La mécanique de l’attachement

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2 mois et une semaine que mon fils est né.

Le temps passe bien vite dites moi…une amie m’a dit il y quelques semaines « Tu verras, celui-là tu ne le verras pas grandir ». J’ai peur qu’elle n’ait raison. Les jours filent, les tailles de vêtements se succèdent et les habits en 6 mois prennent tranquillement place sur l’étagère. Petit Marin deviendra grand plus vite qu’on ne le pense!

Aujourd’hui mon amour pour lui est immense. Mais je n’aurais jamais cru me sentir inquiète, un jour, de ne pas sentir cet amour naître. C’est pourtant ce qu’il s’est produit. Malgré des conditions initiales plus que favorables à un attachement solide et immédiat (accouchement physiologique et facile, allaitement sans problèmes, peau à peau, portage…), il m’aura fallu plus de trois semaines pour lier avec mon fils une relation d’amour.

Trois semaines qui m’ont paru une éternité. Comment? Comment moi, me connaissant si entière dans mon amour maternel, si proche de mon premier enfant dès les premières secondes de sa vie à l’air libre, comment était-ce possible de ressentir cette absence de sentiments? Des jours et des jours à m’occuper de cet enfant avec soin, parce qu’il en avait besoin, mais sans toucher cette flamme intense qui m’avait submergée lors de mon entrée dans ma vie de mère. Des gestes mécaniques, une tétée, un séjour en écharpe, une berceuse, des couches propres…mais toujours en surface. Au point de dire un soir en pleurant, dans les bras de mon conjoint, « mais je ne comprends pas, pourquoi je n’y arrive pas? »

Beaucoup de recul plus tard, j’ai très bien compris et j’aperçois mieux, maintenant, la complexité que représente ce lien d’attachement mère-bébé. Il ne dépend pas que de ces deux entités qui s’appartiennent l’une à l’autre. Il est fonction de mille paramètres, qui mis bouts à bouts permettent, ou empêchent, la création du lien.

A la naissance de mon fils, tout était réuni pour que son arrivée nous transporte de joie. Ce fut le cas, les premiers jours, le bain d’hormones d’un accouchement fabuleux aidant sans doute à vivre les premières heures dans l’allégresse de la découverte de ce petit bébé tout neuf. Et puis le retour à la vie quotidienne fut une douche froide. Ma fille, âgée de 2 ans et 3 mois lors du retour à la maison et que nous n’avions toujours connue que sous un jour adorable et sans crises, se mua en une tornade hurlante. Du jour au lendemain, elle se mit à frapper, mordre, hurler, se rouler par terre, briser tout ce qu’elle tenait entre ses mains. Nul besoin d’un doctorat de psychologie pour constater l’étendue des dégats, l’arrivée de son frère était une épreuve très dure pour elle.

Nous nous sommes retrouvés parfaitement démunis face aux manifestations de sa souffrance. Le premier mois s’est transformé en enfer sur Terre, la relation que je vivais autrefois avec ma petite avait volé en éclats et j’essayais de sauver ce qui pouvait encore l’être. L’inconfort que me procurait le co-allaitement (j’y reviendrai dans un prochain billet) n’aidait en rien cette entreprise : j’ai vécu des sensations de rejet (et parfois même de désamour) très difficiles à accepter, qu’elle a évidemment ressenties, et qui m’ont plongée dans le désarroi le plus total. J’avais l’impression de ne plus avoir d’amour pour personne. Ni lui, ni elle. L’envie de sevrer tout le monde et de partir seule quelques jours, ailleurs, loin du chaos de ma tête et de mon foyer.

Et aussi, vieillir.

Mettre au monde un nouvel enfant et passer définitivement du côté des parents. Regarder ces adultes dans la rue, avec leur poussette et leur aîné trottinant à côté et me demander « est-ce que maintenant je leur ressemble? ». Ces gens qui m’appellent Madame même quand je suis seule.

