Mon corps se fout de votre volonté

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Un pas en avant, dix pas en arrière.

Alors même que l’on aurait pu croire qu’après 40 ans, il n’aurait jamais été nécessaire de revenir sur la question du droit à l’IVG, voilà que ce week-end les anti se réunissent et manifestent pour, à nouveau, remettre en cause ce droit. Une vie est une vie, paraît-il.

Des milliers de personnes du mouvement anti-avortement ont Manifestate a Paris dans le cadre de la marche pour la vie 2012

On pourrait débattre encore, pendant des heures, du stade à partir duquel le foetus a une conscience, est considéré comme un être humain et plus comme un groupe cellulaire qui se multiplie sans avoir encore donné naissance à un de nos semblables. Mais on rentrerait là sur le terrain de l’éthique, et je ne pense pas que l’on puisse en sortir.

Alors discutons plutôt de la question des libertés. Des libertés individuelles, et du fait que rien ni personne ne peut décider pour autrui de ce que son corps devra subir à plus ou moins long terme et ce peu importe le degré d’impact que cela aura sur sa vie toute entière. Aucune femme n’accepterait qu’on la force à accoucher par césarienne parce que d’autres en ont décidé ainsi pour X raisons sans doute toutes plus valables les unes que les autres aux yeux de ceux qui veulent les faire admettre comme obligatoires, aucune femme n’accepterait qu’on l’oblige à allaiter parce que d’autres en ont décidé ainsi, aucune femme n’accepterait que l’on interdise la péridurale sous prétexte qu’elle nuit à l’enfant lors de l’accouchement et que l’intérêt de l’enfant passe avant toute chose. Chacune s’éleverait, et s’élève déjà d’ailleurs lorsque des débats sur ces questions s’engagent : « c’est mon corps, ma vie, c’est moi qui décide ce que sera ma maternité ».

Mais il semblerait que cette liberté soit relative et ne concerne pas le début de toute chose : être libre ou pas de donner la vie. Nous les femmes sommes nées avec un utérus et un corps prévu pour se reproduire alors tant pis pour nous, on voudrait nous soumettre à l’idée que c’est notre devoir d’assumer cet état de fait. Tant pis pour le 1% d’inefficacité de la contraception, tant pis pour celles qui vomiront deux heures après la prise rejetant ainsi le comprimé avant qu’il n’ait pu agir, tant pis pour celles dont l’hyperfertilité multiplie les risques de grossesse sous contraceptif. Tant pis…Assumez mesdames, une vie est une vie, qui êtes-vous pour ne pas la laisser se développer et préférer votre vie à celle à naître?

Et vous les antis, qui êtes-vous?

Qui êtes-vous pour décider de ce que devra être ma vie ces 20 ou 30 prochaines années si je suis enceinte demain? Etes-vous celui ou celle qui portera cet enfant à ma place, qui accouchera à ma place? Etes-vous celui ou celle qui devra interrompre peut-être de brillantes études ou une carrière passionnante et que je ne souhaitais pas entrecouper pour le moment de tétées, de changements de couches et de nuits sans sommeil? Etes-vous celui ou celle qui financera sa scolarité, ses études, qui assumera la responsabilité de l’éducation de cet enfant? Je ne crois pas, non. Que vous ayiez fait le choix d’assumer tout cela pour vos grossesses, désirées ou non, grand bien vous fasse. Mais je ne vous autorise pas à décréter que ce qui est bon pour vous l’est pour moi.

Soyez donc anti pour vous-même, parce que vos convictions, et je les respecte, vous font penser que jamais vous ne pourrez avorter, et c’est tant mieux. Pour y être passée parce que ma vie sur le moment ne pouvait absolument pas tolérer l’arrivée d’un enfant, je ne suis pas particulièrement enthousiaste à l’idée de recommencer un jour. Mais sachez par contre que rien, ni personne, rien ni personne je le répète, ne m’empêchera d’avorter à nouveau si malgré mes précautions une nouvelle grossesse non désirée se présentait. Rien, ni personne, imprimez bien cela parce que je suis prête à risquer ma vie et l’intégrité de mon corps pour ne pas avoir à subir le poids de vos convictions liberticides.

NON, je n’assumerai pas un enfant les 30 prochaines années tant que JE ne l’aurai pas décidé. Et tant pis si pour cela je dois m’allonger jambes écartées chez une faiseuse d’ange et me remplir l’utérus d’eau savonneuse, je mesure la violence de mes propos mais c’est la seule chose dont vous me laissez encore le droit : résister, et peu importe le prix à payer. Tant pis si je dois y rester d’avoir perforé mon corps d’un coup d’aiguille mal placé. Tant pis pour vous quand vous devrez assumer, avec vos impôts, les conséquences de mon geste de rébellion contre la liberté fondamentale que vous m’aurez retirée. Parce que si je peux y rester, il se peut aussi que je survive et l’enfant avec moi car faute d’accompagnement médical mon avortement sauvage aura raté. Vous payerez alors, de vos cotisations sociales, le prix du handicap de cet enfant blessé à vie. Alors que tout aurait pu être si simple, si sécure. Un médecin, un hôpital, des antiseptiques, des conditions sanitaires optimales. Je vous entends brandir l’argument du coût de l’IVG pour la sécurité sociale et je ris : pensez-vous vraiment qu’un suivi de grossesse, un accouchement, des prestations familiales et une scolarité financée par l’Etat reviendront moins cher qu’une petite intervention médicale?

