je n’avais cependant pas imaginé comme je détesterais ça. A quel point cela pourrait me remplir de colère certaines fois, me donner envie de pleurer, me faire sentir tellement prisonnière d’un allaitement qui ne m’avait jusque là jamais posé le moindre problème. Plus de deux ans d’allaitement sans nuages.

Et maintenant… Téter pour dormir, téter pour se réveiller, et dans la journée, les demandes répétées, toujours refusées. Et les crises, pour ce refus qu’elle ne comprend pas, qu’elle n’est pas prête à entendre. Jusqu’à une heure parfois, à pleurer au milieu des escaliers, inconsolable, pour cette tétée que je ne lui donnerai pas. Lui proposer des câlins, des moments pour remplacer…pour qu’elle finisse toujours par me repousser. Il n’y a que la tétée qui compte.

Il y a bientôt six mois j’ai eu un deuxième bébé, lui aussi allaité, et dans cet allaitement tout est normal. Aucun rejet, aucune émotion négative, tout est normal, comme un allaitement classique pour un petit bébé. C’est sur l’allaitement de Lou que tout est concentré. Rejet, bouffées de panique, nausées, pulsions violentes que je réprime en me mordant les lèvres. Je ne supporte plus cette relation d’allaitement avec mon aînée, mais que puis-je y faire ? J’ai essayé, dans tous les sens et tous les jours. J’ai demandé conseil, aux mères, aux professionnels, j’ai sollicité la Leche League, rien à faire : impossible de supprimer ces deux tétées quotidiennes. On me parle de réaction physiologique, de flux hormonaux, de réflexe reptilien qui écarte l’aîné du sein au profit du petit, survie de l’espèce oblige. Cette sensation que j’avais déjà pendant la grossesse, où la plupart des tétées était source d’émotions négatives pour moi, mais on m’avait dit que ça passerait, chez d’autres ça passe, chez moi c’est resté, comment savoir de quoi demain sera fait…

Les demandes en journée ont disparu par la force des choses : je suis retournée travailler, ma fille n’a donc plus le choix que de penser à autre chose alors que je ne suis pas là. Les week-end, elle a pris l’habitude et n’insiste plus quand je refuse les tétées en dehors du soir et du matin. Mais chaque soir et chaque matin, le ballet recommence. Il est l’heure d’aller dormir, ou bien l’heure de se lever, et je suis angoissée. Angoissée à l’idée de l’entendre dire « Maman je peux téter ? », angoissée d’être obligée de lui dire oui parce que j’ai bien essayé de lui dire non et que je ne sais pas comment gérer ses réactions de détresse. Alors les couchers sont redevenus interminables, alors les nuits ont recommencé à s’entrecouper de réveils, et elle pourrait téter trois heures si je ne l’arrêtais pas, mais déjà dix minutes sont à la limite du supportable pour moi. Surtout quand elle se met, comme à chaque fois, à toucher le grain de beauté que j’ai au sein droit, ou à me pincer comme elle le faisait bébé, dans ces cas là je n’ai d’autre choix que de tout arrêter tant la sensation vécue est innommable.

La tétée s’arrête dans la colère, je mets deux heures à en redescendre. Je me sens comme une lionne en cage, cherchant l’issue, prête à mordre quiconque s’approche. Je ne supporte vraiment plus. C’est extrêmement dur, et je n’ai aucune solution à part attendre, que ça s’arrête, enfin. Qu’elle passe à autre chose, qu’elle oublie mon sein….