Et puis, les amies.

J’en ai passé des heures à discuter de cet attachement qui ne venait pas, avec mes amies d’ici et de derrière l’écran, pour finir par comprendre que la tempête, sous mon crâne comme sous mon toit, faisait barrage. Je n’avais pas les ressources pour me tourner vers mon fils. Mon esprit était tout entier tourné vers la relation avec mon aînée, qu’il fallait remettre à flots. Submergé par la peur de cet inconnu qui nous attendait dans cette nouvelle histoire à construire avec elle, dévasté par ce deuil à faire de notre amour exclusif qui ne serait plus jamais le même. Que de chagrin j’ai pu ressentir ces trois premières semaines et que de larmes j’ai pu verser. De rage envers moi-même, de désolation envers mes deux petits protégés. Lorsque ma fille s’endormait le soir après sa tétée, je lui disais dans son sommeil à quel point j’étais désolée du mal que l’on se faisait et qu’un jour tout irait mieux.

Et puis, le temps.

Qui a passé doucement, jour après jour, amenant avec lui la connaissance de mon fils, de son rythme, de sa petite âme toute neuve, ses premiers sourires. Et l’apaisement de ma tête qui n’avait plus peur de vieillir, et l’apaisement de mon coeur qui n’avait plus peur d’aimer pour deux.

Et puis ma fille, un matin, que j’ai vu redevenir l’amour d’enfant qu’elle avait toujours été. Toujours un peu jalouse de son frère mais pleine de bienveillance aussi, lui disant « je t’aime » lorsque ses minuscules jambes pédalent à toute vitesse sur le tapis d’éveil.

Et puis l’amour, là, pour ce petit bébé tout neuf. Qui a grandi en moi sans rien dire, discrètement, au fil des tétées et des ballades portées. Aujourd’hui notre attachement ce sont ses sourires merveilleux lorsque je le prends dans son lit, ou les longues siestes de l’après-midi lorsque l’on s’endort ensemble, son petit nez collé au mien.

Aujourd’hui j’aime deux enfants.

Après avoir bien cru ne jamais y arriver.

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VOS MESSAGES
50 commentaires
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CDH dit :

OUAH…Très bel article, qui me rappelle ô combien les premiers temps ont été rudes avec mes deux filles qui ont 2 ans et 7 mois d’écart. Longue et belle vie à 4, remplie d’amour et de bienveillance <3

Working Mama dit :

Merci beaucoup :)

Aline dit :

C’est un bonheur de te lire! Et je suis heureuse que tu retrouves un nouveau rythme de bonheur…

Working Mama dit :

Merci!

Virgotte dit :

Quel bonheur de te lire oui ! Tu dis ce que peu de parents arrivent à avouer, c’est admirable, c’est honnête et décidément j’aurais adoré avoir une mère aussi soucieuse de ce qu’elle peut apporter… Comment trouver la place pour deux dans un coeur où il n’y avait jusqu’alors qu’un seul petit, comment limiter les dégâts, comment dire pardon pour ce que l’on n’arrive plus à faire comme avant ? Lou et Marin (sans oublier Super Papa) ont du bol. Bonne continuation à votre petite famille et plein d’ondes positives pour la suite !

Working Mama dit :

Merci de ton gentil commentaire :)

Cathy dit :

des mots justes, très touchant.

Working Mama dit :

Merci beaucoup :)

annabelle dit :

Heureuse de retrouver ta plume working mama :-) Ton artcile m’émeut, et me fait très peur… C’est encore un tout petit secret, mais j’attends mon deuxème enfant, alors que ma fille ainée a deux ans et demi un peu passés… Déjà elle manifeste divers émotions par rapport à cette grossesse, tantot attentionnée face à mon ventre, tantôt rejetante, toujours un peu angoissée ces derniers temps… Et moi avec toujours cette question : Comment vais-je pouvoir aimer un autre enfant ? Et pourtant, je l’aime déjà ce petit haricot, et puis, être mère de deux enfants, je suis vielle déjà ? Alors je me demande, comment ca sera pour nous ? Comment faire pour que ça se passe au mieux ? Comment éviter trop de douleurs à ma fille ? L’avenir me le diras, mais je cherche à puiser quelques éléments de droite et de gauche…

