Lettre ouverte à Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes

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Madame la Ministre,

Je m’appelle Julie, j’ai 30 ans. Je vis en couple. Nous avons accueilli notre premier enfant en mars 2012, et notre famille s’agrandira au cours du mois de juin 2014 avec la naissance d’un nouveau bébé. Fille ou garçon? On ne le sait pas encore.

Mon conjoint et moi sommes des battants. Lui est auto-entrepreneur dans l’enseignement artistique et également musicien intervenant en milieu scolaire au sein d’une collectivité locale du Puy-de-Dôme. Quand à moi, après plusieurs années d’enseignement de la flûte traversière et trois ans d’interventions musicales en milieu scolaire, j’ai opéré un virage à 180° dans ma carrière professionnelle pour profiter de compétences parallèles dont je disposais depuis déjà fort longtemps. J’ai pris le train de l’auto-entrepreneuriat alors qu’il démarrait juste et me suis rapidement retrouvée à la tête d’une petite entreprise de graphisme et développement web qui a rencontré un succès certain grâce à mon dévouement total à cette activité. Ne jamais compter son temps, travailler parfois 80 heures par semaine pour développer ma structure et agrandir ma clientèle. En quelques mois, je m’extirpais de toutes les aides sociales auxquelles je prétendais et doublais pour ainsi dire mes revenus d’artiste des années précédentes.

Après 3 ans d’activité, nous décidions d’agrandir notre famille. Après avoir ainsi travaillé, acharnée, à cette entreprise que j’avais bâtie jour après jour, j’attendais un enfant et malgré le plaisir visible que j’avais à gérer et développer mon établissement, j’avais également un voeu très cher : rester auprès de ce bébé le plus longtemps possible avant de reprendre le travail. Malheureusement, le statut de chef d’entreprise offre bien de peu de possibilités en la matière : pas de congé parental, un congé maternité court…j’avais donc préparé le terrain en amont et réservé une partie de mon chiffre d’affaires pour les quelques mois après la naissance que je souhaitais passer auprès de mon enfant. Ma situation à l’époque me permit de m’arrêter presque 9 mois. Un luxe pour une indépendante.

Vint le jour de la reprise du travail. Un crève coeur. Ce n’était pas ce que je voulais, mais je n’avais pas le choix. J’en viens ainsi à l’objet de cette lettre.

Madame la Ministre, je vous assure que j’entends les arguments qui sont les vôtres. La situation de l’emploi féminin en France reste préoccupante et nombreuses sont les femmes qui, après plusieurs années de congé parental, ont bien du mal à se réinsérer sur le marché du travail. Toutefois, vous semblez considérer que toute femme n’aspire qu’à une chose : travailler, le plus vite possible. Vous semblez aussi déduire que les familles faisant le choix d’un parent au foyer ne le font que par intérêt fiscal et qu’il est nécessaire de remédier à ce problème. J’aimerais attirer votre attention sur le fait que vous vous trompez.

Lorsque j’ai repris le travail, j’ai découvert l’enfer du mode de garde. Les places de crèche inexistantes ou sur listes d’attente interminables et ce même dans le département plutôt peu peuplé qui est le mien, les tarifs ahurissants des assistantes maternelles, le reste à charge écrasant malgré la PAJE versée par la CAF. Pour pouvoir m’assurer un revenu équivalent au smic, il me fallait impérativement travailler 45 à 50h par semaine, c’est le lot de tout indépendant mais j’aimais mon travail et je pouvais, pour dégager 1800€ par mois les premières années, travailler sans soucis bien plus longtemps lorsque je n’avais pas encore d’enfants. Mon conjoint travaillant également, cela signifiait devoir placer notre fille en garde pour un contrat de 40h hebdomadaires. A la fin du mois, en additionnant le salaire de notre assistante maternelle, ses congés payés et ses indemnités journalières, la facture s’élevait à près de 650€. A celà s’ajoutaient les trajets à effectuer matin et soir pour déposer et récupérer mon enfant. Nous pouvions certes déduire encore 182€ de PAJE, mais sur un salaire d’à peine 1000€ me concernant, l’investissement s’est rapidement révélé écrasant. Au bout de quelques mois, nous ne pouvions plus payer et je constatais avec tristesse que je me retrouvais séparée de mon enfant chaque jour de 9h à 18h, parfois même le samedi matin lorsque le carnet de commandes le nécessitait, pour finalement consacrer pas loin des 2/3 de mes revenus professionnels au placement en garde de mon enfant. Non seulement je ne voyais pas ma fille, mais en plus je ne travaillais quasiment que pour payer cette absence quotidienne. On marchait sur la tête.

Quelques semaines plus tard, les attaques massives contre le régime d’auto-entreprise engagées par le gouvernement eurent raison de ma motivation : 2014 serait pour moi l’occasion de voir ma fille grandir et, pourquoi pas, de concevoir un autre bébé. Ce qu’il s’est produit. Je suis enceinte de 4 mois. Et je choisis, oui, je choisis, de rester au foyer jusqu’à ce que ce deuxième enfant souffle sa troisième bougie.

Par intérêt fiscal? Aucunement. Nous ne sommes pas mariés, ni pacsés, et quand bien même nous le serions que cela ne changerait rien. Simplement, je suis mère, et je souhaite m’occuper moi-même de mes enfants tant qu’ils ont besoin de moi. Bien sûr, nous aurions pu décider que ce soit mon conjoint qui cesse le travail. Financièrement cela aurait été pour nous plus intéressant, car c’était mon activité qui générait le plus de revenus dans le foyer. Mais nous avions à l’esprit une donnée plutôt basique en somme : il ne paraît pas si absurde, en dehors de toute considération de droits des femmes et de sexisme ordinaire, qu’une mère ait envie, simplement envie de s’occuper de ses enfants. Il ne paraît pas non plus insensé de dire qu’un enfant puisse avoir besoin, oui besoin, de la présence de sa maman. Certains diront alors que le père peut jouer ce rôle, rester à la maison, pendant que la mère va travailler. Peut-être. Je reste cependant gênée par une notion qui me paraît dangereuse : la mère et le père seraient donc interchangeables pour l’enfant? Ne pensez-vous vraiment pas qu’en dehors des considérations sociales modernes (ou pas), la femme puisse rester auprès de ses enfants par une quelconque « programmation biologique » à s’en occuper les premières années? N’est-ce pas ainsi chez la plupart des mammifères?

Je ressens comme une déconnection des réalités basiques du lien entre le bébé et sa mère. Les réalités basiques de notre condition de mammifères. Sous prétexte d’égalité, on prône l’égalitarisme. Je souhaiterais donc que vous alliez au bout de cette démarche en exigeant des brillants laboratoires français qu’ils cherchent comment rendre possible la gestation et l’allaitement pour les hommes, ainsi nous pourrions parler d’interchangeabilité. Si le père est extrêmement important pour l’enfant, sa place est différente de celle de la mère, et nous avons la chance qu’aujourd’hui la science nous livre des informations précieuses à ce sujet. Si la majorité des parents au foyer sont des femmes, ce n’est pas QUE par domination sociale masculine. Initialement c’est aussi parce que c’est ce qui est prévu par la Nature : la mère s’occupe de son petit, notamment chez l’Homme par une relation d’allaitement qui, hormis dans nos sociétés occidentales où trois mois semble être la durée maximale autorisée avant de devenir condamnable, l’allaitement du petit humain est censé durer plusieurs années. Jusqu’à preuve du contraire, ce sont les femmes qui allaitent le petit d’Homme. Les évolutions sociales et notamment la prise de distance avec les pratiques de maternage initialement prévues pour l’enfant permettent aux pères qui le souhaitent de prendre cette place de parent au foyer dès les premières semaines de l’enfant, mais sur le principe, rien de très étonnant à ce que la mère soit le membre du couple le plus souvent impliqué en terme de présence auprès des enfants les premières années.