En interdisant l’IVG vous ne ferez que remettre les femmes dans les cuisines, et vous serez responsables de la mort de toutes celles qui succomberont au manque d’accompagnement médical. Sur LCP hier était diffusé un documentaire sur Simone Veil, éminente femme politique à l’origine de la loi de 75 que vous réfutez. Son mari s’y est exprimé pour dire la chose suivante : « En 1974, la question n’était pas le droit à l’IVG opposé à pas d’IVG du tout, bien que certains auraient aimé qu’il en soit ainsi. Mais bien avortements régulés contre avortements sauvages. Lorsque l’on pose la question en ces termes, la réponse est très claire ».

Vous confondez interdiction et disparition. Pensez-vous sincèrement qu’interdire l’avortement fera que les femmes cesseront d’avorter? C’est bien sous-estimer les femmes qui depuis qu’elles deviennent mères, mettent fin aux grossesses qu’elles n’ont pas choisies. Les Romaines buvaient de la sauge, les Grecques composaient des mixtures savantes usant du pouvoir des plantes, les femmes du XIXè utilisaient des aiguilles à tricoter, les femmes du XXè ont finalement réussi à faire reconnaître que ce n’était pas aux autres, et encore moins aux hommes qui eux ont cette chance de ne pas avoir un corps qui peut agir sans leur consentement, de décider de ce qu’il adviendrait de leur vie et de quand il était opportun d’entrer dans la maternité.

Vous prétendez que vos convictions vous donnent le droit de disposer du corps et de la vie des autres. J’attends le jour où quelqu’un engagera une loi qui prendra possession de vos corps et de vos vies sous un prétexte d’éthique pour que peut-être, alors, vous preniez conscience que la liberté individuelle, le droit absolu de disposer de son corps, n’est pas négociable. On est libres, ou on ne l’est pas. Mais on ne l’est en tout cas pas à moitié et encore moins par décision d’autrui.

Mon corps m’appartient, ma vie m’appartient. Et se foutent de votre volonté, peu importe le prix à payer.

« il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse, pour que soient remis en question les droits des femmes », disait Simone de Beauvoir.

Il semblerait que le temps soit venu. Vous êtes descendus dans la rue, vous descendrez encore. Attendez-vous à rencontrer double, triple ou quadruple foule pour contrer vos actions. Il semblerait que pour les femmes, il ne soit jamais possible de baisser la garde même lorsque l’on croit vivre dans un monde moderne et civilisé. Attendez-vous à la résistance, la vraie. Celle de toutes les femmes qui auront à coeur de vous rappeler que vous n’avez rien à décider pour elles.

Ecoutez-moi bien : mon corps se fout de votre volonté.

Image Franceinfo.fr (www.franceinfo.fr/sciences-sante/le-gouvernement-sonne-l-alarme-contre-les-faux-sites-anti-ivg-1140819-2013-09-13)

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45 commentaires
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Laetitia dit :

Si seulement ces gens là (entre autres) mettaient leur énergie pour manifester contre le toujours plus de taxes, et toutes ces autres lois qui passent tranquillement contre nous, au lieu de la mettre dans ce genre d’inepties… Pauvre France!

celine dit :

ton article est juste parfait merci moi aussi j ai du passer par l avortement une fois j ai eu le choix et il faut que nos enfants et aussi ce choix

Lau dit :

C’est un sujet qui me met très mal à l’aise…
Pour moi (je précise bien : pour MOI), je suis anti, archi anti IVG… J’aurais l’impression d’être une meurtrière.
Mais pour les autres… C’est une autre histoire. Si on me demandait de voter pour ou contre l’IvG, honnêtement, je ne sais pas ce que je voterai. Parce que POUR MOI, selon mes croyances, justement, l’embryon a une conscience dés le début… Mais en même temps, la féministe que je suis se dit que je n’ai jamais rencontré cette situation, donc peut être que c’est mon ignorance qui me fait penser cela… Et que effectivement, je pense que c’est un retour en arrière que d’interdire l’IVG…
Bref, je suis indécise, et mal à l’aise.

Cally dit :

Il n’est pas question de convictions, il est question de choix. Et TOUT le monde a droit aux choix, femme ou pas, blanc ou pas, catholique ou pas. Une femme ne doit pas être punie d’être une femme. Et c’est ce qu’il se passe, on veut décider pour nous sous prétexte de convictions. Mais les convictions des autres ne sont pas pour autant mes convictions. Donc tout comme je n’impose pas mes idéaux aux gens je tiens a conserver mon libre arbitre. Je veux le choix pour ma ma vie, pour mon corps.
Et je pense que vous avez raison en disant que comme vous n’avez jamais été confronté a ce choix vous ne pouvez pas vraiment savoir ce que vous ferez.

Stephanie Cardoso dit :

Bel article rien a ajouté tout a ete dis ! chapeau

Laetitia dit :

Bien que lisant assidûment vos articles, c’est la première fois que je me permets d’intervenir. Je n’ai jamais eu à faire ce terrible choix. Je ne porte aucun jugement. Néanmoins, je souhaiterais tempérer le « mon corps, ma vie ». Si je suis bien d’accord sur le corps, l’impact de l’enfant à naitre non désirée sur la vie peut se résoudre en confiant l’enfant à l’adoption.
Bien sur, tout le monde devrait avoir le choix. Si ce choix devait un jour arriver, que je me retrouve dans une situation où l’enfant ne peut pas faire partie de ma vie, voila la question que j’aimerais me poser: puis-je lui accorder 9 mois? Car de l’IVG ou de l’adoption, quelle solution aura le moins d’impact physiquement et psychologiquement sur moi?

