Un juste milieu

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Hier, France 2 a fait bouillir mon cerveau.

Sylvie Testud était l’héroïne de l’émission « Rendez-vous en terre inconnue ». Elle se rendait au Tchad, dans le clan des Goranes, tribu nomade du désert. Durant ce séjour, elle a tissé des liens forts avec une femme, enceinte de 8 mois, avec laquelle elle a longuement échangé sur l’accouchement, la naissance, l’éducation des enfants. Cette femme, enceinte de son 4ème enfant, s’étonnait par exemple que nous les françaises n’emmenions pas notre enfant au travail en le portant sur notre dos. Mais un échange m’a bouleversée entre tous:

« Et tu accouches avec qui? »
« Avec personne. J’appelle les autres une fois que j’ai coupé le cordon »
« oÔ »
« Ce n’est pas comme ça chez toi? »
« Heu…non. On accouche à l’hopital, avec tout le monde. Mais donc personne ne t’aide? »
« Mais je n’ai pas besoin d’aide… »

Même GrosChéri, qui bien qu’habitué à m’entendre m’interroger sur la parentalité, l’éducation, n’est pas du tout aussi prompt que moi à capter ce genre de choses, a relevé la tête de son jeu vidéo pour me dire « et ben dis donc, ça fout une claque ça quand même un peu… »

Une claque, c’est le mot je crois. Alors que cette femme disait qu’elle n’avait pas besoin d’aide, on lisait sur le visage de Sylvie Testud un ahurissement profond. L’espace d’un instant, cette femme du désert l’extirpait des protocoles occidentaux pour lui rappeler que oui, les femmes savent accoucher seules, et y arrivent, partout à travers le monde.

Nous l’avons pourtant oublié.

En Occident, force est de constater que l’accouchement aujourd’hui, dans la globalité de l’acte, a plutôt tendance à déposséder la femme de ce moment si particulier, à la faire douter de sa capacité à enfanter sans aide et, en allant plus loin, d’élever ses enfants sans conseils. La machine est seule voix de vérité, le médecin est seul détenteur du savoir. La femme elle attend, s’exécute, et subit sans pouvoir les refuser une batterie d’examens et de protocoles tous plus envahissants les uns que les autres. Même quand cela est fait avec toute la bonne volonté du monde, la femme est souvent niée dans son corps, parfois dans sa douleur, souvent dans son ressenti.

Lorsque j’ai accouché de ma fille, l’un des souvenirs les plus marquants qu’il me reste est l’engagement de ma fille dans mon bassin. Je l’ai sentie, très fortement, grâce à une péridurale extrêmement bien dosée qui m’a permis de tout gérer moi-même. J’ai appelé la sage-femme et lui ai demandé de re-contrôler mon col car je sentais que ma fille arrivait, et que les poussées dans mon bassin étaient très intense. La première réponse qu’elle me donna fut « mais non, c’est votre premier, vous en avez jusqu’à au moins 4h du matin! ». J’ai insisté, elle a finalement accepté…pour constater qu’elle pouvait toucher les cheveux de mon bébé. 15 minutes plus tard, ma fille était née.

A cet instant je me suis sentie niée. J’affirmais – à raison! – que ma fille arrivait, et tout ce que l’on me répondait, c’est que je me trompais. Que c’était mon premier, et que donc je ne savais pas. Chez certaines femmes, la péridurale est tellement forte que ce sont les sages-femmes qui doivent informer la mère qu’une contraction arrive. Quand c’est la mère elle-même qui l’a choisi, pourquoi pas. Mais quand ce n’est pas le cas? On supprime à la mère toute possibilité d’accoucher seule. On l’accouche, elle n’est que passive, et le corps médical fait tout. Comme si elle était incapable, ce qui de fait devient la réalité: la sur-médicalisation de l’acte lui ôte toute capacité à ressentir ce que lui dicte son corps, et les médecins prennent alors le relais pour faire à sa place ce qu’elle aurait pu – et dû – faire elle-même.

Qu’on ne se trompe pas de débat.

Il n’est pas question ici de remettre en cause l’accompagnement médical en tant que tel. Le progrès fait qu’aujourd’hui, les femmes peuvent donner la vie sans risquer de perdre la leur, et le reportage ne dit pas combien de femmes et de nouveaux-nés meurent en couche dans ces coins reculés du désert. La question, ce n’est pas tellement de savoir si donner naissance seule est dangereux, si on risque de mourir, si le bébé risque d’y mourir aussi. Mais simplement de souligner que dans notre culture moderne, la sur-médicalisation de l’accouchement nie la plupart du temps la capacité des femmes. On part du principe que sans l’équipe médicale, elle n’y arrivera pas. Que sans l’aide du médecin, elle n’y arrivera pas. Que si on ne lui dit pas quand pousser, elle n’y arrivera pas. Alors que ça devrait être l’inverse! On devrait partir du postulat que la femme sait ce qu’elle a à faire, et rester présent pour intervenir si besoin. Aujourd’hui, on intervient de toute façon, que la grossesse et le travail présentent des risques ou pas, au nom du principe de précaution.

La question n’est pas de dire que médicaliser l’accouchement et la grossesse est une mauvaise chose. Mais de dire que peut-être on pourrait médicaliser autrement.

Faire confiance aux femmes, à leurs ressentis profonds. Les laisser gérer elles-même ce moment là car c’est leur corps, et personne n’est mieux placé qu’elles pour savoir ce qu’elles ressentent.

Alors, tout le monde accouche à la maison?

Pas forcément, mais on pourrait, comme le font les maisons de naissance, recréer un univers apaisant même à l’hôpital, en faisant attention au volume sonore, à la lumière, au nombre de gens présents dans la pièce. Ecouter les besoins de la femme en premier lieu: que lui dit son instinct? A-t-elle besoin de musique, de calme, de présence, de lumière, de pénombre? Michel Odent, obstétricien français réputé et expatrié au Royaume Uni, évoque cela et affirme que les complications de l’accouchement aujourd’hui résultent bien plus de l’environnement sur-médicalisé qui nuit profondément au déroulement de la naissance, qu’à un quelconque problème physiologique de la mère. Il souligne que la femme est un mammifère, et que quand elle aurait besoin d’obscurité ou de pénombre, on lui donne des néons. Que quand elle aurait besoin de discrétion et d’apaisement, on lui donne trois, quatre, parfois cinq personnes criant « allez encore encore encore encore poussez encore encore encore ».

Il souligne que cet environnement crée des décharges d’adrénaline chez la mère, alors même que l’adrénaline est reconnue pour empêcher la production d’ocitocyne, hormone phare de l’accouchement. Alors, le travail se complique, dure, et pour le faciliter on injecte des hormones de synthèse censées booster l’événement. Ces même hormones empêchant la sécrétion naturelles d’autres hormones nécessaires à la naissance, et on rentre ainsi dans un cercle vicieux où le résultat est toujours le même: heureusement que l’équipe médicale était là, sinon comment cela ce serait-il terminé?