J’ai conscience que la domination sociale masculine que vous dénoncez joue toutefois un rôle important notamment dans l’après-maternage, avec les difficultés de retour à l’emploi que j’ai déjà évoquées plus haut. Mais pensez-vous vraiment adopter une position féministe en usant de contraintes fiscales pour obliger les mères à s’extirper de leur condition de femme au foyer? Nous ne devons pas avoir la même notion du féminisme. Je ne considère pas féministe les décisions visant à dicter aux femmes ce qu’il est bon – ou non – de faire. On ne peut pas d’un côté revendiquer le droit à disposer de son corps et de l’autre proclamer que l’on est seule à décider du destin de milliers de femmes qui n’ont rien demandé. Etre féministe, c’est placer la liberté du choix pour chaque femme en maître mot de toute réflexion. Défendre les droits des femmes, c’est défendre leur liberté d’agir en leur âme et conscience, sans laisser quiconque leur dicter leur conduite ni prétendre détenir une vérité qui ne sera pas la leur.

Etre féministe, c’est lutter contre toute discrimination qui empêcherait la femme de retrouver du travail si tel est son souhait. Mais ce n’est certainement pas décider qu’au nom du progrès, la place de la femme n’est plus à la maison mais au travail, et celle de ses enfants à la crèche ou chez la nounou. Que faites-vous de toutes celles qui avaient abandonné leur travail pour quelques années par choix, par envie profonde d’élever leurs enfants, et que vous allez remettre sur le marché professionnel la mort dans l’âme et la facture alourdie de toutes les charges de gardes en plus de la hausse d’impôts que vous leur promettez?

J’aimerais comprendre. Quel est le but caché de votre projet, madame la Ministre? D’un côté, on nous abreuve de primes à la naissance, de prestations d’accueil du jeune enfant, on nous incite à enfanter en nous offrant les allocations familiales….et de l’autre, on nous dit qu’une fois l’enfant paru, il n’est par contre plus question de le gérer soi-même sous peine d’être fiscalement pénalisés. Tant pis si les modes de garde sont saturés, tant pis si la reprise du travail appauvrit le ménage du fait des frais engagés (garde d’enfants, transports, cantine…) et tant pis si les parents, nous parlons beaucoup des mères mais il y a aussi des pères dans cette affaire, n’avaient qu’une envie : s’occuper de leurs enfants.

Peut-être finalement auriez-vous du jouer la carte de la franchise. Les caisses sont vides. Depuis un an les nouveaux impôts ne cessent de fleurir, et sans doute Bercy a-t-il vu dans les parents au foyer une nouvelle niche fiscale à éradiquer. Tout euro est bon à prendre…j’aurais toutefois préféré découvrir, en ce début d’année 2014, les mesures phares du gouvernement pour récupérer les milliards dormant à l’étranger grâce à l’évasion fiscale, plutôt qu’une charge supplémentaire sur les ménages de classes moyennes qui commencent à ne plus savoir où donner de la tête.

Les mères, les parents au foyer ne sont pas des idiots, madame la Ministre, et chacun saura apprécier le sens caché de cette réforme. Vous l’exposez sous l’éclairage du droit des femmes, je me permets d’en avoir une autre analyse. Car il me semble qu’il n’y a plus de droits des femmes qui tiennent lorsqu’on leur retire celui qui leur est le plus précieux : la liberté du choix.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ce texte et vous prie de croire, madame La Ministre, en mes meilleurs voeux de santé, de bonheur, et de liberté individuelle pour cette nouvelle année.

Julie G.

Pärents au foyer - le droit de choisir (www.parents-au-foyer.com/)Contribuez à mon blog participatif www.parents-au-foyer.com (www.parents-au-foyer.com/) pour apporter vos témoignages, découvrir d’autres textes et initiatives sur la toile et vous mobiliser pour la liberté du choix!

[Edition après publication : il m’a été reproché un certain naturalisme suite au paragraphe où j’exprime mon point de vue concernant la « programmation biologique ». Il n’en est rien. L’idée n’est pas de dire que la place de la mère est et restera au foyer. L’idée est simplement de rappeler qu’une femme peut ressentir le besoin de rester auprès de ses enfants, non pas par simple envie ou par choix, mais par besoin. Cela n’enlève rien au fait que dans le développement de l’enfant, c’est la sécurité affective qui façonne l’avenir et qu’elle peut être prodiguée par tout adulte, masculin ou féminin, tant que les besoins de l’enfant sont comblés. Cela n’enlève rien non plus au fait qu’il n’y a pas de notion de bonne ou de mauvaise mère pour celles qui ne ressentiraient pas ce besoin. Pour autant les femmes ont aussi le droit, quand elles ressentent cet état de fait, de l’exprimer de cette manière, tout autant que celles qui ne le ressentent pas ont le droit de l’exprimer. Prendre en compte cet aspect de la vie d’une femme dans sa maternité quand elle l’évoque n’est à mon sens pas forcément incompatible avec la notion de droits des femmes et de progrès.]

VOS MESSAGES
Un commentaire
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La plume rousse dit :

Merci d’avoir pris le temps de faire ce que beaucoup désiraient. Serait-il possible de mettre cette lettre en pétition de manière à ce qu’encore plus de monde puisse la signer ?

laetibidule dit :

Coucou,
Je n’aurais pas dit mieux, c’est histoire est vraiment aberrante !!!

Marlène dit :

J’ai les larmes aux yeux en lisant ta superbe lettre! Battons nous, stoppons enfin d’être des moutons, dans cette France qui se casse la gueule chaque jours un peu plus à cause de ce genre de réformes où comme tu le dis « on marche sur la tête »! Pétition signée et s’il faut marcher pour ça, je marcherais!

Ali dit :

Ce que tu dis est très pertinent et je comprend ton point de vue. Je suis indépendante aussi (gérante de sarl) si je bosse pas, personne ne peut vraiment me remplacer. Mais contrairement à toi, je n’aurais jamais voulu m’arrêter 3 ans. Donc ce qui reste primordial c’est le choix… Et au vu de ce que tu dis, je ne suis pas sûre qu’on l’ait vraiment.
Je suis complètement ok avec le fait que la présence de la mère est indispensable… Mais 1 an me semble bien.. Le père devrait pouvoir prendre le relais après ça, mais ça n’est jamais le cas.
Notre condition de femme ne doit pas nous condamner à la ne pas travailler tout comme notre travail ne doit pas nous condamner à ne pas devenir mère. Or ça n’est souvent que ce choux là que la plupart ont.

Véronique Lafitte dit :

EXACTEMENT! Je dis juste chapeau bas! Et effectivement mettre cette lettre en pétition s’avère être une excellente idée…

NiouzMum dit :

Superbe lettre que j’aurais aimé écrire de façon si claire et argumentée. J’ai partagé sur HC.
(Pour les personnes qui ont commenté avant : savez vous qu’il existe une pétition contre cette réforme ?)
(Pour Ali : à l’heure actuelle si, le père PEUT déjà prendre un congé parental si c’est le CHOIX fait par le foyer)

kiarapapillon dit :

Bravo!
Ma lettre à la ministre est en brouillon depuis des semaines. Mais j’ai vu ton appel sur facebook et je vais la reprendre, quand Miss Ronchonchon de la Chiantitude aura décidé de dormir…
En fait, je me rends compte en lisant ta lettre qu’on a écrit presque la même chose.
Par contre, j’ajouterai en bas de ma lettre toutes les autres lettres ouvertes (j’en ai lu 2 autres pour le moment) et la pétition contre la réforme.

Working Mama dit :

Ah je savais bien que j’avais oublié quelque chose…j’ai mis tout ça sur le blog participatif que j’ai créé ce week-end en fait. Je vais rajouter la bannière et le lien en fin de billet.

kiarapapillon dit :

Il est super ton blog participatif! Je viens de copier et coller tous les liens sous mon billet (que j’ai écrit cette nuit pendant mon insomnie due à notre pbm de mode de garde et corrigé en début d’aprèm pendant la sieste de Bichette), ça va faire de la lecture à la ministre!

Hellvis dit :

Pas mieux!
En tant que mère au foyer non mariée, je dis bravo et merci. C’est clair et percutant et j’espère que ce sera entendu!

Lucile dit :

Tout normalisme est totalitarisme.

Aujourd’hui, la société veut nous mettre dans des cases, impossible d’en sortir.