Il y a quelques jours, la vague de colère qui m’a submergée, alors que je ne parvenais pas à faire suffisamment diversion dans mon esprit, m’a une nouvelle fois fait stopper net la tétée du soir. Ma fille est montée se coucher avec son père pendant que je réprimais une nausée d’une rare violence, accrochée au bord de l’évier. Voilà, où en est mon expérience du co-allaitement. Une prison que jamais je n’aurais pensé possible, une colère qui monte bien trop souvent et qui chaque jour me mine, qui obscurcit mes journées, qui ternit bien trop souvent le lien que j’avais construit si patiemment avec mon enfant, qui me fait redouter la nuit qui tombe, qui me fait craindre le jour qui se lève, qui me fait dire qu’on n’en sortira jamais, qui a bien failli me faire sevrer tout le monde du jour au lendemain il y a quelques semaines tant la vue de son frère au sein emplissait ma fille de tristesse alors que je lui refusais ces tétées qu’elle passait son temps à attendre.

Mon expérience du co-allaitement est une expérience d’une grande violence, un tunnel dont je crois parfois entrevoir la fin mais qui finalement s’allonge, pour ne jamais aboutir. La seule solution serait de tout arrêter. Dire stop, définitivement. Mais je n’ai pas les épaules pour gérer la détresse, quand je vois mes enfants de 19 à 20h et de 6h à 8h30, 5 jours par semaine. Des cris le soir, des cris le matin, et puis des cris un peu la nuit aussi? Je n’ai pas les épaules pour assumer ça. Alors j’attends la fin, je serre les dents, je continue à essayer d’instaurer jour après jour ce sevrage qui m’est indispensable. Et je me dis qu’un jour, elle y arrivera.

Demain, il fera jour.

J’ai écrit ce billet entre midi et deux aujourd’hui, alors que j’étais au bureau, à la pause déjeuner. Sans doute m’a-t-il permis de faire le point car ce soir, alors qu’elle me pinçait une nouvelle fois et sentant monter comme toujours la colère, j’ai stoppé sa tétée et lui ai dit qu’on n’en ferait plus désormais. Que je ne pouvais plus, que c’était trop difficile. Elle s’est mise à pleurer, à paniquer, je lui ai dit qu’elle avait besoin que je l’aime, qu’elle avait besoin de lait et qu’elle avait besoin que je reste près d’elle, et que tout ça je lui donnerais autant que nécessaire, mais qu’on ne pouvait plus téter. Ce soir pour la première fois la crise n’a pas duré. Désormais elle est couchée. Je prie très fort pour que ce soir ait eu lieu notre dernière tétée, après 33 mois d’allaitement. Peut-être la fin, enfin. Cette fin que j’appelle de mes voeux depuis près de 9 mois maintenant…affaire à suivre.

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Un commentaire
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analexilovan dit :

Courage tu es une maman attentive tu sauras trouvé ce qui convient pour vous 2… ce midi tu as surement inconsciemment pris du recul et dis stop dans ta tête. Ta Lou a surement ressenti tout cela quand tu es rentrée dans ta gestuelle, tes mots… et ton expérience n’est certainement pas un échec sois en sûre…

Dame Praline. dit :

Que dire …
Je suis attendrie par ton billet .J’aimerais te prendre dans mes bras et te dire que ça ira mieux demain …

Le jour où Emy s’est sevrée, j’y ait été assez directe, je ne m’en suis pas rendue compte, mais je lui avait fait un biberon de lait, en lui disant que je n’en avais plus dans mes seins et que ça me faisait mal, mais elle ne voulait rien savoir . je souffrais beaucoup, et je lui ai parlé comme toi tu as parlé à Lou, en lui disant que des calins elle en aurait autant qu’elle le désire, mais le sein c’est stop, si elle voulait du lait, y’en avait dans le biberon.

Mon compagnon en parle encore maintenant … de cette nuit là.

27 mois de tétées pour elle. Mais là c’est comme si elle avait oublié qu’elle a été allaitée :(

Mimi_pompon dit :

Mon dieu que c’est dur ! Le psychisme ne nous facilite pas la vie parfois… J’espère que vous retrouverez toutes les deux la sérénité.