La solution ne serait-elle pas, certes d’offrir à la femme la sécurité qu’elle souhaite, l’assurance d’une intervention rapide et efficace en cas de problème, mais surtout d’arrêter la sur-enchère quand on constate que cette sur-enchère est trop souvent responsable, pour tout ou partie, des interventions médicales devenues la norme de l’accouchement occidental? Episiotomie, forceps, ventouse…et si une nouvelle approche de la naissance, avec une équipe prête à intervenir mais absente de la pièce, avec une femme respectée dans sa volonté, dans sa douleur, dans son ressenti, permettait de réduire drastiquement les complications devenues si habituelles dans nos sociétés modernes?

La Hollande comme modèle?

Aux Pays-Bas, un accouchement sur trois se déroule à la maison. Un sur trois! Et le taux de mortalité péri-natal est pourtant inférieur au taux français où l’accouchement en hôpital représente 97% des naissances. Quelles conclusions en tirer?

Dans l’imaginaire collectif, l’accouchement à la maison est fantasmé. C’est un truc un peu baba cool, on accouche dans sa baignoire ou sur son lit avec pour seule aide un linge et une bassine d’eau chaude. En France, parler d’accouchement à domicile revient à faire preuve d’inconscience, toujours au nom du principe de précaution.

Sauf que. L’accouchement à domicile est évidemment soumis à des règles (grossesse non pathologique, absence de risque foetal pendant la gestation, bonne présentation du bébé…). l’AAD est accompagné par des sage-femmes, reconnues, diplômées, et équipées en matériel.

Toujours en Hollande, lorsque la femme demande à accoucher en milieu hospitalier alors que rien ne l’impose médicalement, elle paye elle-même son accouchement.

Tout cela porte haut la réflexion que l’on peut encore mener sur la naissance en France. La sur-médicalisation est-elle vraiment une bonne chose? Dans quelle mesure est-elle responsable des incroyables difficultés que certaines femmes rencontrent pour accoucher, et des séances de travail qui durent à n’en plus finir? Aujourd’hui, deux tiers des primipares françaises subissent une épisiotomie. Est-ce vraiment nécessaire, ou bien est-ce, comme on le reconnaît de plus en plus, pour faciliter et accélérer le travail de l’équipe soignante? Et si c’est effectivement cette raison qui prime, peut-on vraiment accepter comme une norme que, pour améliorer le confort des médecins et la sécurité de l’accouchement, la femme doive être à ce point meurtrie dans sa chair, et découpée par convenance?

Pour aller plus loin, je vous invite à lire ce document de l’INPES: Accoucher à domicile, comparaison France/Pays-Bas (www.inpes.sante.fr/slh/articles/391/05.htm).

Bonne lecture :)

VOS MESSAGES
52 commentaires
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Loupy dit :

Réflexion assez intéressante en effet, car l’hôpital, avec toute la sécurité qu’il apporte, ne pourra jamais répondre à nos besoin en tant que futures mères, sur le point d’accoucher, ayant besoin plus que jamais qu’on nous écoute.

Oriane dit :

Cela dépend aussi des hôpitaux… J’ai accouché dans une clinique de niveau 2, et pas spécialement réputée pour son côté nature. Mais j’ai eu une gynécologue et une sage-femme formidables, qui ont su m’accompagner sans m’imposer une sur-médicalisation (pourtant primipare, je n’ai même pas eu de péridurale).
Mais j’avais eu la chance de côtoyer une association qui informait les mères sur la naissance, le côté physiologique et la médicalisation, et surtout sur le fait qu’on pouvait se faire entendre, faire des choix, via le projet de naissance, la discussion avec les équipes médicales.
Je pense que le problème vient aussi de ce manque d’information des futures mères, à qui ont dit que le protocole, c’est comme ci ou comme ça, et qui n’imaginent même pas que l’accouchement pourrait se vivre autrement…

Titia dit :

Superbe article encore une fois !

Working Mama dit :

Merci :)

Julie dit :

Coucou, je suis totalement d’ accord avec toi. J’ ai eu 3 accouchements et tous les 3 ont été différents car je les ai géré différemment.
La 1ère fois, je suis arrivée dès le début du travail à la maternité, J’ ai eu le droit à une perf pour accélérer l accouchement + péridurale très forte. Au final, je ne sentais plus rien, ils ont dû sortir ma fille d’ urgence car elle était en souffrance et moi, ben , je gérais rien du tout.
Pour le second, j y suis allée après la perte des eaux, j’ ai demandé une péri douce, j ai vraiment profité de mon accouchement, les sages femmes m ont même laissé le sortir.
Quand au dernier, avec 2 petits avant, je suis partie au dernier moment. Je ne voulais plus d un accouchement trop médicalisé. Arrivée à la mat j’ ai accouché 10 min plus tard encore en salle de travail. c’ était un accouchement intense.
Par contre, je ne regrette pas d être allée à la maternité car il y a eu quelques soucis à la naissance mais ça, c’ est une autre histoire.
Voilà, c’ était long mais je pense qu’ un accouchement est naturel, c’ est vrai mais ce n’ est pas anodin et les risques sont là. Merci.

Gwen dit :

Très bel article!

Même si mon accouchement a été provoqué pour cause de suspiscion (^^) de pré-éclampsie, je l’ai adoré!
On était seul avec ma gyné et une sage femme. La sage femme écoutait le coeur entre 2 poussées sinon n’avait aucun rôle à tenir.
La gyné ne faisait que regarder l’arrivée et parlait un minimum. Lumière uniquement sur l’ouverture (^^) et non sur mon visage, pièce uniquement éclairée par la lumière du jour, elle même tamisée par des fenetres opaques.
Périduale très bien dosée qui me permettait de savoir quand pousser et sentir la poussée et l’arrivée de ma puce. Pas d’épisio, pas de ventouse, pas de quoi que ce soit.. Le pied pour moi!

Eliza est arrivée dans le calme! Pas de « Oooooh » de SF hystérique, que du discret :)

J’y retournerais bien moi!

Princesss dit :

Ca me fait plaisir de lire un accouchement qui ressemble au mien, je lis et j’entends tellement de femmes qui ont été dépossédées de ce moment, ça me fend le coeur.

En tout cas une chose est sure, si je dois avoir un deuxième enfant, je retournerai dans ma maternité!

Working Mama dit :

Ici aussi, malgré le déclenchement, le faux-travail abominable, tout ça, j’ai aimé mon accouchement et l’équipe a été vraiment chouette et m’a beaucoup soutenue pendant ces terribles heures de douleur interminable…(hormis cette phrase de la sage-femme, mais elle était stagiaire, et je pense qu’il lui manquait l’expérience pour appréhender cela autrement). J’ai pourtant accouché en position gynéco alors qu’au départ j’avais souhaité pouvoir choisir ma position, j’ai pourtant peu bougé alors qu’au départ j’avais indiqué ma volonté de pouvoir bouger autant que souhaité…le déroulement du déclenchement en a décidé autrement et quand la sage-femme m’a dit « j’ai les cheveux, il faut y aller là! », ben je me suis pas posé de questions. J’ai fait comme elle me disait. Avec une péridurale impeccable par contre, c’est moi qui ait tout fait, tout senti, tout géré.