Ayant divorcé d’un homme manipulateur, je sais que priver une mère de son enfant ou un enfant de sa mère est une façon de couper le lien pour modeler l’enfant selon ses propres désirs. C’est ce que mon ex-belle-mère voulait faire en s’accaparant ma fille et en m’éliminant de sa vie.
A ce moment là, je ne travaillais pas et cela m’a permis de sauver ma fille.

Maintenant, divorcée, j’ai repris le travail, et depuis j’ai financièrement le couteau sous la gorge, alors qu’au chômage, voire au RSA, je n’avais pas ces problèmes.

Quel est le message ? Faut-il travailler ou non ? Si on travaille on gagne moins et si on ne travaille pas, on gagne moins aussi… Gagner mions pour payer plus… Tout en s’occupant de son enfant et en travaillant…
Le vrai message délivré par cette double contrainte n’est-il pas « femmes dans un soucis d’égalité, ne faites plus d’enfant » (et allez grossir le rang des chômeurs ? car en cette période de chômage très élevé, inciter les femmes au foyer à aller au travail, est-ce bien raisonnable ?).

J’avoue que je ne comprends plus….

Marie Obrigada dit :

Plus je me renseigne et plus j’ai peur des choix que je devrai faire une fois enceinte. J’aimerais prendre un congé parental de 6 mois (pour assurer un allaitement moyen) mais à l’heure actuelle, je suis la source de revenu la plus importante de notre foyer (et pourtant je ne gagne que 1300 € malgré un poste à haute responsabilité et investissement en temps et énergie important).
Je culpabilise déjà de renoncer à mes convictions pour des considérations financières, mais aurai-je le choix ?

Adele dit :

BRAVO !!!
Une question cependant. Si Najat Vallaud Belkacem ne passe pas sur votre blog, avez vous prévu de lui envoyer votre lettre ?
Ca me parait fondamental. Encore felicitations.

Anne dit :

BRAVO ! je suis une vieille maman de 4 enfants…et quand on me demande mon métier je réponds « maman » alors on me regarde et on me fait préciser…pourtant c’est le métier que j’ai choisi en mon âme et conscience…j’ai choisi de donner mon temps à mes enfants pour les allaiter, leur apprendre à marcher, être là quand ils rentraient de l’école pour écouter leurs petits mots et leurs grands maux. j’ai choisi de sacrifier ma « carrière » pour offrir mon temps à ceux à qui j’avais donné la vie. Je ne suis pas pour autant idiote (désolée c’est plutôt le contraire), je ne suis pas pour autant aux ordres de mon mari, je suis une femme de notre époque avec mon ordi, ma voiture, mes activités, mes opinions…Bref, ni idiote, ni soumise ! mais quand j’entends que je suis « une femme entretenue », que je suis « sans emploi » que l’INSEE me considère comme une péripatéticienne….ça me fait mal.
Quand j’entends dire « faut pas vous plaindre de pas avoir de retraite vous l’avez voulu à rester à rien faire » je hurle…car j’ai eu 4 enfants qui paieront pour les retraites de demain.
Alors malgré tout ça je marche la tête haute, car mes enfants sont beaux (spirituellement parlants), car j’ai travaillé pour mon pays, que j’ai vécu mon choix de vie et que je ne dois rien à personne…
Mon seul regret : mes filles n’ont pas choisi le même métier que moi….mais je m’en remettrai !

Roxanna dit :

C’est superbement joli ce que vous dites!!
Moi je suis maman de 2 enfants et pareil que vous, j’ai eu le droit à des mots semblable que les votre. Ça fait mal!! Je ne suis pas soumise bien au contraire, avec mon mari on avait prévu que l’un d’entre nous resterai avec les enfants ou alors que l’on soit tous les 2 à mi-temps!
J’ai choisi d’être à la maison, car l’amour que j’ai pour mes enfants est énorme, je ne peux pas les savoir loin de moi, j’en serai malheureuse…
Et puis, un enfant a besoin d’un parent a tout heures pendant les 10 premières années de sa vie, plus tard il peu commencé a volé de ses propre ailes :)

Kerpaul dit :

« Vous semblez considérer que toute femme n’aspire qu’à une chose : travailler, le plus vite possible »

Non. Najat considère que la femme DOIT travailler le plus vite possible. Si la science permettait aujourd’hui aux hommes d’être enceinte elle ferait tout pour les y inciter au nom de l’Égalité !
Nous avons, sur ces questions familiales, affaire à un gouvernement d’idéologues. La famille est pour eux une entité dangereuse puisqu’elle est un frein à leur vision de l’homme, de la société, de l’Égalité H/F.

Ce sont de vrais idéologues et ils souhaitent donc que l’état puissent avoir accès le plus vite possible aux enfants: afin je cite: « les arracher aux déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel » Peillon JDD 01/09/2012.
Il est difficile de défaire ce que construit la famille, donc la solution est de prendre en charge les enfants au plus tôt pour leur dispenser la bonne parole: « Il faut agir sur les mentalités, et dès le plus jeune âge » Najat, le 07/09/2012 à St-Ouen, ainsi en incitant voire obligeant les femmes à travailler, les enfants seront plus facilement sous contrôle de l’état: « les enfants n’appartiennent pas à leur parents ils appartiennent à l’état ». Laurence Rossignol, sénatrice PS le 05/04/2013, France 2, CSOJ

CQFD. Ne lâchons rien sur ce sujet, c’est beaucoup moins anodin que cela n’en à l’air.

Kerpaul dit :

J’ajoute que ceci n’est qu’une attaque de la famille parmi d’autres ! Pour la détruire on a déjà eu qlques attaques (liste non exhaustive)

fiscalisation des majorations de pension pour les foyer de 3 enfants et plus, baisse du quotient familial, hausse de la TVA, mariage pour tous, projet PMA et GPA, effacement du code civil des mots maris, femme, père, mère, réforme du congé parental, mise en place de la théorie du genre dès les petites classes, refonte des temps d’activité périsoclaire, suppression de la 1/2 part fiscale pour les parents isolés ayant élevé un enfant, souhait d’un statut du beau-parent et mise en place d’une pré-majorité, .. et donc disparition du foyer fiscal..

Et ce n’est que le début. En prendre conscience c’est bien, il est temps de rejoindre les rangs de ceux qui luttent !

Angélique dit :

Que ça fait plaisir de lire ceci !!!
Je n’en peux plus des discours de cette politicienne !!!
Merci :-)
Et je suis tout à fait d’accord avec votre chapitre sur « la programmation biologique » !

Clarabelle dit :

La lettre est extra, bravo et merci!
Si la femme DOIT travailler, c´est aussi parce que l´Etat ne peut pas envisager d´avoir financé la formation de tant de femmes qui après leurs études ne seraient pas « rentables » ou « productives ». La femme-objet ne peut pas avoir la liberté de choix, on lui impose ses aspirations… Mères de France résistez! À quand un vrai féminisme, à l´écoute de toutes les femmes?

solilulac dit :

MERCI!
Pour répondre à une de vos questions: »Quel est le but caché de votre projet, madame la Ministre? »
je me demande si l’objectif n’est pas de soustraire l’enfant au giron familial pour le formater à la pensée totalitariste de ce gouvernement dans les crèches où ils seront gardés…
D’autre part, M . Hollande aurait plutôt intérêt à mettre les femmes au foyer s’il veut inverser la courbe du chômage…

Angie dit :

il faudrait apprendre à écrire plus court pour avoir une chance d’être audible

Working Mama dit :

Et bien montrez donc l’exemple :) où est votre lettre concise, que je puisse m’inspirer de vos connaissance en terme de lettre officielle?

Frater dit :

C’est vrai que pour le coup tu semble être un exemple en la matière.
Je ne suis pas certain que ca te rende plus audible pour autant…

Lacuve dit :

Je me permets. Je dois êtreun mammifère mal fait car mon mari et moi sommes interchangeables. Oui je travaille et oui il élevé les enfants. Ils s en portent bien. Je suis ravie de travailler, cette loi est aussi faite pour les femmes qui veulent travailler. Toutes ne veulent pas rester à la maison mais y sont contraintes fiscalement et par pression. J ai de la chance. Car peu d hommes veulent rester changer des couches pendant que madame bosse. C est trop feministe trop moderne. La femme â la maidon, l homme au travail. Merci on est au dela de cela. Auj on doit pouvoir avoir des enfants et une carriere.