Angele dit :

Tellement vrai ! Quand ma fille est arrivée j ai eu peur de ne pas créer de lien, peur de ne pas être maternelle et finalement ça se fait tout seul ! Ta Lou avait besoin de faire une place pour son petit frère et ça y est il faut juste laisser le temps …

Melanie dit :

Magnifique! Bravo pour le chemin parcouru! Bcp de bonheur a vous 4!

Madame Sioux dit :

J’ai mis 1 mois à ressentir enfin de l’amour pour ma 2e. Contrairement à lnainé, pour qui cela m’avait paru immédiat, l’attachement avec la 2e s’est tissé tout doucement, jour après jour, réellement en apprenant à SZ connaitre en fait.
Au début, comme tu dis, je prenais soin d’elle comme de son frère mais je me sentais détachée, je la trouvais étrangère.
Et puis je réalisais que son frère, qui n’avait pas 2 ans, était en fait encore un bébé, avec des besoins tels. J’ai culpabilisé. J’ai beaucoup pleuré aussi, ces mercredis interminables avec 2 enfants en larmes, le « grand » qui réclamait mes bras, occupés par les pleurs et maux de ventre de sa soeur, si petite, prioritaire… Le déchirement maternel. C’est pour ça que j’ai peur de remettre ça aussi, même s’il parait que ce n’est pas pareil pour le 3e, parce qu’on sait ce que c’est de devoir se partager, on a pris le pli de la non exclusivité.
Et peu a peu, tout rentre dans l’ordre. Et puis on voit les liens magiques de la fratrie se créer et ça vaut tout l’or du monde, ça vaut définitivement le coup.
Aujourd’hui ils ont 4 ans et 2 ans : ils ont une relation unique, admirable, qui me remplit le coeur de bonheur chaque jour.
Mais le chemin de la parentalité n’est définitivement pas simple…

laurence dit :

que d’émotions à te lire!!! j’adore et bravo!!

Dame Praline. dit :

Bon ben voilà je pleure ….

J’ai vécu sensiblement la meme chose …….. u bout de 4 mois je peut affirmer que je les aimes toutes les deux, ce qui n’était pas vrai au début……

J’ai écrit aussi un billet qui en parle si ça t’intéresse :

Titechieuzzze dit :

Je viens de voir ce blog par le biais d’une amie, je m’y suis intéressée, et pas mal retrouvée. J’attends justement mon 2e petit garçon, et cette peur de ne pas l’aimer autant que mon 1er me hante. Un début de grossesse assez compliqué n’aide pas, et tout le monde me rassure en disant que cette naissance sera exactement comme celle de mon fils, qui aura 4 ans à ce moment là. Ton témoignage me rassure, je me rends compte que ce n’est pas forcément aussi facile qu’on me le laisse penser, mais que ce n’est qu’un passage et que tout fini par rentrer dans l’ordre une fois que chacun a trouvé sa place dans cette nouvelle famille :-) merci ! Et je vais continuer à suivre ce blog qui semble très intéressant :-)

Negrier dit :

Trop beaux , trop vrai c’est magnifique bravo

dbo dit :

que ton billet est touchant… je n’ai qu’un enfant mais je redoute déjà le moment où ma fille deviendra grande soeur. C’est déjà si difficile, je trouve, de trouver un équilibre dans la vie à trois. Il faudra tout recommencer. Mais j’espère que j’y arriverait, ton billet est encourageant !

mouploup dit :