Working Mama dit :

Vous voyez vous porter un enfant pendant neuf mois et donc vivre la grossesse avec ce qu’elle peut avoir de plus désagréables, d’éventuelles complications, de douleurs, ne parlons-même pas de l’accouchement quand bien même il se passerait sans problèmes, entendre les premiers cris, vousen rappeler toute votre vie, et vous dire également toute votre vie que vous avez abandonné un enfant? Moi absolument pas, je considère cela bien pire que d’avorter à 5, 7 ou 12 semaines de grossesse. C’est pour cela qu’il me semble impossible d’être contre autrement que pour soi-même. Chacune vivra cela avec sa propre sensibilité, mais personne ne peut décider pour autrui de ce qu’il est bon ou normal de faire.

Nebullae dit :

Quand on est une jeune fille de 16 ou 19 ans, vivre 9 mois de grossesse puis « abandonner » le bébé ? Aller en cours en grossissant, subir les quolibets, la honte (oui parce que pour les ado ça peut) et ensuite devoir s’expliquer ? Interrompre ses études ?
Et quand on est déjà mère de famille… ? Que dit-on aux enfants ? Maman a un bébé dans le ventre, oui c’est votre petit(e) frère/soeur mais il ne vivra pas avec nous… ? Et le conjoint ?
Oui, faire adopter est aussi une option… parmi d’autres dont l’IVG.

Kachi dit :

Je rajouterais juste que pour avoir connu des amies ayant été abandonnée car leur mère était trop jeune/pas mariée/violée/forcée par la famille… c’est tout autant traumatisant. Cet enfant grandira sans parent, Connaissez vous les délais pour adopter ? moi oui, je les connais, je ne l’ai pas vécu, mais je l’ai vu, et suivit de très près par mon entourage. Cet enfant qui s’il est adopté, gardera toute sa vie en lui qu’un jour, ces premiers jours, il n’a pas été désirer, on n’a pas voulut de lui, qu’on ne l’a pas aimer, et qu’on l’a abandonner…
D’autres enfants n’ont même pas la chance à l’adoption jeune, et finissent de foyer en foyer, chez la ddas et compagnie… Quel dévelopement idéal pour un enfant… Je ne pense pas que j’avorterais si je tombais enceinte, même dans une situation compliquée, alors que ce n’est pas voulut, car j’ai en moi un tel désire d’être mère, que je ne supporterais pas de perdre ce petit bout de moi. Mais je suis pour que l’ivg soit légal, car je préfère, en étant extrémiste, une femme incosciente qui avortent sans arrêt juste parce qu’elle est aps foutue de se protéger, plutôt qu’une femme qui enfante sans arrêt, pour toucher les allocs et qui s’occupe mal de ses gosses, qui finirons par être malheureux.

Florence dit :

Bonjour,
Je suis contente de lire un tel article!! Je suis dépitée de voir toute cette énergie mise à une réduction de notre liberté de choix.

Laetitia dit :

Working Mama, je suis la maman d’un petit garçon qui va avoir 2 ans en fevrier. J’ai eu la chance que ma grossesse se passe physiquement sans aucun problème. J’ai continé ma vie sans vraiment rien changer: j’ai continué le sport etc.. La veille de mon accouchement, je marchais 5 km pour aller raler auprès de l’assurance maladie (mais c’est HS ça). Alors bien sûr, ma vision est biaisée. Mais j’ai aussi eu la chance de « tomber » enceinte trés (trés) vite. Et dans mon entourage, malheureusement, il y a tellement de couples qui galèrent. Je me souviens de mon ancien chef adoré, si génial, et de sa tristesse quand il m’a confié attendre depuis longtemps un p’tit bébé à chérir. Encore une fois, ma vision est biaisée. Mais est-ce que je penserais moins à ce p’tit bout s’il était parti à 12 SG qu’à 1h de vie extra-utérine? Je n’en suis pas si certaine, parole de névrosée. Mais dans un cas, je suis certaine de ne jamais pouvoir revenir en arrière.
Je précise que je suis d’accord avec toi sur le fond: il est impossible d’être contre autrement que pour soi-même. Personne ne devrait imposer un quelconque choix à autrui. C’est sur tes arguments que je suis plus circoncepte. Parce qu’au dela de la femme se joue un vrai traumatisme qui va plus loin à mon sens que « c’est mon corps, je décide ». Mais là n’est pas le sujet de ton article. La liberté de choix est un droit, on ne peut accepter une telle remise en question.

Working Mama dit :

Oui oui j’ai bien compris notre accord de fond :) Après pour l’adoption, par exemple, un bébé n’est pas adoptable avant 2 mois. Donc pendant ses deux premiers mois, il se retrouve en pouponnière, privé des repères intra-utérins qui sont ses seuls éléments de réassurance une fois né et pendant quelques temps, vivant donc pleinement la situation d’abandon et ce même si un adulte s’occupe bien de lui. Tu as raison quand tu dis que ta vision est biaisée parce que la mienne l’est aussi, tout comme celle de chaque femme ou de chaque individu qui se prononce sur ce sujet. Chaque vision est biaisée par la singularité de nos vies.