Aurore M. dit :

« Auj on doit pouvoir avoir des enfants et une carriere »

Nous sommes tout à fait d’accord : on doit pouvoir avoir des enfants et une carrière, mais on ne doit pas être obligée d’avoir un enfant et une carrière. Il y a une nuance. Je n’attaque pas les femmes qui s’épanouissent plus en alliant les deux. On demande juste que celle qui ne souhaite pas suivre cette voie aient la possibilité de faire autrement.

:-)

PELLETIER dit :

Bravo pour votre lettre.
Femme et mère au foyer par choix ayant pendant 30 ans pris mes responsabilités, et économiser pour assurer « mes vieux jours » (ce que le gouvernement ne sait pas faire) je me vois rackettée, car les caisses sont vides. Il serait grand temps que les politiques arrêtent les promesses pour assurer leur élection (avec tous les avantages liés). Si j’ai un vœux à faire en cette période c’est que les Français deviennent des adultes responsables en arrêtant de croire que l’on peut compter uniquement sur les autres, et surtout qu’ils prennent conscience que l’état ce n’est pas le gouvernement mais chacun des 68 millions de citoyens.

Mademoizelle Louve dit :

Merci merci merci merci merci merci!!!!!!!!!!!!!
Tu écris toujours aussi bien, c’est clair concis et tellement vrai!
Ne nous laissons pas berner par ces gens qui de la naissance à la garde de nos enfants en passant par l’éducation, la culture et j’en passe; font des économies de bout de ficelle et marchandent ce qu’il y a de plus beau: nous permettre de voir naître et grandir nos p’tits bouts!

Frater dit :

Concis? 0_o

une mère au foyer en danger dit :

clap clap clap

Do67 dit :

Je ne suis pas d’accord avec chaque phrase mais un passage me semble essentiel, du bon sens et du vrai féminisme :

« On ne peut pas d’un côté revendiquer le droit à disposer de son corps et de l’autre proclamer que l’on est seule à décider du destin de milliers de femmes qui n’ont rien demandé. Etre féministe, c’est placer la liberté du choix pour chaque femme en maître mot de toute réflexion. Défendre les droits des femmes, c’est défendre leur liberté d’agir en leur âme et conscience, sans laisser quiconque leur dicter leur conduite ni prétendre détenir une vérité qui ne sera pas la leur. »

Merci.

Anne C dit :

Quel bonheur de vous lire! Je ne suis donc pas seule à penser ainsi. Merci.

dubourg dit :

je n’aurais pas mieux écrit et je suis a 200% d’accord. J’attend également mon second pour dans quelques semaines et j’ai fait le choix de rester auprès de lui et de ma première de 28 mois car je n’ai vraiment pas supporter la séparation et aussi de mettre le salaire de misère que je gagnais dans les frais de garde et de trajet pour aller au travail. Ainsi je vais pouvoir mener un allaitement plus serein, voir mes enfants s’éveiller et cela n’a pas de prix pour une mère qui le décide car que je sache c’est un choix délibéré de rester auprès de ses enfants chacun est libre de faire comme il le sent. Nous sommes 6 amis a avoir eu des enfants sur les deux dernières années et je peux vous assurer que mes 5 amis n’aurait en aucun cas choisi de rester auprès de leurs enfants car elle ne sont pas à l’aise à la maison moi c’est l’endroit ou je m’épanouie le plus et j’ai déjà plein d’idée et de chose en tête à aller partager avec mes enfants, comme l’éveil à la musique, à la lecture être libre de pouvoir amener et chercher ma grande à l’école en septembre 2014 sans quelle ne soit obligé de faire 2h de garderie le matin et 2 h le soir ce que malheureusement connaîtra dés sa première rentrée scolaire car je travaille à 40 km de mon domicile. Alors oui je l’affirme avec fierté j’ai choisit ma famille et surtout de respecter le rythme de mes enfants et surtout je ne voulais pas leur imposer ce rythme de fou que nous impose la société.
Mais vous l’avez si bien dit les caisse sont vides donc commençons par tirer toujours sur les mêmes puisque eux n’ont pas les moyens d’aller planquer de l’argent à l’ombre…..

pluquet dit :

Je suis émue,MERCI pour cette lettre qui j’espère portera ces fruits

le jeune dit :

« Sous prétexte d’égalité, on prône l’égalitarisme » tu as résumé la plupart des débats de société actuels en 6 mots franchement bravo! d’autant que le reste ne dépareille pas ;) bon courage pour la suite tous mes vœux de réussite !

Madidine dit :

Merci beaucoup pour cette lettre… Maman de 5 enfants, travailler serait une ineptie, le peu d’argent que je gagnerais irait dans les gardes! Bravo!!
Le choix, quelque chose qui nous est de plus en plus enlevé ces derniers temps…

sorcieredulogis dit :

Mère au foyer, féministe, j’ai lu ta lettre ouverte et elle m’a beaucoup plu. En fait, j’étais en plein questionnement, parce que mon « inactivité » me pèse et que j’ai beaucoup de mal à la concilier avec mon féminisme. Hier je disais à mon mari « tu penses que l’enfant a foncièrement besoin que sa mère soit avec lui la journée ? Parce que c’est ce que je ressens mais j’arrive pas à expliquer pourquoi ». Merci de m’avoir rassurée. J’avais oublié que plus qu’une construction sociale, c’est le lot de beaucoup de mammifères qu’il y ait une certaine répartition des tâches.

PS : Pour l’argument anti-naturaliste, je suis tombée gravement malade quand mon premier est né, si bien qu’à un mois, il a été pris en charge par son père et que je ne pouvais le voir que quelques minutes par jour. Plus tard, quand j’ai fini mes études, mon mari a été père au foyer quelques temps. Ils ont construit de cette époque un lien très fort qui perdure encore. C’est aussi la nature, de temps en temps, les rôles peuvent s’inverser et c’est salutaire. Mais c’est pas pour ça que dans tous les couples, pour tous les enfants, la norme ce sera l’interchangeabilité.

kvg dit :

Ce ne sont que des considérations financières qui motivent le gouvernement ,il prend l’argent là où il y en a ….et ils savent qu’il n’y aura pas trop de vagues, le complément n’existant nul part ailleurs en Europe . J’ai profité de ce complement pour mes 3 derniers enfants , c’était génial car c’était valorisant et donc émancipateur pour la femme que je suis .
Il y a deux choses qui m’agacent encore aujourd’hui : le fait que les mères au foyer ne forment pas un catégorie socio professionnelle de sorte que lorsque l’on me demande mon statut , je suis toujours dans la case « autres »
et la deuxieme qui m’agacent encore plus c’est que ,sous pretexte que mon mari gagne bien sa vie , la période pendant laquelle j’ai percu le complement n’est pas comptabilisé au titre de mes trimestres de cotisation vieillesse ….alors que par définition la constitution de la retraite est personnelle . A quoi sert le complement s’il faut racheter derrière des trimestre de cotisation :(

C’est un gouvernement socialiste qui avait mis en place ce complément….pourquoi le retirer Monsieur Hollande, les femmes ne méritent elle pas votre considération ? En période de chômage , le systeme vous avait permis de masquer un peu la hausse mais il n’est plus assez significatif ? où est ce comme je le mentionnais plus haut de simples considérations financières ?

Alison dit :

Magnifique lettre, merci !
Je suis mère au foyer, mariée et le peu que j’ai travailél j’ai toujours trouvé des petits job à temps très réduits et le soir pour profiter pleinement de mes enfants toute la journée !
Je suis accro à mes 2 enfants, je me régale à m’occuper d’eux, on s’éclate à mort ! Cette année je fais l’école à la maison pour mon ainée de 5 ans et demi, c’est une tuerie !!
J’aime mon job de mère au foyer, j’aime ma vie de cocoonner mes enfants, leur apprendre ce qu’est la vrai vie et non la vie de capitaliste, de les faire grandir dans la douceur du foyer. Et mes enfants adorent aussi. Pour moi ce projet de loi est un complot machiste, encore une fois pour empêcher les femmes qui le veulent de développer pleinement leur potentiel féminin.