Magali dit :

Bonsoir !
Je suis touchée et bouleversée par ce que vous vivez, j’ai eu mal au ventre pendant tout le temps ou je vous ai lu ! et j’espère que vous avez des personnes autour de vous pour vous soutenir !
J’ai moi même allaité mes 4 filles mais mes allaitements ont durée entre 10 et 11 mois sauf le dernier 16 mois et n’est jamais vécu de co-allaitement donc je ne pourrais pas vous partagez mon expérience !
Pas facile de pouvoir écouter ses propres besoins quand ceux-ci font souffrir son enfant ! je comprend que cela puisse amener de la colère !
Je vous souhaite pleins de courage et que les choses s’apaisent pour tout le monde <3

Aurélie Lesmissacouettes dit :

ça me fait beaucoup de peine pour toi de lire ça, je pense que le comportement de ta puce est normal, elle ne veut pas que le bébé prenne toute la place et te montrer à sa façon qu’elle est là aussi. Un jour le pédiatre m’a dit qu’il fallait environ 1 an pour qu’un enfant accepte l’arrivé d’un bb.
Je pense que si tu ne l’avais pas allaiter elle te l’aurait montré d’une autre manière (colères, bêtises…). Essaye de passer du temps avec elle en lui expliquant comme tu l’as fait ce soir et elle va comprendre que ce n’est pas parce qu’elle ne tête pas que tu ne l’aimes pas.
Bon courage, ça va s’arranger.

Working Mama dit :

Oui tu as tout à fait raison, elle aurait manifesté les choses d’une autre manière j’en ai bien conscience :)

Faustine dit :

et bien, oui je ne m’attendais pas à ca…
Nos enfants ont quasi le même âge mon grand 3 semaines de moins que Lou et ma petite et Marin sont du même jour ??
Je fais aussi du coallaitement depuis la naissance de mini…
Comme toi l’allaitement pendant la grossesse m’a donné des bouffées de colère et surtout de la douleur…on a réussit à passer à 2 tétées par jours, le matin au réveil et le soir avant le dodo. J’ai eu bcp de mam au début avec la tétée du soir car c’était pile le moment où la petite avait besoin de moi. Si je la laissait à son père (ou à qqn d’autre), elle hurlait. Si je la prenais avec moi, elle hurlait pendant la tétée du gd…bref peu à peu j’en voulait à mon gd de tétée juste qd sa sœur avait besoin de moi

Cecile dit :

Ma pauvre comme je te comprends, ce billet j’aurais pu l’écrire presque mots pour mots il y a deux ans,j’ai sevré ma grande après 6 mois de co-allaitement, j’ai brisé notre lien par la force… J’ai perdu notre complicité de toujours… Qu’ aurais-je du faire? Insister? Sevrer avant? Je ne sais pas ce qui aurait été mieux… Dimanche elle aura 5ans et si demain je lui disait « tète » elle accepterait sans une once d’hésitation les yeux brillants alors qu’au lieu de ça je ne supporte toujours pas qu’elle touche la peau de mes seins…
Pardon si mon commentaire te fait peur… Mais c’est si dur….

LadyG dit :

Pfiou… Je compatis tellement… C’est exactement ce que je vis et ressens depuis quelques mois. Pourtant je ne co-allaite pas (mogwaï unique de sexe féminin de 25 mois )… Le co-allaitement est-il vraiment en cause ? Quoi qu’il en soit, je croise les doigts pour que cette dernière tétée pointe enfin le bout de son nez. Pour vous… et pour nous ! Bien sincèrement.
P.S. En premier lieu, j’avais rédigé un commentaire un peu plus… « fourni », que j’ai perdu en cliquant sur le bouton « Laisser un commentaire » (erreur de base de données ou quelque chose dans le genre). Trop fatiguée pour le reprendre mais, en substance, vraiment, je reconnais toute les sensations/émotions que vous décrivez. Courage ! (et ce coup-ci je ctrl+c mon message avant d’appuyer, na).