Agnès dit :

Oh, je ne savais pas qu’un bébé n’était pas adoptable avant 2 mois… c’est beaucoup.
Personnellement je pense que j’ai eu beaucoup de chance de n’avoir jamais ce choix à faire, parce que ça aurait vraiment été horrible pour moi, qui considère qu’un embryon est déjà une personne en devenir, mais qui imagine bien que devoir interrompre ses études pour élever un enfant ne sera une vie ni pour lui ni pour sa mère. Et qui trouve injuste que, dans une société où l’IVG n’est pas légal, le futur père ne puisse pas être obligé de s’impliquer au-delà d’une pension alimentaire. Et que les enfants différents soient systématiquement orientés vers des instituts spécialisés et que rien ne soit fait pour leur intégration dans la société.
Le seul argument que je pourrais reconnaître aux anti-IVG c’est que celle-ci n’est pas toujours un choix de la future mère, elle le fait aussi sous la pression de sa famille ou parfois du futur père, alors que les conditions de vie de chacun permettrait d’accueillir un enfant. Mais ce cas-là est assez rare.

kiarapapillon dit :

Wahou, quel billet!
J’arrive chez toi indirectement, par le biais d’une autre blogueuse qui a relayé ton billet (je n’ai pas regardé mes e-mails aujourd’hui sinon j’aurais vu ton billet) et je me rends compte que peu importe la manière dont on en parle, à chaque fois ce sont les mots « liberté » et « droit » qui apparaissent.
J’espère ne jamais à avoir à faire ce choix mais pour savoir que je peux le faire un jour si j’en ai besoin, je me battrai.

Penny dit :

Tout d’abord merci à toi pour l’article et à la Maman des petits pois de l’avoir partagé. Ensuite, pour la première fois je souhaite parler de mon expérience. Personne n’est au courant à part mon amoureux parce que c’est tout simplement le drame de ma vie. Il y a 6 mois j’ai vécu un avortement. J’étais à l’étranger et mon copain et moi faisions des allers et venues pour nous voir. On a utilisé des contraceptifs mais voilà une fois qu’il est parti, j’ai eu un mauvais pressentiment sans pouvoir expliquer pourquoi. J’ai fais un test et la réponse était là noire sur blanc : j’étais enceinte. Ma réaction a été de m’asseoir dans la baignoire vide et De ne plus bouger pendant près de deux heures. Mon copain prévenu il a pris l’avion et était la dans la soirée. Pas le temps de pleurer il a fallu s’occuper de tout. J’ai 22 ans, mon sens des responsabilités n’est pas à la hauteur du choc mais heureusement grâce à mon amour on s’est battu. Pas d’argent, obligée de travailler 10h par jour pour payer rien que mon loyer et les billets pour la France … Pourtant avoir un enfant a toujours été mon plus grand rêve, mon moteur et ce depuis que je suis gamine. Seulement il a fallu prendre une décision. La pire de ma courte vie. Dans le pays où j’étais ça n’était pas comme en France et aucun suivi psychologique ne m’a été proposé. C’est fort dommage. Je ne sais pas si le pire est la douleur, la torpille qui t’assassine le ventre. Ou bien si c’est le moment aléatoire ou tu perds du sang, beaucoup de sang. Ou bien si c’est tout le reste. La perte de la libido, les questions incessantes « a quel stade de la grossesse en serais-je ? Quelle aurait été notre vie si on l’avait gardé ? » Il faut encore que je passe le cap de me dire « CA n’était pas mon premier enfant. CA ne se voyait même pas encore a l’écran lors du premier rdv au gynéco. Et surtout, c’était la bonne décision. Y en avait pas d’autre de possible. Alors les petites donneuses de leçons bien pensantes et bien propres sur elle qui se permettent de la ramener et de donner leur avis dont on se fout royalement et qui n’est plus d’époque : je vous emmerde. Moi, mon mec, mon corps, mon destin, mes souffrances et mes bonheur on vous dit un gros merde. Y’a rien de pire pour une femme que l’avortement. Ce n’est souvent pas un choix mais une évidence. Pour le bébé (qui n’en est pas encore un), et pour le couple. Merci à celles qui ne l’ont pas vécu mais le comprennent. CA FAIT DU BIEN

Laetitia dit :

Si tu t’adresses à moi, alors je crois que tu n’as pas compris le sens de mon commentaire malheureusement. En substance, j’écrivais que l’impact de choix allait bien au delà « mon choix car mon corps ». Que je regrette le peu d’accompagnement et de solutions alternatives qui sont proposés. Quand on est jeune, on pense que sa vie, c’est le wd prochain ou le prochain partiel. En vieillissant, le temps va plus « vite ». En exemple, je peux te parler de mon allaitement. Enceinte, je pensais qu’un allaitement de 6 mois était une éternité. Et puis les 6 mois sont passés trés vite. Alors on a continué. Et il a 2 ans et je l’allaite encore. Et je bosse à temps plein., mais on a trouvé plein de solution. Je n’avais pas prévu d’avoir un enfant qui réclamerait autant …. et dormirait si peu. On s’adapte.
Loin de moi l’idée de juger. Malheureusement, les femmes de ma famille me montrent chaque jour qu’avorté n’a pas été anodin pour elles: ma belle-mère est en dépression majeure et ma mère ressasse sans arrêt ce premier garçon qu’elle a été forcée d’avorter car « il ne serait pas normal » parce qu’elle avait un hématome placentaire.

Pretty Crazy Girl dit :

Waouw ! Tout est dit ! Superbe article ! Je le partage sur ma page ^^

Mère débordée dit :

Très bel article.
J’ai 3 enfants. Et pourtant 6 grossesses.
Sur 6 grossesses, seule une était désirée.
Les 5 autres sont advenues sous contraceptifs (pilule+préservatif pour la 1, préservatif pour la 2, pilule pour la 3 et 4 et, pire, stérilet pour la 6)
Je suis hyperfertile… Dommage pour moi.
Je n’ai pas eu à choisir, mon corps l’a fait pour moi et j’ai fait des fausses couches pour les 3 premières grossesses…
Je ne suis pas sure d’arriver à avorter un jour. Mais je veux pouvoir avoir le choix, pour ne pas finir par haïr mon enfant, mon mari et moi même d’une situation que je n’aurais pas désirée et assumée…

mlleor dit :