Frater dit :

Je ne vois pas d’incohérence là ou tu penses la déceler. Il me semble que le rôle de l’état est d’investir dans ce qui est socialement utile.
Est-ce que il est socialement utile qu’on ait une natalité elevée? Bien sur que oui, et c’est la raison pour laquelle « on nous abreuve de primes à la naissance, de prestations d’accueil du jeune enfant, on nous incite à enfanter en nous offrant les allocations familiales…. »
Est-ce qu’il est socialement utile que ce soient systématiquement les mères qui s’en occupent, et qui par la même marginalisent la population féminine dans le domaine de l’influence et de l’emploi et privent la société des compétences professionnelles de certaines d’entre elles? Il me semble que non, et que le gouvernement est fondé à ne pas investir dans des mécanismes qui favorisent la perpétuation de ces comportements qui me semblent obsolètes.

Concernant ta situation particulière, je conçois qu’il soit frustrant de travailler à temps plein pour gagner 350€ par mois et qu’on puisse trouver ca saugrenu; mais je pense qu’il fallait voir ça comme une forme d’investissement. Dans un premier temps il faut en effet payer une nounou, mais une fois que ton enfant aurait été assez grand pour aller à l’école tu aurais peut être trouvé que l’investissement en valait la peine. Tu as décidé d’arrête, c’est ton choix, et je ne le juge pas; mais je ne pense pas que continuer à travailler aurait été un choix ubuesque pour autant.

sitefan dit :

Hello Julie!
Comme toujours, tu fais mouche! ???
Bisous à tite Lou et très bonne année à tous les 4 maintenant ? Encore un excellent cru ce 2014, à n’en pas douter! ;)
Bises
Stef

katiafucheykatia_buudpest dit :

Mon mari vient de lire votre artilce… Il est tres géné! la premiere partie sur votre envie de travailler, ou sur le fait que travailler ne sert qu’a payer une nunou démarait bien. Il me semble que c’est d’aillers sur ce plan que les réformes soient necessaires… Votre laius sur la suite, l’allaitement censé durer des années (biologiquement, en comparant a d’autres mamiferes, on serait plutot entre 6 et 9 mois selon…), le fait qu’une mere et un pere ne sont pas interchangeables, que la nature a fait ca comme ca… La nature a aussi fait que bon nombre d’enfants sont abandonnés a la naissance, chez certains animaux ce ne sont pas es parents qui s’occupent des enfants mais la meute… A votre avis quel modele biologique est plus proche du notre ? Mon mari s’occupe de notre fille, parce que financierement c’était plus avantageux. Je me suis arreté le 6 premiers mois (pour l’allaitement), et il prend la suite. Il n’a pas l’impression de casser un quelconque modele biologique, et il n’a pas l’impression d’etre moins utile a notre enfant que moi.
ce qui important ce n’est pas d’etre une bonne femme ou un bon homme. ce qui est important c’est d’avoir le choix. Or dans votre article vous remettez en cause ce choix ! Vous avez fait votre choix, et il ne regarde que vous. Nous, nous n’avions pas le choix de faire autrement, et tres nombreux, et nombreuses n’ont pas la possibilité du choix ! et il me semble qu’avant toute chose, il faudrait rapller que ce qui compte ‘est le choix ! Et cette réforme amorce une solution vers une égalité de droits qui permettrait le choix ! je vous rapelel quand eme: 80% des smicard, sont des smicardees, et 75% des précaires sont des femmes. Ces chiffres sont a eux meme la définition de ce qui est avancé: on a pas le choix ! Alors oui je suis d’accord, certaines femmes préfereraient ne pas avoir a travailler, mais elles y sont obligées, et ce n’est s bien. Pas plus que toutes celles qui aimeraient et ne le peuvent pas. Enfin il n’est pas bien que des hommes comme mon mari se retrovent catalogué par votre article… Oui les hommes au foyer c’est normal ET naturel ne vont en déplaise !

Working Mama dit :

En fait il semblerait que vous n’ayez pas bien saisi ce que vous avez lu car la question de la liberté du choix est justement ce qui conclut mon article. Un argument qui sert de conclusion (en ayant été évoqué sur toute la première partie également, et réparti donc sur environ 2/3 du développement) constitue l’argument majeur dans le développement d’une pensée, c’est ce qu’on apprend en études de littérature concernant le développement argumenté. A – B – A > Thèse – Antithèse – Synthèse. Ma synthèse ne se termine pas sur ce qu’ a prévu la Nature mais bien sur la question du libre choix.

Ensuite il semblerait que vous n’ayiez pas lu non plus la précision en fin de billet qui fait pourtant plusieurs lignes. Je fais remarquer que certaines femmes ont ce besoin de rester auprès de leurs enfants car elles n’imaginent pas d’autre place, qu’elles en ressentent un besoin viscéral, et que c’est leur droit le plus absolu de le dire, de l’affirmer et de le revendiquer. Malheureusement il semblerait que le faire soit interdit sous peine de lire des commentaires comme le vôtre où l’on a l’impression d’avoir ouvert la boîte de Pandorre.

Enfin concernant l’allaitement je vous propose de vous documenter plus sérieusement. L’allaitement de l’humain se situe sur une durée allant de 2 à 7 ans selon les dernières études sur la question, la durée de 6 à 9 mois est un argument de l’industrie pour justifier l’introduction toujours plus précoce des plats préparés notamment et des laits de croissance soi-disant indispensables. La question de l’interchangeabilité, et je vous accorde que j’aurais pu être plus précise en la matière, concerne pour moi essentiellement la première année. Il n’y a d’interchangeabilité possible que depuis l’avènement des laits artificiels et du non-allaitement de masse, autrement dit depuis un peu plus d’un siècle. Avant cela, si la femme partait travailler alors que l’homme restait au foyer, l’enfant passait en situation de survie et risquait fortement la sous-nutrition – sinon la mort – car le tire-allaitement n’était absolument pas envisageable pour des raisons de conservation du lait et des raisons évidentes d’hygiène du matériel utlisé. L’interchangeabilité de l’homme et de la femme auprès de l’enfant, d’un point de vue tout à fait objectif, n’est possible la première année que parce que le progrès (quoique je ne suis pas sûre que le non-allaitement comme norme sociale en soit un pour tout un tas de raison notamment de santé publique mais ce n’est pas l’endroit d’en débattre, du moins pas sous ce billet) a très récemment permis de se passer de l’allaitement maternel. Après la première année, quand l’enfant n’a plus un besoin vital du lait de sa mère, là effectivement on peut parler d’interchangeabilité car la présence de la mère n’est plus indispensable et on passe d’une présence nourricière incarnée par la mère à une présence affective globale qui peut être effectivement prise en charge par tout adulte tant que l’enfant voit ses besoins comblés.

Aujourd’hui, la présence de la mère n’est effectivement plus indispensable dès les premiers jours, cela dit encore faudrait-il le demander à l’enfant et là dessus aucune étude sérieuse n’a démontré ni le fait que les enfants pourraient souffrir de l’absence de leur mère dans le cadre d’un autre adulte protecteur qui le prendrait en charge, mais aucune n’a démontré non plus que ça n’avait aucun impact. Les parents dont la mère travaille affirmeront une absence évidente d’impact, les autres se poseront des questions. Un partout, balle au centre, personne n’a tort ni raison puisqu’on ne sait tout simplement pas ce qu’il en est scientifiquement parlant.

Vous soutenez que cette réforme permettra le choix, vous semblez l’avoir mal comprise. Elle permettra à celles qui ne souhaitent pas rester au foyer – et c’est leur droit le plus total – d’affirmer ce choix, mais obligera par là même toutes celles qui souhaitaient élever elles-même leurs enfants à quitter leur maison sans quoi elles seront fiscalement sanctionnées. Relisez bien mon dernier paragraphe sur le féminisme, la liberté du choix, etc. C’est exactement ce que je défends et je trouve dommage que votre commentaire occulte volontairement tout cela pour justifier votre propre situation.