Marina dit :

Courage à toi, tu arrives bien à nous faire ressentir ta détresse et ta colère aussi. J’imagine combien ça doit être dur pour toi ces sentiments, prends soin de toi.

AUDE dit :

Ca me fait tellement mal au coeur de lire ces mots… j’espère très sincèrement que vous avez enfin trouvé un moyen de sortir de cette impasse. Courage.

MistyMaMa dit :

Moi ça me fait mal au ventre mais du bien au cœur de vous lire… Mon grand a 28 mois, ma petite bientôt trois. La fin de grossesse surtout a été insupportable, à la naissance j’ai et un choc en voyant le grand à mon sein. Et j’ai réduits à trois puis maintenant deux, on a combattu les réveils nocturnes, les cris « je veux le sein !!!! » et les crises, on arrive doucement à s’apaiser et il entend facilement les non. Mais qu’elle épreuve encore… Ici les fleurs de bach pour lui, micro-kine, Ostéo… Peut être les fleurs de bachs sur les émotions pourraient vous aider toutes les deux à passer ce cap ?
À vous lire je me sens tellement moins seule !!! Merci de partager ces sentiments pas toujours très avouables.
Et bon courage, vraiment

Maya dit :

Poignant ton témoignage… J’en ai les larmes aux yeux pour ce que tu vis et ce que Lou vit. Je t’espere que cette tetée et mise au point cloreront le sujet, pour votre bien être a toutes les deux.

Begnaud dit :

Oh la la !!! Je me reconnais dans tes mots sauf que j’avais un seul enfant. Mon fils, de ses 39 a 46 mois, me réclamait la tétée 15 fois/ jour. Il voulait téter sur le canapé, au réveil, après le bain, chez untel, quand il tombait, tout le temps et des que j’étais dispo. Si je refusais ou repoussais sa demande à plus tard, il s’énervait, m’insultait. Ça devenait horrible. Je n’arrivais à me dire que c’était la fin de mon allaitement et surtout mon dernier ! Un jour de juin, j’ai décidé qu’il partirait 2 semaines en vacances chez sa mamie, en juillet. Je ne lui ai pas dit qu’il ne tèterait plus mais en rentrant je lui ai dit qu’il n’y avait plus de lait donc plus de tetees. Il a accepté et a triplé ses câlins envers nous. Ça a été dur mais il fallait que l’on se sépare et que l’on sorte de cette spirale infernale. Bon courage. Vous allez y arriver.

Nadiouchka dit :

Moi aussi j’ai le cœur serré de te lire… Merci de partager avec autant de sincérité ton vécu… Je me rends compte aussi combien allaiter un bambin n’est pas évident (et je n’ai qu’une enfant). Sa volonté, son envie/besoin se heurte parfois aux miens et il faut trouver un terrain d’entente où souvent, je cède et mets en veilleuse mes propres besoins (ah, la culpabilité de la mère qui travaille…). Les chemins du maternage ont été remplis d’évidences pour moi, mais l’enfant grandissant, notre patience est parfois mise à rude épreuve.
Combien ça doit être difficile de ne plus être en mesure de répondre à ses besoins ! Mais elle a avant tout besoin d’une maman qui soit sereine et bienveillante et si tu ne l’es pas en l’allaitant, il faut te ménager… Tu as fait le maximum ! Tes limites sont là, et elle va le comprendre. Bon courage pour ce passage difficile !

pataud dit :

Je me suis beaucoup reconnue dans ton texte, même si je n’ai pas coallaité, mon grand s’est sevré à 31 mois pendant la grossesse de n°2. Mais les tétés durant la grossesse me donnait ce même sentiment de rejet très fort, où on se sent si coupable d’éprouvé cela pour son enfant. Je te souhaite que ce soit bien la derniére tétée.

camille dit :

Merci pour ce témoignage bouleversant et d’une sincérité rare, je vous souhaite à toi et à ta fille de retrouver l’apaisement très bientôt. Je ne sais pas du tout si ça correspond à ta sensibilité, mais je me demande si ça ne pourrait pas vous aider de consulter un pédopsychiatre (sensibilisé aux problématiques de l’allaitement sinon tu vas entendre des horreurs) pour démêler un peu les fils de cette situation ? Il me semble que ta détresse comme celle de ta fille sont d’une intensité qui nécessite peut-être une aide extérieure autre que celle que peut te donner ton entourage ou même la Leche League.