Mes deux fils ont 2 ans et 3 mois d ecart et nous avons fait nos enfants en décalé d un an. Je me revois il y a un an… je me revois arriver dans ma chambre à la maternité avec mon bébé tout neuf à côté de moi et hurler intérieurement : » mais quel sale coup je fais à mon grand! Je lui vole sa maman! » puis ça a été le pire été de toute ma vie. Ma crème d aîné s était transformé en pot de colle pleurnichard et mon puîné ne voulait que mes bras… pas réellement de jalousie flagrante du grand vis à vis du petit mais un magnifique déni! Ça a duré plus de 6 mois avant de voir les choses non pas rentrer dans l ordre mais juste se mettre en place. Aujourd’hui je sais que ça va bien se passer car c’est mieux de jour en jour et chacune de mes relations avec mes fils a sa place. J aime trois fois: le grand, le petit, et les deux ensemble.
Merci pour ces articles c est une source d inspiration dans ma quête de bienveillance!

MistyMaMa dit :

Merci d’avoir partagé avec nous ce beau témoignage. Je dois accoucher dans un gros mois, mon grand vient d’avoir deux ans et on sent que tout ce qui se préparer n’est pas forcément facile, surtout avec une grossesse pas toujours facile non plus…
J’espère que ce que tu as vécu pourra me donner quelques ficelles ;-)
En tout cas merci et belle suite à vous quatre !!

fanny dit :

Quelle honnêteté, bravo pour avoir eu le courage de publier cet article, c’est vrai que les premiers moments ne sont pas toujours évidents, on les idéalise tellement!
Je vous souhaite de grands moments d’amour et de bonheur à 4.

sandrine dit :

Quand j’attendais mon 2e enfant je cherchais deseprement un livre qui se serait appelé : j’attends mon 2e enfant. On m’a répondu soit c’est la même chose qu’un premier, vous n’en avez pas besoin soit on m’a orienté vers un livre sur les rapports frères-soeurs. Moi j’aurais voulu un livre où l’on me parle de ce que tu dis dans ton article !!!! Le rapport mère-1er enfant-2ème enfant.
Bref y a un creneau à prendre si tu veux mon avis ;-)

Lovely dit :

Magnifique ! <3

Touchant, profond, grand et bel article ! J’ai mis du temps à aimer mon fils aussi, 3 semaines environ, j’en étais un peu choquée et déçue mais pas inquiète, ça viendrait… Moi ! Moi qui avais si hâte de devenir maman !

Ton témoignage est rassurant pour beaucoup de mamans je suis sûre, je sais que si je vis la même chose le jour où j’ai un deuxième, je penserai à toi et je serai patiente ! <3

Je suis heureuse pour toi que tu sois sortie de ce douloureux passage. ;)

maternerentravaillant dit :

« Je t’aime fort », quand le premier murmure ces mots dans un baiser à la seconde, y’a de quoi pleurer tellement c’est beau !
Bon, évidemment, cela n’exclut pas les esquisses de coups de pieds, les gestes brusques, le bruit au moment où on n’arrive pas à endormir la plus petite, mais… Entre deux et trois ans, de toute façon, c’est difficile, alors…
Cela étant, même si je n’ai pas connu de problème d’attachement à la seconde (sans doute facilité par le fait que, vu le nombre d’accouchements le jour où elle est arrivée, on m’a oubliée pendant trois heures dans la salle d’accouchement au moment du peau à peau, une vraie bénédiction), j’ai aussi expérimenté le doute face à l’attitude de mon premier. Il n’a jamais été violent, n’a jamais fait de crise ; pendant une semaine il a juste été triste ; d’une tristesse mélancolique, ailleurs, perdu dans son monde qui avait disparu. Je m’en voulais tellement de lui avoir fait ça. Et puis au bout de quinze jours, sa soeur est devenue une donnée de sa vie.
Aujourd’hui il demande des tétées sans elle, mais aussi des tétées avec elle (« tous les trois »). Il veut m’avoir pour lui, mais adore la faire rire. Il est d’ailleurs le seul qui puisse la faire marrer aux éclats, sans effort. Il peut se serrer contre elle. Il a agité des jouets pour qu’elle s’arrête de pleurer, est venu me voir en me disant de venir vite, lui dit « t’es pas toute seule » si elle s’affole.
Alors je ne regrette plus rien.
Il n’y a plus un attachement mère/enfant comme la première fois. Aujourd’hui, c’est un attachement de la famille toute entière (papa inclus, même si, à nouveau, c’est difficile de retrouver un équilibre, mais au moins on s’y attendait cette fois…) qui se met en place.
Et cinq mois et demi après l’arrivée de ma fille, les équilibres sont retrouvés, et notre vie à trois paraît si loin, dans nos têtes à tous…