Cordialement.

colonnese dit :

Bonjour Katiafucheykatia_buudpest,

Concernant la durée naturelle de l’allaitement chez l’homme, quelles sont vos sources?
Car j’ai beau chercher, je ne trouve rien de cet ordre là (hormis chez Parent magazine et autres Biba…)

Allez, vous me donnez des liens, -des vrais, des études, des statistiques, pas du travail de journaliste d’une heure ni de pédopsy paternaliste- et je vous en donne autant en retour.

1, 2, 3, partez!

Les recherches d’une anthropologue très connue outre-Atlantique (autrement dit, quelqu’un dont c’est le métier)

Maia dit :

Je suis désolée Working mama, j’ai bien aimé votre article et je partage le fait que la liberté c’est aussi la liberté de cesser de bosser pour se consacrer à ses enfants, mais arrêtez de dire que la réforme suppose que ce sera « fiscalement sanctionné ». Ce sera fiscalement neutre alors qu’aujourd’hui c’est fiscalement récompensé, c’est-à-dire que travailler est fiscalement sanctionné pour toutes les femmes qui ont la malchance d’avoir un boulot peu lucratif.
Faut arrêter, on met fin à une niche fiscale pour des raisons évidentes de manque de pognon et c’est hypocrite de ne pas le dire. Mais on ne sanctionne personne.

Lili-One dit :

AMEN, j’approuve et plussoie.

Jessica Tagliaferro dit :

bravo, joliment dis pour ceux qui se poserai des questions encore sur cette reforme pour moi elle sert a ce qu’ils se remplissent les poches ( pour ne rien changé et les gardé pour eux) et de deux pour faire des moutons. ( en gros pendre nos enfants en institution très tôt, pour les formater a leur idéalisation afin que les générations a venir soient lobotomiser et de se fait facilement métrisable prenez le temps de réfléchir a cela avant de défendre cette mesure; de cette belkacem.) je trouve que certain manque de réflexions personnel. un peu de philosophie et de réflexion serais opportun pour certains

rivendellv dit :

Quitte à répéter ce que d’autres ont déjà dit, je vous remercie pour cette magnifique lettre à Madame la ministre des droits des femmes !
Vos mots expriment de manière limpide tous les sentiments qui m’animent ! Je serais également d’avis, comme quelqu’un l’a suggéré, d’en faire une pétition, afin que notre voix soit ( peut-être) entendue

christelle dit :

là c’est d’une ministre des droits de la mère dont on aurait besoin… nous ne sommes plus à un ministre près :-(

Pascale dit :

Merci pour cette lettre, je suis heureuse de voir que je ne suis pas seule a penser comme vous!

En entendant parler de la réforme j’ai bien comme vous pensé au faite que le gouvernement nous prend vraiment pour des vaches à lait et imbéciles de surcroît. Mais il y a aussi toute cette dimensions d’égalité et d’égalitarisme dont vous parler qui est si juste et que je retrouve avec peine beaucoup trop souvent dans ma vie de maman (l’école doit être le berceau de l’égalitarisme et de l’inégalité ).

Je trouve qu’a force de vouloir être au dessus de règne animal on en vient à nier nos origines et les besoins qui pourrait en découler, comme si tout ce qui nous rapprochait d’une nature animal était sale et malsain.

On préfère nier nos instincts (quand on en à, ce qui n’est pas une obligation) et assumer les conséquences en « Homme » civilisé, en verbalisant chez le psy par exemple ou en adoptant un comportement addictif quelconque.. Parce qu’on ne saurait reconnait la bête qui est en nous, n’est ce pas, ce n’est pas raisonnable une bête…

Pourtant je trouve que d’être supérieurement évolué reviendrait à accepter nos instincts et à leurs donner le moyen de s’exprimer ou d’être entendue dans le respect des autres et des lois ca va de soit.

Je trouve que bien des fois nier ces besoins profonds, c’est se rendre bien malheureux et c’est surement ça qui nous rend malsain au final.

Caroline dit :

Bravo, une lettre extrêmement bien écrite et explicite, j’adhère complètement, étant enceinte de 5 mois et sachant déjà que je devrai laisser mon enfant âgé de seulement 3 mois à une inconnue, cela me déchire le coeur par avance…
Si seulement nous avions toutes le courage et les mots pour nous exprimer ainsi et pouvoir espérer faire bouger les choses…
Merci Julie!

folamie dit :

Je suis un peu surprise d’être une de celles qui n’est pas en accord avec cette lettre.
Premièrement vous parlez de maternage, dont on dirait qu’il est incompatible avec une activité professionnelle. Ayant allaité mes jumeaux jusqu’à leur 11 mois et alors que je travaillais, je ne pense pas que cela soit incompatible… Ils sont d’ailleurs toujours portés par leur papa ou par moi même, et nous avons convenu avec notre nounou d’éduquer les enfants selon les principes de la discipline positive.
Ensuite, vous semblez partir de votre situation personnelle pour en faire une sorte de principe…Alors…. prenons aussi mon histoire personnelle. Fille de commerçants, j’ai été élevée aussi bien par mon père que par ma mère. Fille de commerçants, j’ai toujours pensé que lorsqu’on devenait son propre patron, on faisait un choix…cela impliquait forcément des sacrifices (comme tout choix d’activité professionnelle ou chois d’absence d’activité professionnelle). Alors à titre personnel, j’ai fais le deuil d’une activité professionnelle libérale pour entrer dans un monde salarié, à environ 40 heures par semaine.
Malheureusement pour mes enfants, leur papa, mon cher mari, doit faire deux heures de trajet, pour rejoindre son lieu de travail. Ce qui veut dire que, si lui n’avait pas pris un temps partiel, non seulement j’aurai été seule, pour m’occuper de mes enfants chaque jour, mais en plus, mon mari n’aurait jamais été au côté de ses enfants, et ainsi, n’aurait pu prendre part à leur éducation. Ainsi tous les mercredis, c’est lui qui les passe auprès des enfants.
Après 20 mois d’expérience et de l’avis de notre nounou (ils y restent environ 40 heures par semaine, 40 semaines par an) et de nos proches, nos enfants semblent extrêmement équilibrés, car ils bénéficient de temps avec leur maman et leur papa.
Alors oui, quand j’ai entendu cette proposition, Je me suis dis qu’elle était très progressiste pour la famille et pour le bien être des enfants.
Comme quoi d’une même intention, « le bien être des enfants », nous en venons à une conclusion différente…. Il n’est pas nécessaire que ce soit à la maman de rester auprès de ses enfants pour faire en sorte qu’ils se sentent bien. Ce qui compte c’est que les parents se sentent bien dans l’organisation qu’ils ont choisi. Ainsi, si un troisième arrive, nous pensons que je prendrais environ 8 mois auprès de lui et que mon mari prendra un congé parental ensuite, pour rester auprès de nos enfants.
J’attire enfin votre attention sur les dangers de votre écrit…..en effet à la lecture des commentaires, j’ai vu arriver sur votre blog, des pensées archaïques, de conservateurs extemistes (à mon sens)…
Merci d’avoir partagé votre avis, et de prendre en considération le mien.

Working Mama dit :

Bonjour, merci pour votre message. Je ne peux pas sous-entendre que maternage et travail sont incompatibles car j’allaite toujours et porte toujours ma fille de 22 mois en ayant arrêté de travailler seulement depuis septembre, et il s’est passé plusieurs mois pendant lesquels elle était gardée plus de 40h par semaine sans que ça n’ait jamais compromis ni l’allaitement ni le portage, nous sommes une famille où le maternage est considéré comme proximal et ce même quand nous étions tous les deux au boulot. Ensuite oui tout à fait c’est ma situation personnelle que je décris dans ce billet car si l’on parle de choix, on parle de fait des situations uniques et propres à chacun que l’Etat ne peut maîtriser et pour lesquelles, de fait, il ne peut imposer de schémas universellement bénéfique.
Concernant les commentaires à vision archaïque, ce n’est malheureusement pas la nature du billet qui les imposent. Un peu plus loin vous trouverez un article sur le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps notamment via le droit inconditionnel à l’IVG et en terme d’archaïsme, ce qu’on y lit aurait explosé tous les compteurs si je n’avais pas largement modéré les commentaires, entre insultes, mépris et autres manifestations de haine moyenageuses.