J’ai eu aussi droit à la faible lumière, les SF n’étaient que deux (elles avaient mis dehors les stagiaires, et les autres qui n’étaient pas utiles sur le moment). Une fois ma fille sortie, elles nous ont laissé deux heures en salle de naissance, juste nous trois, avec une simple petit lampe de chevet. J’ai fait ma tétée d’accueil, le papa a fait du peau à peau pendant que les SF recousaient une petite égratignure que ma fille avait laissé en passant avec sa petite main en l’air…

Enfin bref, c’était bien. Je n’ai pas accouché comme je l’aurais souhaité, mais c’était bien.

maman de babychoupette dit :

j’ai eu la même réaction quand j’ai entendu cette femme dire:

mais les autres ne se moque pas de toi? on n’a pas besoin d’aide pour accoucher…

C’est fou comme nous oublions nos instincts, nous réglementons des actes qui sont naturels…

Lily dit :

C’est tellement vrai, j’ai vu le reportage également et je me suis fait les mêmes réflexions. J’ai été suivie et j’ai accouché dans une maternité de niveau 3 (Béclère pour ceux qui connaissent, premier bébé éprouvette, tout ça). Pas parce que ma grossesse était pathologique mais parce que j’habitais à coté tout simplement. Mais quand ta grossesse ne pose pas de problème dans un hôpital qui gère tous les jours des dizaines de cas gravissimes, tu es un numéro parmi d’autres. Mes visites se sont enchainées, avec un changement de sage-femme au milieu qui m’a plutôt déstabilisée. Impossible de prendre du temps pour discuter du ressenti de la grossesse. Pipi dans le flacon, prise de sang, on écoute le cœur du bébé tout va bien, merci madame, à dans un mois.

Là il faut préciser que j’avais en plus une attente particulière du corps médical à ce moment là, parce que ni ma mère ni ma belle-mère n’avait porté d’enfant, mon ex-compagnon et moi avons tous les deux été adoptés et je ne pouvais donc pas parler de ma grossesse avec ces deux femmes, comme j’aurais pu le faire si elles avaient été enceintes un jour.
J’étais la première de mes amies à faire un bébé, je me suis sentie seule et la grosse machine hospitalière qui m’a prise en charge a ignoré tout ce qui ne relevait pas du purement médical.

Le jour de l’accouchement a été la suite logique de cette machine à faire naitre les bébés, péridurale méga dosée, pas senti les contractions, même pas senti mon fils sortir, c’est la sage femme qui m’a dit « attrapez-le, il est là » !!!! O_O

J’ai l’impression qu’on m’a volé mon accouchement et comme si cela ne suffisait pas on m’a aussi volé mon allaitement (j’en parlais dans un commentaire sous un statut de ta page facebook, je ne tiens pas à m’appesantir là-dessus tant ce souvenir me fait, encore aujourd’hui, de la peine.)

Je rêve d’une maison de naissance ou au moins d’un accouchement « à moi » pour mon prochain enfant, un accouchement que je pourrai vivre moi et non subir comme une opération de l’appendicite.

Latimama dit :

Merci pour cette réflexion et surtout pour le lien qui est juste hyper intéressant! Ce n’est pas la 1ère fois que les Pays Bas excellent dans un domaine et je ne comprends pas pourquoi la France a tant de « retard » et pourquoi elle tarde tant à prendre bon modèle. Bref. J’ai adoré le principe des A, B, C et l’accompagnement de la sage femme en polyclinique . Encore merci pour ce partage.

Vervaine dit :

Très belle réflexion,e t je me fais la même (à ceci près que je ne regarde pas l’émission dont tu parles, tellement je ne supporte pas -j’ai moi-même voyagé, ceci explique en partie).
Mais tu as bien posé le problème de la surmédicalisation de l’accouchement. Des problèmes que cela peut induire et de « ah ben vous voyez, heureusement qu’on était là! ». C’est tout la réflexion que je fais moi-même…
Après, petite précision: les Pays-Bas c’est un petit pays, plat et avec un très bon réseau routier. Une maison n’est jamais à plus de 30 min d’un hôpital. Donc on en eut pas non plus transposer tel quel ce modèle (que j’adore!) dans un pays avec des montagnes, des déserts médicaux, des problèmes de circulation, etc. Mais s’en inspirer, oui, mille fois oui. Je milite pour les maisons de naissance, bien mal parties en France…
Il y a la merveilleuse 10lunes qui en parle bien et aussi le site et beaucoup d’autres.

Working Mama dit :

La question de la qualité de l’émission pourrait faire un billet aussi oui :) D’un côté je l’aime bien, de l’autre je trouve qu’elle surfe beaucoup sur la vague de l’exotisme…mais bon, c’est pas le débat ici :)

Et sinon, j’entends bien ta remarque concernant la superficie des Pays-Bas et la comparaison peut-être difficile avec le territoire Français. Toutefois, il semblerait que ces 1 accouchement sur 3, une part infime se retrouve à devoir finir en urgence à l’hôpital, ou avec un bébé en réa. Il me semble assez logique de dire que si les PB constataient des complications trop fréquentes dans les AAD, alors ils ne mèneraient pas une telle politique en leur faveur. Mais bon, après tu as raison de dire qu’il faudrait aller plus avant dans l’étude du modèle pour l’adapter à notre pays.

Je connais 10Lunes à travers nombre de ses billets, j’aime beaucoup son blog, elle parle des choses avec beaucoup de justesse et d’empathie. Une sage-femme comme on aimerait en trouver partout <3

Merci pour ton commentaire :)

Sarah Pep’s dit :

C’est en effet une réflexion extrêmement intéressante. Mon accouchement à l’hôpital s’est globalement bien passé, pourtant, tellement de mes souhaits et désirs profonds n’ont pas été respectés.
Je voulais qu’on me laisse seule avec le papa, parce qu’on voulait être tranquille pdt le travail, et le sf est pourtant venu toutes les 1h30 pour vérifier l’avancée, provocant stress et douleur à chaque fois.
Je ne souhaitais pas avoir de péridurale car j’avais confiance en nous (et que l’haptonomie est fantastique pour aider à gérer les contractions), et pourtant le sf s’est moqué de moi, et m’a lancé un « on en reparle tout à l’heure » au lieu de me soutenir.
Je ne voulais pas qu’on rompe la poche des eaux, pourtant le sf a insisté et m’a donné une heure butoir (j’étais sous perf car le travail n’avançait pas alors que les contractions étaient rapprochées et régulières depuis des heures), comme par magie, alors qu’il revenait pour vérifier, elle s’est rompue seule.
Je voulais accoucher dans une position que j’aurais choisie, pourtant qd il est arrivé et qu’il a installé les étriers je n’ai rien dit, emporté par les émotions du moment.
Donc, oui, si un prochain bébé devait agrandir notre famille, je ferais en sorte qu’il naisse à la maison, et que rien ni personne ne vienne perturber le déroulement naturel de cette naissance. Il faudra évidemment se battre pour trouver une sf, financer l’accouchement, et que tout se passe bien, mais c’est un projet qui est né avec ma fille. Pour le prochain, ce sera différent, je ne laisserai personne me voler mon instinct!