Working Mama dit :

Oui, déjà maintenant après deux mois on ne se « souvient » plus de ce qu’était la vie à trois :)

Hellvis dit :

Magnifique billet qui respire l’authenti ité et le vécu. Ça fait mal mais c’est beau car on ressent bien que l’amour est un chemin.
J’ai vécu l’inverse. Une dépression post-partum dévastatrice pour ma preums et cette même impression d’être un zombie et de faire mon « devoir » de mère sans ressentir d’amour. Ça a duré 6 mois et j’ai encore l’impression aujourd’hui d’avoir perdu du temps car ça m’a gâché les premiers mois de ma fille que, avec lucidité, je savais belle et parfaite, mais que je ne parvenais pas à aimer.
Pour mon deuz, ce fut le coup de foudre. Et de notre côté, ma grande âgée alors de 18 mois m’a bien facilité la tâche.
Mais il m’arrive aussi parfois de me dire : « allez, je sevre tout le monde, je me fais refaire les seins et je file aux Bahamas » ;-)

Working Mama dit :

Et comment a évolué l’attachement avec la première? Comment t’es tu rendue compte que ça y était, c’était enfin là?

Hellvis dit :

ca s’est fait très progressivement. La dépression était comme un voile sur mon coeur qu’on aurait retiré tout doucement. Presque sans m’en rendre compte, mes sentiments se sont débloqués. Peu à peu, j’avais l’impression de découvrir ma fille avec mon coeur et plus seulement avec mes yeux et surtout ceux des autres.
Car au début, au milieu du brouillard de la dépression, ce sont les compliments des autres sur ma fille qui m’ont beaucoup aidé. ça me permettait de comprendre que j’avais de la chance et que je faisais bien mon « boulot » de maman même si je ne le voyais pas.
Je me suis attachée de plus en plus à ma fille jusqu’à me rendre compte que la dépression était passée et que ça y est, nous étions une famille.
Ca peut paraître étrange mais j’ai l’impression d’avoir mis au monde ce deuxième enfant pour elle autant que pour nous, pour qu’elle ait un frère qui vienne équilibrer notre relation devenue fusionnelle. Et aussi parce que je ne voulais pas qu’elle soit fille unique (même si je n’ai rien contre les enfants uniques…).

Mais Lis ça dit :

Ce texte est très touchant et la photo encore plus.
Je suis très heureuse pour vous que la tempête soit désormais derrière et me permets également un bravo pour avoir manifestement réussi à la braver en toute intelligence.
Enfin, un grand merci d’avoir pris le temps de rédiger et diffuser ce texte, notamment celles et ceux qui, comme nous, n’ont pas encore vécu le passage du trio au quatuor.
Très belle vie à quatre,

Working Mama dit :

Merci beaucoup :)

Mais Lis ça dit :

(notamment pour* celles et ceux….désolée)

David C dit :

Belle plume dans un billet complexe … Pour ma part, je n’ai jamais ressenti cela ni pour l’arrivée du second ni pour la troisième. En revanche, mon aînée étant une fille et le deuxième un garçon, j’ai prit peur … Peur de ne pas savoir m’occuper de lui, pour la toilette puis l’éveil et l’éducation … J’avais l’image stéréotypé qu’un garçon allait m’apporter que des difficultés d’éducation et de problèmes en tout genres par la suite. Mais cela ne m’empêchait pas de l’aimer et de lui préparer une jolie chambre sur le thème du petit prince car après ma princesse il était normal que mon fils soit mon petit prince