Rachel dit :

est-ce le co-allaitement qui te met dans cette situation? n’y aurait-il pas un manque, un déséquilobre,… quelque chose nécessaire à ton bien-être à ton épanouissement? ça m’est arrivé de ressentir cette colère vis-à-vis de mon ainée que je n’allaitais pourtant plus lorsque la seconde est arrivée… c’est grâce à un long travail que je me suis apperçue que ce que je ressentais était surtout l’expression d’une grande frustration, d’un manque cruel de réponses à mes propres besoins… à force de vouloir le meilleur pour mes enfants, j’en avais oublié à quel point il fallait que je pense à moi avant… pour être capable de leur donner le meilleur justement.. enfin les larmes me sont montées aux yeux en te lisant car ma petite dernière à 26 mois bientôt… et toujours aussi accro au néné… et sans co-allaiter,.. c’est dur… pcq je suis submergée de boulot et de préoccupations pcq je n’ai pas une minute à moi et que je suis sur tous les fronts… c’est pas facile… je lache prise et je profite de son petit visage détendu et apaisé fourré dans mon sein… je vois à quel point ça lui fait du bien… même si parfois moi aussi je coupe court à ses tétées, pcq elle m’embête à me tripoter, pcq j’ai envie d faire autre chose,… pcq j’ai pas envie tout simplement… mais j’arrive à garder des moments privilégiés où je me sens dispo pour la laisser téter et s’endormir contre moi… alors c’est juste merveilleux… j’espère que ça ira pour toi… que tu retrouveras ce genre d’instant avec ta fille… qui doit bien souffrir de tout cela aussi… toi qui trouve si bien les mots… je suis sûre que tu les trouveras avec ta petite Lou… courage

Cécile dit :

… Que dire si ce n’est que tu nous fais ressentir toute la détresse que tu dois vivre. Et ta petite Lou, je ne peux que l’imaginer avec sa petite mine triste qui ne doit pas comprendre ce qui se passe! :( Mob dieu comme j’aurais envie de vous faire un câlin à toute les deux! J’ai les yeux tout embués …!
Ton témoignage me fait craindre le jour où je devrais sevrer ma fille. Même si ce n’est pas pour de suite car elle n’a même pas 3 mois je ne peux pas m’imaginer le lui refuser alors j’espère que tout se passera bien! Je te souhaite beaucoup de courage et suis de tout coeur avec toi!

Littlemissbaby dit :

<3 <3 oh comme je te comprends et se je comprneds cette colère. Je ressentais la même chose pendant les tétées et j'y voyais beaucoup les hormones, la sensation de mère louve envers le bébé. Heureusement, ma grande un peu plus grande que la tienne a la naissance a vite arrêté. On a essayé d'en faire un moment de fête pour elle du coup en remplacement. Elle a eu droit de longs mois le soir a un chocolat chaud dans une tasse/gourde a bec qu'on a choisi ensemble (a base de princesse de rose et d'animaux mignons). Mais mon lait avait changé de goût et elle n'aimait pas donc le sevrage sest fait facilement. Autre chose elle était partie 1 semaine en vacances chez ma mère et a son retour a oublié de demander la tétée. Bref j'arrête mon roman mais je te fais un gros câlin virtuel.