Jacinthe dit :

Je n ai pas vu l’emission et pour cause je ne vis pas en france mais au royaume uni. J ai accouche ici et ici c est beaucoup moins medicalise. Deja , pas de peridurale ( meme s il en parle sur le bouquin de grossesse qu ils nous donnent) . J en ai parler a ma sage femme pour mon fils mais elle a fait comme si elle n avait pas entendu la question lol.
c est mieux que je commence des le depart. Ici apres qu on est fait un test de grossesse et qu il est positif on va voir son medecin traitant, on lui annonce la bonne nouvelle, il calcule aproximatif la dpa et nous dirige vers la sage femme. Pas de prise de sang pour confirmer. Pour le premier rdv avec la sage femme ( ici on est pas suivi par un gyneco sf pb) dure une heure elle pose plein de question pour se faire un premier avis futur grossesse a risque ou pas. Apres on va la sage femme regulierement ca depend aussi si c est son premier ou pas ( bcq plus de rdv pour le premier) . Pdt les rdv pas de recherche speleo ( et ca moi je trouve ca genial) , prise de tension, prise de sang, mesure du ventre questions conseils etc…. Pour les echos ca se fait a l’hopital , il y en a que 2 voir 3 ( tjs si tout va bien) une a 12 semaines, une a 20 pour le sexe et peut etre une au troisieme trimestre. Pour les dernier rendez vous il y a aussi possibilte que les rdv se fasse a la maison.
on rempli aussi un plan de naissance, qd ce n est pas le premier possibilite d acvoucher a la maison , ds une piscine…..
Pour le jour j, on est ds un chambre avec une sage femme qui n est pas tout le temps avec nous. Pas dd peridurale comme j l ai dit, mais le gaz and air ( perso j aime bien ca soulage bien), et de l huile essentielle de lavande (soit sur les draps, soit ds l eau du bain) . On fait le travaille elle est la pour nous soutenir et nous aidez nous conseillez ( heureusement car je me verrais mal accoucher toute seule).
si l accouchement se deroule bien , c est elle qui nous acvouche acompagne d une de ses collegue. Seulement une fois l enfants sorti le staff rentre ds la chambre ( j avoue ca m a fait un peu peur pour fils je croyais que quelque chose n aillait pas). S il y a un pb , ca qui a ete mon cas pour ma fille, elle n arrivait pas a sortir) alors la changement de salle ( ca c est pas top) et le gyneco arrive , resultat episio et forceps ( c etait mon premier accouchement).
apres biensur il y a le peau a peau , il nous laisse du temps avec le bb en famille, il le pese (pas mesure) on est jamais separe de l enfant.
comme je suis bien lancee je continue lol….
Le sejour a la maternite n est jamais tres long si tout va bien si ce n est pas le premier et si le bb se nourit bien on peut sortir le lendemain. On a une sage femme qui vient a la maison pdt 10 jours ( tout les 2 jours enviro.) Et apres pour les premiers mois c est la health vistor ( je sais pas comment le traduire) qui vient au domicile, elle pese l enfant,regarde son developpement etc…et c est elle qui suit l enfnat jusqu a ce qu il commence l ecole.

Voila c etait mon temoignage de grossesse tres peu medicalisee en angleterre, perso j ai trouve ca bien meme si pour ma fille l accouchement n a pas et facile et que j ai eu quelques soucis apres. Je crois je n aurai pas aimer le suivi en frnace.

Working Mama dit :

Merci beaucoup pour ton témoignage Jacinthe, c’est très enrichissant d’apprendre comme cela se passe ailleurs, surtout dans des pays à niveau de développement égal. Comme quoi, la question de la naissance est vraiment une question de politique de santé publique.

Merci beaucoup pour ton commentaire :)

Jacinthe dit :

Qd je lis vos commentaires je suis contente de mes accouchements pas de monitoring pas d etrier ah si pour ma fille ,pas de truc pour accelere le travail, pas de sage femme qui se moque… Et portant a la fi j en avait marre et je ne voulais plus qu on me touche… Je me dis qu estce que ca aurait ete en france

Princesss dit :

C’est dans ces moments là où je me dis qu’on doit vraiment vraiment choisir avec soin sa maternité. Moi j’ai bien pris quatre mois pour être sure, j’avais rencontré une bonne partie de l’équipe et jamais aucune sage femme ne s’est moquée de moi au contraire elles ont été toujours très à l’écoute. Je n’ai jamais eu d’examens qui n’étaient pas indispensables (genre diabète gesta je l’ai fait au 8ème mois car j’avais pris 2kg au lieu de mes 1kg mensuels et du coup après discussion avec mon gynéco on a décidé de faire le test. Quand le verdict est tombé il ne m’a pas fait venir en urgence il a attendu le rdv suivant et a bien pris tout son temps pour nous expliquer les tenants et aboutissants et nous rassurer)
Mon gynéco était de garde quand j’ai accouché et c’est moi qui lui ai demandé de rester pour m’aider alors que sa garde était finie.
Le travail aillant duré une bonne partie de la nuit, toutes les lumières étaient éteintes dans la salle de travaille et la sage femme n’est venue que toutes les deux heures pour controler ou bien quand je l’appelais car la péridurale me lachait d’un coté.
Et pourtant c’était mon premier bébé et je n’avais aucune idée concrète de ce qui allait se produire mais le fait d’avoir été écoutée et accompagnée m’a donné confiance et à aucun moment je n’ai été effrayée même quand le bébé a donné quelques signes de faiblesse au début du déclenchement.
Et cerise sur le gâteau la sage femme présente à nos côtés s’est surtout occupée du papa qui a du coup pu réellement prendre part à l’accouchement et en garde un super souvenir alors qu’il avait beaucoup d’appréhension.

Princesss dit :

Oula fatiguée moi, « aillant » au lieu de « ayant » >_<

sisi dit :

ici accouchement à la maison, un bonheur indescriptible!
trop heureuse d’avoir connu ça dans ma vie de maman

Emmanuelle dit :

Wow, super article tout en nuances !

Viollette dit :

Bonjour, adepte du blog de 10lunes précédemment cité, et de quelques autres blogs médicaux, j’ai une petite précision à apporter : dans le paragraphe « qu’on ne se trompe pas de débat » vous dites que l’équipe intervient et procède à certains actes au nom du principe de précaution, mais ce n’est pas le seul phénomène qui entre en jeu. Il y a aussi la « tarification à l’acte » : une sage-femme qui vous tient la main et vous rassure sans vous toucher, du point de vue des médecins, de l’administration, elle ne fait rien, en tout cas rien de « facturable ». D’où le blocage de certains envers les maisons de naissance : pourquoi embaucher du personnel médical s’il ne fait (presque) rien de ce qu’il a appris à l’école ?
J’ajoute à cela : ce n’est pas seulement lors de la grossesse que la femme est niée par le corps médical, elle l’est aussi beaucoup dans le suivi gynécologique, et cela plus en France que, par exemple, dans le monde anglophone. Ce qu’on lit dans « Le choeur des femmes » de Martin Winckler en est une bonne illustration.