Working Mama dit :

Oui j’ai ressenti quelque chose de similaire, même si je n’avais pas les stéréotypes énoncés mais plutôt la question de savoir si je saurais m’occuper d’un garçon, si leurs besoins seraient les mêmes…et puis on se rend compte assez vite que ce sont des craintes infondées :)

Maud dit :

Merci, merci à vous de partager des choses si intimes, si délicates, si douloureuses pour que tous et toutes nous sachions que ça peut arriver partout et surtout qu’on peut dépasser ces moments-là avec patience, amour et bienveillance. Oserais-je dire que vous lire parfois me soulage en me permettant de réaliser que l’amour et la réflexion ne suffisent pas toujours et qu’il arrive que ça soit difficile dans d’autres familles aussi ?

Vos billets me font réfléchir, ajuster, rire, sourire, pleurer parfois, essayer, pratiquer… Ils respirent l’amour que vous portez à vos enfants et à votre conjoint, ils font du bien.

Quelle superbe photo pleine de joie !
Je me permets de vous souhaiter tout le meilleur.

Working Mama dit :

Et bien merci beaucoup, je suis ravie de savoir que mes écrits résonnent autant chez vous :) A bientôt!

emilie dit :

« bizarre » comme les ressentis sont différents d’une maman à l’autre ; je n’ai pas encore de 2è bébé (du moins pas à la maison, car mon 1er bébé se trouve déjà au ciel), mais pour le moment je n’en ai pas l’envie ; j’aime l’exclusivité de mon fils, le fait qu’il ait toute sa place de bébé ; j’ai un peu peur aussi de le rejeter ou de rejeter mon prochain enfant quand il arrivera… j’ai peur aussi que mon fils prenne mal le fait que l’on accueille un autre bébé alors qu’il ne comprend pas mon amour (rapport à la perte de sa grande soeur, qui m’a beaucoup perturbée durant ma 2è grossesse)
une amie me disait le contraire justement dernièrement : quand son fils est né, sa grande avait déjà presque 4 ans, et elle ne pouvait plus la supporter (au point de pratiquement vouloir sa mort, ou qu’elle n’ait jamais existé) ; je lui ai dit que selon moi, c’était un mécanisme inconscient pour « laisser sa place de bébé » à son frère ; ça n’a pas duré mais ça l’a tout de même perturbé
je suis heureuse de voir que tu as aussi ressenti ce déchirement ; effectivement peu de mères en parlent et pourtant…

Huile d’olive dit :

Coucou, Julie. La fatigue et la présence de l’aînée jouent beaucoup. L. avait 20 mois quand j’ai accouché de D. en mars. Elle l’a tout de suite adopté, mais combien de frayeurs n’ai-je pas eu. La dextérité à cet âge-là, c’est pas gagné. Ma deuxième grossesse s’est déroulée dans des circonstances hors famille assez tendues et mon mari et moi étions très fatigués émotionnellement et physiquement quand D. est né. Accouchement sans problème, allaitement immédiat (à l’inverse de L.), mais des coliques qui nous rendaient fous (bien que rien de bien méchant, mais quand on est fatigués et fragiles…). Et maintenant, on est tellement heureux tous les quatre. D., du haut de ses 4 mois 1/2 est un amour de petit garçon qui veut déjà tout faire comme sa sœur.

Heureuse de lire que tout se et en place chez toi. Courage et profite bien, ça passe vite !