Bravo pour cet article fort que je relais.
Je ne suis pas passée par la.
J’ai rêvé très tot d’avoir des enfants, une évidence. J’en ai chier pour tomber enceinte. Aujourd’hui, ma vie me permettrai d’en avoir un second même rapproché, je ne me sentirai pas du tout capable d’avorter.
Et pourtant je suis farouche opposée à ce que l’on touche à cette loi, à cette liberté, à ce droit.
Je travaille dans les blocs op, j’ai assisté à des quantités d’avortements, de 8 à parfois 12 semaines révolues, des jumeaux parfois aussi.
J’ai rencontré autant de femmes, des jeunes, des beaucoup moins jeunes se pensant ménopausées, Des seules, en famille, entre amis, des choix réfléchis et paisibles, des femmes en pleures dans la douleur.
C’était parfois très difficile pour moi aussi d’assister à cela et pourtant je refuse que l’on touche à cette loi que l’on prive toutes ces femmes et peut être moi de cet accès à mon corps en toute sécurité.

Mamalud dit :

Je n étais pas une anti ivg juste je me disais que si cela m arrivait jamais au grand jamais je ne pourrais mettre fin a une grossesse.mais cela a changé.apres avoir eu 3enfants, me voilà de nouveau enceinte et une maladie qui me faisait choisir entre resté présente en bonne santé avec mes 3enfants ou accepter ce petit 4ème et mettre en danger ma vie et la sienne.la décision d ivg medicamenteuse(car vu très tôt)c faite et je remercie le médecin qui m a acoompagné sans me juger, en m aidant, me comprenant… Je ne souhaite a personne de vivre cela mais c un droit, un choix

Louise dit :

Bonjour . J’adhère complètement à votre point de vue. Il faut savoir voir plus loin que le bout de son nez. Et pourtant je suis maman de deux enfants que j’ai eu par fécondation in vitro . Deux grossesses difficiles et anxiogènes et tellement miraculeuse. Je suis actuellement enceinte de 12sa d’un troisième qui nous a fait le bonheur d’arrivé tout seul. Vu ma situation je pourrais être contre l’ivg mais cela me paraît juste aberrant !! Chacun sa vie et son lot de difficultés . Certains vont gérer avec zen ce qui paraît insurmontable pour d’autres. Ivg ou enfants abandonné, maltraité, mal aimé qui traîneront toute leur vie ce poids du non désiré, le choix me semble simple pour eux comme pour nous. J’ai une amie qui a du avorter son geste était tout sauf anodin, elle a beau savoir que c’était le meilleur pour tout les deux, elle reste traumatisé par ce geste si dur qui c’est pourtant passé dans des conditions correctes. De quel droit lui aurait on imposé de garder cet embryon pour une erreur de pilule !
Bref ma pensée part un peu dans tout les sens surtout quand je suis énervée et que les choses me semble injuste.
Merci pour cet article.

Emilie Poussinette dit :

Putain de billet, j’adore. Merci!

sandrine dit :

moi je vous dis , merci
je n’ai jamais fait ce choix mais me suis posé la question à un moment de ma vie car justement » j’avais le choix »
, je suis maman de 2 adorable filles et je veut que elles aussi est accès à ce choix , et que jamais elle ne doivent se retrouver sur une table en pleurs , et risquant leurs vie » car c’est interdit »
mes filles et moi vous remercions madame de ce post car oui notre corps nous appartient et ils faut que cela dure , pour nos filles aussi , parlez en avec vos grand mères vous en apprendrez bcp ( quand ont à pas le choix justement )

Ce mêle de ce qui ne le regarde pas dit :

[Commentaire modéré par l’auteur du blog. Les insultes et le mépris n’ont pas leur place ici.

Cordialement.

WM]

Niniane dame du lac dit :

Merci pour ce magnifique cri Working Mama :)
Je n’ai, heureusement, pas eu à faire ce choix, mais si jamais il se présente à moi, à l’âge que j’ai (44 ans), j’avorterai (je ne me vois pas pouponner jusqu’à la retraite!!).
Je partage et je fais suivre.
Encore merci <3

Sabatier dit :

Super article.
Adieu ces associations bien-pensantes
Ces dictateurs de la bonne conscience….

Voilà, notre vie doit être dictée par des gens stupides, je suis désolé pour moi c’est des gens stupides , qu’il regarde leurs vie avant de jugé celle des autres !!

Aurel dit :

Une évidence Un droit… Eeh non. Il suffit d’une crise économique et mes vieux démons ressurgissent. Je n’ai pas eu à faire ce choix comme beaucoup heureusement. Je l’envisagerai très difficilement. Pour moi aussi un embryon c déjà la vie. Mais je veux que ce droit perdure. Pour moi pour ma fille pour toutes les femmes. Ma grand mère est morte en se faisant avorter il y a 50 ans. Elle pensait que mon grand père serait furieux qu’elle soit encore enceinte. Une histoire horrible.
Alors oui je veux que nous gardions ce droit pour cette raison et pour mille autres!!

laguna dit :

j imagine que les contre sont motivés par leur conscience religieuse…j ai peur qu il n y ai pas de discussion possible avec des gens qui suivent aveuglement une parole extérieure à leur propre faculté de réflexion. Si dieu est en moi (c est pas gagné mais pourquoi pas?), il ne passe pas par l’église de mon quartier et encore moins par le pape que je n ai pas eu l honneur d’élire! Ni par une mosquée, ni une synagogue ni aucun semeur de bonne conscience rigide et stupide de rigidité. Il passera peut être par l ensemble de mon éducation, aussi bien la petite pierre de mon catéchisme que le féminisme soixantehuitar de ma grande soeur, le gaulisme de mon père ou le communisme de mon instit…comme dit Bénabar, vous voyez où je veux en venir.
N empêche, bravo à toutes et à Simone qui a fait fort « à l’époque ». L opposition à son propre camp, c est quelque chose!