Working Mama dit :

Tout à fait, merci pour cet ajout concernant la tarification à l’acte.
Je n’ai pas encore lu l’ouvrage de Wincler, mais il est au programme car j’en ai énormément entendu parler, et il fait écho à toutes ces réflexions que je me fais depuis que je suis en âge d’aller chez le gynéco….

Viollette dit :

… commentaire que je vous invite à supprimer après prise en compte :
dans le paragraphe « alors tout le monde accouche à la maison », les hormones de synthèses sont Censées (booster…). « sensé » signifierait qu’elles sont pleines de bon sens (ce qui n’est pas le cas)
j’adore votre blog, et ça m’énerve quand je trouve des fautes sur le mien en relisant de vieux articles alors si ça peut vous permettre de corriger plus vite… bonne continuation !

Working Mama dit :

Mazette, je corrige ça de suite. Je ne fais pas beaucoup de fautes en général, mais la relecture sur écran me pose problème…je peux en laisser passer certaines absolument terribles.

Merci :)

Marriig dit :

Coucou a toutes, coucou WM que je lis avidement depuis qq mois (j’adore ton humour et ton approche de maman)
Jacinthe, je viens de te lire avec interet, j’allais ecrire un temoignage tres similaire au tien puisque je vis aussi en Angleterre ;-) Je t’ai lue, j’ai d’abord hesite a ecrire et puis en fait par chez moi c’est tres legerement different de par chez toi, alors je me lance!

Deja, la ou je vis, on peut accoucher chez soi des le premier accouchement. Ce n’etait pas mon choix car j’ai deux belles-filles que je ne voulais pas traumatiser par mes cris (bah quoi, a la tele elles beuglent toujours, jpouvais pas savoir que ca ne serait pas forcement si bruyant une naissance! lol). Il est meme possible d’accoucher chez soi apres avoir eu un accouchement precedent par caesarienne (enfin il faut que les grossesses soient assez eloignees qd mm, entres autres, histoire que la cicatrice ne soit pas trop fragile). Ah, oui, il est possible d’accoucher par voie basse apres avoir eu une caesarienne!! On me dit qu’en France, ce n’est pas le cas? Mais voila mon histoire.

J’ai trois fils. J’ai vecu 3 accouchements (forcement) differents, que je qualifie toujours des noms d’elements, terre, eau, air. (Ca sera limpide par la suite!)

Lors de ma premiere grossesse, j’ai panique du fait que le suivi etait si peu medicalise. Je rejoignais donc tout a fait cette idee « pr que tt se passe bien il faut que tt soit hyper medicalise ». Une seule echo a 20semaines pour la morpho… A moins de payer une clinique privee (j’ai donc fait un saut en France, gratos, ouh oui la honte, mais au moins j’ai pleure d’etre rassuree, ma petite grenouille allait bien). Mais comme dit Jacinthe, uniquement des visites ou on parle et on echange sur le ressenti de la maman, en fait, c’est parfait. Pas de visites speleo, pas de pesee, pas de millions d’examens, juste une grande confiance entre la sage femme et la maman, et les sensations de cette derniere.

Bref. Premier accouchement, Terre donc, parce qu’apres des heures et des heures de travail (une cinquantaine, pour la petite histoire)j’ai fini par utiliser ttes les drogues utilisables en hopital, y compris 2 peri puisque la premiere avait fini ses effets! Subi plusieurs frayeurs a cause du monitoring « ecoutez on peut pas vous garantir qu’il va bien, mais on dirait pas de facon certaine qu’il est en stress alors on va continuer avec l’oxytocin, on verra… » lol. Wait and see ha ha! Au final, je l’ai sorti toute seule, en 5 poussees. Vraiment je ne sais toujours pas comment puisque allongee sur le dos, scotche au lit d’hopital (d’ou Terre lol), je ne sentais rien. La sage femme avait commence par me dire qd pousser et puis c’est venu tout seul. Une petite dechirure, 3 points de suture, je suis rentree chez moi le lendemain, mon petit bebe Terre n’avait que 24h > Working Mama, que penses-tu des groupes d’eveil (« playgroup » ou « mother and baby group » ou « families group » etc, sur le modele britannique, quoi)?

Working Mama dit :

Merci pour ton témoignage!
Alors en France effectivement, pendant un temps on disait que l’accouchement vaginal après césarienne (AVAC) était impossible. Et puis les choses changent doucement, mais ce n’est pas encore possible partout. Des témoignages que j’en ai, c’est fonction de l’équipe, de la politique de l’hôpital…

Je ne connais pas les playgroup, tu m’expliques?

LudiM dit :

Je voulais juste ajouter ma propre expérience concernant la voie basse/césarienne. J’ai pu accoucher par voie basse pour ma seconde grossesse après une césarienne seulement 22 mois avant pour mes jumeaux. Le « problème », c’est que ça dépend avant tout de la maternité où l’on accouche… Mais il faut savoir que même en France, c’est possible!

Marriig dit :

Bon j’ai du trop ecrire, la moitie de mon comm a disparu… tant pis, j’avais qu’a condenser!

L’idee principale etait que Francaise vivant en Angleterre, je me sentais au Paradis pour Mamans ;-)
Que mes trois bebes sont nes en me laissant maitresse de mon corps puisque le corps medical n’ecoutait que mes ressentis.
Que la naissance de Bebe Eau, c’etait magique, puisque ne dans l’eau… et que l’eau, c’est genial comme anti douleur (si si, c’est tt ce que j’ai eu comme « drogue ») qu’en plus il est ne en pleine forme, et pas dope comme Bebe Terre ;-)
Que celle de Bebe Air, c’etait tres drole, meme s’il m’a fallu 4 jours de travail latent avant d’avoir le droit a l’enthonox, mais qu’apres, j’ai bien ri ;-) et ai accouche a genoux… a mon rythme et celui de Bebe :-)
Qu’a chaque fois je suis rentree chez moi sous 24h (exactement pr Bebe Terre, 14h apres la naissance de Bebe Eau, et 8h apres la naissance de Bebe Air). Que sage femme ici, c’est un metier magnifique vraiment base l’ecoute de la Femme, la Maman, celle qui SAIT, puisque c’est son Bebe, son corps, ses ressentis.
Et que voila, ca rend tres triste de lire si souvent des temoignages de mamans francaises qui se sont senties totalement depossedees de leurs premieres experiences de Maman.

Merci Working Mama pour tes articles qui remuent les idees preconcues, et youpi pour le changement et l’avenement du juste milieu, meme en environnement medicalise. :-)

Working Mama dit :

Mais de rien, merci pour tes commentaires :)

Maman Toujours dit :

Ici 2 déclenchements et pourtant 2 naissances très différentes. La seconde plus physiologique.
Je plussoie à fond ton point de vue et le partage totalement, merci encore d’y mettre les mots !

Jacinthe dit :

Oui c est vrai que pour le premier tu peux accoucher a la maison ca depend des sage femme. Tu aussi accoucher ds un piscine chez toi j ai vu ca une fois a la tv.