Jennifer dit :

J’ai ressenti exactement la même chose à la naissance de mon unique fille. Arrivée avec 1 mois et demi d’avance, on me l’a retiré aussitôt pour lui faire des soins et plus tard elle a été emmenée dans une neo nat à un 50aine de km de la maternité où j’ai accouché. Je l’ai rejoint que le lendemain. Moi qui avait eu une grossesse idyllique je lui en voulais d’avoir tout gâché. Je lui fesai les soins, la nourrissait, câlins peau à peau bref je m’occuper d’elle comme il le fallait mais je ne ressentais pas cet amour infini dont tout le monde m’avait parler. Et puis, on est rentré à la maison , c’était difficile mais mon mari à mes côtés à tout fait pour me soulager. Ce n’est qu’un mois et demi après être rentré que mon amour infini pour elle s’est dévoilé et aujourd’hui nous sommes fusinnelles .on se comprend à demi mot . Bref elle est ma vie.

En tout cas, merci d’avoir parler de ce sujet tellement tabou. Je vous souhaite une belle vie à 4 pleine d’amour et de tendresse.

Ismène dit :

Félicitations pour votre nouvel enfant et d’avoir réussi à calmer si vite votre ainée ! N’ayant pas encore d’enfants je n’ai pas de témoignage très personnel sur le sujet mais voici un petit conseil de bibliothécaire pour celles qui aiment lire, le roman d’Elif Shafak « Lait noir » qui parle très joliment des difficultés de la maternité, en particulier le fait de concilier ses propres aspirations et ambitions avec les soins constants que demandent sa progéniture.

Pam dit :

Oh merci pour cet article qui m’a fait un bien fou! Je suis maman de Zoé 20 mois et Maël presque 8 et j’ai ressenti vraiment des choses similaires à votre expérience. Bref ça fait du bien de savoir qu’on est pas seule dans ce cas car ce n’est pas évident de parler d’une telle chose. Ma mère me disait d’aller chez le psy…. Merci encore!

Lili Inside dit :

Sublime article, oh combien touchant, les mots sont justes et réalistes, c’est une souffrance tellement vécue mais dont on ose trop peu parler! Bel hommage à tout ce travail qu’est celui de devenir parents <3

Chamata dit :

Je découvre ton blog avec un immense plaisir… Magnifique article, très touchant… Et très courageux de ta part de poser des mots sur des sentiments ressentis par bien des mamans.

Lacausedesenfants Estlacause Del’humanité dit :

Bonjour,
C’est le 1er commentaire que je laisse mais ce n’est mais pas mon 1er passage ici. Merci pour ton blog, quel plaisir de te lire! Du bonheur pour toi et tes proches.

lily dit :

idem il m’a fallut 3 semaines pour me créer un lien avec ma première fille mais 3 ans et demis pour me sentir épanouie à ses côtés. Pas toujours facile l’arriver d’un enfant. Heureusement j’ai tout fait pour ne pas connaitre cela avec N°3 <3

aurelie dit :

Que je suis contente de lire cet article ! J’ai accueilli mon 2e garçon alors que mon ainé avait 22 mois… jamais je n’aurai imaginé que le passage à la vie à 4 serait aussi compliqué ! J’essayais d’en parler autour de moi mais personne ne semblait comprendre mon désarroi ni même avouer que c’était pareil de leur côté.
J’ai ressenti exactement les memes choses que toi : je m’occupais de mon bébé, je l’aimais et ça, je n’en doutais pas, mais… je n’avais pas d’attachement. Les actes étaient mécaniques, je me surprenais à soupirer d’énervement lorsque je devais le changer. Pour le papa, l’attachement a encore été plus difficile, tout occupé qu’il était à gérer l’ainé. Ce petit lou n’en pouvait rien, et jour après jour, avec patience, il nous a fait confiance ; il a appris à nous connaitre, et nous avons appris à le connaitre aussi. Après réflexion, nous avons enfin compris : on doit accueillir un 2e enfant, construire un amour à partir de zéro alors que nous ne connaissons qu’un amour qui a déjà évolué avec le temps, et qui est par conséquent plus « grand ». . Enfin, finalement c’est arrivé, nous l’avons enfin aimé comme il le méritait. A présent il a presque 6 mois, et c’est un petit garçon adorable qui a enfin trouvé sa place dans la maison ! J’aime mes deux enfants de la même façon et parfois, je me surprends à « suraimer » le petit pour que plus jamais il ne ressente un quelconque manque d’amour. Difficile d’être mère :-)