Il ne faut pas déformer mes propos. On voudrait interdire le fait de dire que des femmes ressentent un besoin physiologique de rester auprès de leurs enfants et ce en dehors de tout stéréotyope social. C’est pourtant ce que j’ai vécu, j’en parle donc, et beaucoup d’autres peuvent en parler aussi, je ne vois pas où est le mal de dire cela et je suis 100% à l’aise avec cette position.Qu’elle puisse être instrumentalisée ensuite pour maintenir de force les femmes au foyer j’en conviens, mais je ne suis pas de ces gens-là, loin de là. Je milite activement pour le droit à l’IVG, notamment, qui me semble être la paroxysme de la lutte contre la soumission des femmes à l’ordre social. Vous dites vous même penser prendre 8 mois auprès de votre éventuel prochain bébé, j’imagine pour des raisons d’allaitement et de maternage qui pourraient certes être interchangées avec le père, mais en optant alors pour d’autres choix. C’est d’ailleurs la durée que j’ai expérimentée lors de mon premier enfant avant de reprendre le travail.

Mais mon ressenti à moi c’est que tant que je peux assumer ce que mon corps a prévu pour mon enfant, à savoir notamment l’allaitement, je n’éprouve pas la nécessité ni sociale, ni politique d’en partager le fonctionnement sous prétexte d’égalité homme/femme. Après chacune fait comme elle l’entend, mais en ce qui me concerne, au moins la première année où l’allaitement est intensif, je considère que ma place et mon rôle n’est pas au travail mais à la maison pour assurer ce rôle temporaire que la grossesse puis l’accouchement m’ont conférée, et je suis vraiment hyper à l’aise avec ça, je n’en ressens aucune forme ni de soumission sociale, ni de soumission maternelle. Je ne demande pas aux autres femmes de le ressentir ainsi, simplement et on le voit dans les commentaires je suis loin d’être la seule à le vivre de cette façon. Nous avons aussi le droit de faire entendre cet état de fait autant que celles qui considèrent que tout est interchangeable. Tous les choix de vie sont valables et défendables, tant qu’ils restent des choix.

mary gagy dit :

je pleure, je laisse mon bebe comme tu l as fait… bref je ne reviens pas sur les frais… je suis dechiree et triste…. je n aurais pas dit mieux,tu as dit tout haut ce que mon coeur pense sur mon droit et mon besoin de femme et de maman. continues :-)

Caroline dit :

Complètement d’accord ! merci c’est très bien écrit!
Je l’ai partagé sur Facebook.
Et je suis en train de me dire, sans avoir assez d’envergure, qu’il serait bon que nous nous fassions entendre, par ex le 8 mars, journée de la femme !!!!! qu’en pensez-vous vous qui êtes tout-à-fait pour que la femme ait le choix, la liberté ?

Working Mama dit :

Message pour LadyMarlène qui ne verra donc pas son commentaire s’afficher : si vous souhaitez exprimer un désaccord, faites le au moins sans agressivité et sans mépris. On peut ne pas du tout adhérer à un concept mais pour autant s’exprimer sans agresser directement celui qui ne pense pas comme nous ni mépriser sa façon de penser. En conséquence, votre commentaire ne sera pas publié.

Merci.

Aurélie dit :

C’est un très beau texte qui me parle bien… Je vis en Belgique et la situation n’est pas vraiment comparable fiscalement, mais au niveau des préjugés/habitudes/cultures au niveau de la conciliation vie privée/vie familiale oui.
J’ai fait une étude à l’université sur la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale et le rapport avec les femmes au pouvoir. A l’époque, étant sans enfant, je me considérai comme ambitieuse et plaidait le fait que la maternité ne devait pas empêcher les femmes d’accéder à des postes à responsabilité et que l’on se devait de mettre en place des systèmes mieux pensés permettant aux femmes de concilier le tout (que ce soit mode de garde, temps partiel, mais aussi meilleure éducation fille-garçon car les stéréotypes sont encore nombreux). J’avais pris l’exemple des pays scandinaves qui sont des modèles dans ce domaine. Sans le savoir, je me plongeais à bras ouvert dans la problématique « tu es une travailleuse, une mère et tu assumes en te battant d’avantages », parce que je ne savais pas que c’était bel et bien un combat.
A présent, j’ai un enfant et suis enceinte du 2e. Je me suis vite aperçue que mon ambition a été en chute libre et que j’avais d’autres priorités. Pour autant, la problématique « tu assumes et tu te tais », elle est bien là.
Mon premier garçon a 19 mois et je suis restée avec lui les 6 premiers mois avant de reprendre le travail la mort dans l’âme. J’ai prolongé mon congé maternité car je voulais bien installer ma lactation et ne pas compromettre mon allaitement en reprenant le travail. J’ai finalement allaité 17 mois et le sevrage a eu lieu tout naturellement car j’attends mon 2e enfant pour le mois de mai. J’ai eu beaucoup de difficultés à assumer ma reprise du travail car je ne pouvais pas considérer de donner l’argent de mon labeur à une femme pour qu’elle s’occupe de MON enfant. Mais c’est ainsi pourtant… A cette époque, une collègue à qui j’avais parlé de ma difficulté d’être séparée de mon enfant m’a dit : « réfléchis, aurait-il été plus heureux ou épanoui s’il avait eu sa maman non stop avec lui durant toutes ses premières années ? » Et bien, effectivement je n’en suis pas convaincue. Le fait de travailler n’a pas empêché un allaitement réussi et une éducation bienveillante, mon petit bonhomme est épanoui et en avance pour son âge.
Pourtant, le problème n’est pas là : nous vivons dans une société moralisatrice et pleine de pression pour les femmes. Le système en place (que ça soit en France ou en Belgique) ne permet pas de respecter le maternage proximal. Si une personne fait le choix de rester avec ses enfants, elle devra en subir les conséquences financières et sur sa carrière également. Mais si une personne fait le choix de travailler, elle devra également en subir les conséquences. J’ai la chance, en travaillant pour le service public, d’avoir un temps partiel qui me permet de rester un jour par semaine avec mon enfant à la maison. Financièrement, je perds un peu mais mon salaire reste plus qu’acceptable. Mais, pour cela, je dois assumer ma charge de travail sur 4 jours au lieu de 5 car la charge en elle-même ne diminue pas. Je dois assumer aussi de faire des journées plus longues, et courir le matin et le soir et de prendre des jours de congé pour garder mon enfant lorsqu’il est malade. Je dois assumer d’être séparée de mon enfant 11 heures par jour et de ne le voir qu’une heure ou deux le soir. Je dois assumer également lorsqu’on me dit que si je veux un poste à responsabilité, je dois retravailler à temps plein. Comme si une mère, une femme ne pouvait pas fournir un travail aussi acceptable qu’un homme en se mordant les jours et en travaillant d’avantage les jours où elle est là. Je dois assumer, à présent, d’aller travailler en étant enceinte de 7 mois, d’être fatiguée, d’avoir mal partout et d’entendre « accroche toi, on a besoin de toi jusqu’au bout ». Les pressions faites aux femmes sont énormes, cela ne devrait pas exister. De ce point de vue là, les hommes sont bien tranquilles.
Oui les hommes peuvent aussi être paternants et ils le font très bien, mais combien d’hommes peuvent se vanter d’avoir un patron ouvert qui accepte le fait qu’ils travaillent à temps partiel ou passent du temps avec leurs enfants ? Très peu malheureusement et le problème se situe là. Le choix doit être propre au couple, et je suis d’accord, mais il sera toujours lié à la mentalité des subordonnés et, finalement, de la société actuelle. De cette façon, la boucle est bouclée : les femmes s’occupent des enfants parce que, même si leur homme mourrait d’envie de le faire, on ne le leur permettra pas.
C’est un très beau texte qui me parle bien… Je vis en Belgique et la situation n’est pas vraiment comparable fiscalement, mais au niveau des préjugés/habitudes/cultures au niveau de la conciliation vie privée/vie familiale oui.
J’ai fait une étude à l’université sur la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale et le rapport avec les femmes au pouvoir. A l’époque, étant sans enfant, je me considérai comme ambitieuse et plaidait le fait que la maternité ne devait pas empêcher les femmes d’accéder à des postes à responsabilité et que l’on se devait de mettre en place des systèmes mieux pensés permettant aux femmes de concilier le tout (que ce soit mode de garde, temps partiel, mais aussi meilleure éducation fille-garçon car les stéréotypes sont encore nombreux). J’avais pris l’exemple des pays scandinaves qui sont des modèles dans ce domaine. Sans le savoir, je me plongeais à bras ouvert dans la problématique « tu es une travailleuse, une mère et tu assumes en te battant d’avantages », parce que je ne savais pas que c’était bel et bien un combat.
A présent, j’ai un enfant et suis enceinte du 2e. Je me suis vite aperçue que mon ambition a été en chute libre et que j’avais d’autres priorités. Pour autant, la problématique « tu assumes et tu te tais », elle est bien là.
Mon premier garçon a 19 mois et je suis restée avec lui les 6 premiers mois avant de reprendre le travail la mort dans l’âme. J’ai prolongé mon congé maternité car je voulais bien installer ma lactation et ne pas compromettre mon allaitement en reprenant le travail. J’ai finalement allaité 17 mois et le sevrage a eu lieu tout naturellement car j’attends mon 2e enfant pour le mois de mai. J’ai eu beaucoup de difficultés à assumer ma reprise du travail car je ne pouvais pas considérer de donner l’argent de mon labeur à une femme pour qu’elle s’occupe de MON enfant. Mais c’est ainsi pourtant… A cette époque, une collègue à qui j’avais parlé de ma difficulté d’être séparée de mon enfant m’a dit : « réfléchis, aurait-il été plus heureux ou épanoui s’il avait eu sa maman non stop avec lui durant toutes ses premières années ? » Et bien, effectivement je n’en suis pas convaincue. Le fait de travailler n’a pas empêché un allaitement réussi et une éducation bienveillante, mon petit bonhomme est épanoui et en avance pour son âge.
Pourtant, le problème n’est pas là : nous vivons dans une société moralisatrice et pleine de pression pour les femmes. Le système en place (que ça soit en France ou en Belgique) ne permet pas de respecter le maternage proximal. Si une personne fait le choix de rester avec ses enfants, elle devra en subir les conséquences financières et sur sa carrière également. Mais si une personne fait le choix de travailler, elle devra également en subir les conséquences. J’ai la chance, en travaillant pour le service public, d’avoir un temps partiel qui me permet de rester un jour par semaine avec mon enfant à la maison. Financièrement, je perds un peu mais mon salaire reste plus qu’acceptable. Mais, pour cela, je dois assumer ma charge de travail sur 4 jours au lieu de 5 car la charge en elle-même ne diminue pas. Je dois assumer aussi de faire des journées plus longues, et courir le matin et le soir et de prendre des jours de congé pour garder mon enfant lorsqu’il est malade. Je dois assumer d’être séparée de mon enfant 11 heures par jour et de ne le voir qu’une heure ou deux le soir. Je dois assumer également lorsqu’on me dit que si je veux un poste à responsabilité, je dois retravailler à temps plein. Comme si une mère, une femme ne pouvait pas fournir un travail aussi acceptable qu’un homme en se mordant les jours et en travaillant d’avantage les jours où elle est là. Je dois assumer, à présent, d’aller travailler en étant enceinte de 7 mois, d’être fatiguée, d’avoir mal partout et d’entendre « accroche toi, on a besoin de toi jusqu’au bout ». Les pressions faites aux femmes sont énormes, cela ne devrait pas exister. De ce point de vue là, les hommes sont bien tranquilles.
Oui les hommes peuvent aussi être paternants et ils le font très bien, mais combien d’hommes peuvent se vanter d’avoir un patron ouvert qui accepte le fait qu’ils travaillent à temps partiel ou passent du temps avec leurs enfants ? Très peu malheureusement et le problème se situe là. Le choix doit être propre au couple, et je suis d’accord, mais il sera toujours lié à la mentalité des subordonnés et, finalement, de la société actuelle. De cette façon, la boucle est bouclée : les femmes s’occupent des enfants parce que, même si leur homme mourrait d’envie de le faire, on ne le leur permettra pas.