emilieoumkalthoum dit :

Je pense sincèrement qu’on peut être anti-IVG sans avoir de religion…
Et insulter les religions, tout en plaçant d’autres idéologies sur un piédestal, ça me semble paradoxal.
En tout cas, mépriser l’autre n’amène pas à ce qu’il nous comprenne…

malise dit :

C’est un article extrèmement bien écrit, fort, et tellement juste! Je ne peux même pas imaginer où pourrait aller une société qui reviendrait sur les droits fondamentaux des femmes. C’est effrayant de voir qu’en 2014, alors que l’égalité homme-femme est sur toutes les lèvres dans notre pays, on puisse imaginer un tel retour en arrière…

Roudoudou’s dad dit :

Je me permets une petite réflexion, je suis 100% pour que ce droit en reste un (« ça ou un avortement clandestin », je pense que moralement et en terme de coûts de prise en charge, y’a pas à tergiverser).
En revanche, je pense que cette réaction fait écho à une information que j’ai récemment entendue, en somme, il le semble que l’Etat souhaite interdire toute information « anti-avortement », qu’elle qu’elle soit, et j’avoue que cet extrémisme ne peut qu’entraîner une réaction de cette sorte (si quelqu’un en sait plus sur cette question, est-ce une loi, une recommandation ?)
Je suis persuadé que parmi tous les avortements (1 femme sur 3 dans sa vie quand même), certains peut-être sont terriblement regrettés, et certaines femmes préféreraient peut-être qu’on leur ait au moins proposé des aides financières, des aides pour s’extraire d’une famille contraignante, ou même de recourir à un placement en vue d’adoption, sans que ça ne leur soit imposé ?
Je pense que nuancer et informer un peu mieux (maintenant, il y a du temps, presque 4 mois pour avorter, et puis au pire, si les démarches ont été entreprises dans les délais, pourquoi ne pas laisser à certaines un peu plus de temps de réflexion avec des infos plus variées ?)
Enfin bref, bon courage pour continuer à toutes celles qui ont eu à faire ce choix, et petit aparté humour borderline :
« – Considérant que le mariage gay vient d’être légalisé ;
– Considérant que l’interdiction de l’avortement entraînerait non seulement une hausse des avortements clandestins, mais également une augmentation des bébés abandonnés sous X à la naissance ;
– Considérant que les couples mariés sont théoriquement en mesure de demander à se voir confier un enfant à l’adoption ;
– Franchement, me dites pas que ce sont les mêmes qui sont anti avortement et qui étaient anti mariage gay :D

Roudoudou’s dad dit :

Oups, désolé pour les quelques coquilles de tablette, surtout quelle qu’elle soit !

Working Mama dit :

Bonsoir, en fait le billet est issu d’abord de la décision Espagnole, puis du constat que cette décision fait s’engouffrer dans la brêche nombre de personnes qui n’attendaient qu’une faille en Europe pour relancer la machine anti en France. Globalement également la démocratisation du discours anti-ivg notamment via la montée du Front National, et dernièrement l’intervention sur Canal + d’un député anti-IVG, anti même en cas de viol d’ailleurs, qui a fini par aller me faire vomir, pour de vrai. Ayant avorté il y a 13 ans, ces discours me donnent un sentiment d’opression et d’enchaînement aux volontés d’autrui qui est absolument invivable, je n’ai même pas de mot pour décrire d’ailleurs la sensation que ça me fait. L’impression que quelqu’un s’approprie ma vie et revendique son droit à le faire en me disant en gros que si je veux rester libre je pourrais bien le payer de ma vie c’est…terrible. Du coup voilà tout ça mis bout à bout ces dernières semaines, ça a fini par exploser mais ça n’avait pas de lien par contre avec la question de l’information ant-avortement. Par contre j’ai cru entendre, mais rapidement donc je ne sais pas ce qu’il en est réellement, qu’il y avait un projet de classer dans les délits toute action visant à empêcher ou tenter d’empêcher une femme d’opérer son droit, notamment les manifs anti-ivg devant les centres le pratiquant etc. Mais j’ai peut-être mal compris, il faut que je creuse tout ça.

Roudoudou’s dad dit :

Ah ben si c’est ce sont de telles actions qui sont réprimées, logique, en même temps, empêcher quelqu’un d’exercer un droit… Enfin, c’est comme l’histoire de la clause de conscience, un peu facile si tout le monde se défausse !
J’avoue que j’ai peut-être mal saisi, mais dans cette émission du matin consacrée à la parentalité, ils avaient l’air de dire que la volonté gouvernementale était que même les recherches sur internet n’aboutissent que sur les sites officiels, où je pense que l’info n’est peut-être pas très aidante…
La décision Espagnole fait froid dans le dos, certains français voudraient peut-être ne pas récupérer des personnes qui viendraient se faire avorter ici… Mais apparemment, en ce moment, les discussions à l’Assemblee vont plutôt vers l’élargissement, donc les mouvements d’humeur n’auront peut-être pas d’impact !

caillou dit :

En réalité non, le délit d’entrave sera le fait de n’importe quelle information non politiquement correct puisque le gouvernement incite à porter plainte pour abus de faiblesse contre toute personne ou tout site internet qui présentera l’envers du décors : toute information sur le syndrome post-ivg est considéré comme de la désinformation!

PetitBourgeon dit :

S’il y a bien une cause qui pourrait me faire descendre dans la rue, c’est bien celle-ci. A ce jour je ne souhaite pas du tout avoir un autre enfant, si un embryon venait, malgré mes précautions, se nicher en moi, je souhaiterais avorter en toute sécurité, et en France, pas à plusieurs centaines de kilomètres de chez moi !