Apolline dit :

Eh bien merci. Merci de te montrer si honnête, de ne pas chercher à sauver les apparences en nous disant « c’est dur, mais ça va quand même ». C’est très précieux pour les autres mamans de se préparer à cette éventualité, et pour celles qui vivent la même chose, ta parole sera sans doute très libératrice. Je te souhaite qu’elle le soit avant tout pour toi, comme cela a l’air d’être le cas.
Une question : avec cette expérience, si tu pouvais revenir en arrière, y a-t-il des choses que tu changerais ? Et si oui, quand commencerais-tu le changement ? Je te pose cette question (indiscrète) parce que je n’ai qu’un fils, qui a presque l’âge de Marin, et que je suis partie pour un allaitement (assez) long. Mais aussi pour un deuxième bébé dans l’année 2015 je pense, et à ce jour que je ne me vois pas du tout co-allaiter. Je réfléchis à ce que seront mes choix et ton expérience est une base de réflexion très forte pour moi.

Noisette dit :

Les larmes aux yeux de te lire, et un premier commentaire alors que je te lis depuis quelques mois… Aucune solution à te proposer, juste l’envie de t’embrasser, de loin. Bon courage à tous les quatre pour cette étape difficile… On fait tous au mieux, et tu fais au mieux à l’heure actuelle. On espère sincèrement te lire apaisée la prochaine fois !

Emilie dit :

Merci beaucoup pour cet article qui fait beaucoup de bien à lire !! Depuis que je suis enceinte, les tétés avec mon fils de 3 ans son devenus insupportables et les sensations de rejets très forte… Il a toujours été extrêmement demandeur et malgré mes essais de sevrage je n’arrivais pas, moi non plus, à gérer ses pleurs de détresse. Mais depuis que je suis enceinte, j’ai réussi à lui imposer de limiter les tétés, je ne supporte plus celles de l’endormissement. Il y a seulement celles du réveil que je n’arrive pas encore à supprimer.
La culpabilité est très forte face à sa demande et les incertitudes sont très grandes pour moi qui aurait voulu qu’il s’arrête de lui même, sereinement.
Merci beaucoup pour la sincérité de ton témoignage et bon courage.

lam dit :

Bonsoir et merci enormement pour ce commentaire sincère qui fait un bien fou. On lit tellement souvent à quel point l’allaitement d’un bambin et le co allaitement sont merveilleux qu’on ne penserait jamais qu’il existe des mamans aussi « horribles » que nous. Je viens de passer une phase très douloureuse avec ma grande BABI de 38 mois accro au sein et qui a du laisser la priorite à son petit frère de 8 mois (non sans mal et frustration). Quelle culpabilite alors d’en vouloir à son propre enfant qu’on a allaité avec fierte pendant presque 3ans. Que c’est difficile de ne plus supporter cette adorable petite fille qui demande sans cesse a teter et qui m’agace au plus haut point lorsqu’elle me tournicote une meche de cheveux. Nous venons de passer le cap. Les tetees devenus beaucoup plus rares commencent à redevenir agreables. Elle a compris que son petit frère ne se nourrissait que de mon lait et que cetait pour cela qu’elle devait « laisser sa place ». Elle commence à l’apprivoiser et à le trouver interessant et cela a beaucoup aide. Je suis sûre que votre temoignagne deculpabilisera beaucoup de mamans alors un grand merci pour votre sincerite. Vraiment.

sag dit :

Ce que tu ecris me parle beaucoup… je me reconnais, meme si ça semble se manifester quand meme beaucoup plus fort chez toi que chez moi. ma grande a 41 mois, ma petite 19, et j’ai beaucoup réduit pour ma grande aussi, je suis passée aussi par de grosses crises. Actuellement elle tete toujours trop et surtout trop longtemps a mon gout. c’est TOUJOURS moi qui lui dis stop, et j arrive rarement a supporter plus de 5 min (je suis souvent enervee au bout de 5 sec). j en parle avec elle, lui dis que je suis desolee mais que je ne supporte plus. j essaie de la preparer au sevrage tout en n etant pas sure d y etre prete moi meme:( c est tres ambigu comme sentiment. et surtout je ne pensais pas non plus que ca se passerait comme ca. comment nos tetees ont pu ainsi se transformer:(