Pour les playgroup, ce sont de groupe de maman enfant qui durent 1h30 2h , c est gratuit ou pas ca depend ( enfin svt gratuit) il y a des animatrices et les enfants t des activites et les maman peuvent discuter. J en ai fait avec ma fille. C est de choses qui manquent en france car c est vraiment bien.

Une petite chose, je suis en ecosse depuis janvier et ici il ne donne jamais le sexe de l enfant.

Working Mama dit :

Ah, alors nous n’avons pas spécifiquement de « playgroup », par contre nous avons ce qu’on appelle la PMI (Protection Maternelle et Infantile) qui propose ce genre d’ateliers, ou des ateliers de massage etc, ce qui permet aux parents de se réunir et de discuter entre eux.
En ce qui me concerne, c’est surtout lors des ateliers de portage avec ma monitrice que je peux faire ce genre de choses: je ne suis pas souvent seule avec elle, au moins une autre maman est là avec son loustic alors on discute de diverses choses, l’allaitement, le sommeil, etc. Ca fait du bien!

Sais-tu pourquoi l’Ecosse ne divulgue pas le sexe? Pour éviter les IVG sélectives?

Marriig dit :

Re-coucou
Je réponds ici puisque je vois que Jacinthe a déjà répondu au sujet des playgroups :-)

(Parenthèse, tu as raison Jacinthe, j’ai une amie qui a accouche en piscine et chez elle pour sa première fille. Son mari ainsi que sa maman et son petit frère étaient la aussi, enfin en plus de la sage femme, et elle a vraiment adore cette expérience. Comme quoi c’est juste génial d’avoir le choix)

Au sujet des playgroups, la raison pour laquelle je voulais t’en parler, Julie WM, c’est que ce que j’ai pu constater en écoutant mes mamans françaises vivant en France, c’est qu’il y a souvent une attente par rapport au boulot.

Je m’explique.
Ces mamans tombent dans 2 catégories :
1 – soit elles veulent ou doivent travailler des que possible, et concilier les casquettes de maman et de travailleuse (ce qu’elles font d’ailleurs avec brio). Donc elles reprennent après qq semaines (entre 8 et 16 selon ce que j’ai pu voir, mais au fond je ne sais pas quelles sont leurs obligations). C’est parfois une déchirure. Mais bon.
2 – soit elles veulent se consacrer à leur(s) enfant(s) et prennent un congé parental – donc jusqu’a 3 ans avec garantie de retrouver ton poste si tu es en CDI, si j’ai bien tout pige? C’est génial, mais il faut pouvoir assurer les finances de la famille avec un salaire en moins.

Les mamans 1 peuvent être méga épanouies, temps aménagé ou pas, et même si j’en ai connu peu qui continuaient l’allaitement après la reprise, il y a aussi des supermamans qui le font et wouaaaa chapeau les mamans. Moi j’ai fait partie des mamans 1 après le 1er, et je me suis empressée de changer de camp des que possible. Apres des années de bénévolat (autour et/ou avec mes enfants) je reprends une activité professionnelle à la fin du mois. Même pas peur! Lol. Enfin donc y’a aussi des mamans 1 qui galèrent, qui souffrent d’être séparées si tôt de leur tout petit, qui n’ont pas pu aménager leur temps de travail pr diverses raisons etc. Et puis y’a les mamans qui reprennent le travail parce qu’elles s’ennuient a la maison… ou bien juste se sentent totalement isolées. La PMI ca aide, mais la France c’est grand, et les PMI sont parfois un peu loin… enfin c’est ce qu’on m’a dit!
Passons aux mamans 2, épanouies avec leur(s) enfant(s) à la maison, mais parfois isolées quand même. (cf. au dessus!!)

En Angleterre le congé maternité commence au plus tard 4 semaines avant la naissance prévue. Puis 6semaines a 90% du salaire. Puis jusqu’a 9mois a un taux largement réduit, sauf pour les femmes en CDI qui ont le droit a un supplément (qu’elles doivent rembourser si elles ne reviennent pas travailler au bout d’un an, c’est à dire si elles démissionnent). Les 3derniers mois de la 1ere année de Bébé peuvent être pris en congé, mais non rémunéré. Quand a l’aménagement du temps de travail, s’il n’est pas décidé avant la naissance, il y a un certain nombre de semaines obligatoires à faire au temps d’avant naissance avant de pouvoir réduire ses heures.

Mais les playgroups dans tout ca?
Ben ils répondent à la question de l’isolement. Il y en a tous les jours, matins, après-midi (toujours pendant les heures d’école, afin que les mamans qui ont des plus grands puissent qd mm rencontrer leurs copines tt en jouant avec Bébé, avant d’aller chercher leur(s) grand(s) à l’école!). Comme l’explique si bien Jacinthe, c’est soit gratuit, soit un prix dérisoire (généralement pr couvrir les frais de machine a café, et le renouvellement de l’équipement de jeux/ travaux manuels etc.). Cela fonctionne principalement grâce au soutien des bénévoles, mais on y trouve aussi des spécialistes de la petite enfance, tjrs prompts a répondre aux questions de développement de l’enfant. Ca réduit le taux de dépression postnatale. Ca permet aux ptits loups de faire des activités salissantes sans re decorer la cuisine ou le salon! Ca permet aux mamans 2 d’avoir une vie sociale parfois trepidante ;-) Ca recoupe tous les secteurs socio-economiques, super brassage pour l’avenir de tous… Et les mamans 1 à mi-temps y trouvent aussi leur compte! Ca joue, ca papote, et ca chante à la fin.

Certains groupes sont a thèmes, comme chez toi : portage, massage bébé, langue des signes, musique, mamans pour la 1ere fois (je suis toujours amie avec des mamans rencontrées a un groupe comme celui la… et mon fils aine – 7ans – me parle de ses « plus vieux amis » forcement, il n’avait que qq semaines quand ils les a rencontres!!). D’autres sont juste pour les familles. Ici aussi il y en a un pour les hommes (« who let the dads out » group, un samedi matin sur deux).

Et en suivant ce modèle j’en ai monte un pour les familles bilingues francophone du coin!

Mais tout ca pour dire… Souvent en France j’ai entendu « oh mais ici on en a pas besoin, puisque les mamans travaillent très vite après la naissance ». Et franchement ca m’a attristée, de la même façon que les péri/ episios forcées et accouchements décevants divers. Le besoin est la. On ne le sait juste pas…

Enfin c’est mon avis. Je ne serais pas vexée d’être taxée d’extrémiste, surtout après un tel roman ;-)
Merci de ton espace de discussion, Julie. Et bonne journée a tous et toutes !