EtL’eau Bonnetdelaine dit :

Je me permets d’intervenir.
Je suis de celle pour qui tomber enceinte est un fait rare. Je fais partie du cercle de moins en moins fermé des PMettes (comprenez celles qui n’arrivent pas à avoir d’enfants). J’en ai 1 d’ailleurs.
Et pourtant, je comprends le choix de ces femmes, ou le non choix, qui avortent. La maternité doit pouvoir se vouloir, pas se subir.

caillou dit :

Je viens de lire cet article avec intérêt.

Mais je trouve que trop de questions importantes sont balayées sans même y donner de réponses. Et pourtant peut-on vraiment avoir un avis sur cette question sans se demander où commence la vie? Quand le petit être (vivant dès la première seconde) devient un être humain? 12 semaines? 14, 24 semaines? à la naissance? Oui parce qu’un enfant trisomique peut, lui, être avorté jusqu’à la veille de la naissance = IMG, alors qu’un autre enfant fait la une des journaux (attention je ne remet aucunement en cause la douleur des parents, bien au contraire):
Pourquoi apprend-t-on d’un côté que l’enfant commence déjà à reconnaître les sons de sa langue maternelle, la voix de ses parents, ressent les états de sa maman…et pour autant qu’il n’a pas la même liberté que nous?
Je crois qu’en fait nous voyons la vie à travers un prisme déformant en regardant toujours dans le sens qui nous arrange! Une amie me parlait d’œillères. Si l’enfant est voulu, c’est bien un enfant et le perdre même si c’est avant les 12 semaines revient à perdre un être cher. Mais si l’enfant vient bousculer notre quotidien (ce qui est quoiqu’il en soit toujours le cas, quel plus grand chamboulement que l’arrivée d’un enfant?), alors il ne sera jamais un enfant!
Mais imaginons maintenant l’enfant désiré par ses parents, qui naît, mais 1 mois après la naissance (après les difficultés du retour à la maison) tout s’effondre : le papa s’en va, la boîte dans laquelle la maman aurait du reprendre son travail ferme…le moment n’est plus du tout le bon, pour cet enfant!! Alors peut on faire un avortement rétroactif? Non personne n’y songerait et pourtant…quelle différence? D’ailleurs malheureusement certaines femmes font aussi ce geste impardonnable, je l’ai encore entendu à la radio hier : une maman a tué sa petite fille de 20 mois, la vie n’était plus favorable à la présence de cet enfant.

Je suis un peu désolée de chambouler tous les commentaires précédents qui étaient si positifs…mais il me semble essentiel de se poser des questions avant de donner un avis!

Working Mama dit :

Je ne comprends pas votre position : est-ce que vous pensez qu’avant de me positionner sur l’IVG, et avant d’avorter il y a 13 ans, je ne me suis pas posée cette question?
Ensuite je me permets de rectifier certaines données notamment la question de la mémoire : les connexions nerveuses d’un bébé ne commencent à être opérationnelles qu’après le 54ème jour de grossesse, soit pas loin de 2 mois. Avant cela, les cellules sont vivantes certes mais non animées cérébralement, il n’y a donc aucune notion ni de douleur, ni de 5 sens etc. L’audition apparaît vers le 4ème mois, etc. Tout n’est pas opérationnel d’entrée, ce qui fait que l’on peut établir de façon tout à fait rationnelle et scientifique des stades en dessous et au dessus desquels l’embryon est effectivement un embryon, vivant mais non nerveux, ou bien un foetus. Les délais légaux de l’avortement prennent heureusement en compte ces données. Pour ma part je considère qu’en dessous de trois mois l’embryon est un embryon. Si je fais une fausse couche d’en enfant désiré lors du deuxième mois de grossesse, je serai très triste de cette fausse couche mais j’aurai perdu un embryon. Un organisme qui aurait du devenir mon enfant dans les mois suivants. En revanche si la grossesse s’interrompt à 4 mois et demi, j’aurai perdu mon enfant : c’est mon stade actuel de grossesse et ses connexions nerveuses sont opérationnelles, il a une forme humaine, entend ma voix, se déplace, me donne des coups de pieds, mon ventre est énorme. Ce n’est plus un embryon mais un foetus. Ceci dit nous sommes dans des considérations d’éthique personnelle…mais bien évidemment qu’une femme qui avorte se demande ce qu’elle fait avant de choisir de garder ou non une grossesse…on n’est pas obligées d’en ressortir dévastées pour les 15 ans suivants mais on reste des gens avec un cerveau, quand même, et on sait très bien que c’est un choix qui implique des conséquences.

L’argument de l’avortement rétroactif est assez déroutant en fait. Je ne sais pas bien quoi y répondre tant il me semble irréel et un peu absurde…

Méléagre dit :