Eve dit :

là je commente! D’une part pour vous remercier de cette sincérité, d’oser parler de ces émotions là qui ne sont pas valorisantes en tant que maman, mais finalement à voir les commentaires pas si isolées. D’autre part, je suis émue et touchée par vos mots et aimerais pouvoir vous réconforter l’1 comme l’autre. Et enfin vous dire que je ressens aussi ces sentiments là envers mon loulou de 24 mois (pas de co allaitement ici). J’aimerais le sevrer mais c’est difficile pour lui. Comme Lou, il montre tant de désespoir parfois face à mes refus. Ici aussi encore les tétées du soir et du matin, et parfois la nuit (même si celles là ns les avons diminué). Ici aussi sensations désagréables, douleur, colère… Mais difficulté à dire le bon STOP de mon côté et difficulté à accepter cette perte pour lui. Il y a quelques jours, en pleine nuit alors qu’il ne pouvait que répéter (hurler!) « téter » au milieu de pleurs inconsolables, et n’arrivait pas à m’écouter (m’entendre) lui dire que je pouvais le rendormir et l’aimer autrement etc, j’ai fini par lui parler d’animaux (il aime bcp ça en ce moment) et progressivement il s’est mis à m’écouter et je ne sais pas vraiment comment j’en suis venue à lui dire qu’il pourrait avoir son propre animal à la maison lorsqu’il sera assez grand pour s’en occuper. Et qu’il sera assez grand quand il ne tétera plus. C’est peut-être stupide mais en pleine nuit, fatiguée par 2 années de nuits entrecoupées, j’ai dit ça. Pour l’instant il tête encore le soir et le matin. Mais lorsqu’il demande à téter à d’autres moments et que je refuse, il me parle lui même du chat qu’il aimerait avoir… A voir comment je vais me débrouiller désormais pour supprimer les tétées du soir et du matin et comment il va l’accepter. Je vous souhaite du courage pour cette étape et du bonheur avec vos loulous malgré tout

Hellvis dit :

Bonjour Julie.
D’abord merci pour ce témoignage poignant et rare sur la face cachée du coallaitement. Et apparemment hautement nécessaire à la lecture des témoignages similaires dans les commentaires!
Je vais donc apporter mon avis positif sur le coallaitement car ça peut aussi bien se passer!!
A la naissance de mon fils, ma fille avait 18 mois et pendant la grossesse,elle était resté totalement accroché aux tétées. Trop jeune pour être sevrée, nous nous sommes donc dirigées naturellement vers un coallaitement. Et ce fut une chance! Victime d’un REF carabiné les 5 premiers mois de mes allaitements avec en plus cette fois un bebe RGO aux régurgitations XXL (à cause d’une sévère allergie aux PLV mais on n’en savait encore rien), ma fille et sa succion de compet m’aidait à purger mes sens des jets trop forts avant que son frère ne prenne le sein. Un vrai travail d’équipe! Aujourd’hui ils ont presque 3 ans (dans quelques jours) et bientôt 18 mois et toujours coallaites. Malgré mes problèmes de santé, je vais peut être finalement mener mes enfants jusqu’au sevrage naturel, comme j’en ai rêvé!
Voilà pour notre histoire. Donc si j’ai un conseil pour les mamans qui ne veulent/peuvent pas encore sevrer leur « grand », c’est de voir jusqu’où elles peuvent aller, en restant à l’écoute de leurs émotions et de celles de leur petit bout car il semble qu’on ne puisse pas savoir à l’avance ce qu’on ressentira!
Courage à toi, Julie et à Lou. Des bises.

lily dit :

C’est trop beau, j’aime le final. J’arrive pas à dire stop à ma puce du même âge que la tienne, j’en ai envie mais je n’arrive pas.