Working Mama dit :

Merci pour ton commentaire, effectivement nous avons un parcours très semblable. Je me souviens aussi avoir eu cette sensation d’agacement que tu décris…et aujourd’hui Marin a bientôt 6 mois et c’est juste le bonheur :) La fin du commentaire me parle aussi!

Chloe dit :

J’ai moi aussi eu cette inquiétude de ne pouvoir aimé mon 2ème enfant autant que le premier (que j’aimais déja tant) dès que j’ai su que j’étais enceinte, après plusieurs recherches, j’ai vu que j’étais bien loin d’être seule à me poser cette question que je pensais idiote. C’est aussi les mots de ma mère m’ont rassuré quand elle m’a dit que l’amour maternel se multipliait avec les enfants et en aucun cas ne se divisait, j’ai alors vu cela comme une simple opération et ai retrouvé toute confiance en ma capacité à aimer. Je suis ravie que tu aies pu trouver un équilibre au sein de ta jolie petite famille. Vu que tu es passée par là, aurais tu des conseils à donner pour que le lien fraternel s’installe dès le départ dans le bon sens entre l’aîné et le nouveau-né ? Des trucs à faire, des choses à éviter ? Merci!

Marion dit :

Merci pour cet article qui me fait beaucoup de bien et me rassure. J’ai un petit garçon de bientot 2 ans et une petite fille née il y a une semaine. Pour mon fils, j’ai plongé directement dans une bulle de bonheur et un amour inconditionnel, je n’ai ressenti aucun problème d’attachement ni même un baby-blues…
Aussi je ne m’étais absolument pas préparée à avoir des difficultés avec ma fille et pourtant, depuis mon retour à la maison il y a 3 jours, c’est difficile, je m’en occupe mais ne ressent pas cet amour qui me portait pour mon aîné, du coup je culpabilise, je pleure beaucoup, c’est vraiment dur et inattendu…
Ca me rassure de voir que l’attachement peut venir ensuite et que l’amour sera aussi grand que pour le premier. Je l’allaite (la petite) et j’espère que ca va aider à passer cette période difficile plus vite ! Merci pour ta franchise, j’espère vraiment que cet état ne va pas durer, là j’ai la tête dedans et c’est difficile de prendre du recul, l’impression aussi que je ne vais pas y arriver, envie qu’elle ne me sollicite pas trop :-(

Bon je m’étends mais ca m’aide aussi à prendre du recul, je lis ton blog sans commenter en général et je me suis souvenue de cet article, qui à l’époque m’avait intéressé mais bien sur beaucoup moins parlé que maintenant.

Working Mama dit :

Tu n’es pas seule dans cette galère, car c’en est une les premiers temps ! Savoir que d’autres vivent ça, ça aide c’est sûr, c’est pour ça que ce billet est là. Courage <3

madameguimauve dit :

Je relis aujourd’hui ce billet qui fait toujours frissonner. J’ai vécu ce problème d’attachement pendant un an. J’ai raconté mon histoire dans un billet pour dire auxmamans qui souffrent quelles ne sont pas seules. Je me permets de partager ici

KatMarieChant dit :

C’est vraiment un billet très personnel, que je trouve très généreux. Je me demandes parfois comment sera mon attachement pour mon deuxième enfant, quel écart d’âge serait idéal, etc. Mais je crois qu’il n’y a pas de réponses toutes faites. Chaque couple parental doit trouver ses marques. Le temps fait bien les choses aussi. Ces petits bébés, qui s’endorment collés sur nous, sont tellement attachants on se dit que la nature fait bien les choses.

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