Jacinthe dit :

Pour les playgroup, j ai vu qu ils en existent aussi pour les papa, oncle ou grand pere avec enfants je trouve ca bien aussi

Amandine dit :

Bravo, votre article est excellent !!!
Totalement d’accord avec vous.
Ça me fait penser à cette émission « Baby Boom ».
De toutes les femmes qui ont accouché, je n’en ai vu qu’une seule qui pendant le travail, n’était pas « scotchée », sur le dos, sur le lit.
Mais pourquoi donc « oblige » t-on ces femmes à rester dans cette position si inconfortable et même très douloureuse, la plus anti-physiologique qui soit pendant le travail ?
Pourquoi ne leur propose-t-on pas de faire des mouvements, le ballon, aller dans une baignoire… ?
Non, elles sont toutes là à « attendre », branchées à leur monito…
Pas évident qu’au bout de plusieurs minutes/heures dans cette position la plupart supplient pour avoir une péridurale.
Pareil pour l’accouchement : toujours en position allongée, sur le dos (à qq exception près : accouchement en « urgence »…
Oui, j’ai vraiment l’impression que les besoins de la femme sont totalement niés simplement pour le confort des équipes médicales…

Amandine dit :

Ici, arrivée à l’hôpital à 4h avec contractions irrégulières.
Pas dormi depuis 24h : contraction dans les reins.
Monito, contrôle col: dilatée de 4 cm.
Contractions dans les reins, mais gérables.
Surtout que je peux profiter de la baignoires pdt 1h30 : le kiff !
Re monito et contrôle col : dilatée 6 cm.
Contractions encore gérables mais on attend que ma fille se réveille pour vérifier pouls.
On la « gigote », elle finit enfin par se réveiller : ouf ! Marre de cette position, contractions ++.
Je peux marcher, faire du ballon… Je gère bien les contractions…
Vers 11h dilatée à 8 cm : direction salle d’accouchement.
Contente, je continue ballon…
Le travail ralenti, la tête de ma fille est mal placée…
Je fais les mouvements qu’on m’indique pour l’aider à descendre. Pdt au moins 1h : vive la gym !
Gros bébé, descend pas assez vite.
Poche des eaux percée.
On va m’injecter de l’ocytocine pour accélérer le travail.
On me recommande fortement la péri car gros bébé et probablement besoin d’aide (ventouse, épisio…)
J’accepte à contre-coeur.
Un peu plus tard, l’anesthésiste entre, surpris par mon calme. L’assistante me monte littéralement dessus pour faire le dos bien rond. Péri faite.
J’attends. La péri fait effet. Je sens plus rien.
J’attends. Je mets du temps à avoir envie de pousser.
Puis enfin, j’ai envie. J’appelle les sages-femmes.
Je pousse. C’est pas mal. Elles posent leurs doigts où je dois pousser. Je me concentre, je fais de mon mieux.
Malgré tout, tout mes efforts ne sont pas suffisants.
Appel gynéco pour la ventouse : « oubliez tt ce que vous avez appris pdt les cours de prépa, poussez très fort ».
3 sages-femmes, chéris, le gynéco m’entourent.
Je pousse. Je sens un peu les contractions. Mais j’ai l’impression de pousser dans le vide.
Je fais de mon mieux. On m’encourage allez, pousseeeeeeez !!!!
Je suis dans ma bulle, je fais de mon mieux…
Soudains une douleur vive : je crie. « c’est l’épisio » qu’il me dit !
Je continue à pousser…
« Elle est là, prenez votre fille !!! »
Je réalise : elle est là !!! Elle pleure très fort, je la prend…
Quelle beauté !!!
1h de peau à peau pdt que le gynéco me recouds. Je demande combien je vais avoir de points, réponse : « on compte pas ».
Ma fille pleure presque tout du long. Puis s’écroule d’épuisement.
La tétée d’accueil se fera plus tard…
Dans la salle c’est le chaos, bcp de sang (je n’ai rien remarqué).
On amène ma fille aux « soins ».
En effet, gros bébé de 4kg700…
Retour dans la chambre, épuisée, anémiée, je fais un malaise…
Je retrouve ma fille, adorable. Elle se réveille, je la met au sein, c’est une championne !
Je sens qu’elle a bcp souffert de cet accouchement « forcé », je la rassure et la câline autant que je peux.
Elle tête bien et dort à mes côtés… Un lieu très fort……..

Je me suis tjrs demandée ce qu’il se serait passé si on avait laissé « faire la nature »… Ma fille aura pu naître naturellement sans complications ? sans que je sois déchirée ? Pourquoi a-t-on accéléré mon accouchement ? Juste pour une histoire de « dépassement de temps » ? Ma fille était-elle en souffrance. Pas que je sache.

Je ne saura jamais savoir…

Le bébé « devait » peser 1kg de moins… S’ils avaient sû… Aurais-je eu une césarienne ?

Au moins, j’ai évité la césarienne. J’ai eu 1h de peau à peau avec mon bébé… J’ai eu des très gentilles sages-femmes qui m’ont soutenue et conseillée pour mon allaitement (qui dure encore 26 moins plus tard…)…

Mais par contre ce gynéco !!!!!!!!!!!!

Petitefleur1402 dit :

Voilà pourquoi j’ai adoré mon accouchement en maison de naissance, à quatre pattes, devant un feu de cheminée pour seule lumière, mon mari, ma sage femme, moi, mon bébé. Rare intensité !

Vervaine dit :

En maison de naissance? Veinarde!
Tu vis dans quel pays (si c pas indiscret…)

Petitefleur1402 dit :

Je vis en France, mais à dix minutes de la frontière suisse ! Donc j’ai accouché en Suisse ! Oui j’ai beaucoup de chance et j’en suis bien consciente !!

Gaëlle dit :

Bonjour à toutes,
si le sujet vous intéresse, je vous conseille vivement la lecture de Muriel BONNET DEL VALLE « La naissance, un voyage ».

Cette femme s’est justement engagée dans cette réflexion de la sur-médicalisation de l’enfantement et est allée à la rencontre de femmes dans le monde, d’autres cultures, d’autres méthodes.
C’est super intéressant…

léa dit :

J’ai aimé vos commentaires moi aussi et je recommande chaudement ce film pour en savoir plus sur l »aad .

fouchou dit :

Dans l’ensemble je suis d’accord avec les positions prises dans l’article. Mais je pense qu’il appartient aussi beaucoup à la future maman de se prendre en main, de s’informer et de faire entendre ses désirs avant le Jour J. Certaines femmes n’osent « rien dire » et se « laisse faire » car c’est leur premier enfant. Après l’accouchement, elles sont déçues de la manière dont cela s’est passé. A partir du moment où il y a eu un dialogue avec l’équipe médicale, tout se déroule souvent mieux et beaucoup plus sereinement. J’ai eu une péri mais justement dosée, j’ai eu une épisio mais en concertation avec les sage-femmes qui m’ont demandé si j’étais ok car de leur point de vue c’était la meilleure solution… Mon accouchement était médicalisé mais je savais à quoi m’attendre avant d’y aller et je savais comment je voulais que tout se déroule (même si on est jamais à l’abri d’un imprévu…).

charlinette dit :

2 accouchements à la maison, par choix, je ne peux qu »être d’accord avec ces questionnements!

vire dit :

Bonjour
je n’ai pas tout lu … mais ton article me parle WM ….
j’ai choisi une clinique privée en croyant que …
Je revais et voulais à tout pris sentir mon enfant passer…
Une grossesse géniale, à 7 mois le gynéco (clinique privée ) me dis :
– radio du bassin … OK IRM
résultat quelques semaines après le verdict tombe : BASSIN RÉTRÉCI ..
humm je refuse .. nous parlons beaucoup avec chéri … je consulte un ostéopathe il me dis qu’effectivement mon bassin n’est pas super souple, mais que je peut insister le jour de l’accouchement a demander une écho afin de s’assurer du passage de bébé (quel bonheur de ne pas avoir voulu connaitre le sexe de cet enfant..)
retour à la clinique voir le gynéco > bassin rétréci = césarienne ça tombe tel un couperet et me sent prés de l’échafeau
césarienne programmée pour le 1 aout …
moi qui voulais laisser mère nature faire …

Le bébé a compris surement mon sentiment de révolte … nous sommes début juillet quelques contraction mais rien ne m’alarme..