PAYET dit :

Je me reconnaîs aussi dans ce témoignage et cela me rappelle ma tristesse.
Ma première fille a tété tout au long de ma 2e grossesse et à ses 3 ans (un mois et demi après la naissance de sa petite soeur), je lui ai demandé d’arrêter car pour moi, c’était un calvère. Ca a été très dur. Cela fait 2 ans aujourd’hui et j’en garde encore un mauvais souvenir et ma relation avec mon aînée est souvent conflictuelle, je pense qu’elle a très mal vécu ce sevrage, elle est très jalouse de sa petite soeur, réclame de l’attention exclusive tout le temps. Bref, c’est hyper dur, je regrette que ça se soit passé comme ça, moi qui voulais aussi un sevrage naturel. Je m’en voulais de ce sentiment de rejet mais c’était incontrôlable. Ma 2e fille est tout aussi accro, et j’ai bien peur que ça se finisse aussi mal avec elle. J’aimerais ne pas faire la même erreur une 2e fois mais je ne sais vraiment pas m’y prendre lorsqu’il s’agit de sevrer ! Bref, tout ça pour dire que même si je ne peux pas vous aider, je comprends votre détresse et vous souhaite de trouver paix et sérénité. Bon courage…

Renarde dit :

chère working maman. je ne peux que te laisser un petit message de soutien dans cette situation vraiment pas facile à gérer d’allaitement qui dure bien au-dela de ce que tu es prête à faire…. loin d’être simple de sevrer un enfant quand celui-ci n’est pas du tout prêt à le faire… j’espère que depuis ce pos ta grande a fait un bout de chemin et que les choses s’apaisent pour tout le monde ;-)

Maryse dit :

Des mots pour dire les maux. Quel courage! Le vôtre, celui de votre petite fille, celui du reste de la maisonnée aussi, j’imagine.
Je pleure en vous lisant. Ma fille vit la même détresse que vous, son petit a aussi les mêmes pleurs et colères.
Cela me rend très triste ,pour tous les deux.
Grâce à votre écrit, je comprends mieux ce qui lui arrive mais quel sentiment d’impuissance ressenti par tous, n’est-ce pas?
De l’amour, beaucoup d’amour, peut-être, et des mots, beaucoup de mots partagés avec ces petits, pour panser les maux de l’âme.
Bien affectueusement.

annc21 dit :

Merci pour ce témoignage. Je ne me vois pas co allaiter et votre réaction me conforte dans cette idée car je pense que j’aurais la même (surtout après cette semaine où elle m’a réclamé +++ le sein, bien plus qu’en temps normal, avec le chamboulement des fêtes, et où j’ai du la rendormir au sein le soir, chose qu’elle avait arrêté d’elle même vers ses 5 mois, j’ai lutté 2 jours, à m’énerver, avant de lâcher prise pour le moment en me disant que c’est une passe).
Ma fille a un an, on songe à numérobis et on ne devrait pas tarder à le mettre en route, j’imaginais un sevrage « naturel » en cours de grossesse vers ses 18 mois (oui c’est pas un sevrage naturel à proprement parler, mais déjà que je pensais pas allaiter jusqu’à 1 an, c’est déjà pas mal… ;) ) car moins de lait, goût qui change… mais visiblement ce n’est pas forcément le cas pour tous donc va falloir « l’aider » un peu et que je m’y prépare…

CorinneP dit :

Merci pour ce témoignage émouvant. Comment vont les choses depuis décembre ?

AF dit :

Je me demandais la même chose, comment cela se passe ? Votre témoignage m’effraie, parce que j’ai une fille que je compte allaiter longtemps si possible, tout en voulant un autre petit bout de chou très rapproché (1,5 -2 ans). Comment faire pour que cela se passe en douceur ? Mmmh…

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