Aurélie dit :

Oups mon texte s’est copié en double…

Céline dit :

Bonjour Julie,
Sur beaucoup de sujet dans ton blog je ne te suis pas à 100 pourcents, mais là pour le coup je me retrouve complètement dans cette lettre. J’avais également le projet d’entrepreneuriat que j’ai mis de côté pour me consacrer pleinement à mes deux enfants. J’attends que le dernier, qui a 3 mois maintenant, aille à l’école pour lancer ma petite entreprise. Etre à la maison à s’occuper des enfants ne veut pas dire que je renonce à mes projet personnel, bien au contraire, ça me donne le temps de les cogiter.

Il ne faut pas oublier que nous sommes pas fait pour vivre dans le même moule Madame la Ministre !

Justme dit :

Un grand bravo pour cet article! De notre coté, nous allons être parents en juillet et il nous couterait plus que mon salaire pour faire garder bébé (journées de travail de 12h plus transport sans compter les heures sup et le travail le week end pour les deux parents), et puis le monde du travail me dégoute de plus en plus et je préfère m’occuper moi même de l’éducation des futurs mini-nous! Et puis, le gouvernement trouve qu’il y a trop de chômeurs, et la ils vont en rajouter un bon paquet!

Le projet de loi de Marine Le Pen était bien plus intéressant: il consisté à verser un minimum au parents qui reste au foyer, et si ce projet là voyez le jour je ne doute pas qu’il y aurait bien plus de parents au foyer qu’à l’heure actuelle.

Yahia dit :

Je suis un homme, et je me réjouis de voir qu’il y a quand même des femmes qui se réveillent face à la dictature de ce pseudo-féminisme bien-pensant. La notion même de féminisme me dérange, j’aimerais qu’on commence à parler d’humanisme, non seulement parce que ces sujets ne concernent pas uniquement les femmes, mais aussi car ce n’est pas non plus du monopole des femmes ou de la féminité de revendiquer les idéaux indiqués dans ce texte.

Nathalie dit :

Excellent !!!!!! .Tout ce que vous dites est parfaitement juste.Où peut-on trouver cette pétition si elle existe toujours ?.
Merci

prodhomme dit :

Je suis fille d une ass mat et je viens chez elle et je constate son tavail!!!et bien ma foi c est très prenant surtt au vu des responsabilités et du salaire de misère!vous critiquer le système des ass mat mais, sauf erreur de ma part, si vous touchez les 182E vous avez aussi l aide de 288E!!!dc cela vous revient a 150E avec un crédit d impot de moitié!!!dc 75E par moi sur un salaire de 1000E arf c est pas la mère à boire!!!comment faites vous pour tenir ce blog si vous dites ne pas avoir de temps pour vos enfants!!!bref votre lettre est erronée et induit en erreur vos lecteurs pour ce qui concerne les ass mat!
cdt

Chatelus Amandine dit :

Bonjour,

Je viens de lire votre lettre et je suis en accord total sur la pression sociale et fiscale qui est faite aux femmes sur le travail. Aujourd’hui j’attends un bébé 2 et je suis malade à l’avance de savoir que je ne pourrais pas rester avec lui plus de 3 mois comme je l’ai fait (10 mois) pour la première.
J’ai des contraintes un peu différentes car je travaille dans une société familiale et comme personne ne peut me remplacer c’est un véritable déchirement que de devoir consentir ce sacrifice.
Je comprends les mamans qui veulent vite retourner travailler, mais le choix devrait nous appartenir sans contraintes financières ou préjugés déplacés. Revendiquons le droit d’être Mère comme on est salariée car, après tout, c’est et ça restera le plus beau métier du monde.

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