Ce lundi 11 juillet réveillée très tôt .. 4 h du mat petit pipi, semblant de malaise, > puis très gros pipi…. je me recouche … 7 h je me sent inondée… mince j’ai perdu les eaux…
direction la clinique : monito la sf n’est pas très agréable, une demie heure après elle me dit : 2 contractions seulement rien de grave, me fait un touché dilaté à 3..
hop hop hop direction sale de travail ah je ne vous avais pas dis c’est une césarienne de prévue .. monté rapidement …
on me prépare ….
j’attends le soleil brille c’est donc une intervention chirurgicale pour voir cet enfant …
je ressent la seule contraction en salle de travail
j’étais prête dans ma tête a me dire que pour le bien de cet enfant la césa serait le mieux …
rachi je ne sentirais rien chéri seras a mes côté pendant tout le temps …
avoir le sentiment de n’être qu’un ventre .. sentir bougé et demander si tout se passe bien …
le gynéco complétement rien à cirer a parler de son weekend …
bref 1 mois avant le terme Marie Lou 2kg6 est arrivée ce 11 juillet 2011 à midi …

croyez moi plus jamais je n’irais dans cette clinique …
tellement l’impression d’avoir été obligée de faire une césarienne 2kg6 ma toute petite ….

je suis heureuse Marie Lou va bien … et moi j’ai mis 1 bon mois a me remettre de cette opération …

merci de m’avoir lu …

comme un sentiment d’amertume sur mon accouchement …

Mère Lacunaire dit :

Merci pour ce billet qui est tellement bien écrit qu’il ne peut que faire mouche ! Je suis d’accord avec toi sur toute la ligne, mais je n’aurais pas su exprimer les choses aussi bien que toi. Le juste milieu, comme tu le nommes, c’est exactement ça.

Non, refuser des pratiques médicales non indispensables ce n’est pas mettre son enfant en danger. Non, choisir d’accoucher à la maison (faute de maison de naissance en France) quand la situation est propice ce n’est pas de la folie. Non, devoir se battre contre le personnel hospitalier n’est pas ce que devrait faire une femme qui souhaite accoucher de façon la plus naturelle possible (elle a autre chose à faire à ce moment-là me semble-t-il). Oui, favoriser le consentement éclairé plutôt que d’imposer des gestes devrait être la norme. Bref, tant de choses me hérissent dans le domaine que je n’arriverai sans doute jamais à en faire un billet aussi construit et objectif que le tien. Alors merci de l’avoir, j’ai l’impression d’avoir trouvé un porte-parole ;)

AlloMamanDodo dit :

Et oui, accoucher c’est la chose la plus naturelle qui soit, et la femme du reportage le dit si bien: On a pas besoin d’aide pour accoucher. ENFIN… Elle, peut être pas, c’est dans sa culture, sa façon de vivre, voire dans sa nature…

Personnellement je trouve cela très courageux.

Par contre, je n’aurai JAMAIS réussi à accoucher seule, sans personne autour de moi. Enfin, si, il aurait fallu que je réussisse. Lors de mon accouchement j’ai fait ma dégonflée, ma stressée, ma vraie peste à vraie dire! Je me sentais capable, mais le moment est mal venu, c’était pas « comme je voulais, quand je voulais », j’ai peut être trop été influencée par notre société et l’idée qu’accoucher c’est « figer in the nose ».

Je tiens donc à dire un grand bravo à toutes celles qui choisissent d’accoucher de façon naturelle (mais bien sur raisonnée), et peut être que pour mon 3ème, je me pencherai sur cette question…

chamomor dit :

Hello Julie,
Lisant ton article (en retard, je me suis offerte dix jours de congé sans internet), je partage ton avis et tes interrogations.La seule expérience que je puisse partager là-dedans est que la relation médecin/patient en France me parait particulièrement infantilisante. C’est vrai dans beaucoup de pays, mais particulièrement ici. Les médecins n’aiment pas que les patientes puissent savoir des choses sur leur propre corps et eux-mêmes et semblent vouloir des patientes dociles qui ne discutent pas. Perso, si j’avais écouté les médecins français, je me serais bourrée de médocs pour rien plusieurs fois, dont certains ont depuis été retirés de la circulation. M’étonne pas que la Sécu soit en déficit avec tous les médocs prescrits que je n’achète jamais, heureusement pour ma santé.

Je cherche toujours un médecin qui ne se prenne pas pour dieu le père et qui sache écouter, et qui ait confiance. Autrement, c’est la spirale à la sur-médicalisation, sur-médication, et tous les effets que tu décrits si bien.

Agnès dit :

Je trouve cet article juste dans son questionnement.
Personnellement j’ai été contente d’accoucher en maternité, je n’ai pas trouvé sur-médicalisé, la seule chose que j’ai regretté c’est que y étant allé pour la visite du terme la sf a trouvé mon col déjà dilaté (pourtant je n’avais aucune contraction) et j’ai de suite été placée sous monitoring en salle d’accouchement donc impossible de me déplacer à plus d’1m du lit mais j’ai pu profiter du ballon. Après j’ai bien aimé l’intimité, faut dire j’ai été admise à 19h donc service de nuit avec une seule sf qui venait toute les 30mn si je ne l’appelais pas avant, le passage de l’anesthésiste pour la péridurale bien dosée j’ai pu sentir les contractions sans avoir trop mal et bien gérer mes poussées, et la gynéco qui est arrivée au dernier moment, l’autre chose « imposée » mais obligée vu mon gros bébé ce fut l’épisio mais pas du tout douloureuse et très bien remise (je ne sentais plus rien 4 jours après).

Lucille dit :

Et les gros sous, on en parle?
Parce qu’il a bon dos le principe de précaution dans toutes ces cliniques privées où Môsieur le médecin découpe à tout va pour gonfler ses honoraires, où les laboratoires pharmaceutiques payent l’aile ouest sous couvert de commandes pharaoniques de médicaments en tout genre, mais à contrario où l’on refuse des radiographies du bassin aux mamans fluettes pour vérifier que BigBB va bien passer « Vous comprenez Madame, plus on fait de radio, plus on risque de faire de césarienne, et ça, c’est pas bon pour la réputation de l’établissement » …

L’information a laissé place à la désinformation. On nous impose tout et n’importe quoi! Et au nom de quoi? De la rentabilité! Honteux, gerbant…

Le combat va être rude et long, mais il en vaut la peine!

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