En l’occurrence, la question, ces dernières semaines, n’était pas « pour ou contre l’IVG », « pour ou contre la loi Veil », mais « pour ou contre une modification de la loi Veil. »
Oui, « en 1974, la question n’était pas le droit à l’IVG opposé à pas d’IVG du tout, bien que certains auraient aimé qu’il en soit ainsi. Mais bien avortements régulés contre avortements sauvages. Lorsque l’on pose la question en ces termes, la réponse est très claire ». Tout ou fait d’accord, et cette loi a permis aux femmes qui avortaient de le faire dans de bonnes conditions, sans mettre leur vie en danger. Mais la loi Veil prévoit cette possibilité d’avorter pour « la femme enceinte que son état place dans une situation de détresse ». Cela recoupe beaucoup des situations soulevées par ce billet ou par les commentaires : des femmes qui ne pourraient pas élever leur enfant s’il venait au monde, parce qu’elles n’en ont pas les moyens matériels, économiques, etc.
En 2014 la question n’est plus celle-là, n’est pas « pour ou contre la loi Veil ». La loi Veil n’est pas menacée de suppression, personne ne prône le retour au temps de la sauge ou des faiseuses d’ange. Mais la question est « pour ou contre une modification, une extension de cette loi » : un projet d’amendement, qui a été approuvé mardi à l’Assemblée nationale, vise à supprimer de la loi Veil cette notion de « situation de détresse ». Et ce qui pose question, d’après moi, c’est cette modification, ce que certains ont appelé une « banalisation » de l’IVG.
S’opposer à cette modification de la loi Veil, ce n’est pas vouloir interdire l’IVG, supprimer la médicalisation de l’avortement, et obliger une femme enceinte à accoucher ; mais c’est plutôt rappeler que l’IVG n’est pas un acte anodin, pour la femme, l’embryon et l’homme (dont personne ne parle ici, mais j’ai vu ailleurs un article sur des hommes qui se sentaient démunis parce que leurs copines avaient pris sans eux la décision d’avorter), que ce n’est pas une décision qu’on prend à la légère, mais une solution qui, dans la loi Veil, ne devrait être choisie que dans des situations de détresse, pour des femmes qui ne pourraient pas élever leur enfant s’il venait au monde. C’est rappeler que l’IVG n’est pas une alternative à la contraception (ce dont on peut douter parfois en cas d’avortements répétés), que ce n’est pas l’unique solution en cas de grossesse non désirée, et que dans ces cas-là il faut savoir peser le pour et le contre, en étant suffisamment informé sur l’avortement et ses conséquences, sur les alternatives possibles, et sur les aides pour accompagner éventuellement l’enfant qui naîtrait.

Working Mama dit :

Sauf que je n’ai pas écrit ce billet en raison d’une éventuelle modification ou risque de suppression de la loi Veil mais simplement en réponse au mouvement anti-IVG dans son ensemble qui s’intensifie dernièrement notamment grâce (à cause?) de la brêche ouverte par l’Espagne dans laquelle les anti s’engouffrent avec joie, mouvement anti qui est de toute façon contre un élargissement de la loi Veil aux situations hors détresse vu qu’il est anti-IVG tout court, donc encore plus si la femme le choisit sans être ni en détresse ni dévastée par son acte.
Et sinon, puisqu’on parle de cette modification, je soutiens mille fois le gouvernement et tous les députés qui ont souhaité la disparition du terme de détresse parce que l’IVG n’a pas à être un droit conditionnel et d’ailleurs cette notion de détresse n’était aucunement appliquée dans les faits. Par contre elle marque bien ce que serait, aux yeux de la société et de ses jugements hâtifs, ce que serait une avortée légitime et une avortée abusive. Les femmes ne sont pas obligées d’être en détresse pour opter pour une IVG, elle peuvent juste se dire que ce n’est pas le moment sans que leur vie en soit pour autant profondément troublée. Ca ne veut pas dire qu’elles n’auront pas conscience de l’importance de la décision, mais je ne vois pas pourquoi il serait nécessaire d’avoir à se transformer en femme « en détresse » pour choisir de ne pas poursuivre une grossesse non désirée. Donc information oui, alternatives possibles oui, aides et accompagnements oui, mais détresse comme critère d’accès, certainement pas, car cela fait de l’IVG un droit sélectif en fonction des femmes, et pour lequel seules seraient légitimes celles qui seraient traumatisées de la situation. Peut-être pour ça d’ailleurs qu’on lit autant d’horreurs sur les femmes qui avortent. Sans doute parce que certaines osent dire qu’elles vont très bien et que ce choix n’a été aucunement traumatisant, et que pour oser dire cela elles passent pour des criminelles qui se font avorter comme elles vont acheter une baguette de pain. Donc merci au gouvernement d’avoir élargi ce droit en un droit inconditionnel reconnu comme tel.

piotrovna dit :

Pour ces antis et pour rejoindre votre article, je vous conseille ce film sur les avortements dans de mauvaises conditions parce que le pays en question n’autorise pas l’IVG : 4 mois, 3 semaines, 2 jours

ju dit :

Moi aussi j’ai été confronté a cette decision avorter ou pas , et je me suis senti jugé par les « amies » ,par un professionnel même !Mais pour ma part dans le sens inverse, on voulait que j’avorte…et oui cette situation existe aussi, liberté chérie, on a voulu m’interdire de vivre ma grossesse jusqu’au bout, j’etais a 5 mois et demi de grossesse.Ma fille etait malade elle vivrait une heure, un jour, un mois un an, personne ne pouvait le dire, mais elle etait differente, et ca gene! …La nature a decidé qu’elle serai morte née, mais je l’ai aimé et porté 8 mois !C’etait sa vie!Mais comme quoi dans tous les cas les libertés peuvent etre ecorchées!Et on ne devrait pas avoir a avorté mais la vie a voulu nous confronter a des situations difficiles, un enfant c’est une vie , des vies en jeu, je ne juge personne, et j’aurai aimé que personne ne me juge!Une amie a avorté 3 fois , parce qu’elle fait ce « qu’elle veut de son corps » avec n’importe qui, voila les cas d’avortement qui me rende folle!IVG existe depuis tjs mais je peux comprendre les antis, en partie, parce qu’il y des abus…

Claire dit :

Merci merci merci pour ton article. C’est grâce à des femmes comme toi qu’aujourd’hui nous sommes libres de nos choix, que nous avons des droits…

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